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LES COLTONS

Faites connaissance avec les Coltons, cette riche et puissante famille dont le bonheur est soudain menacé…

*  *  *

CHANCE REILLY :

Enfant mal aimé et adolescent insoumis, Chance, devenu adulte, croit avoir choisi la carrière idéale : celle qui lui permet de mener une vie d’errance perpétuelle. Mais un mariage arrangé pour lui assurer l’héritage paternel risque de tout remettre en question…

LANA RAMIREZ :

Lana veut un enfant. Elle écoute son cœur et conclut un pacte provisoire avec son ami d’enfance. Mais le destin va bientôt compliquer les choses…

JOE COLTONS :

Les soucis et les déceptions n’ont pas épargné le patriarche du clan. Heureusement, grâce à l’obstination de son fils aîné, des jours meilleurs se profilent à l’horizon. Et Joe pourrait bien retrouver la quiétude de la vie conjugale.

1.

— Va au diable, papa !

Le cœur débordant d’amertume, Chance Reilly se tenait devant la tombe fraîchement comblée de son père.

De son vivant, Tom Reilly, à force de brutalité et de mauvais traitements, l’avait privé de ses droits à une jeunesse heureuse. Et voilà que, dans la mort, il lui interdisait tout à la fois de faire la paix avec lui et d’hériter du ranch familial.

Chance se retourna et considéra la propriété dans son ensemble. Même les ombres de la nuit tombante ne parvenaient pas à dissimuler l’atmosphère d’abandon qui y régnait.

La façade de la maison avait grand besoin d’être repeinte, et les mauvaises herbes étaient hautes de cinquante centimètres. Pire encore, la porte de la grange était de guingois ; des morceaux de la barrière encerclant le corral gisaient sur le sol, et aucun bétail ne paissait plus dans les pâturages.

Les voitures garées tout le long de l’allée lui rappelèrent que l’endroit était toujours peuplé de voisins curieux et de bonnes âmes compatissantes.

Il aurait dû rentrer pour tenir son rôle de fils éploré, mais il s’en sentait incapable, du moins pour l’instant. Difficile d’éprouver du chagrin, lorsque la colère et l’amertume vous torturent l’esprit…

Quittant la maison des yeux, il se concentra sur la tombe de sa mère, juste à côté de celle de son père. La pauvre femme ne lui avait pas été d’un grand secours : elle était morte lorsqu’il avait huit ans, le laissant seul avec le « Sergent », comme son père aimait à se faire appeler.

Celui-ci avait effectivement géré son foyer comme une caserne, et il n’avait jamais hésité à prononcer des paroles blessantes ou à utiliser ses poings pour se faire entendre.

Chance sentit l’émotion lui serrer la poitrine et refoula le sentiment d’étouffement qui montait en lui. Lorsqu’on lui avait annoncé que son père était au plus mal, il avait quitté en toute hâte Wichita, dans le Kansas, et pris le premier avion pour la petite ville californienne de Prosperino.

Malheureusement, son père était décédé quelques heures seulement avant son retour, l’empêchant de surmonter les griefs qui jalonnaient leur relation depuis des années.

Puis, comme si cela ne suffisait pas, après l’enterrement qui avait eu lieu deux heures plus tôt, Walter Bishop, l’avoué de la famille, avait annoncé à Chance la bonne surprise que lui avait réservée son père.

— Va au diable ! répéta-t-il. Tu n’étais qu’un pauvre type aigri, et tu as passé ta vie à me rendre malheureux !

— Chance ?

C’était une voix féminine, à l’intonation basse. Agacé par cette intrusion, il fit volte-face.

Il se détendit un peu en voyant approcher Lana Ramirez. La brise automnale faisait danser sa longue jupe noire autour de ses chevilles.

— Tout va bien ? demanda-t-elle en le rejoignant, à l’extrémité du vieux cimetière familial.

Lana et lui s’étaient vus le jour de son arrivée en ville, très brièvement, car il avait dû s’occuper immédiatement des formalités pour les funérailles de son père.

— Tout va bien !

Il s’efforça de chasser toute trace de l’émotion qui l’avait momentanément submergé. Il n’était pas question de montrer à quiconque les sentiments qui l’animaient depuis son retour au ranch.

Elle s’avança plus près de lui, assez pour qu’il pût sentir son odeur de fleurs sauvages. Cela lui rappela une époque lointaine : elle portait déjà ce parfum-là, des années auparavant, lorsqu’il l’avait rencontrée chez les Coltons, où il avait vécu pendant un an. A l’époque, il avait seize ans, et elle treize.

Inconsciemment, il enregistra le fait qu’elle était devenue splendide — une beauté discrète qu’elle ne rehaussait d’aucun maquillage. Ses cheveux d’un noir de jais, ses yeux sombres rappelaient ses origines mexicaines.

De nouveau, Chance se concentra sur le monticule de terre à leurs pieds.

— Comment as-tu réussi à t’entendre avec lui ? s’enquit-il.

Les lèvres pleines de la jeune femme formèrent un léger sourire.

— Je suis infirmière, Chance. J’ai l’habitude de m’occuper de malades difficiles.