Une irrésistible fascination

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Et s’il suffisait d’une nuit pour bouleverser une vie ?

Quand elle apprend que Marcus Black sera son cavalier pour le mariage de son frère, Célia est atterrée. Malgré les années, elle n’a jamais oublié l’humiliation cuisante qu’il lui a infligée le soir où il a tenté de la séduire dans le seul but de gagner un pari. Jeune, naïve, subjuguée par son charisme, elle a été si proche, alors, de céder au désir fou que cet homme a toujours éveillé en elle… Mais, cette fois, elle compte bien lui montrer tout le mépris qu’il lui inspire. Hélas, à peine croise-t-elle son regard que Célia sent, comme toujours, un trouble intense l’envahir. Et si ce mariage était au contraire l’occasion de faire une folie ? Et de prouver à Marcus qu’elle n’a plus rien de la jeune fille timide d’autrefois…

Publié le : mercredi 1 avril 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280335898
Nombre de pages : 160
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1.

Célia Forrester se tenait près de l’autel de la jolie petite église du Shropshire dans laquelle son frère et sa fiancée Zoé venaient de prononcer leurs vœux de mariage. La messe avait été émouvante et le sermon du prêtre très touchant.

Mais l’instant que Célia redoutait depuis plusieurs jours était arrivé. La simple idée de devoir traverser l’église au bras de Marcus Black provoquait en elle une tension nerveuse si intense qu’elle en avait presque la nausée.

Jusqu’au dernier moment, elle avait espéré pouvoir échapper à cette corvée. Car, bien que Marcus soit le meilleur ami de Dan et son témoin, il n’avait pas assisté au dîner de répétition qui avait eu lieu la veille au soir.

Son frère avait expliqué que Marcus avait raté son avion et Célia s’était laissée aller à espérer qu’il ne viendrait pas ou tout au moins qu’il arriverait en retard. Cela lui aurait permis d’éviter tout contact avec lui.

Hélas, elle n’avait pas eu cette chance. Quelques minutes seulement avant l’heure prévue pour la cérémonie, alors qu’elle était en train de se préparer en compagnie de Zoé et de Lily, la sœur de la mariée, on lui avait annoncé l’arrivée de Marcus.

Au prix d’un prodigieux effort de volonté, Célia, surprise par l’intensité de sa propre réaction, était parvenue à cacher le mélange de déception et d’inquiétude que cette nouvelle avait brusquement fait naître en elle.

Mais c’était plus fort qu’elle. Marcus Black avait le don de lui faire perdre tous ses moyens. Elle n’aurait su dire ce qui la mettait le plus mal à l’aise, chez lui : l’antipathie que lui inspirait ce séducteur impénitent ou le fait qu’elle n’était pas aussi indifférente à son charme qu’elle l’aurait voulu.

Chaque fois qu’elle se retrouvait en sa présence, elle avait l’impression de perdre tous ses moyens. Elle qui était d’ordinaire sûre d’elle et volontaire se sentait soudain gauche et empruntée.

Elle aurait pourtant dû savoir qu’elle n’avait rien à attendre de lui depuis que, quinze ans auparavant, il avait essayé de l’attirer dans son lit uniquement pour remporter un pari.

Mais, si cet incident n’avait fait que renforcer la défiance qu’elle éprouvait à son égard, il n’avait pas suffi à dissiper le trouble qu’il lui inspirait.

Prenant une profonde inspiration, elle se répéta que ce n’était qu’un mauvais moment à passer. Elle n’aurait qu’une trentaine de mètres à parcourir au bras de Marcus et ne serait même pas obligée de lui adresser la parole.

Ensuite, elle se plierait à la séance photo d’usage. Et, durant la réception qui s’ensuivrait, il lui suffirait de se tenir à prudente distance de lui…

— Tu es prête ?

Arrachée à ses réflexions, Célia sursauta violemment. Le cœur battant à tout rompre, elle se tourna vers Marcus qui s’était rapproché d’elle et lui tendait le bras. Un sourire charmeur jouait sur ses lèvres et elle sentit monter en elle un mélange familier de désir et d’embarras.

— Je suis prête, répondit-elle d’un ton qui se voulait détaché.

