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Un vibrant secret - La promesse d'un baiser

De
432 pages
Saga Le destin des Fortune, tome 4

Les Fortune : tout leur a toujours réussi. Mais une tornade pourrait bien changer leur vie…

Un vibrant secret, Nancy Robards Thompson
Pour échapper à la tornade qui balaye Red Rock, Jordana Fortune se réfugie dans une maison à l’abandon – avec Tanner Redmond, qu’elle vient de rencontrer. Là, dans cet abri exigu et coupé du monde, elle ne tarde pas à s’abandonner au désir qu’il lui inspire... Seulement voilà, alors qu’elle pense ne jamais revoir Tanner, Jordana a la surprise de le voir débarquer chez elle quelques mois plus tard. Or, loin de l’amant tendre qu’elle a connu, c’est un homme furieux qu’elle découvre. Et pour cause : Tanner a appris qu’elle attend un enfant de lui, et s’il est là aujourd’hui, c’est pour exiger qu’elle l’épouse sans tarder.

La promesse d’un baiser, Sara Orwig
Lorsqu’elle croise le regard brûlant du séduisant inconnu qui vient de l’aborder, Sophia sent un étrange et délicieux frisson la parcourir. Elle n’a qu’une envie, à présent : qu’il l’embrasse. Déjà, l’air lui paraît plus chaud, l’ambiance, presque torride. Et lorsque, enfin, il pose ses lèvres sur les siennes, elle s’abandonne au plaisir, comme si c’était la chose la plus naturelle du monde… Est-ce cela, l’amour ? se demande-t-elle soudain, chavirée. Rien n’est moins sûr, car Sophia ignore encore que la rencontre qui vient de bouleverser sa vie n’est en rien le fruit du hasard…

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20 avril 2012
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Tanner Redmond avait toujours cru au dicton selon lequel ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Le fait qu’il était encore en vie après tout ce qu’il avait traversé prouvait effectivement sa force. Alors pourquoi avait-il peur qu’unbébépuisse lui nuire ? Il se gara devant la maison de Jordana Fortune, dans le quartier chic de Buckhead, à Atlanta, et resta un moment au volant de la voiture de location, s’efforçant de recouvrer son calme. Il ne décolérait pas depuis qu’il avait entendu sa voix au téléphone, moins de vingt-quatre heures plus tôt. Il tambourina des doigts sur le volant. Avait-elle vraiment prévu de lui cacher sa grossesse ? Comment pouvait-elle penser qu’elle en avait le droit ? Il n’en avait pas la moindre idée, mais à peine avait-il raccroché qu’il avait quitté Red Rock pour sauter dans le premier avion en direction d’Atlanta. Et maintenant qu’il était là en personne, elle ne pourrait plus le tenir à l’écart. Il avait bien l’intention de lui faire comprendre qu’elle ne se débarrasserait pas de lui aussi facilement. Il détacha sa ceinture de sécurité, descendit de
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voiture et remonta l’allée pavée en direction de la double porte verte, qui se détachait sur l’élégant bâtiment en brique de deux étages. Il souleva le heurtoir de cuivre et frappa trois fois. Il était un peu moins de 7 heures du matin. Il avait calculé qu’en arrivant à une heure aussi matinale, il la surprendrait avant qu’elle parte travailler. Elle ne l’attendait pas, il s’était bien gardé de la prévenir avant de prendre l’avion pour Atlanta : il ne voulait pas lui laisser le temps de s’enfuir. Cela faisait déjà quatre mois qu’elle fuyait et gardait jalousement son secret. Sans Victoria, la cousine de Jordana, qui lui avait dit que cette dernière devait absolument lui parler, il ne saurait toujours pas que la femme qui l’avait planté là après une seule nuit d’amour attendait un enfant de lui. Soudain, la porte s’ouvrit, et il s’arracha à ses pensées. Jordana se tenait devant lui, manifestement stupéfaite. Il ne put s’empêcher de la trouver très belle. Elle devait sortir de la douche, car ses cheveux blonds étaient mouillés et elle était en peignoir. Son visage était frais, elle n’était pas maquillée, et il était partagé entre l’envie de l’embrasser et celle de mettre un coup de poing dans le mur. — Tanner ? Que fais-tu ici ? Elle resserra la ceinture de son peignoir et croisa les bras sur sa poitrine. Ce geste protecteur le poussa à regarder son ventre. Pour l’instant, on ne voyait pas qu’elle attendait un enfant. Bien sûr, cette épaisse robe de chambre en éponge était très large et cachait même les formes gravées dans sa mémoire depuis la nuit qu’ils avaient passée ensemble, lorsqu’ils avaient
