Une famille pour le Dr Bradbury - Tendre dilemme

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Une famille pour le Dr Bradbury, Jennifer Taylor

A la seconde où elle croise le regard du Dr Tom Bradbury, son nouveau collègue au cabinet médical de Bride’s Bay, Hannah comprend que leur attirance est réciproque… et irrésistible. Sauf que si elle a accepté ce nouveau poste, c’est parce qu’elle y a vu l’occasion idéale de commencer une nouvelle vie où son petit garçon, Charlie, sera sa priorité absolue. Aussi, quoi qu’il lui en coûte, Hannah est-elle décidée à ne pas céder à la tentation que représente Tom…

Tendre dilemme, Jacqueline Diamond

Le jour où Paige apprend qu’elle est enfin enceinte, après plusieurs FIV, est le plus beau jour de sa vie. Et pour ne rien gâcher, sa relation avec son nouveau locataire, Mike, vient de prendre une tournure inattendue : après des débuts houleux, ils ont appris à se connaître…et ont succombé à leur attirance mutuelle. Paige sent que, déjà, elle est en train de tomber follement amoureuse, et ne peut s’empêcher d’espérer : Mike pourrait bien être le père dont elle rêvait pour son enfant… Mais avant même qu’elle ait pu lui annoncer sa grossesse, Mike lui explique qu’il refuse d’avoir des enfants, et qu’il vaut mieux qu’elle le sache avant que leur relation aille plus loin…
Publié le : mardi 15 janvier 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280294355
Nombre de pages : 288
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Hannah regarda Simon Harper, l’associé majoritaire du cabinet, marcher dans sa direction, accompagné d’un élégant inconnu. — Permettez-moi de vous présenter mon îlleul, Tom Bradbury, dit Simon, une fois parvenu à sa hauteur. Il a eu la gentillesse de nous dépanner jusqu’à votre arrivée. Tom, voici Hannah Morris, ma nouvelle collègue. Tu dois être aussi content de la voir que moi ! — Enchantée de vous connaïtre, docteur Bradbury, murmura Hannah avec un sourire poli. Le dénommé Tom Bradbury éclata de rire, et elle préféra ne pas savoir pourquoi. Elle connaissait bien ce genre de beau ténébreux et le fuyait comme la peste. — Ravi de vous rencontrer, Hannah. Mais je vous en prie, appelez-moi Tom, dit-il, sourire aux lèvres et main tendue. Au contact de sa paume, Hannah sentit un frisson la parcourir. Elle ne tenait pas à ressentir quoi que ce soit pour cet homme, mais il lui était difîcile d’ignorer ce qu’elle éprouvait en cet instant… Elle fut soulagée quand il lâcha sa main pour se tourner vers Simon Harper. — On ne fait pas de cérémonie ici, n’est-ce pas, Simon ? — Absolument pas, répliqua Simon en souriant. La plupart de nos patients nous appellent par nos prénoms, j’espère que ça ne vous gênera pas, ma chère. — Bien sûr que non, répondit Hannah d’un ton moins amène qu’elle ne l’aurait voulu.
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Elle s’efforça de sourire. Elle n’avait jamais encouragé ce genre de familiarité avec ses patients, mais si le cabinet médical de Bride’s Bay fonctionnait ainsi, il faudrait bien qu’elle s’y habitue. — A ta place, j’arrêterais là, Simon. Tu vas lui faire peur ! Hannah se raidit quand Tom Bradbury se mit à rire. Son rire irrésistible aux intonations chaudes la troublait à un tel point que c’en était agaçant… Elle s’éclaircit la gorge. — Aucun risque. Je reconnais être plus habituée à ce que mes patients m’appellent docteur Morris, mais je m’y ferai. — Je n’en doute pas un instant ! répliqua Simon avec un sourire approbateur. J’étais sûr de ne pas me tromper en vous choisissant pour ce