Mais, lorsqu’elle passa son bras sous celui de Marcus, elle ne put s’empêcher de remarquer la fermeté de ses biceps et le délicieux fourmillement que ce contact faisait naître sur sa peau.

Pourquoi fallait-il qu’elle soit si réceptive au charme d’un homme qui lui convenait si mal ? Elle ne se considérait pourtant pas comme quelqu’un de particulièrement masochiste.

Ravalant un soupir de résignation, Célia souleva le bas de sa robe pour éviter de se prendre les pieds dedans.

— Sacrés talons, lança Marcus.

Elle hocha la tête.

— Et pointus ! renchérit-elle d’un ton légèrement menaçant.

— Je tâcherai de m’en souvenir, conclut-il avec une pointe de malice.

Elle lui jeta un regard noir, ce qui ne fit qu’ajouter à son amusement.

— Dan a dû être soulagé de te voir arriver, reprit-elle d’un ton acide. Il commençait à se demander s’il n’allait pas devoir se choisir un autre témoin.

— J’ai bien failli ne jamais arriver, reconnut Marcus.

— J’imagine qu’il ne doit pas être facile pour toi de t’arracher à toutes les sollicitations dont tu fais l’objet, déclara-t-elle gravement.

Il lui jeta un regard mi-curieux, mi-enjoué.

— Je suppose que c’est une allusion perfide à ma vie amoureuse, répondit-il. Serais-tu jalouse, par hasard ?

— Tu rêves ! s’exclama-t-elle sans parvenir à réprimer le rouge qui lui montait au visage.

— Pas si fort, protesta-t-il d’un ton amusé.

Se rappelant brusquement qu’ils se trouvaient dans une église, Célia s’empourpra de plus belle. Un rapide coup d’œil en direction des mariés la rassura pourtant. Dan et Zoé étaient bien trop absorbés par leur propre bonheur pour prêter attention aux chamailleries de leurs témoins.

— J’ai peur que la réalité ne soit bien plus prosaïque que tes fantasmes, reprit alors Marcus. J’ai été retardé par une tempête qui a cloué tous les avions au sol. Mais je suis surpris que tu aies pu t’arracher à ton travail, ne serait-ce que le temps d’un week-end…

— C’est le mariage de mon frère, tout de même !

— Je n’étais pas convaincu que cela suffirait à te faire quitter ton bureau. Et je suis encore plus stupéfait que tu aies même réussi à éteindre ton portable pendant la cérémonie.

— Ma robe n’a pas de poche, répliqua-t-elle du tac au tac.

Marcus ne put réprimer un sourire.

— Et je ne suis pas aussi obsédée par mon travail que tu ne sembles le penser, ajouta-t-elle pour faire bonne mesure.

— Vraiment ?

— Vraiment, affirma-t-elle.

Elle s’abstint de préciser qu’elle avait passé une bonne partie de la matinée au téléphone avec son assistante.

— J’ai entendu dire que ton cabinet avait le vent en poupe, ces temps-ci.

Célia hocha la tête. Elle venait en effet de négocier une fusion délicate entre deux sociétés pharmaceutiques. Non seulement cela avait renforcé la position du cabinet d’avocats pour lequel elle travaillait mais, de plus, cela lui vaudrait sans doute de devenir associée, ce dont elle rêvait depuis des années.

— Quant à toi, il paraît que tu as vendu ton entreprise, répliqua-t-elle.

Elle avait appris la nouvelle en lisant un article le concernant. Il présentait Marcus comme l’un des célibataires les plus convoités de Londres et spéculait sur ce qu’il allait bien pouvoir faire de la somme colossale que lui avait rapportée cette cession.

— C’était le bon moment, répondit Marcus. Ma société avait atteint une taille critique. Je n’aurais pas pu continuer à m’en occuper tout seul. Et je ne tenais pas particulièrement à m’encombrer d’un partenaire.

Cela ne surprit guère Célia. Marcus avait toujours été un égocentrique.

— Et que comptes-tu faire, à présent ?

Il la considéra d’un air étonné.

— Cela t’intéresse vraiment ?

— Non, prétendit-elle. Je cherchais juste à être polie.

Un sourire ironique se dessina sur les lèvres de Marcus.

— Tu as toujours aimé me taquiner, lui dit-il.