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trouvé refuge dans un vieux pavillon de chasse pour s’abriter de la tornade qui avait sévi sur Red Rock. Lentement, il leva de nouveau les yeux pour les plonger dans ceux de Jordana. L’espace d’un instant, il se rappela qu’elle était trop bien pour lui, non pas parce que les Fortune étaient richissimes, mais parce que sa seule présence, l’impression de grâce mêlée de force qu’elle dégageait le laissait toujours sans voix. Oui, il était resté sans voix quand elle l’avait remercié et lui avait serré la main après avoir passé une nuit à faire l’amour, pour la première et dernière fois, la nuit de la tornade. Depuis, plus rien n’était pareil, et, étant donné qu’il allait être père avant la în de l’année, nul doute que beaucoup d’autres choses allaient encore changer. Il était terriîé à l’idée de ne pas être un bon père, car son propre père n’avait pas été là pour sa famille. Cependant, il s’efforça de chasser ces pensées de son esprit et, pour la énième fois, se promit de soutenir les siens contre vents et marées. — Sérieusement ? Tu me demandes ce que je fais ici ? demanda-t-il d’une voix un peu rauque. Tu portes mon enfant, Jordana. Je voulais voir ton visage quand tu dirais combien de temps tu pensais pouvoir me le cacher. Elle n’essaya pas de protester mais, au coup d’œil qu’elle jeta autour d’eux, il comprit qu’elle avait surtout peur d’être surprise par des voisins indis-crets. Ainsi, la belle Jordana Fortune était sensible au qu’en-dira-t-on. — Entre, soupira-t-elle. Elle s’écarta pour le laisser passer.
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Il fut frappé par l’élégance de la demeure, avec son parquet, ses plafonds hauts et les tableaux de couleurs vives accrochés aux murs. L’ensemble faisait penser aux photos d’un magazine de décoration. Le jour venait de se lever, et la pièce était déjà baignée de lumière, grâce aux deux immenses fenêtres an-quées de part et d’autre de la cheminée. C’était un endroit accueillant et rafîné, à l’image de Jordana, et dont le style convenait parfaitement à l’héritière de Fortune South Enterprises. — Ecoute, Tanner, je suis désolée, mais il a dû y avoir un malentendu lors de notre conversation, hier… Tu n’avais pas besoin de venir. Elle ferma la porte mais garda la main sur la poignée, comme si elle n’avait pas l’intention de prolonger leur entretien plus que nécessaire. — Tu n’as absolument aucune obligation envers cet enfant. Je ne veux pas, je n’ai pasbesoinde ton aide. Je pensais avoir été claire sur ce point. Ses paroles et la froideur avec laquelle elle les avait prononcées lui îrent l’effet d’une gie. — Je ne suis pas ici pourtoi, répliqua-t-il, piqué au vif, je suis ici pour mon enfant. J’ai l’intention de faire partie de sa vie, et d’être là pour chaque événement important. Autant te faire tout de suite à cette idée ! Sa propre mère avait été mère célibataire, elle avait parfois dû prendre deux emplois en même temps pour qu’ils aient un toit sur la tête et de quoi manger. Elle s’était merveilleusement bien débrouillée, et son minable de père ne lui avait jamais versé la moindre pension alimentaire.
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De toute évidence, Jordana n’avait pas besoin d’aide înancière pour élever leur enfant, mais il était profondément blessé de constater qu’elle envisageait qu’il ne fasse pas partie de la vie de cet enfant. Son propre père avait été absent de sa vie et de celle de sa sœur et de son frère, à tel point qu’il l’appelait parfois le « donneur de sperme ». Pour lui, seuls les hommes qui prenaient au sérieux leurs responsabi-lités méritaient le titre depèreou depapa. Il s’était toujours juré d’être là pour ses enfants, quand il en aurait. En revanche, il ne s’était pas attendu à en avoir tout de suite. Depuis qu’il avait quitté l’armée de l’air, sept ans plus tôt, il était marié à son travail. Il avait sa propre entreprise, une école de pilotage. Il envisageait bien d’avoir des enfants un jour, mais pour l’instant l’idée de fonder une famille n’était pas à l’ordre du jour. Il se retrouvait maintenant dans cette situation inattendue parce que Jordana et lui avaient vécu une nuit d’amour passionné et qu’ils avaient fait l’amour sans se protéger. Ils étaient en route pour l’aéroport de Red Rock, où elle devait rejoindre sa famille et prendre l’avion pour Atlanta, quand c’était arrivé. Les Fortune étaient venus assister au mariage de la sœur de Jordana, Wendy, avec Marcos Mendoza, et avaient projeté de repartir tous ensemble. Quand Jordana avait entendu dire qu’une tornade menaçait Red Rock, elle avait refusé de partir avec le reste de la famille, mais elle avait îni par changer d’avis.
