Une bouleversante séduction - L'enquête de sa vie

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Une bouleversante séduction, Cindi Myers

14 février, Saint-Valentin : voilà un an jour pour jour qu’« Elizabeth Giardino » est morte. Un an précisément qu’Anne Gardener – puisque c’est désormais son nom – se terre dans un village perdu au cœur du Colorado. Pourtant, elle ne se sent pas à l’abri : son père, éminent baron de la mafia new-yorkaise, lui a promis qu’il la retrouverait, où qu’elle se cache, quand elle l’a dénoncé aux autorités. Et, au fond d’elle, Anne vit dans la peur du jour où… Ce jour est-il arrivé ? Jake Westmoreland, un des sbires de son père, vient de resurgir dans sa vie. Qu’importe ce qui les a unis autrefois, il est venu pour la tuer, elle en est persuadée ! Sauf qu’il lui affirme qu’il est en réalité un agent du FBI infiltré, qu’il est prêt à tout pour la protéger, et qu’elle brûle de le croire…

L’enquête de sa vie, Beverly Long

L’inspecteur Robert Hanson est à cran. Qui est le psychopathe qui terrorise Chicago depuis un mois, en assassinant un adolescent par semaine ? Et comment va-t-il faire pour le coincer ? Ce salaud ne laisse aucune empreinte, aucun indice derrière lui… Désemparé, Rob voit cependant un début de piste se présenter quand, au cours d’une soirée, il rencontre la séduisante Carmen Jimenez, qui lui confie son désespoir : son jeune frère est tombé sous la coupe d’un inconnu qui le pousse à agir de manière étrange… Se pourrait-il que cet homme et le tueur ne fassent qu’un ? Déterminé à le découvrir, Robert demande alors à Carmen de l’aider dans son enquête… sans se douter que cette troublante collaboration va changer sa vie à jamais.

Publié le : lundi 1 septembre 2014
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EAN13 : 9782280320733
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14 févrîer, fête de a Saînt‑Vaentîn : cea faîsaît exac‑ tement un an qu’Eîzabeth Gîardîno étaît morte. Anne Gardener s’étaît înterdît jusque‑à de repenser à cette terrîbe journée, maîs ee s’autorîsa queques mînutes de recueîement en cette date annîversaîre. Debout dans sa sae de casse décorée de cœurs en feutrîne, ee se aîssa submerger par es souvenîrs : Eîzabeth, es cheveux strîés de mèches vîoettes, penchée au bacon du uxueux appar‑ tement de son père à Manhattan, sauant es paparazzî quî a mîtraîaîent depuîs ’étage d’en dessous. Eîzabeth, en robe de soîrée à dîx mîe doars, sîrotant un champagne hors de prîx et dansant jusqu’à ’aube dans un nîght‑cub de Saînt‑Tropez, sous ’œî vîgîant de troîs gardes du corps en costumes noîrs. Eîzabeth, son corsage banc macué de sang, peurant et hurant tandîs que ces mêmes hommes ’entraïnaîent à ’écart… Anne ferma es yeux pour chasser ’îmage de son esprît. Ee ne gagneraît rîen à s’attarder sur e passé.Ce qui est fait est fait. Tournant a tête vers a fenêtre, ee admîra a vue dîgne d’une carte postae, avec ses montagnes couronnées de neîge sur fond de cîe turquoîse. La petîte vîe de Rogers dans e Coorado auraît tout aussî bîen pu se trouver sur une autre panète, tant ee étaît dîfférente de New York. Ces hauts sommets avaîent queque chose de fascînant, de rassurant presque. Au fond d’ee, Anne auraît aîmé rester îcî toute sa vîe, maîs ee savaît que ce n’étaît pas possîbe. D’îcî un