poste, Hannah. Vous vous adapterez parfaitement ici. « Parfaitement. » Hannah tressaillit. Elle avait toujours été perfectionniste dans ce qu’elle faisait. Depuis l’époque où, enfant, elle alignait ses poupées en rangs impeccables, elle s’était efforcée de mener une vie aussi irréprochable que possible. Elle savait d’où cela venait, bien sûr. Quand elle avait sept ans, son père avait eu un grave accident de voiture. Elle se rappelait encore sa peur de le perdre. Elle n’avait pu supporter cette angoisse qu’en veillant avec un soin maniaque à ce que le reste de sa vie devienne aussi parfait et prévisible que possible. Si tout était à sa place, tout irait bien, pensait-elle alors obstinément. Son père s’était rétabli, mais ce besoin d’ordre lui était resté en grandissant. Lorsqu’elle avait rencontré Andrew et s’était aperçue qu’il était comme elle, elle avait cru qu’ils étaient destinés l’un à l’autre. Ils pouvaient viser la perfection puisqu’ils se comprenaient. Et puis l’année passée, elle avait pris conscience de son erreur… — Hannah ? La main sur son bras la ît sursauter, et elle rougit en voyant que Tom Bradbury l’observait. Il faisait plus d’un mètre quatre-vingt-dix, la dominant de sa haute taille. Il semblait si grand, si solide, qu’elle éprouva une envie aussi subite qu’insensée de se reposer sur lui. Les douze derniers
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mois avaient été durs : comme il serait doux de se décharger un moment de son fardeau… — Est-ce que ça va ? Il ît un pas vers elle, ses yeux bleus scrutant son visage avec inquiétude, et Hannah se rendit compte qu’elle s’était égarée trop loin dans ses pensées… Ses problèmes ne concer-naient pas Tom Bradbury. Elle n’avait d’ailleurs aucune envie qu’il s’y intéresse. — Oui, oui, merci, balbutia-t-elle en regardant autour d’elle. Où est Simon ? — Il est allé préparer du café, ou demander à Rose de le faire, ce que je préférerais, lui dit Tom avec un petit sourire. Un conseil : si Simon propose de vous faire un café, refusez. Il est immonde la plupart du temps ! Un sourire involontaire arqua la bouche d’Hannah. — A ce point-là ? — Oh ! Oui ! répondit-il en s’esclaffant. Faites-moi conîance. Simon est peut-être un brillant praticien adoré de ses patients, mais son café est une abomination. Si vous tenez à votre santé, précipitez-vous sur la cafetière avant lui ! Son regard bleu soutint le sien un moment, puis il se détourna et se dirigea vers la porte. Reprenant ses esprits, Hannah inspira doucement avant de lui emboïter le pas. Sans doute était-elle désorientée par toutes ces nouveautés, voilà pourquoi elle se troublait si facilement. Elle suivit Tom dans le couloir qui menait à la maison d’habitation. Son premier jour à un nouveau poste, le premier jour de sa nouvelle vie, en fait. Il était naturel qu’elle soit un peu sur les nerfs… Il poussa une porte, s’effaçant courtoisement pour la laisser entrer, et Hannah retint son soufe en sentant son épaule le frôler au passage. Tous ces changements justiîaient sans doute sa nervosité, mais expliquaient-ils cette accélération de son pouls ? Elle laissa échapper un soupir et pénétra dans l’accueillante cuisine, consciente que la cause de ses troubles se tenait juste derrière elle. Tom Bradbury. Sa propre réaction ne manquait pas de l’étonner, mais si elle le trouvait séduisant, ce n’était
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qu’une attirance purement physique. Elle sortait à peine d’une relation désastreuse et n’avait aucune intention de replonger tête la première dans une autre !
