Une implacable revanche

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Sous le regard noir et troublant de Thanos Savakis, Tahlia retient à grand peine des larmes de frustration et d’indignation. S’il consentait à l’écouter, il verrait qu’elle n’est pas celle qu’il imagine – une femme sans morale prête à tout pour briser le mariage et la carrière de sa jeune sœur. Et peut-être renoncerait-il à se venger en causant la faillite de Reynold’s Gems, l’entreprise dans laquelle les parents de Tahlia ont investi tout ce qu’ils possèdent. Mais à quoi bon le supplier ? Le milliardaire grec n’est-il pas réputé pour être impitoyable ? Pourtant, contre toute attente, celui-ci lui fait bientôt une surprenante proposition : il épargnera sa famille si elle accepte d’être sa maîtresse pendant un mois…
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280292702
Nombre de pages : 160
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— Oh ! Tahlia ! Tu es superbe… Ces pierres doivent coûter une petite fortune. ïnstinctivement, Tahlia Reynolds porta la main au collier de saphirs et diamants qui étincelaient à son cou. Elle sourit à Crispin Blythe, propriétaire de la galerie d’art contemporain située en plein cœur de Bayswater, qui l’accueillait avec effusion. — Je vous l’accorde, cher ami, ces saphirs du Cachemire sont exceptionnels, répondit Tahlia d’un ton exagérément maniéré. — Laisse-moi deviner. C’est un cadeau de ton père ? Les ventes de Reynolds Gems ont dû exploser ! Cela fait plaisir de voir que la récession n’a pas atteint tous les secteurs. La nuance légèrement amère dans la voix de Crispin n’échappa pas à Tahlia qui avait eu vent des problèmes de la galerie. Elle fut un instant tentée d’avouer que l’en-treprise de joaillerie de son père n’était pas si orissante mais préféra s’abstenir. Elle persistait à croire que la société que son père avait créée trente ans auparavant et pour laquelle il avait dépensé jusqu’à son dernier centime pouvait encore être sauvée. N’ayant pas touché de salaire depuis trois mois, elle avait dû vendre ses bijoux et la plupart des vêtements de marque qu’elle avait pu s’offrir par le passé. Elle avait
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même troqué la voiture de sport que son père lui avait offerte, trois ans plus tôt, à l’occasion de son vingt et unième anniversaire, pour une vieille Mini cabossée. Ce soir, elle s’était mise en frais uniquement dans l’espoir d’attirer de nouveaux clients à cette inauguration. En outre, Crispin lui avait fait l’honneur de baptiser sa galerie « Tahlia Reynolds » et elle mettait un point d’honneur à lui rendre hommage à son tour. Une amie propriétaire d’une boutique lui avait donc prêté la robe qu’elle portait ce soir et le somptueux collier était l’une des plus belles pièces de Reynolds Gems que son père lui avait expressément demandé d’arborer pour l’occasion. TerriIée à l’idée de le perdre, elle passerait sans doute la soirée à vériIer qu’il était toujours à son cou. Elle pénétra dans la galerie à la suite de Crispin, accepta une coupe de champagne que lui proposait un serveur et parcourut du regard la foule d’invités en train d’admirer les peintures de Rufus Hartman. Tahlia salua quelques connaissances et remarqua soudain un homme à l’autre bout de la salle. — Qui est-ce ? demanda-t-elle avec curiosité, sentant son cœur s’emballer. — J’imagine que tu parles du beau Grec en costume Armani ? répondit Crispin avec malice en suivant son regard. ïl s’agit de Thanos Savakis, un milliardaire à la tête des entreprises Savakis et propriétaire de plusieurs grands hôtels dans le monde… ïl l’observa un instant, puis la mit en garde. — Attention, ma chérie, tu le dévores des yeux. Je te préviens, Savakis a la réputation d’être un coureur de jupons. ïl n’est pas homme à s’engager sauf dans les affaires. — Les hommes à femmes, qui plus est bourreaux
