Un troublant partenaire - Ce secret si bien gardé

De
Publié par

Un troublant partenaire, Suzanne Brockmann

Emily est catégorique : il est hors de question que James Keegan se fasse passer pour son frère et vienne habiter chez elle pendant deux semaines ! Certes, c’est elle qui est allée trouver la police pour expliquer qu’elle soupçonnait son petit ami, homme d’affaires influent, de se livrer à un trafic de drogue. Et pour proposer, en l’absence de preuve formelle, qu’un policier s’infiltre dans son entourage afin d’enquêter. Mais jamais elle n’aurait pensé que James serait chargé de cette mission ! James, qu’elle connaît bien puisqu’il n’est autre que celui qui a brisé son cœur d’adolescente et l’a trahie de la pire des façons…

Ce secret si bien gardé, Virna De Paul

Vite. Mathilda doit trouver une solution pour éviter Dominic Jeffries, qui vient d’entrer dans le tribunal où elle travaille. D’ailleurs, elle ne comprend même pas ce qu’il fait ici, en simple uniforme de policier, alors qu’il est missionné à la répression du banditisme. Peu importe. L’essentiel est qu’il ne l’approche pas. Qu’il ignore à jamais le secret qu’elle lui a toujours tu. Car depuis les deux mois de passion torride qu’ils ont vécus dix ans plus tôt, tout a changé. Tout… mais pas Dominic, hélas ; il est resté l’homme irrésistible que Mathilda a aimé…
Publié le : samedi 1 septembre 2012
Lecture(s) : 34
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280235327
Nombre de pages : 448
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
1
Emily Marshall ajusta la bretelle de sa nouvelle robe de cocktail et s’observa d’un œil critique dans le miroir du cabinet de toilette — ou quel que soit le nom qu’on donnait à cette pièce à bord d’un bateau. Et, quitte à passer pour un véritable loup de mer, elle devait reconnaître que ce palace ottant ne pouvait guère être qualiïé de bateau. Un bateau, c’était un moyen de transport fonctionnel, une embarcation sans prétention qui vous emmenait d’un point A à un point B. Or, l’absence de prétention n’était pas ce qui frappait lorsqu’on découvrait le voilier de plaisance d’Alexander Delmore. Tout en rectiïant son maquillage, elle songea que cette robe était décidément une folie. Même avec le rabais qu’elle avait réussi à négocier, la facture représentait encore un quart de son salaire de professeur d’anglais. Pour un riche et puissant promoteur immobilier tel qu’Alex, ce n’était évidemment qu’une broutille. C’était à peu près ce qu’il dépensait pour une bouteille de vin quand il l’invitait à dîner. Sans doute aurait-elle mieux gagné sa vie si elle avait choisi une autre voie que l’enseignement, mais elle n’en avait toujours fait qu’à sa tête, au grand dam de ses parents, et elle ne devait s’en prendre qu’à elle-même si elle bouclait difïcilement les ïns de mois. Un peu plus tôt dans la soirée, Alex l’avait invitée à l’accompagner mardi soir à une réception au country-club
8
Un troublant partenaire
et, si elle devait s’acheter une nouvelle robe, elle serait condamnée à manger des pâtes jusqu’à la ïn du mois. Le problème, c’est qu’elle détestait les pâtes. Ce qui lui plaisait, c’était le homard, le ïlet mignon, les asperges — que ce soit ou non la saison — et le chocolat importé. Elle appréciait aussi les maisons surplombant les eaux bleu pâle du golfe du Mexique, comme celle d’Alex. Elle aimait les peignoirs moelleux, le personnel de maison aux petits soins et les week-ends de fête sur le yacht d’Alex. Elle avait un faible pour les salles de projection privées et les gadgets technologiques dernier cri. Elle aimait bien l’idée de faire une croisière en Europe pour les prochaines vacances. Elle aimait bien aussi Alexander Delmore. Mais elle n’était pas amoureuse de lui. Il était évident qu’il s’intéressait à elle. Il n’avait pas caché son souhait de s’engager, de fonder une famille. C’était l’un des célibataires les plus convoités de Floride, et elle était attée qu’il la trouve séduisante. Mais… elle n’avait aucun sentiment pour lui. Sa voisine, Carly Wilson, ne voyait pas en quoi c’était un problème. Selon elle, le vrai grand amour ne se présentait quasiment jamais, et il valait souvent mieux se contenter d’une solide affection… surtout si celle-ci s’accompagnait d’un compte en banque bien garni. Observant distraitement dans le miroir le reet de ses prunelles bleues, Emily laissa ses pensées s’envoler vers James Keegan. Après sept ans, on aurait pu penser qu’elle avait tourné la page… Et c’était le cas, s’assura-t-elle avec fermeté. Son histoire avec James était morte et enterrée. Il n’empêche qu’elle l’avait sincèrement aimé. Même s’il s’était montré malhonnête et cruel, même s’il l’avait blessée, il n’en demeurait pas moins qu’elle l’avait aimé de toute son âme et de tout son cœur.