Tom prit la tasse de café que lui tendait Rose et se dirigea vers la fenêtre. On était à la mi-mai, le soleil scintillait en cet instant sur la mer. Une journée magniîque. Mais pour une raison inconnue, il était moins attentif à son environnement qu’à la femme assise à la table derrière lui. Il but une gorgée de café et se retourna, laissant son regard discrètement s’attarder sur sa îne silhouette. Hannah Morris était jolie avec son teint de porcelaine et ses cheveux auburn tombant sur ses épaules. Elle avait les yeux d’un vert profond, ourlés de longs cils noirs. Pour tout maquillage, elle ne portait qu’un peu de gloss sur les lèvres et une discrète touche de blush sur les joues. Il prit de nouveau une longue gorgée de café, surpris par l’intérêt qu’il portait à la nouvelle collègue de Simon. Il avait écouté son parrain d’une oreille distraite quand il lui avait annoncé qu’il offrait le poste à Hannah Morris. Il se rappelait juste qu’elle avait trente et un ans, et avait travaillé dans un grand cabinet londonien ces dernières années. Il regrettait maintenant de ne pas avoir été plus attentif. Outre le trouble surprenant qu’elle avait provoqué en lui lorsque leurs mains s’étaient touchées, le Dr Morris l’intriguait vraiment. Rose s’approcha, l’arrachant à sa méditation. — Un sou pour tes pensées ! Il la regarda en souriant. Elle levait vers lui le visage affectueux qu’il aimait tant, ce visage qui lui avait souvent fait regretter qu’elle ne fût pas sa mère, au lieu de la glamou-reuse Tessa. — Je crains qu’elles ne vaillent pas autant, répondit-il d’un ton morose avant de changer de sujet. Je me réjouis que tu aies atteint la cafetière la première ! — Je l’avais mise en marche avant que Simon n’arrive… Tom soupira. Elle riait, mais il savait qu’elle l’avait percé
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à jour. Rose le connaissait trop bien, il ne devait pas l’oublier quand ses pensées seraient tentées de vagabonder de nouveau. Malgré lui, son regard revint vers Hannah, et il frémit en voyant qu’elle l’observait. Leurs yeux se rencontrèrent un instant avant qu’elle ne détourne les siens, mais ce fut sufîsant pour lui donner le frisson. Il réprima un grognement de frustration. Quelle mouche le piquait ? Il n’avait jamais eu une réac-tion pareille avec une inconnue. Il aimait les femmes et appréciait leur compagnie, mais dans les couples éphémères qu’il formait, chacun gardait toujours la liberté d’aller voir ailleurs, c’était un principe. Toutefois il devinait qu’Hannah Morris n’était pas femme à batifoler. Quand elle sortait avec un homme, elle devait attendre de lui une îdélité exemplaire, or s’il y avait une chose qu’il ne pouvait pas garantir, c’était ce genre d’engagement. — Alors, que penses-tu de la petite protégée de Simon ? Revenant au présent, Tom se tourna vers Rose, irrité par le tour pris par ses pensées. — Elle semble très gentille. — Gentille ! Tu ne peux pas trouver mieux, Tom ? — Je ne la connais pas encore très bien, répliqua-t-il, sur la défensive. — Peut-être, mais d’habitude, tu juges les femmes et les classiîes en moins de temps que ça, rétorqua Rose, les yeux pétillants de malice. — Je ne suis pas sûr de comprendre ce que tu veux dire. — Allons donc ! A d’autres. Je t’ai vu grandir, ne l’ou-blie pas. Je sais quel effet tu produis sur le sexe faible, et je t’ai vu à l’œuvre, s’exclama Rose en gloussant. Avec toi, les femmes semblent appartenir à deux catégories. Ou elles sont des proies, ou elles sont carrément zone interdite. Ce que je n’arrive pas à déterminer, c’est dans quelle catégorie situer Hannah selon tes critères habituels. — Qu’est-ce que c’est que ces messes basses ? demanda gaiement Simon en s’approchant pour se resservir du café. On jurerait que vous êtes en train de comploter quelque bêtise.
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— Une bêtise ? répondit Rose en lui prenant sa tasse des mains. Il y a belle lurette qu’on ne m’a pas accusée de faire des bêtises ! Tom s’éloigna pendant que Rose remplissait la tasse de son mari, soulagé d’échapper à son interrogatoire. Les sourcils froncés, il regarda par la fenêtre. Rose avait-elle raison ? Etait-il aussi calculateur vis-à-vis des femmes ? L’idée lui faisait horreur, mais au fond, il savait qu’elle était fondée. Depuis sa première — et unique ! — malheureuse incursion dans le monde de l’amour, il avait pris la ferme décision de ne pas semer la destruction sur son passage comme l’avaient fait ses parents. Il aimait sortir avec des femmes, il adorait le sexe, mais cela n’allait pas plus loin. Pas de bonheur éternel pour lui. Pas d’épouse, pas de ribambelle d’enfants attendant son retour au foyer. Il préférait une vie libre de ce genre de contraintes, ainsi personne ne souffrait, ni lui, ni une pauvre femme qui aurait eu la mauvaise idée de tomber amoureuse de lui. Entendant rire, il leva les yeux et sentit les poils de sa nuque se hérisser en s’apercevant qu’il s’agissait d’Hannah. Au même instant, il comprit que, s’il avait toujours réussi à éviter l’engagement par le passé, ce serait sans doute plus difîcile dans les temps à venir. Il y avait chez Hannah Morris un je-ne-sais-quoi qui l’attirait irrésistiblement, quelque chose d’inexplicable, d’irraisonné. Il pouvait remercier sa bonne étoile de son prochain départ. Dans une semaine, il serait en route pour Paris, et il allait s’arranger pour ne pas revenir de sitôt !
