Une famille à chérir - Un hasard irrésistible

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Une famille à chérir, Susan Meier
En arrivant dans la maison de son enfance où il n’était plus revenu depuis longtemps, Wyatt entend, provenant du jardin voisin, une voix qu’il reconnaît immédiatement : celle de Missie, son amour de jeunesse. Aussitôt, il revoit le visage de la jolie lycéenne qui, un soir de bal, l’a planté là sans explications… Troublé par cet instant de nostalgie, il se ressaisit bientôt et voit arriver, par un trou de la haie, un petit garçon curieux, suivi de deux fillettes hilares. Missie apparaît alors et, tandis qu’elle s’étonne de le voir là, Wyatt, le cœur battant, comprend qu’il n’a jamais cessé de l’aimer…

Un hasard irrésistible, Shirley Jump
Avec son allure de cow-boy nonchalant, son sourire moqueur et ses deux énormes chiens qui détruisent chaque jour ses plantations, Harlan Jones est véritablement l’homme le plus insupportable que Sophie ait jamais rencontré. Aussi, lorsqu’elle apprend que leurs deux noms viennent d’être tirés au sort pour la Loterie de l’Amour organisée par la ville, elle comprend avec horreur que, sous peine de devenir la risée de tous, elle va devoir feindre l’entente parfaite avec son détestable voisin… Et lutter une semaine entière contre l’attirance irrépressible qu’exerce sur elle la caresse de son regard si bleu.

Publié le : dimanche 1 février 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280331609
Nombre de pages : 288
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1.

Ce qu’il y a de bien quand on est riche, c’est qu’on peut s’offrir tous les jouets dont on a envie.

Wyatt McKenzie sourit à cette pensée et appuya légèrement sur l’accélérateur de sa moto. La puissante machine fit un bond en avant dans la lumière bleue d’avril et fonça sur l’autoroute qui le menait à Newland, dans le Maryland.

Le deuxième avantage — qu’il appréciait tout autant que le premier —, c’était le pouvoir que lui procurait l’argent. Pas celui qu’on exerçait sur un pays ou sur de braves gens dont le gagne-pain quotidien dépendait de la bonne humeur du patron. Non, le pouvoir qu’il avait sur la gestion de son temps.

Comme en ce moment précis, par exemple. Sa grand-mère était morte un mois plus tôt et il devenait urgent de vider sa maison pour la mettre en vente. Mais Grand’ma McKenzie avait la fichue manie de dissimuler chez elle de l’argent liquide et des objets de valeur. Comme aucun de ses bijoux n’avait été retrouvé dans sa maison de Floride, la mère de Wyatt soupçonnait qu’ils étaient encore dans le Maryland. Wyatt s’était donc proposé pour faire le voyage de près de deux mille kilomètres afin de fouiller la maison.

Sa mère aurait pu s’en charger. Elle connaissait mieux que lui les bijoux en question. Mais il éprouvait un besoin urgent de se changer les idées.

Son divorce avait été prononcé la semaine précédente, non sans difficultés. Après deux ans d’un combat juridique acharné, son ex-femme avait fini par accepter les trente pour cent d’actions qu’il était prêt à lui céder, au lieu des cinquante qu’elle lui réclamait sur le capital de son entreprise. Son entreprise à lui, Wyatt McKenzie.

Elle l’avait trompé. Elle lui avait menti. Elle avait tout fait pour saper son autorité. Et elle avait fini par lui extorquer trente pour cent de ce qu’il avait mis des années à construire.

C’était vraiment injuste.

Il n’y avait pas que de la colère en lui. Il y avait aussi de la douleur. Ils avaient été mariés cinq ans avant que les ennuis ne commencent. Et, pendant toutes ces années, il avait cru qu’ils étaient heureux.

Il avait besoin d’un peu de temps et de tranquillité pour surmonter sa colère et sa peine. Partir à la chasse aux bijoux dans une vieille demeure pleine de souvenirs était un excellent prétexte pour faire une pause. Et pour tirer un trait sur le passé.

Aussi s’était-il accordé un long mois, se contentant d’informer son assistant et son meilleur ami de ses projets. Il n’avait pas besoin de rappeler à Arnie le décès de sa grand-mère. Ni de lui apprendre les déplorables conclusions de son divorce. Il ne devait d’explication à personne.

