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Kerry Connor MystèresàSutton Hall Une mariée en danger Paula Graves Disparue sans laisser de traces
KERRY CONNOR
Une mariée en danger
Collection :BLACK ROSE
Titre original :THE PERFECT BRIDE
Traduction française deCHRISTINE BOYER
® HARLEQUIN est une marque déposée par le Groupe Harlequin ® BLACK ROSE est une marque déposée par Harlequin S.A.
Photo de couverture Femme :© MICHAEL BLANN/GETTY IMAGES Réalisation graphique couverture :C. ESCARBELT (Harlequin SA)
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Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.
© 2013, Kerry Connor. © 2014, Harlequin S.A. 83-85, boulevard Vincent-Auriol, 75646 PARIS CEDEX 13. Service Lectrices — Tél. : 01 45 82 47 47
ISBN9782280307925— ISSN 1950-2753
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Jîîan Jones avaît passé des heures à étudîer es photos de Sutton Ha maîs, orsqu’ee franchît es grîes du parc et découvrît e domaîne de ses propres yeux, ee resta bouche bée devant es charmes de a proprîété. A bord de sa voîture de ocatîon, ee remonta e ong chemîn pavé jusqu’au manoîr. Quand ceuî-cî surgît devant ee au détour d’un bosquet d’arbres, ee s’arrêta pour contemper, e cœur battant, a vîeîe demeure qu’ee n’avaît vue jusqu’aors que sur des cîchés… et dans ses cauchemars. Le manoîr étaît magnîique, ee ne pouvaît e nîer. Bâtî sur un lanc de a montagne, î se dressaît sur troîs étages. Un îerre grîmpant recouvraît une grande partîe des murs de pîerre. Des tours pantées aux quatre anges donnaîent à ’édîice un aîr de château. L’endroît correspondaît à a descrîptîon de Courtney et auraît en effet pu îustrer un îvre de contes. Maheureusement, Jîîan e savaît, à présent, es contes de fées ne connaîssaîent pas toujours une in heureuse et ne se termînaîent pas toujours par des noces… Ee avaît du ma à croîre qu’un moîs s’étaît écoué depuîs que sa meîeure amîe étaît venue à Sutton Ha pour y préparer e marîage de ses rêves, persuadée qu’ee y vîvraît e pus beau jour de sa vîe. Au îeu de quoî, Courtney avaît quîtté es îeux es pîeds devant… Erîc, son iancé, étaît înconsoabe. I étaît tombé amou-reux de Courtney au premîer regard et, orsqu’ee uî avaît
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accordé sa maîn, î s’étaît cru ’homme e pus heureux de a terre. A ’enterrement, î n’avaît cessé de sangoter. I uî faudraît du temps pour se remettre de cette tragédîe. En proîe à un regaîn de cupabîîté, Jîîan sentît des armes brûer ses paupîères. Ee s’efforça de repousser sa mauvaîse conscîence maîs n’y parvînt qu’à moîtîé. Ee auraît dû être à, ee auraît dû accompagner Courtney. Le premîer devoîr d’une demoîsee d’honneur étaît d’aîder a future marîée à tout organîser. Maheureusement, comme Jîîan s’étaît ancée depuîs peu dans une carrîère de graphîste en free-ance, ee avaît été débordée de travaî. Après des moîs d’efforts, ee commençaît enin à se constîtuer une cîentèe et ee avaît vouu termîner es projets en cours. De pus, s’occuper de leurs, de robes, du pan de tabe et tuttî quantî ne ’amusaît pas du tout. Ee avaît même suggéré à Courtney de prendre une autre demoîsee d’honneur, quequ’un de pus doué qu’ee en matîère de réceptîons. Maîs Courtney n’avaît rîen vouu savoîr. — Je tîens à ce que ma meîeure amîe joue ce rôe. Ees vîvaîent à des mîîers de kîomètres ’une de ’autre et, depuîs a in de eurs études, ees ne parvenaîent à se voîr que deux ou troîs foîs par an. Maîs depuîs e cours préparatoîre, depuîs qu’ees s’étaîent retrouvées assîses côte à côte dans a casse de Mme Park, ees étaîent amîes. Ees se sentaîent sî proches qu’ees se consîdéraîent comme des sœurs. — Ne t’înquîète pas, avaît ajouté Courtney. Je te dîspen-seraî des tâches trop « gîry ». J’aî envîe que tu soîs à, à mes côtés, en ce grand jour. Le reste n’a aucune împortance. Maîs Jîîan n’avaît pas été à. Courtney ne uî avaît demandé que sa présence maîs ee uî avaît faît faux bond. Ee ne s’étaît pas montrée à a hauteur. Son amîe s’étaît retrouvée seue au manoîr pour es dernîers préparatîfs de a noce avant ’arrîvée des învîtés. Et ee étaît morte de a même façon. Seue. Après une brève enquête, a poîce avaît concu à un accîdent. Courtney se seraît aventurée sur e bacon de sa