Hannah ajouta un peu de sucre dans son café en écoutant le tendre badinage de Simon et de sa femme. Ils s’aimaient manifestement beaucoup, et elle ne put s’empêcher de les envier. A une époque, elle avait espéré qu’Andrew et elle connaïtraient ce genre de relation, mais cela n’avait pas marché. Il y avait toujours eu une certaine distance entre eux malgré
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leur apparente entente. C’était étrange, comment pouvait-on être aussi sûr de connaïtre quelqu’un et se tromper à ce point ? — Un peu plus de café, ma chère ? — Non merci, répondit-elle en souriant à Rose. Il est déli-cieux, mais je vais être une vraie pile électrique si j’en abuse. — Je comprends, acquiesça Rose en lui rendant son sourire. Hannah la regarda, conquise. Coquette quinquagénaire dont les cheveux châtains bouclaient autour de son visage poupin, Rose dégageait un calme rare, apaisant. — Personnellement, je me limite à trois tasses par jour si je ne veux pas être une boule de nerfs ! avoua-t-elle. Sa grimace contrite ît rire Hannah. Captant un mouvement du coin de l’œil, la jeune femme se raidit en s’apercevant que Tom Bradbury l’observait. C’était déjà arrivé plusieurs fois, et elle ne savait pas qu’en déduire. S’intéressait-il à elle parce qu’elle était nouvelle, ou y avait-il autre chose ? Elle s’empressa de balayer cette pensée, refusant de s’ap-pesantir sur le sujet. Elle ne cherchait pas une aventure. Elle voulait être seule pour construire une nouvelle vie pour elle et pour son îls. Seul Charlie comptait, et son bonheur était sa priorité. Le reste n’avait aucune importance. — Simon m’a dit que vous aviez un petit garçon, dit doucement Rose comme si elle lisait dans ses pensées. Comment s’appelle-t-il et quel âge a-t-il ? — Il s’appelle Charlie, il a neuf mois. — Et je parie qu’il fourre son petit nez partout ! dit Rose en se tournant, tout sourire vers son époux. Tu te rappelles quand les jumeaux avaient cet âge ? Il faut avoir des yeux derrière la tête avec ces bouts de chou. Je n’aurais jamais imaginé les ravages qu’ils pouvaient causer si je ne l’avais pas constaté de mes propres yeux ! Hannah sourit pour masquer sa tristesse. Hélas, Charlie ne pouvait pas faire beaucoup de bêtises. Il était né avec un pied-bot, et pour l’instant, ses jambes étaient plâtrées, ce qui limitait considérablement ses mouvements. C’était un garçonnet heureux et vif, mais il ne pouvait pas se livrer aux mêmes activités que les enfants de son âge. Elle se
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consolait en se disant que la situation s’améliorerait quand on lui enlèverait ses plâtres, et dans le pire des cas, il y avait de grandes chances pour qu’une seconde opération résolve son problème. — Vos enfants vivent toujours à Bride’s Bay ? demanda-t-elle, préférant changer de sujet. — J’aimerais bien ! répondit Rose en soupirant. Daniel est chercheur en botanique et vit actuellement à Bornéo où il traque une plante qui, aux dires des indigènes, possède des propriétés thérapeutiques. Quant à Becky, elle s’est installée en Nouvelle-Zélande avec son mari il y a deux ans. Ils viennent d’avoir un bébé, une petite îlle nommée Millie que nous mourons d’envie de connaïtre, comme vous pouvez l’imaginer. — Nous irons là-bas dès que nous le pourrons, lui dit aussitôt Simon en lui tapotant la main. — Je sais, chéri, mais je ne veux pas attendre, c’est ça le problème. Les bébés grandissent vite, et nous manquons tant de choses… Rose s’interrompit soudain, étouffant un cri. — Mais pourquoi n’y ai-je pas pensé plus tôt ! C’est le moment ou jamais de faire ce voyage ! Tom connaït le fonctionnement du cabinet presque aussi bien que toi, et maintenant qu’Hannah est là, nous avons tout le personnel nécessaire. Elle tourna vers Hannah un regard suppliant. — Si vous et Tom acceptiez de tenir la boutique, Simon et moi pourrions aller faire la connaissance de notre petite-îlle !
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