Dès qu’il vit le panneau annonçant la sortie pour Newland, la petite ville paisible dans laquelle il avait grandi, il ralentit pour quitter l’autoroute. Après avoir racheté la maison d’édition qui publiait ses romans graphiques, il avait incité toute sa famille à venir s’installer en Floride auprès de lui pour profiter du soleil. Ses parents revenaient régulièrement dans la vieille maison de Newland où Grand’ma passait tous ses étés. Mais Wyatt n’y avait pas remis les pieds depuis quinze ans.

Et aujourd’hui, il était de retour. Complètement métamorphosé.

D’abord parce qu’il était devenu riche. Ensuite, et surtout, parce qu’il n’était plus le gamin dégingandé et timide que tout le monde aimait bien, mais dont on se moquait en douce, et dont personne ne voulait dans son équipe.

Il sourit dans le vent, jouissant d’avance de la surprise que son arrivée allait susciter.

En quelques minutes il avait atteint les faubourgs de la petite ville. Il longea Main Street et, après avoir tourné deux fois à gauche, se retrouva enfin dans la rue où vivait sa grand-mère.

Il repéra immédiatement la vieille demeure de style Cape Cod dont les volets bleus relevaient la façade de bois peinte en blanc. De part et d’autre, des haies mal entretenues créaient une certaine intimité entre les maisons, quasiment semblables. Le cadre était à la fois simple et charmant. Et c’était ainsi, dans une atmosphère de chaleureuse convivialité, qu’on vivait à Newland. La vie y coulait paisiblement. Rien de commun avec la Floride où se succédaient sur un rythme effréné travail acharné, cocktails et garden-parties, compétitions nautiques et fêtes de charité.

Wyatt gara sa moto dans l’allée et coupa le moteur. Puis, son casque sous le bras, il se dirigea vers le garage dont la porte se souleva avec un grincement familier. Pas de serrure, et encore moins d’ouverture électrique. Le taux de délinquance dans la ville avoisinait zéro. Encore une différence notoire avec l’endroit où il résidait depuis quinze ans.

Ici, tout le monde se connaissait, tout le monde avait appris à s’apprécier.

Encore une chose qui lui manquait.

Il partait chercher sa moto là où il l’avait laissée quand il entendit une petite voix venant d’en haut.

— Hé ! Mofieu !

Il regarda autour de lui puis, ne voyant personne, il se dirigea de nouveau vers son engin.

— Hé, répéta plus fort la voix enfantine. Mofieu !

Wyatt se tourna en direction de la voix et son regard rencontra les deux grands yeux bruns d’un petit garçon âgé de cinq ou six ans, pas plus. Perché sur le muret longeant la rampe du garage, il lui sourit.

Chalut !

— Salut.

— C’est à toi, chette moto ?

— Oui.

En deux enjambées, Wyatt avait rejoint l’enfant qui leva vers lui sa frimousse ronde. Il avait des cheveux bruns coupés court, avec un épi indiscipliné au sommet du crâne, des traces de boue maculaient son T-shirt et son short était trop grand pour lui.

Penchant la tête de côté, le petit garçon demanda :

— Tu m’emmènes faire un four ?

— Un four ?

L’enfant montra la moto d’un doigt pas très propre.

— Un four. Avec ça.

— Ah ! Tu veux dire un tour ?

Wyatt considéra sa machine rutilante d’un air dubitatif. Il n’avait jamais emmené d’enfant sur sa moto. Et de toute façon, hormis ceux de ses employés rencontrés à l’occasion des festivités organisées par l’entreprise, il avait peu de contact avec les enfants.

— Owen !

Une voix mélodieuse parvint, portée par l’air tiède, jusqu’aux oreilles de Wyatt. Il s’arrêta de respirer, médusé.

— Oweeennn ! répéta la voix, une octave au-dessus.

Cette voix ! Il l’aurait reconnue entre mille. C’était celle de Missy ! Missy Johnson, la plus jolie fille du lycée. Et la petite-fille de leur vieille voisine. La seule fille à qui, lui si timide, il avait accepté de donner des cours d’algèbre pour le seul plaisir d’être assis à côté d’elle.

— Owen, mon chéri ! Où es-tu ?

Douce et musicale, la voix de la jeune femme pénétra dans le cerveau de Wyatt comme la caresse d’une brise de printemps.

Il regarda le petit garçon.

— Je suppose que tu t’appelles Owen ?

L’enfant lui décocha un large sourire.

La haie remua légèrement et, soudain, elle fut là, avec ses longs cheveux blonds attachés en queue-de-cheval et son clair visage tendu par l’inquiétude.

Si lui, en quinze ans, avait changé du tout au tout, pour elle, le temps semblait s’être figé. Les mêmes yeux bleu-gris étincelaient derrière d’épais cils sombres. Ses lèvres gracieusement arquées lui souriaient avec la même spontanéité que jadis. Son teint de pêche avait la même fraîcheur, le même éclat qu’au temps de ses dix-huit ans.

Et pourtant, s’il savait encore compter, elle en avait trente-trois, tout comme lui.

Il baissa les yeux sur les hanches pleines, moulées dans un short en toile de jean bleu délavé, sur la taille mince ceinturée d’un foulard de soie multicolore. Puis son regard glissa le long d’interminables jambes bronzées, aussi parfaites que lorsque, pom-pom girl, elle encourageait l’équipe de Newland lors des matchs de football.

Ce souvenir accéléra les pulsations de son sang dans ses veines. Leurs deux grands-mères étant voisines, ils avaient souvent l’occasion de se voir à l’époque. Et c’est ainsi que depuis l’âge de douze ans, malgré sa maladresse et sa niaiserie, il mourait d’envie de l’embrasser, elle, la reine de toutes les soirées.

Bon sang, inutile de le nier. Il avait vraiment le béguin pour elle à cette époque.

Elle lui jeta un regard interrogatif.

— Je peux vous aider ?

— Bonjour, Missy.

Elle le dévisagea, les yeux arrondis par la surprise.

— Est-ce que… Nous connaissons-nous, par hasard ?

— Tu ne me reconnais pas ?

— Je devrais ?

— C’est tout de même grâce à moi que tu as réussi ton examen de rattrapage en algèbre.

Elle plissa ses jolis yeux bleus, hésita une seconde avant de s’écrier :

— Wyatt !

Il se balança sur les talons avec un petit rire.

— En chair et en os.

Le regard de Missy glissa de son blouson de cuir au casque qu’il tenait sous son bras. Elle sembla hésiter, ayant du mal visiblement à réconcilier l’image du motard bronzé au foulard rouge noué autour du cou avec celle de l’adolescent tout en os et boutons d’acné qu’elle avait connu au lycée.

— Wyatt ! répéta-t-elle.

Il retira ses lunettes de soleil.

— J’ai changé tant que cela ?

De nouveau, elle le scruta d’un bref regard et Wyatt sentit tout son corps vibrer. Comme s’il était encore l’adolescent mourant d’envie d’inviter la plus belle fille de la soirée.

Il baissa les yeux sur le petit garçon.

— Il est à toi, ce petit bonhomme ?

Missy ébouriffa l’épaisse chevelure d’Owen.

— Oui.

— Maman ! Maman !

Une petite blondinette émergea à son tour de la haie, poussant sa mère pour mieux voir ce qui se passait.

Elle tira le bas du short de Missy et s’écria :

— Lainie m’a mordue !

Une tête brune apparut dans le feuillage.

— C’est même pas vrai !

Wyatt haussa les sourcils. Trois enfants ? Et qui semblaient à peu près tous du même âge ! Missy devait faire du baby-sitting pour dépanner une voisine…

Missy rencontra son regard.

— Wyatt, je te présente mes enfants : Owen, Helaina et Claire.

Elle ajouta en administrant une tape affectueuse sur les trois petites têtes parfaitement alignées :

— Ce sont des triplés.

Wyatt faillit s’étrangler.

— Des triplés ?

Cette fois, elle lui sourit, les yeux dans les yeux.

— Oui.

Bon sang ! Wyatt se gratta le cuir chevelu, ne sachant que dire.

— Ton… ton mari et toi, vous devez être fiers.

Tournant les trois enfants en direction de la maison voisine, Missy Johnson Brooks dit d’une voix autoritaire :

— Rentrez à la maison. J’arrive dans une minute pour vous faire manger.

Puis elle affronta avec autant d’assurance qu’elle s’en sentait capable l’homme magnifique qui lui faisait face.

Wyatt McKenzie était devenu l’un des hommes les plus séduisants qu’il lui ait été donné de rencontrer. Avec sa haute stature, ses larges épaules moulées dans le cuir noir de son blouson, et ses yeux bruns pétillants de vie, il pouvait rivaliser sans peine avec une vedette de cinéma.

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