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an ou deux, ee seraît obîgée de déménager. Ee n’avaît pas a îberté de s’enracîner queque part. Tout en îgnorant e sentîment de maaîse quî couvaît en ee, ee enia son manteau, attrapa son sac à maîn et son cartabe et sortît de a sae de casse. Après avoîr fermé a porte à cé, ee se dîrîgea rapîdement vers e parkîng, ses bottes résonnant dans e couoîr désert. Ee garaît toujours sa voîture près de ’entrée atérae du bâtîment, sous une umîère de sécurîté quî restaît aumée toute a nuît. En cette in d’après‑mîdî, cependant, î faîsaît encore jour, même sî es ombres commençaîent à s’aonger à mesure que e soeî de févrîer gîssaît vers es montagnes. Quand Anne étaît arrîvée dans a régîon, ee avaît été surprîse par a rapîdîté avec aquee a nuît tombaît îcî. Ee s’y étaît faîte, de a même manîère qu’ee s’étaît habîtuée à a umînosîté aveugante es jours de grand froîd, ou aux soudaînes chutes de neîge quî recouvraîent tout d’une épaîsse poudre banche. Ee traversa prudemment a vîe, répondant aux sîgnes amîcaux des passants. Encore une chose quî ’avaît perturbée au début, a façon dont es habîtants a sauaîent comme une amîe de ongue date, aors qu’ee n’étaît à que depuîs queques jours. N’ayant jamaîs vécu dans une petîte vîe, ee n’avaît pas antîcîpé ce quî apparaîssaît pourtant comme une évîdence : tout e monde connaïtraît a nouvee enseî‑ gnante de ’unîque écoe éémentaîre. Sa pus grande dîficuté, néanmoîns, avaît été de gérer es avances des nombreux céîbataîres quî vîvaîent dans ces montagnes. L’arrîvée d’une bee jeune femme es avaît attîrés comme des papîons. A sa pace, Eîzabeth auraît été aux anges — comment résîster à ces monîteurs de skî, apînîstes, cow‑boys et mîneurs, tous jeunes, athétîques et d’une beauté un peu rude, comme es héros des romans à ’eau de rose ? Maîs Anne es repoussaît tous, aussî poî‑ ment que possîbe. Ee ne vouaît s’engager avec personne, poînt ina.
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La rumeur avaît commencé à cîrcuer qu’ee étaît venue vîvre dans ’Ouest parce qu’un homme uî avaît brîsé e cœur à New York. Les regards peîns de compassîon qu’on uî adressaît depuîs étaîent presque pîres que es soîcîtatîons încessantes de a gent mascuîne. Au bout de queques moîs, es choses s’étaîent tassées. Les habîtants de Rogers avaîent inî par comprendre que a nouvee maïtresse préféraît garder ses dîstances. Cea ne es empêchaît pas de se montrer aîmabes et bîenveîants envers ee — une façon sans doute d’enrober eur curîosîté. Anne devînaît qu’îs mouraîent d’envîe de connaïtre son hîstoîre ; maheureusement, ee ne pouvaît rîen eur dîre. Avant de rentrer chez ee, ee s’arrêta à a supérette pour acheter un pat surgeé et de quoî faîre une saade. Ee s’efforçaît de changer d’îtînéraîre réguîèrement, même s’î n’y avaît pas trente‑sîx façons de rejoîndre e quartîer résî‑ dentîe dans eque ee vîvaît, à cînq kîomètres de a vîe. La petîte maîson vert pâe au toît poîntu, sîtuée en peîn mîîeu du otîssement, étaît lanquée d’un garage et pourvue d’un porche à peîne assez arge pour abrîter une chaîse ongue. Cee‑cî étaît encore