Un troublant partenaire
9
Et, dût-elle passer toute sa vie auprès d’Alexander Delmore, jamais elle ne l’aimerait à ce point. Quand bien même, résonna dans sa tête la voix de Carly, comme si elle était un diablotin perché sur son épaule,qui a dit que tu devais être amoureuse d’Alex pour l’épouser ? — Moi ! déclara Emily à voix haute. Elle tira une dernière fois sur sa jupe, passa les doigts dans ses cheveux coupés au carré, prit une profonde inspiration pour chasser le trop séduisant fantôme de James Keegan, et se dirigea vers le bureau d’Alexander. Elle perçut le ton agressif de la conversation au moment où sa main se posait sur la poignée, mais il était déjà trop tard pour faire machine arrière. La porte s’ouvrit, et le silence se ït. Le regard d’Alexander et celui de l’autre homme — Vincent quelque chose… — se tournèrent vers elle, révélant un mélange de surprise et d’agacement. — Excusez-moi, dit-elle. Je ne voulais pas vous inter-rompre… Son beau visage hâlé afïchant un sourire compréhensif, Alexander secoua la tête et traversa la cabine. — Ce n’est rien, dit-il en lui prenant la main. Nous avions terminé. Emily se creusait la tête pour se rappeler le nom de l’autre homme. Il lui avait été présenté plus tôt dans la soirée, quand les invités étaient montés à bord. C’était trop bête ! Elle l’avait sur le bout de la langue. Martino, peut-être. Ou Medino ? En tout cas, sa peau très mate, ses cheveux noirs et son physique de catcheur offraient un contraste saisissant avec la blondeur d’Alex. Et, contrairement à ce dernier, Vincent semblait toujours contrarié par l’interruption. — Si vous permettez, dit-il, d’une voix aux inexions rauques et brutales. Emily détacha sa main de celle d’Alexander.
10
Un troublant partenaire
— Je vous laisse. — Je te rejoins dans quelques secondes sur le pont, promit Alexander. La porte du bureau se referma derrière elle avec un petit claquement sec. Emily était à mi-chemin de la coursive quand elle se rendit compte qu’elle avait oublié son sac dans la salle de bains. Elle ït demi-tour, et perçut de nouveaux éclats de voix tandis qu’elle passait devant la porte du bureau. — Si ma proposition ne te plaît pas, disait Vincent d’un ton parfaitement audible, je vais t’en faire une autre : je te liquide, et je récupère tous tes bénéïces. Emily fut traversée par un frisson.Liquider ?Il avait bien dit « liquider » ? Dans le sens de… tuer ? — L’accord que j’avais avec ton oncle a très bien fonc-tionné jusqu’à maintenant, protesta Alexander, d’une voix vibrante d’émotion. — Mon oncle est mort. Et c’est moi qui commande aujourd’hui. Les accords, c’est avec moi qu’il faut les passer. — Dans ce cas, je me retire de l’affaire, répliqua Alexander. Vincent éclata d’un rire mauvais. — Tu voudrais me faire croire que tu es prêt à renoncer aussi facilement à notre petit commerce ? — Crois ce que tu veux, Marino. — Ce que je crois, c’est que tu es en train d’essayer de me rouler. Je sais qu’il y a eu une tempête de neige la nuit dernière dans le Golfe et que tu étais là avec ta barcasse pour récupérer la cargaison. Tu me donnes ma part, ou tu es mort. Voilà l’accord que je te propose. Emily y perdait son latin. Une tempête de neige en juillet ? En Floride ? Soudain, elle se rappela avoir été réveillée à l’aube par le bruit d’un canot à moteur. Le dinghy du yacht s’était souplement rangé le long de la coque et, tandis qu’elle jetait
Un troublant partenaire
11
un œil curieux par le hublot, le ronronnement scandé du moteur s’était tu. Quelqu’un était sorti sur le pont. Elle n’avait pas vu qui, mais elle avait entendu du bruit. Le canot avait été amarré au yacht à l’aide d’une corde, et une échelle avait été descendue. La personne dans le canot s’était tournée et, alors que se dissipaient les derniers lambeaux de brume du matin naissant, Emily avait pu distinguer clairement son visage. Il s’agissait d’Alex. Quand elle l’avait interrogée un peu plus tard, au petit déjeuner, il s’était excusé de l’avoir réveillée et avait répondu qu’il était sorti pêcher en mer. Pêcher quoi, exactement ? En tout cas, quelque chose que Vincent Marino semblait vouloir récupérer à tout prix. Une tempête de neige… N’était-ce pas sous le terme argotique de « neige » qu’on désignait la cocane ? Seigneur, était-il possible qu’Alex soit un traïquant de drogue ? Emily ït demi-tour et se mit à courir.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi