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Une douce nuit d'été

De
214 pages

L’amour peut-il tout surmonter?

Rien ne les préparait à ce coup de foudre fulgurant. Et pourtant...

Gabriel est un homme blessé et solitaire qui a renoncé à l’amour. Léa, une femme discrète, s’enlisant dans une vie monotone qui ne lui correspond plus.

Malgré leurs différences, malgré les obstacles que la vie dresse sur leur route, ils partageront un été magique, un huisclos en dehors du temps. Mais parviendront-ils à surmonter les mensonges, oublier leurs peurs et accepter de vivre... enfin?


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Une douce nuit d’été
Angélique Féjean
Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ne saurait être que fortuite. « Le code de la propriété intellectuelle et artistique n’autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représentation ou reproduction intégrale, ou partielle, faites sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite » (alinéa 1er de l’article L. 122-4). « Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal. » Droits d’auteurs © 2016 Editions Dreamcatcher
À mon papa. J’ai puisé ma force dans ton souvenir... À mon fils. Crois toujours en tes rêves, mon petit coeur d’amour...
Chapitre 1
 Par une douce soirée d’été, alors que le soleil es t bas sur l’horizon, Gabriel se promène tranquillement sur la plage, son chien Eliott à ses côtés. Ici, tout n’est que quiétude. Face à l’immensité du bleu de l’océan, cette solitude, qui pèse parfois sur le jeune homme, lui semble plus supportable et même apaisante. D’ici quelques jours, les premiers vacanciers prend ront d’assaut les plages vendéennes, et celle-ci ne sera pas épargnée. Autan t savourer pleinement les derniers instants de calme de ce début de saison. Brusquement, son berger allemand se fige, les oreil les dressées, la truffe en l’air et l’instinct en alerte. Avant que son maître ne compr enne ce qui lui arrive, il se rue en direction des rochers qui bordent la mer en aboyant. Gabriel s’élance alors à sa poursuite. Il le retrou ve fièrement campé sur ses pattes arrière à quelques pas d’une jeune femme. Celle-ci est assise sur le sable fin, les bras autour de ses jambes qu’elle tient repliées contre la poitrine. Son visage, enfoui entre ses genoux, est dissimulé par une longue chevelure dorée. Le jeune homme félicite son chien d’une tape sur la tête et s’approche lentement lorsque son regard est attiré par une tache rouge pourpre sur le sable. — Vous êtes blessée ? demande-t-il, inquiet. L’inconnue sursaute. D’un mouvement de tête, elle fait retomber ses cheveux blonds en cascade dans son dos, dévoilant ainsi un visage à la blancheur semblable à celle du lys, inondé de larmes auxquelles vient se mêler un filet de sang. — Mais vous saignez ! N’ayant rien d’autre sous la main, il ôte son tee-s hirt et s’agenouille auprès de la blessée. Cette nudité subite fait tressaillir cette dernière. Lorsqu’elle lève vers lui de magnifiques yeux verts en amande pleins de détresse, le cœur de Gabriel manque un battement. À cet instant, un sentiment étrange l’envahit, un sentime nt qu’il n’a pas ressenti depuis… des années. — N’ayez pas peur, je ne vous veux aucun mal. Lui, c’est Eliott et moi, Gabriel. Laissez-moi vous aider. Il joint le geste à la parole et se met à panser la blessure de l’inconnue au niveau de l’arcade sourcilière. La jeune femme ne saurait dire pourquoi, mais ce co ntact provoque instantanément quelque chose en elle… Une sorte de doux papillonne ment dans son bas-ventre. Le regard bleu azur du bel inconnu y est sans doute pour quelque chose. Troublée, elle murmure : — Léa…
— Pardon ? — Léa, je m’appelle Léa, reprend-elle avec un timide sourire, révélant deux adorables fossettes à la commissure de ses lèvres. — Enchanté, Léa. Que vous est-il arrivé ? — Je me promenais à cheval lorsque quelque chose l’ a effrayé. Il s’est cabré, m’a désarçonnée et s’est enfui. En tombant, je me suis cogné la tête. Ma cheville me fait très mal. Et mon portable n’a plus de batterie. Le jeune homme fronce les sourcils. — Laissez-moi examiner votre cheville, je suis kiné. Lorsque Léa détend ses jambes, son visage se crispe aussitôt de douleur. Gabriel s’empare délicatement de la cheville endolorie qu’il se met à palper. La jeune femme ne peut réprimer une plainte, ce qui ne fait que confirmer les craintes du kinésithérapeute. — Eh bien, je pense qu’il y a une légère fracture. Mieux vaut que je vous emmène à l’hôpital. Ils pourront également suturer votre pla ie au visage. Ma voiture n’est pas très loin, j’habite sur la plage. Je vais vous porter jusqu’au parking. — Non, ça va aller. Je peux marcher, bafouille-t-elle. Elle tente de se relever seule. Mais à peine s’est- elle redressée qu’elle vacille et il la rattrape in extremis. — On ne vous a jamais dit qu’il fallait toujours éc outer son médecin ? plaisante-t-il. Allez, laissez-moi faire. Vous me faites confiance ? demande-t-il en plongeant son regard dans le sien. — Oui… Elle ne sait comment l’expliquer, mais oui, elle lui fait confiance. Il glisse alors un bras sous les épaules de Léa, un autre sous ses genoux. Cette dernière n’est pas très grande et aussi légère qu’u ne plume, il n’éprouve donc aucune difficulté à la soulever du sol. Bien calée contre lui, elle noue deux mains timides autour du cou du jeune homme et se laisse envelopper par les effluves émanant de sa peau. Quelques minutes plus tard, le jeune kiné installe confortablement Léa sur la banquette arrière de sa voiture et réajuste son pansement de fortune. Il peut dire adieu à son tee-shirt blanc tout neuf, maintenant maculé de sang. I l fait ensuite grimper Eliott dans le véhicule. Avant de se mettre au volant et de démarr er, il enfile une veste oubliée sur le dossier du siège conducteur. Alors que le soleil a cédé la place à l’astre de la nuit, la Golf gris métallisé file à vive allure sur l’asphalte en direction du centre hospitalier le plus proche. Le chauffeur ne peut s’empêcher de jeter des coups d’œil furtifs dans le rétroviseur intérieur. Chaque fois qu’il croise un véhicule, le visage séraphique de sa passagère surgit dans le halo de lumière des phares, faisant accélérer son rythme cardiaque. Les mains moites, la jeune femme essaie tant bien q ue mal de contenir son trouble, que la proximité conférée par l’habitacle ne fait qu’accentuer. Le regard du jeune homme posé sur elle, qu’elle feint de ne pas remarquer, a sur sa peau l’effet d’une brûlure. L’intensité de celle-ci est plus forte encore que la douleur qui irradie sa cheville. Gênés, les deux jeunes gens gardent le silence jusqu’à leur arrivée à destination. Une fois à l’hôpital, Gabriel confie Léa au médecin urgentiste. Cependant, il ne peut se résigner à rentrer chez lui et décide de patienter. Une heure plus tard, le patricien le rejoint dans la salle d’attente. — Comment va-t-elle ? s’empresse de demander Gabriel. — Elle va bien. J’ai recousu son arcade sourcilière . Nous avons également fait une radio de sa cheville. La fracture est mineure, mais j’ai préféré lui poser un plâtre, c’est plus sûr. Elle devrait se remettre rapidement. Quelques séances de kiné seront tout de même nécessaires… Le médecin prend soudain un air soucieux qui inquiète Gabriel. — Il y a problème, Docteur ? — En fait, c’est surtout sa tête qui m’inquiète. — Comment ça ? Vous venez de me dire que vous l’avez recousue. — Oui, mais elle a vomi dans la salle d’examen. Il est donc plus sage de la garder en