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de travail, ne m’intéressent pas, se défendit Tahlia, qui détourna rapidement les yeux. Son regard, cependant, revenait sans cesse se poser sur lui. ïl était en train de parler à une jolie blonde pendue à son bras, ce qui donna à Tahlia la possibilité de l’étudier. Grand, mince et musclé, le teint hâlé, les cheveux bruns coupés court, il était extrêmement séduisant, et Tahlia se rendit compte qu’elle n’était pas la seule femme de l’assistance à l’admirer. En plus de son physique attirant, Thanos Savakis possédait un magnétisme et une assurance qui le distinguaient des autres hommes. Bien qu’il semblât accorder toute son attention à la jeune femme qui lui tenait compagnie, Tahlia perçut chez lui les signes d’une impatience grandissante. Sa compagne faisait montre de trop d’empressement, pensa Tahlia qui, d’instinct, comprit que la moindre preuve de dépendance était susceptible d’irriter un homme tel que Thanos Savakis. En effet, elle le vit se dégager de l’emprise de la jeune femme et entrer dans la salle d’exposition adjacente. Très séduisant mais inaccessible, décida Tahlia, impressionnée tout de même par l’impact que ce Grec sexy avait eu sur elle, compte tenu de la distance qui les séparait et du fait qu’il ne lui avait pas adressé le moindre regard. Aucun homme ne l’avait jamais impressionnée à ce point, même pas James. Elle pinça les lèvres. Sa relation avec James Hamilton s’était terminée de façon brusque et dramatique, six mois plus tôt. Depuis lors, elle s’efforçait de s’en remettre, mais l’amertume qu’elle éprouvait à son égard était toujours aussi vive que la nuit où elle avait découvert sa duplicité. — Tahlia, mon trésor, je te rappelle que tu es en train de boire du Krug millésimé et pas de l’eau gazeuse ! s’ex-
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clama Crispin, la ramenant soudain à la réalité. Veux-tu que j’aille te chercher une autre coupe ? — Non merci, répondit-elle en regardant d’un air étonné son verre vide. ïl vaut mieux que j’arrête. Crispin la regarda d’un air impatient. — ProIte de la vie pour une fois ! Tu te sentiras plus détendue après quelques verres de champagne. — Plus pompette, tu veux dire, corrigea Tahlia, et je ne veux pas risquer de me faire surprendre en état d’ébriété par les paparazzi ! Surtout après ce qu’ils ont écrit sur moi ces derniers temps… Crispi lui lança un regard amusé. — J’avoue qu’ils se sont surpassés. Leur gros titre « Tahlia Reynolds, la femme aux bijoux, responsable du divorce de la star de télévision Damian Casson » était particulièrement accrocheur ! — Tu sais bien que c’était un coup monté, répliqua-t-elle en rougissant. Je n’ai croisé Damian qu’une fois, lors de cette fameuse réception à l’hôtel. ïl avait tellement bu qu’il ne m’a pas lâchée de toute la soirée et j’ai Ini par l’envoyer sur les roses. Le lendemain matin, au petit déjeuner, il est venu me présenter ses excuses. ïl m’a avoué s’être laissé aller à boire la nuit précédente parce qu’il s’était disputé avec sa femme et que celle-ci avait refusé de l’accompagner. Au moment de partir, il m’a proposé de porter ma valise jusqu’à la voiture, d’où cette photo de nous deux en train de quitter l’hôtel. Aucun de nous n’avait pensé que la presse pourrait être là un dimanche matin, pas moi en tout cas. J’ai été stupéIée lorsqu’un journaliste a commencé à nous poser des questions au sujet de notre relation, mais Damian m’a alors dit qu’il se chargeait de leur expliquer que nous n’étions qu’amis. Au lieu de quoi le jeune et bel acteur avait raconté un tissu de mensonges concernant « leur nuit passionnée et
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débridée », sans doute pour attiser la jalousie de sa femme. Beverley Casson avait mordu à l’hameçon et déclaré être anéantie. L’histoire avait fait la une des journaux et personne ne s’était soucié de son authenticité ni de la réputation désormais ruinée de Tahlia. — La promotion de Reynolds Gems m’a coûté cher, ajouta Tahlia d’un air morne. Depuis des mois, j’essaie de participer à chaque soirée, chaque inauguration, et la presse me prend pour une bimbo écervelée. Elle se mordit la lèvre. Trois ans plus tôt et fraîchement diplômée de l’université, elle était devenue l’associée de son père qui l’avait nommée responsable des relations publiques de l’entreprise. Lorsque la récession avait frappé de plein fouet la compagnie, elle avait accepté à contrecœur de participer à une campagne publicitaire, présentant les fabuleuses pièces de la collection Reynolds pour diverses revues de luxe. Peu avant le début de la soirée, son père lui avait