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Il avait accepté de la déposer à l’aéroport, et ils avaient tous deux été très inquiets de se retrouver sur la route au passage de la tornade. De façon presque animale, ils avaient cherché chaleur et réconfort dans les bras l’un de l’autre. — Je sais que c’est un peu tard pour te demander cela, mais tu ne prenais pas la pilule quand nous… Il ne termina pas sa phrase, conscient que la ques-tion qu’il s’apprêtait à lui poser n’avait pas de sens. Une lueur de tristesse passa dans les yeux noisette de Jordana. Elle haussa les épaules avec désinvolture et ît un geste en direction du salon. — Assieds-toi, Tanner. J’ai besoin de boire une tasse de thé pour pouvoir m’occuper de toi à une heure pareille. Tu préfères du thé ou du café ? Il lui lança un regard furibond.M’occuper de toi ? — Le café, mais je n’en veux pas. A son tour, elle le regarda d’un œil noir. — Comment le prends-tu ? — Je ne veux pas que tu te donnes du mal pour moi. — Eh bien, je vais en faire quand même, alors tu me faciliterais la tâche si tu répondais à ma question. Décidément, elle était vraiment têtue. — Très bien, d’accord. Je le prends noir. Au moins, elle lui accorderait toute son attention le temps qu’il boive cette tasse de café. Et il avait bien l’intention de faire durer ce moment le plus longtemps possible. Il observa le balancement de ses hanches tandis qu’elle tournait les talons et se dirigeait, pieds nus, vers ce qu’il supposait être la cuisine. Il attendit
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qu’elle ait disparu de son champ de vision pour aller s’asseoir dans un fauteuil à eurs, dans le salon. Il fourragea nerveusement dans ses cheveux. Comment avait-il pu être aussi stupide ? Il n’avait pas pour habitude d’avoir des rapports sexuels non protégés. A vrai dire, il avait été tellement absorbé par son travail ces derniers temps qu’il n’avait pas eu beaucoup de rapports sexuels. Quoi qu’il en soit, c’était un domaine dans lequel il n’avait pas l’habi-tude de prendre des risques, pour toutes sortes de bonnes raisons. Mais Jordana avait été tellement provocante, ce soir-là, si merveilleusement insistante et délicieusement réceptive, qu’il avait été incapable de lui résister. Encore maintenant, il était troublé par ce seul souvenir. Il prit une profonde inspiration et s’efforça de se ressaisir. En la revoyant après ces longs mois, alors qu’elle avait le visage frais de quelqu’un qui vient de s’éveiller et que ses cheveux blonds légèrement emmêlés commençaient à sécher, il s’était rappelé pourquoi il avait été incapable de lui résister le jour de la tornade. Elle était terriblement séduisante. Bon sang !aujourd’hui, en dépit de la Même situation dans laquelle ils étaient, il la désirait. Pensif, il se pencha en avant dans son fauteuil, les avant-bras posés sur les cuisses, les mains jointes. Après tout, la frontière entre l’amour et la haine était peut-être aussi ténue qu’on le disait, ou plutôt, la frontière entre ledésiret la haine. Il ne la connaissait pas assez pour êtreamoureuxd’elle, malgré ce que laissait à penser l’effet qu’elle
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produisait sur lui. De toute évidence, il ne ladétes-taitpas non plus. Il était contrarié et lui en voulait, voilà tout. Il se concentra de nouveau sur ses sentiments négatifs, plus clairs que les autres. Ses émotions étaient peut-être un peu confuses à l’heure actuelle, mais une chose était sûre : il n’aimait pas du tout la façon dont elle lui avait caché sa grossesse. A cette pensée, il eut une nouvelle bouffée de colère, qui dissipa momentanément la confusion régnant dans son esprit. Il s’en tiendrait à son plan : il ne quitterait pas Atlanta avant qu’elle ait accepté de l’épouser et de venir vivre avec lui à Red Rock, au Texas. Leur enfant ne naïtrait pas hors des liens du mariage. Quoi qu’il arrive, il ferait ce qu’il avait à faire.