observation pour cette nuit. Elle pourrait faire un traumatisme crânien… J’ai demandé qu’on l’installe dans une chambre et qu’on lui administre des sédatifs pour l’aider à dormir. Gabriel hoche la tête en signe d’approbation. — Je peux la voir ? — Oui, bien sûr. Deuxième étage, chambre 21, au fon d du couloir à droite en sortant de l’ascenseur. — Merci, Docteur. Le jeune homme serre la main de ce dernier et sort de la salle d’attente. — Dernière chose, Monsieur Varela, l’interpelle le médecin sur le seuil. Surpris, Gabriel fait volte-face. — Je ne… Le bipeur du docteur les interrompt. — Une urgence… Je dois vous laisser. Je voulais jus te vous rappeler de prendre rendez-vous dans trois semaines pour retirer le plâ tre de votre femme. Bonne nuit, Monsieur Varela. De peur que le praticien refuse finalement de le laisser voir Léa en apprenant qu’ils ne sont pas mariés, Gabriel s’abstint de mentionner sa méprise et le remercie encore. Arrivé devant la chambre 21, il hésite un instant puis frappe à la porte. Pas de réponse. Il ouvre le battant sans faire de bruit et découvre Léa paisiblement endormie dans son lit. La pièce est plongée dans la pénombre, le store lai ssant à peine filtrer la lumière des lampadaires extérieurs, mais assez pour envelopper le corps de la jeune femme d’une chaude lumière orangée. Gabriel s’approche à pas fe utrés.Elle est encore plus belle dans son sommeil, pense-t-il. Il reste quelques minutes debout à l’observer et réalise qu’il pourrait rester ainsi pendant des heures. Il a ente ndu un jour, sans savoir où ni quand, que l’on sait si l’on aime une personne à partir de l’instant où l’on est capable de passer la nuit entière à la regarder dormir, tout simplement. Cette pensée lui paraît soudain complètement absurde. Il décide donc de rentrer che z lui, jugeant sa mission terminée. Alors qu’il s’apprête à quitter la pièce, il rebrousse chemin et dépose sa carte de visite sur la table de chevet.Sait-on jamais ?
Chapitre2
Hé, tu m’écoutes ? Gabriel ? T’es à l’ouest ou quoi ? — Hein ? Gabriel regarde son ami, étendu sur la table de mas sage, comme s’il prenait seulement conscience de sa présence. — Désolé Adam, j’suis pas dans mon assiette. Il attrape une serviette pour nettoyer l’huile de massage sur ses mains. — J’avais remarqué. Allez, laisse tomber pour aujou rd’hui, cette foutue épaule n’en mourra pas, raille Adam en s’asseyant sur le rebord de la table pour enfiler son tee-shirt. Gabriel fronce les sourcils. Il n’aime pas lorsque son ami plaisante avec ça. Ce dernier a eu un grave accident de voiture, il y a un peu mo ins d’un an. Quand il lui avait montré les photos de l’épave, il avait constaté avec effroi que c’était un miracle que son meilleur ami soit encore en vie. Il s’en était en effet sorti simplement avec quelques contusions et plusieurs points de suture, mais surtout une épaule en vrac. Cet épisode avait bouleversé Gabriel, faisant ressurgir de vieux démons. C’est l ui qui, depuis, se charge de la rééducation de l’épaule de son ami, même si les deu x hommes sont conscients, l’un comme l’autre, qu’il ne s’agit là que d’un palliatif. — De toute façon, mon avion décolle dans trois heures, il faut que je file, déclare Adam en remettant de l’ordre dans ses cheveux blonds en bataille. — Ton avion ? s’étonne Gabriel. — T’es vraiment à côté de tes pompes ! Tu n’as rien écouté de tout ce que je t’ai raconté, en fait ? Le jeune kiné répond non de la tête d’un air ennuyé. Il s’accote à la desserte près de la table de massage sur laquelle son ami est toujours assis pour lui faire face. — Tu m’inquiètes, Gab. T’es malade ? demande ce dernier. — Non, je suis en pleine forme. — Eh bien, on ne dirait pas, tu as une tête de déterré. Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Et ne me dis pas rien, s’il te plaît. — OK, puisque tu insistes. J’ai rencontré une fille et je ne la reverrai probablement jamais. Fin de l’histoire. Tu vois bien qu’il n’y a pas de quoi fouetter un chat. — Tu rigoles, c’est trop cool, ça ! s’exclame son a mi en lui donnant une tape sur l’épaule. Vas-y, raconte. — Tu crois pas qu’on a passé l’âge de se raconter ce genre de trucs ? — Je te demande pas les détails, juste les grandes lignes. Allez, crache le morceau. — T’as pas un avion à prendre ? — Change pas de sujet. Mon avion peut bien attendre cinq minutes. Mon meilleur pote vient de rencontrer une nana, après des années d’abstinence, je veux en savoir plus. — Depuis quand ma vie sexuelle t’intéresse ? Et qu’ est-ce que t’en sais si je suis abstinent ? De toute façon, il n’y a pas grand-chose à dire. — Pour que ça te mette dans cet état, j’dis pas comme toi. Allez, raconte.