annoncé que cela n’avait servi à rien. Le visage grave, Peter Reynolds avait expliqué que, malgré tous leurs efforts, les chiffres d’affaires des trois boutiques familiales avaient plongé. — Nous sommes au bord de la faillite, Tahlia. J’ai demandé de l’aide à toutes les grandes banques et les institutions Inancières, mais elles refusent de nous prêter davantage d’argent. Le cœur douloureux, Tahlia avait vu son père, déses-péré, se prendre la tête entre les mains. — Je suis pris à la gorge, avait-il admis d’une voix rauque. Je n’ai plus d’argent pour calmer nos créanciers. La seule lueur d’espoir est la société Vantage ïnvestments, qui s’est montrée intéressée par le rachat de Reynolds Gems. J’ai pris rendez-vous avec le directeur général la semaine prochaine…
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S’efforçant de revenir au présent, Tahlia balaya du regard la galerie, sachant qu’il ne servait à rien de s’appesantir sur la situation Inancière de l’entreprise familiale. Elle avait longuement hésité avant de se rendre à l’inauguration, sa supposée histoire d’amour étant toujours d’actualité, mais Rufus Hartman était un camarade d’université et elle ne pouvait rater sa première grande exposition. Elle parcourut la galerie en compagnie de Crispin, consciente des regards curieux que lui lançaient certains invités. — Je me demande combien de personnes présentes ce soir me considèrent comme une briseuse de mariage dénuée de scrupules, murmura-t-elle avec amertume. — Mais non ! Personne ne lit la presse à scandale, s’empressa-t-il de la rassurer. Tahlia aurait aimé en être aussi sûre et fut tentée de s’éclipser dans un coin tranquille et de passer le reste de la soirée à l’abri des regards. Tout cela était ridicule : elle n’avait rien fait dont elle puisse avoir honte. En posant la main sur son collier, elle se souvint qu’elle n’était pas venue uniquement pour soutenir Rufus, mais aussi pour travailler. D’après Crispin, un riche prince arabe avide de cadeaux pour sa nouvelle épouse était censé assister au vernissage. Tahlia espérait attirer son attention avec le collier de saphirs. Peut-être demanderait-il alors à voir le reste de la collection Reynolds ? Perdue dans ses pensées, elle ne s’était pas rendu compte que Crispin avait pénétré dans la deuxième salle. Elle l’entendit soudain adresser la parole à un homme occupé à regarder l’un des tableaux. — Thanos, j’espère que vous appréciez l’exposition. Puis-je vous présenter une amie amatrice d’art ? Crispin It un pas de côté. — Tahlia Reynolds. Elle connaît bien le travail de
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Rufus car sa société, Reynolds Gems, le sponsorise depuis ses débuts. Tahlia, je te présente Thanos Savakis.
Thanos éprouva un choc en découvrant la jeune femme qui se tenait au côté de Crispin Blythe. Elle accaparait ses pensées depuis si longtemps qu’il eut du mal à réaliser qu’elle se trouvait devant lui et dut faire un effort pour se contrôler et la saluer poliment. Arrivé à Londres trois jours plus tôt, il avait rencontré Crispin lors d’un dîner chez des amis et celui-ci l’avait invité au vernissage de l’exposition. Thanos éprouvait un grand intérêt pour l’art et savait aussi que ce genre d’événement pouvait lui être utile pour élargir son réseau social. ïl avait reconnu Tahlia sur-le-champ — son visage apparaissait sur la couverture de tous les journaux à sensation —, mais il dut pourtant reconnaître que même les photos les plus artistiques ne parvenaient pas à rendre justice à sa lumineuse beauté. ïl It glisser son regard sur sa robe de cocktail de soie, du même bleu que les saphirs qui ornaient sa gorge, et sufIsamment décolletée pour laisser entrevoir la courbe de ses seins. ïl fut soulagé de ressentir une froide haine envers elle, car il la trouvait ravissante et ne s’attendait pas à ce que le fait de la voir en chair et en os ait un tel impact sur lui — et réveille même certaines pulsions… — Mademoiselle Reynolds, murmura Thanos en lui tendant la main. ïl remarqua que ses doigts, légèrement tremblants, étaient si Ins et diaphanes qu’il n’aurait aucun mal à les écraser de sa poigne. ïl se contenta de serrer plus fort que nécessaire et la regarda d’un air impassible tandis qu’elle levait les yeux vers lui.