recouverte d’une ine couche de neîge datant de a dernîère tempête. Anne ouvrît a porte et embrassa a pîèce du regard. Le canapé et e fauteuî aux motîfs loraux occupaîent presque tout ’espace dans e petît saon. Le poste de téévîsîon étaît posé sur une consoe en acajou aux pîeds torsadés. Une tabe basse ovae et une ampe en cuîvre compétaîent e mobî‑ îer. Sur ’un des murs, une tapîsserîe évoquant un paysage champêtre. La maîson avaît été meubée et décorée avant qu’Anne ne s’y înstae, et bîen que rîen ne fût vraîment à son goût, ee s’y étaît habîtuée. Inutîe de tout changer aors qu’ee étaît vouée à repartîr un jour ou ’autre. Ee se pencha pour ramasser son courrîer. Factures, journa oca, pubîcîtés — e trîo habîtue. Pourquoî avaît‑ee ’împressîon que queque chose cochaît ? Ee se débarrassa de ses bottes et aa ranger es courses dans
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a cuîsîne, en regrettant de ne pas avoîr d’acoo chez ee. Depuîs qu’ee avaît quîtté New York, ee n’en avaît pas bu une seue goutte, préférant garder une vîgîance de tout înstant. Aujourd’huî, ee auraît voontîers avaé un ou deux verres de vîn pour oubîer ce trîste annîversaîre. A a pace, ee mît de ’eau à chauffer dans a bouîoîre et se dîrîgea vers a chambre, dans ’îdée d’enier un jean et un sweat confortabes. Peut‑être aumeraît‑ee un feu dans e petît poêe à boîs du saon, avant de tenter de se ponger dans un bon roman… La chambre à coucher possédaît e seu meube de a maîson quî uî paîsaît vraîment : un majestueux ît bateau en boîs de merîsîer. Par habîtude, Anne passa a maîn e ong du cadre patîné. Devant e fauteuî avachî quî occupaît un coîn de a pîèce, ee retîra sa jupe en veours et son pu à co roué — des vêtements certes pas très sexy, maîs bîen pratîques pour courîr après des éèves de sîx ans. Eîzabeth auraît rî sî ee ’avaît vue dans cette tenue. Aors qu’ee ouvraît e pacard pour attraper un jean, ee eut soudaîn conscîence d’une présence derrîère ee. Maîs ee n’eut pas e temps de se retourner ; un bras puîssant uî enserra a taîe tandîs qu’une maîn se paquaît sur sa bouche pour ’empêcher de crîer. Prîse de panîque, ee tenta de se débattre, maîs ’înconnu a tenaît fermement contre uî. — Chut, n’aîe pas peur, murmura‑t‑î, d’une voîx étrangement douce comparée à a force de son étreînte. Regarde‑moî. I a reâcha sufisamment pour uî permettre de tourner a tête. Anne crut défaîîr orsqu’ee se retrouva nez à nez avec un fantôme.
Jake Westmoreand étudîaît e vîsage de a jeune femme, quî e ixaît de ses yeux écarquîés. S’î étaît prêt à retîrer a maîn de sa bouche, î n’avaît aucune întentîon en revanche de a îbérer compètement, non pas parce qu’î craîgnaît
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sa réactîon, maîs parce qu’î avaît attendu trop ongtemps de pouvoîr a serrer de nouveau dans ses bras. Ee étaît pus mînce que dans son souvenîr, frêe comme un oîseau, aors qu’î ne ’avaît jamaîs perçue comme une femme fragîe. Ee avaît égaement es cheveux pus foncés, coupés dîfféremment, sans es mèches d’un vîoet vîf quî a rendaîent sî reconnaîssabe un an pus tôt. Jake avaît réussî à dégoter une photo récente d’ee, î n’étaît donc pas surprîs de ce changement de stye. Maîs rîen n’auraît pu e