— Tu crois que c’est un jeu ?

— Bien sûr ! Pourquoi le ferais-tu, si cela ne t’amusait pas ?

Elle hésita, prise au piège de ses propres contradictions. Après tout, elle aurait pu se contenter de lui opposer un silence hostile ou faussement indifférent. Mais, au lieu de cela, elle ne pouvait s’empêcher de le provoquer.

— Tu es bien tel que te dépeignent les journaux à scandale, répondit-elle. Tout n’est qu’un jeu pour toi…

Marcus secoua la tête d’un air incrédule.

— Tu es vraiment décidée à me considérer sous le plus mauvais jour possible, n’est-ce pas ?

Célia se mordit la lèvre, ravalant la réponse qui lui était venue naturellement. Elle n’avait pas du tout l’intention d’évoquer l’humiliation qu’il lui avait infligée quinze ans plus tôt.

— Que t’ont fait ces fleurs, au juste ? lui demanda-t-il alors.

Baissant les yeux, elle s’aperçut que ses doigts s’étaient crispés sur le bouquet de fleurs blanches qu’elle tenait à la main. Elle se força à se détendre, se répétant que son supplice ne tarderait pas à prendre fin et qu’elle serait bientôt débarrassée de Marcus.

Hélas, Dan et Zoé prenaient tout leur temps pour traverser l’église, s’arrêtant entre chaque travée pour recevoir les félicitations chaleureuses de leurs invités.

— Est-ce que par hasard tu désapprouverais ce mariage ? lui demanda alors Marcus.

Célia le contempla avec stupeur. Non seulement elle ne le désapprouvait pas, mais elle était même convaincue que Zoé était ce qu’il était arrivé de mieux à Dan. Tous deux se complétaient à merveille et formaient l’un des couples les mieux assortis qu’il lui ait jamais été donné de voir. Elle le leur avait dit la veille au soir en portant un toast en leur honneur.

— Qu’est-ce qui peut bien te faire penser une chose pareille ? demanda-t-elle, curieuse.

Marcus haussa les épaules.

— Je t’ai observée pendant la cérémonie, répondit-il. Tu ne paraissais pas particulièrement ravie d’être là…

Célia espéra qu’il avait été le seul à remarquer son manque d’enthousiasme. Elle n’osa pas lui avouer que ce n’était pas le mariage de son frère, mais bien sa présence, qui expliquait cette morosité. Elle ne tenait pas à ce qu’il sache à quel point il la troublait.

— Je suis surprise que tu l’aies remarqué, éluda-t-elle.

— Je suis très observateur, tu sais. Par exemple, j’ai aussi remarqué que tu étais ravissante, aujourd’hui.

Malgré elle, elle se sentit rougir. Elle s’en voulait d’être aussi sensible aux compliments d’un homme qu’elle était censée détester.

— Mais tu n’as pas répondu à ma question, reprit Marcus. Que penses-tu de ce mariage ?

Célia jeta un nouveau coup d’œil en direction des jeunes mariés.

— Je pense qu’ils sont faits l’un pour l’autre, déclara-t-elle.

— Je suis d’accord, lâcha Marcus.

Elle le considéra avec une pointe d’étonnement. Elle avait peine à croire qu’un irréductible célibataire comme lui puisse approuver une telle union. Elle se serait attendue à ce qu’il considère le mariage comme une institution absurde et dépassée.

— On dirait que tes parents ne se sont pas encore entretués, ajouta-t-il alors.

De fait, malgré l’inimitié profonde qu’ils éprouvaient désormais l’un envers l’autre, son père et sa mère ne s’étaient pas disputés une seule fois durant ce week-end, ce qui constituait en soi un véritable miracle.

— Si ce n’est ni à cause du mariage ni à cause de tes parents, pourquoi es-tu si stressée ?

— Je ne suis pas stressée, protesta Célia d’un ton qui contredisait cette affirmation.

Un demi-sourire joua sur les lèvres de Marcus.

— Se pourrait-il que ce soit moi le responsable ?

Dan et Zoé avaient fini de saluer leurs invités et ne se trouvaient plus qu’à quelques pas de la porte de l’église. Dans une minute à peine, elle serait libérée de Marcus et de ses questions embarrassantes.

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