Jordana mit assez d’eau dans la bouilloire pour se faire une tasse de thé et une tasse de café pour Tanner. Elle versa le café dans la petite cafetière à pressoir, d’une main légèrement tremblante. L’idée que Tanner Redmond était assis en ce moment même dans son salon lui nouait l’estomac. Elle ne pouvait se méprendre sur son état d’esprit vu la lueur farouche qu’elle avait lue dans ses yeux et la façon qu’il avait de serrer les mâchoires. Elle retint son soufe quelques instants, dans l’es-poir de voir cette désagréable sensation se calmer. Certaines odeurs, qu’elle adorait avant d’être enceinte, comme celle du café ou celle de son parfum préféré, lui donnaient maintenant la nausée.
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Cependant, elle était toute prête à supporter l’odeur du café si cela lui permettait d’être seule un moment pour rassembler ses esprits avant d’affronter Tanner. Car l’homme qui s’était montré si doux et patient avec elle en décembre semblait s’être métamorphosé en une tout autre personne. Elle avait environ cinq minutes devant elle pour trouver ce qu’elle allait dire pour le faire changer d’avis et le convaincre de retourner à Red Rock. Elle se crispa en sentant de nouveau son estomac se soulever, alors même qu’elle n’avait rien mangé. Elle prit une profonde inspiration, expira lentement, et recommença jusqu’à ce qu’elle se sente mieux. Elle souffrait de nausées matinales depuis le deuxième mois de sa grossesse. C’était même de cette manière qu’elle avait compris qu’elle était probablement enceinte. Son médecin lui avait assuré que les nausées se calmeraient au cours du deuxième trimestre, mais hélas, pour l’instant, elle continuait à en souffrir quotidiennement. De plus, ces nausées soi-disant matinalesse prolongeaient parfois dans l’après-midi. Elle avait la désagréable impression que ce serait le cas aujourd’hui. Elle avait eu beaucoup de difîcultés à aller au travail et à cacher le fait qu’elle se sentait mal. Au îl des semaines, les gens avaient commencé à remarquer que quelque chose n’allait pas, et, à défaut d’avoir une meilleure explication, elle avait alors prétendu souffrir d’une grippe et être épuisée. Ces deux excuses étaient usées depuis un moment,
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et elle n’avait vraiment pas besoin que Tanner fasse irruption maintenant et dévoile son secret. Elle en voulait terriblement à sa cousine Victoria, qui était allée le voir et avait vendu la mèche, alors même qu’elle lui avait dit explicitement qu’elle n’était pas encore prête à lui annoncer la nouvelle. Fidèle à elle-même, Victoria avait insisté, la harcelant, lui répétant qu’elle ferait mieux de prendre son courage à deux mains et de parler à Tanner maintenant, car il n’y aurait jamais de moment idéal pour annoncer une telle nouvelle, de toute façon. Elle aurait dû se douter que, dans la bouche de Victoria, cela signiîait :si tu ne lui dis pas, je vais le faire. Sa cousine n’avait jamais été capable de garder un secret. Quand elle avait quelque chose dans la tête, elle înissait inévitablement par en parler. Elle jeta un coup d’œil à l’horloge. Il était un peu plus de 6 heures du matin au Texas. Elle eut soudain envie de décrocher son téléphone pour appeler sa cousine et lui dire sa façon de penser, mais à ce moment-là la bouilloire se mit à sifer. Elle versa l’eau bouillante dans la petite cafetière et sur son sachet de thé, et s’apprêta à attendre les trois minutes d’infusion. Elle se promit de parler à Victoria plus tard, et quand elle le ferait, elle lui dirait ses quatre vérités comme elle ne l’avait encore jamais fait. Elle devinait déjà ce que sa cousine répondrait :j’ai peut-être eu tort d’intervenir, mais en fait je t’ai rendu service, Jordana, je t’assure. La dernière fois qu’elles en avaient discuté, Victoria lui avait débité des absurdités, afîrmant avec aplomb