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La brève pression qu’il avait exercée sur ses doigts n’était rien en comparaison de la douleur que sa sœur endurait tous les jours, pensa-t-il avec rage. Melina était hospitalisée depuis six interminables mois et allait encore devoir supporter de longues semaines de rééducation avant de pouvoir marcher sans aide. Thanos n’en voulait pourtant pas au conducteur de la voiture qui, d’après la police, n’avait eu aucune chance d’éviter la jeune femme qui avait surgi devant lui sans crier gare. Non, les deux personnes responsables de l’accident qui avait failli coûter la vie à Melina — et qui lui avaient aussi brisé le cœur — étaient cette garce de Tahlia Reynolds et James Hamilton, le mari de Melina. Cette dernière, bouleversée de les avoir surpris dans une chambre d’hôtel, s’était enfuie sur une route de campagne non éclairée et avait été heurtée de plein fouet par une voiture. Thanos lâcha la main de Tahlia sans cesser de la dévisager. Selon les derniers articles de presse, elle avait récidivé avec un autre acteur marié. Cette femme n’avait-elle donc aucun scrupule ? ïl se demanda avec rage comment elle osait le Ixer de ses grands yeux bleus, un petit sourire hésitant au bord des lèvres. Elle n’aurait bientôt plus aucune raison de sourire. ïl avait déjà réglé ses comptes avec son ex-beau-frère, menaçant les producteurs de retirer sa participation Inancière à plusieurs projets de Ilms si l’on donnait le moindre rôle à James Hamilton. ïl avait tout fait pour que sa carrière d’acteur soit bel et bien terminée. A présent, il voulait se venger de la maîtresse de James. Tahlia se sentait comme étourdie. Le champagne avait dû lui monter à la tête. Elle essaya de se convaincre que la sensation étrange qu’elle avait éprouvée au contact de
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la peau de Thanos n’étaitpasune réaction excessive à l’homme le plus sexy qu’elle ait jamais vu. — Je suis enchantée de faire votre connaissance, monsieur Savakis, dit-elle poliment. Etes-vous à Londres pour affaires ou… ? Elle s’arrêta soudain, éblouie par son sourire éclatant qui le rendait encore plus séduisant. — Pour affaires… et pour le plaisir aussi, répondit Thanos, soulagé d’avoir repris le contrôle de ses émotions. ïl observa Thalia. Elle portait une tenue exquise, une robe de couturier, des chaussures et un sac de marque, sans compter la somptueuse rangée de saphirs et de diamants qui étincelaient sur sa peau d’albâtre. Tout cela avait dû coûter une fortune, pensa-t-il avec cynisme. Tahlia était de toute évidence habituée au luxe et il allait prendre un malin plaisir à mettre un terme à son existence de petite Ille gâtée. Lors des présentations, il s’était attendu à la voir réagir, mais n’avait discerné aucune surprise dans son regard. Elle ne connaissait apparemment pas le nom de jeune Ille de la femme de James. Les deux amants n’avaient de toute évidence pas parlé de Melina lors de leurs rencontres secrètes. A cette pensée, il sentit la rage l’envahir. Cette Ille sans cœur avait brisé la vie de sa sœur. Le moment viendrait où il lui dirait ce qu’il pensait d’elle ! — Earl Fullerton vient d’arriver, intervint Crispin, je dois vous laisser. Tahlia pourrait vous servir de guide dans l’exposition si vous le souhaitez, Thanos. Elle a une relation spéciale avec Rufus et est la personne tout indiquée pour vous parler de son travail. — Oh! mais…, répliqua faiblement Tahlia, embarrassée par la manœuvre évidente de Crispin pour la laisser en compagnie de ce Grec si séduisant. Thanos ébaucha un sourire, mais la lueur de dérision
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qui apparut dans son regard la troubla. Elle eut l’impres-sion que pour une raison inconnue il l’avait tout de suite prise en grippe. — Je ne voudrais pas accaparer votre temps, monsieur Savakis, murmura-t-elle en promenant un regard circulaire sur la galerie dans l’espoir d’apercevoir un visage familier. — Quelle est la nature de votre « relation spéciale » avec Rufus Hartman ? demanda Thanos avec froideur. Est-il l’un de vos amants ? ïnterloquée, Tahlia mit un moment avant de pouvoir réagir. Thanos avait probablement lu les articles concernant sa supposée liaison avec Damian Casson. Et dire que Crispin avait afIrmé que personne ne croyait aux inepties des journaux à scandale ! — Cela ne vous regarde pas, répliqua-t-elle d’un ton sec. Rufus est un ami cher et un artiste talentueux. Thanos semblait la déshabiller du regard, et elle se sentit soudain mal à l’aise dans sa robe au décolleté profond. Captivée par le visage et la courbe sensuelle de sa bouche, elle l’imagina posant ses lèvres sur les siennes. Cette pensée la It rosir et elle sentit la pointe de ses seins se dresser sous la Ine soie de sa robe. Thalia tourna la tête et balaya du regard la salle. — Cherchez-vous quelqu’un en particulier ? demanda Thanos. Elle haussa ses frêles épaules. Sa peau était si Ine qu’elle en était presque translucide. Thanos sentit son corps se tendre à la vue de la courbe de ses seins et des quelques taches de rousseur sur son décolleté. A la fois surpris et exaspéré par sa propre réaction, il remarqua avec satisfaction que de toute évidence il ne lui était pas insensible. En temps normal, il n’aurait pas hésité à la séduire et n’aurait sans doute eu aucun mal à l’attirer dans son lit. ïl
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