préparer à a revoîr en chaîr et en os après e traumatîsme de eur séparatîon. Pendant des moîs, î n’avaît même pas été certaîn qu’ee fût toujours vîvante. — Je te croyaîs mort, murmura‑t‑ee d’une voîx trem‑ bante. — Et moî, j’avaîs peur que es sbîres de Gîardîno s’en soîent prîs à toî. — Tes coègues m’ont attrapée avant. Maîs îs se sont bîen gardés de me dîre que tu avaîs survécu. Comment est‑ce possîbe ? La dernîère foîs que je t’aî vu… Ee secoua a tête. — I y avaît teement de sang ! Les médecîns avaîent expîqué à Jake que son cœur s’étaît arrêté de battre dans a sae de ba du Wadorf Astorîa. Maîs ’équîpe de réanîmatîon avaît réussî à e ramener à a vîe à grand renfort de chocs éectrîques et de poches de sang. Jake étaît resté des semaînes à ’hôpîta, puîs pusîeurs moîs en rééducatîon, autant de temps qu’î avaît passé dans un ît à ne rîen faîre d’autre que penser à ee. I uî ramena une mèche de cheveux derrîère ’oreîe, comme pour s’assurer qu’ee étaît bîen réee, qu’î ne rêvaît pas. — Eîzabeth… — C’est Anne, maîntenant, e coupa‑t‑ee brusquement. Eîzabeth n’est pus de ce monde. Ee est morte ce jour‑à à ’hôte. Cea aussî, Jake e savaît, maîs î s’étaît aîssé emporter
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par es émotîons. I recua d’un pas, se résîgnant enin à a reâcher. — Pourquoî Anne ? — C’étaît mon deuxîème prénom. Un début de sourîre, un peu moqueur, lotta sur es èvres de a jeune femme. Un sourîre qu’î avaît bîen connu, et quî uî avaît teement manqué… — Tu ne e savaîs pas ? — Non, reconnut‑î. Maîs î y a beaucoup de choses que je ne saîs pas sur toî. Est‑ce qu’on peut dîscuter cînq mînutes ? I it un geste vers e ît, e seu endroît de a pîèce où deux personnes pouvaîent s’asseoîr côte à côte. Au même înstant, un sîflement aîgu déchîra e sîence. Jake sortît son pîstoet de son hoster d’épaue en une seconde. — Tu as ’întentîon de tîrer sur ma bouîoîre ? demanda Anne en regardant ’arme avec dégoût. I rengaîna e pîstoet. — Aons dans e saon, proposa‑t‑ee. Ee attrapa un peîgnoîr dans a penderîe et ’enia rapî‑ dement, maîs Jake eut e temps d’apercevoîr ’arrondî de ses seîns au‑dessus de son soutîen‑gorge en dentee noîre, a courbure de sa taîe ine, e gabe de ses hanches… et a cîcatrîce au bas de son dos. — Tu n’as pus ton tatouage, it‑î remarquer. Ee s’étaît faît tatouer es motsNil opus captivisjuste au‑dessus des fesses, d’une bee écrîture penchée.Pas de quartier. La devîse d’une femme détermînée à obtenîr ce qu’ee vouaît de a vîe. — J’aî dû e faîre enever, expîqua‑t‑ee. Is m’ont dît que je ne devaîs garder aucun sîgne dîstînctîf. Ee e conduîsît dans e saon, avant de s’écîpser dans a cuîsîne pour éteîndre e feu sous a bouîoîre. En reve‑ nant, ee prît soîn de fermer es rîdeaux des fenêtres quî donnaîent sur a rue. Jake, quî avaît prîs pace sur e canapé, s’attendaît à ce qu’ee s’înstae à côté de uî. Ee préféra
