Une famille rêvée (Harlequin Horizon)

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Une famille rêvée, Donna Clayton

Alors qu'elle a été engagée pour s'occuper pendant six semaines de Benjamin et Jeremiah, des jumeaux de six ans dont les parents sont partis en voyage d'affaire, Amy se demande si elle a bien fait d'accepter. En effet, si les enfants peuvent se montrer adorables, ils se transforment parfois en de véritables garnements décidés à lui en faire voir de toutes les couleurs. Heureusement, leur oncle, le Dr Pierce Kincaid, est là pour aider Amy dans sa délicate mission... Pierce, un homme aussi original que séduisant, avec lequel elle se prend à rêver d'une vraie vie de famille...

Publié le : lundi 15 janvier 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280258807
Nombre de pages : 224
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1.
Jusqu’à présent, Amy Edwards avait soigneusement évité ce qu’elle considérait comme des pièges : relations intimes, amour, mariage et, par-dessus tout, les enfants. Pourquoi, alors, avoir accepté de passer l’été à s’occuper des jumeaux ?
Elle devait avoir perdu la tête…
Elle coupa le contact et sourit. « Me voilà donc promue nurse, sur un coup de folie passager ! » murmura-t-elle en ouvrant sa portière.
Il fallait dire qu’une affection de l’oreille interne l’ayant contrainte à renoncer momentanément à son nouvel emploi d’hôtesse de l’air, il ne lui restait plus, en attendant sa guérison, qu’à regarder pousser le blé du Kansas.
D’autre part, on lui avait proposé pour ce service un généreux salaire.
Tout de même. S’occuper d’enfants…
Si quelqu’un d’autre que son père lui avait demandé une chose pareille, il aurait été très mal reçu. Seulement, pour son père, elle aurait fait n’importe quoi. Elle lui devait tant…
Elle considéra la luxueuse maison de pierre, les vastes pelouses bien entretenues et les parterres de fleurs aux lumineuses couleurs, le tout se détachant sur l’écrin paisible des eaux émeraude de la Baie Delaware. La perspective de devoir pouponner n’arrivait pas à ternir sa joie de passer deux mois dans ce paradis…
Une brusque envie la poussa à s’approcher de la crique et elle se reprocha de ne pas y résister. Cette rage de tout voir qui la démangeait depuis son départ du Kansas faisait si… provincial ! A sa décharge, la plus grande étendue d’eau qu’elle ait contemplée avant cela était l’étang de pêche qui se trouvait à la sortie de Lebo ; il était normal que le spectacle de la Baie Delaware l’attire irrésistiblement.
Quittant l’allée qui menait à la porte d’entrée, elle se dirigea vers la crique.
Des voix d’enfants lui parvinrent. Ses futurs protégés, supposa-t-elle. En découvrant les deux petits garçons oscillant sur une barque, à quelques mètres du rivage, elle fronça les sourcils et scruta les alentours à la recherche d’un adulte. Dans son idée, des enfants de six ans et l’eau ne faisaient pas bon ménage. Mais il n’y avait pas âme qui vive.
Elle leur adressa un signe amical de la main.
— Bonjour, Jeremiah ! Bonjour, Benjamin !
L’apparition d’Amy surprit les enfants. Ils lui retournèrent son salut d’une main hésitante. Elle se rendit compte que l’un des deux pleurait et elle laissa tomber sa valise à ses pieds pour se précipiter vers eux.
— Qu’est-ce que vous fabriquez ?
Les petits garçons se ressemblant comme les deux pois d’une même cosse, impossible de dire lequel relevait le menton d’un air de défi pour proclamer :
— Nous allons vers l’est, pour traverser l’Atlantique à la rame !
Amy ne leur ordonna pas de débarquer sur-le-champ. Mieux valait user de persuasion.
— Je ne suis pas très calée en géographie, leur dit-elle doucement, mais je suis presque sûre que si vous vous dirigez vers l’est, vous tomberez sur le New Jersey.
La nouvelle déconcerta les enfants.
— Si vous reveniez, ajouta-t-elle sans leur laisser le temps de se ressaisir, nous pourrions consulter un atlas. Comme ça, vous verriez où vous êtes.
Alléché par la proposition, l’enfant aux yeux rougis de larmes se leva, non sans affirmer :
— Nous savons où nous sommes !
La barque tangua. Amy paniqua légèrement.
— Assieds-toi immédiatement !
Une oscillation plus forte provoqua l’inquiétude des deux enfants. Une rame en profita pour s’échapper de son attache et dériver loin de l’embarcation.
— J’arrive ! s’exclama Amy.
Sans réfléchir, elle se débarrassa de ses chaussures et entra dans l’eau. Pourvu, se disait-elle, qu’elle ne soit pas trop profonde… Le Kansas, avec ses monotones étendues de champs cultivés, n’incitait pas vraiment à pratiquer la natation.
Le soleil avait beau briller, l’eau était froide. Quand elle y fut jusqu’à la taille, Amy frissonna. La barque était presque à sa portée lorsqu’elle prit conscience du silence des jumeaux. A ce moment, une voix masculine retentit derrière elle.
— Ceci pourrait vous être utile.
Elle se retourna dès qu’elle put agripper, d’une main, le rebord de l’embarcation.
Le soleil éclaboussait les cheveux de jais du nouveau venu et intensifiait le vert profond de ses yeux. Les angles aigus de ses traits lui composaient un très séduisant visage…
Il tenait une corde à la main. Les joues de la jeune femme s’embrasèrent en constatant que l’autre extrémité était reliée à la barque.
— Assieds-toi, Jeremiah, dit l’homme.
Sans rechigner, l’enfant obéit, faisant tanguer un peu plus fort la coquille de noix.
— Accrochez-vous, ajouta-t-il. Je vais vous tirer.
Du coin de l’œil, Amy aperçut la rame qui dérivait et pataugea maladroitement vers elle. Une fois qu’elle l’eut en main, elle s’avisa avec horreur du tableau qu’elle offrirait en émergeant, toute dégoulinante, de la baie.
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