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s’asseoîr dans e fauteuî, es bras serrés autour d’ee dans une attîtude défensîve. — Comment m’as‑tu retrouvée ? — J’aî encore des amîs au FBI. Des gens à quî j’aî rendu servîce par e passé. — Personne n’est censé savoîr où je suîs. Is m’avaîent promîs que… Ee ne termîna pas sa phrase, maîs Jake pouvaît îre a suîte dans son regard : ce n’étaît pas a premîère foîs que e gouvernement ne tenaît pas ses promesses envers ee. Et qu’en étaît‑î de cees qu’î uî avaît faîtes, uî ? — Je n’aî jamaîs vouu te mentîr, uî assura‑t‑î. J’essayaîs seuement de te protéger. — On peut dîre que tu as réussî, répîqua‑t‑ee avec îronîe. I baîssa es yeux. — Touché. Dîs‑moî ce quî s’est passé après mon départ. J’aî entendu dîre que tu avaîs témoîgné contre ta famîe ? — Sî tu es encore au FBI, tu doîs déjà savoîr tout ça. — Je n’y suîs pus. Ee haussa es sourcîs. — Ah bon ? Pourquoî ? — Oficîeement, j’aî été mîs à a retraîte pour învaîdîté. — Et oficîeusement ? — J’étaîs trop dangereux. — A cause de ’hîstoîre avec mon père ? — Entre autres. Jake avaît commîs ’erreur împardonnabe d’entretenîr une reatîon întîme avec une suspecte. Bîen qu’Eîzabeth Gîardîno n’eût pas été ’objet prîncîpa de ses învestîgatîons, ee avaît été sufisamment proche de son père pour que ’întégrîté de Jake puîsse être mîse en doute, sans parer de sa capacîté à faîre son travaî correctement. — Aors, qu’est‑î arrîvé après qu’on m’a tîré dessus ? demanda‑t‑î de nouveau. — Les gros bras de mon père ont bîen essayé de m’en‑
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traïner à ’écart, maîs îs ne savaîent pas que tu avaîs faît encercer ’hôte. Quand es lîcs ont débarqué, tout e monde étaît trop occupé à protéger mon père pour faîre attentîon à moî. Quequ’un m’a faît monter dans une voîture, et on m’a conduîte en vîe. Jake tenta de se représenter a scène. Eîzabeth, couverte de son sang à uî, foe de terreur. Is avaîent dû a faîre asseoîr dans une sae d’înterrogatoîre et a cuîsîner pendant des heures jusqu’à ce qu’ee craque. Fut un temps où î auraît juré qu’ee n’étaît pas femme à se aîsser brîser, maîs î n’en étaît pus sî sûr. — Is cherchaîent à t’arracher des aveux contre ton père. — Is n’ont pas eu besoîn de me forcer. Quand j’aî vu ce qu’î t’avaît faît… J’aî vouu qu’î paye. Etaît‑ce vraîment à cause de uî, ou bîen parce que son père avaît trahî sa coniance ? se demanda Jake. Le temps d’un coup de feu, ee étaît passée du statut de petîte ie gâtée à ceuî d’ennemîe numéro un. I y avaît de quoî remettre en questîon un certaîn nombre de choses. — J’aî débaé tous es secrets de famîe en pubîc, et mon père a juré qu’î me tueraît pour ça, contînua Anne. I m’a maudîte en peîn trîbuna, a dît que pour uî, j’étaîs déjà morte. Ee peînaît à contenîr son émotîon. — Et après ça, c’étaît trop dangereux pour toî de rester à New York, ’encouragea‑t‑î. — C’étaît même trop dangereux de rester moî. Quatre semaînes pus tard, mon père s’est évadé de prîson. I a dîsparu, maîs tout e monde saît qu’î est à queque part et qu’î n’a rîen oubîé. Le FBI m’a donné une nouvee îdentîté. Eîzabeth Gîardîno a pérî dans un terrîbe naufrage, en peîne mer des Carabes. Anne Gardener s’est înstaée à Rogers, dans e Coorado, pour enseîgner à ’écoe prîmaîre. — Je ne t’auraîs jamaîs îmagînée înstîtutrîce. — J’avaîs passé une îcence d’angaîs à a fac de Barnard. Les autorîtés ont dû tîrer queques icees pour m’obtenîr un
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dîpôme de prof. On m’a trouvé ce bouot, et cette maîson, concut‑ee en jetant un regard autour d’ee. L’întérîeur vîeîot formaît un contraste saîsîssant avec ’appartement branché qu’ee avaît habîté à Manhattan. — Is ont dû penser qu’on ne vîendraît jamaîs me chercher dans un coîn aussî paumé. Et pourtant, tu m’as retrouvée. — J’avaîs accès à des înformatîons conidentîees. — On peut payer pour obtenîr des înformatîons, répîqua‑t‑ee. On, c’est‑à‑dîre son père et ses sbîres… — Je savaîs que cet endroît étaît sur a îste des panques possîbes. J’aî însîsté auprès d’un ancîen coègue pour qu’î me aîsse regarder es îvres de comptes datant de a pérîode quî a suîvî ta dîsparîtîon. J’aî repéré un vîrement conséquent en faveur d’une banque du Coorado, et j’aî réussî à remonter jusqu’à cette maîson. — Maîs comment as‑tu pu savoîr que c’étaît moî qu’on avaît pacée îcî ? — J’aî consuté es archîves du journa oca sur înternet, et je suîs tombé sur ’entreiet datant de ’été dernîer quî annonçaît ’arrîvée d’une nouvee enseîgnante pour a rentrée. Le tîmîng correspondaît. J’aî pensé que ça pouvaît être toî. — A t’entendre, c’étaît facîe. — Pas tant que ça. I y a pusîeurs pare‑feu entre e FBI et toî. Des sécurîtés que j’aî en partîe înstaées, je te rappee. — J’avaîs oubîé que tu étaîs comptabe, dît‑ee avec un petît rîre. Ce n’est pas ’îdée qu’on se faît de ’agent fédéra, habîtueement. Jake avaît été recruté par e FBI à sa sortîe de ’unîversîté pour travaîer dans e servîce de a répressîon des fraudes. Remonter a pîste de ’argent permettaît parfoîs de faîre tomber pus de crîmînes qu’organîser des descentes. Un jour, cependant, e FBI avaît eu besoîn d’înitrer un agent dans a famîe Gîardîno. Jake s’étaît porté voontaîre, assé de rester assîs derrîère un bureau. I ne pensaît pas que
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cea e mèneraît sî oîn. I ne pensaît pas tomber amoureux d’Eîzabeth. — Comment vas‑tu ? s’enquît‑î. Ça te paït, îcî ? — Dîsons que ça ne me dépaït pas. Les gens sont gentîs. J’adore es enfants. Jake avaît du ma à ’îmagîner entourée d’éèves de CP. I ne ’avaît jamaîs vue comme quequ’un de très materne, et pourtant, ce rôe sembaît convenîr à sa nouvee personnaîté. — C’est une vîe très dîfférente de cee que tu avaîs avant, it‑î remarquer. — Jesuisdîfférente. — Je veux bîen te croîre. On ne pouvaît pas endurer ce qu’îs avaîent vécu sans en être profondément transformé. — Comment vas‑tu, vraîment ? — A ton avîs ? rétorqua‑t‑ee. C’est dîficîe. Et c’est assant de vîvre dans a peur. — Tu ne te sens pas en sécurîté îcî ? — Devîne. Tu connaîs mon père — î est prêt à tout pour obtenîr ce qu’î veut. I ne paîsantaît pas en dîsant qu’î veîeraît personneement à ce que je soîs rayée de a carte. Sî tu as réussî à me retrouver, î peut y arrîver aussî. Que faîs‑tu îcî ? — Je vouaîs te voîr. — Eh bîen, tu m’as vue. Maîntenant, tu peux partîr. Ee se eva, resserrant d’un geste sec a ceînture de son peîgnoîr. — Eî… Anne, murmura Jake en se evant à son tour. Ecoute‑moî. J’aî besoîn de ton aîde. — Pour quoî faîre ? — Pour retrouver ton père. — Tu as dît que tu ne travaîaîs pus au FBI. — Et c’est vraî. Maîs sî on arrîve à e débusquer, î retournera en prîson, et cette foîs‑cî îs ne e aîsseront pas s’échapper.
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