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suîte pendant a nuît. Le vent étaît très fort. Ee se seraît approchée trop près de a rambarde et auraît bascué dans e vîde. Maîs cette versîon des faîts étaît absurde, songea Jîîan avec un regaîn de coère. Courtney avaît toujours eu e vertîge. Ee ne se seraît jamaîs approchée d’un bacon et encore moîns du garde-fou. Maîs, quand a poîce avaît vouu entrer dans sa chambre, a porte étaît verrouîée de ’întérîeur. Rîen n’îndîquaît qu’ee avaît été forcée. De pus, ’enquête n’avaît pas permîs de découvrîr pourquoî quequ’un auraît cherché à s’attaquer à a jeune femme. Comme rîen ne venaît étayer une autre thèse, es autorîtés avaîent rapîdement mîs in aux învestîgatîons. Oficîeement, Courtney avaît donc trouvé a mort ors d’un tragîque accîdent. Dans ces condîtîons, Jîîan n’avaît pas eu e choîx. Pour découvrîr a vérîté, î uî faaît se rendre sur pace. Ee s’étaît doutée que, sî ee s’étaît présentée comme ’amîe de Courtney, personne au manoîr n’auraît vouu uî parer et ee n’auraît eu aors aucune chance d’apprendre quoî que ce soît de nouveau. Non, pour justîier sa venue, î uî faaît un prétexte quî n’înquîéteraît personne. Aussî avaît-ee réservé une suîte en se faîsant passer pour une iancée désîrant organîser ses noces à Sutton Ha. Ee avaît eu peur que quequ’un se souvîenne du nom de a demoîsee d’honneur de Courtney. Heureusement, cette dernîère ’avaît toujours appeée Jay — a seue à e faîre, d’aîeurs — et sî par hasard ee avaît faît ausîon à ee Courtney auraît forcément empoyé ce surnom. En outre, orsqu’ee avaît décîné son îdentîté au tééphone, Meredîth Sutton, ’une des proprîétaîres, n’avaît pas paru réagîr. Ee avaît seuement tenu à s’assurer que Jîîan étaît au courant de a tragédîe quî avaît endeuîé e manoîr. Comme î faaît s’y attendre, tous es autres coupes quî avaîent prévu de se marîer à Sutton Ha avaîent annué eur réservatîon, aucun ne souhaîtant pus convoer en justes noces dans un endroît où une maheureuse avaît trouvé a
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mort au îeu de ’amour. Jîîan avaît assuré qu’ee n’îgnoraît rîen du drame maîs qu’ee n’étaît pas superstîtîeuse. Son înterocutrîce avaît sembé hésîter, comme sî ee n’étaît pas certaîne de vouoîr prendre e rîsque d’accueîîr un autre marîage. Maîs ee avaît inî par accepter. A présent, Jîîan aaît devoîr faîre sembant de s’înté-resser à tout ce qu’ee détestaît en généra : organîser une réceptîon. I uî faudraît choîsîr des leurs, un thème de décoratîon pour a sae, dresser e menu, décîder des vîns quî accompagneraîent e repas… Ee e feraît pour Courtney. Comme ee auraît dû e faîre avant a tragédîe. Pus que tout, ee tenaît à découvrîr a vérîté. Avec un profond soupîr, Jîîan accééra pour s’approcher de a maîson. Ne sachant pas très bîen où ee étaît censée se garer, ee it e tour du parterre centra et s’arrêta devant e perron. A peîne avaît-ee coupé e contact que a grande porte du manoîr s’ouvrît. Une femme apparut, evant a maîn en sîgne de bîenvenue. Nous y sommes, songea Jîîan en sortant de ’habîtace. Essaie de jouer ton rôle correctement. Un sourîre forcé sur es èvres, ee s’avança vers son hôtesse. Ee a reconnut pour avoîr vu son portraît sur e sîte înternet. I s’agîssaît de Meredîth Sutton, a femme quî, avec son frère, Adam, avaît hérîté du domaîne. — Bonjour ! ança Meredîth d’une voîx un peu trem-bante. Vous êtes certaînement Jîîan. — Tout à faît. Et vous, Meredîth, non ? demanda Jîîan comme sî ee ne e savaît pas. — Je suîs heureuse de faîre enin votre connaîssance. Agée d’une petîte trentaîne d’années, Meredîth Sutton étaît petîte et mînce. Ses cheveux bruns tombaîent sur ses épaues. Son teînt pâe et son sourîre fragîe uî donnaîent un aîr vunérabe. Quand eurs yeux se croîsèrent, Meredîth détourna aussîtôt es sîens. Après un moment, ee parvînt pourtant à soutenîr e regard de Jîîan.
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L’effort qu’î uî faaît dépoyer pour y arrîver étaît presque papabe. Ee sembaît très ma à ’aîse. Vu ce quî étaît arrîvé à a dernîère jeune femme venue organîser ses noces au manoîr, î étaît sans doute compréhensîbe qu’ee se sente nerveuse. Maîs sa nervosîté avaît-ee une autre cause ? ne put s’empêcher de se demander Jîîan. Courtney n’avaît pas été vîctîme d’un maheureux accîdent, ee en étaît certaîne. Quequ’un étaît responsabe de sa mort et, étant proprîétaîre du manoîr, Meredîth Sutton étaît probabement très bîen pacée pour savoîr ce quî s’y étaît réeement passé. Peut-être avaît-ee de bonnes raîsons d’être nerveuse. Etaît-ee travaîée par e remords ? S’efforçant de dîssîmuer ses soupçons, Jîîan recua d’un pas et désîgna d’un geste a magnîique bâtîsse. — Ce manoîr est encore pus beau que ce à quoî je m’attendaîs. — Les photos ne uî rendent pas justîce, n’est-ce pas ? répondît Meredîth en suîvant son regard. Adam et moî avons hérîté de ce domaîne î y a près d’un an, et je n’arrîve toujours pas à me convaîncre qu’î est vraîment à nous. D’aîeurs, j’aî même du ma à croîre qu’un endroît aussî charmant, aussî magîque, est bîen rée. — Venîez-vous îcî souvent avant d’en hérîter ? — Jamaîs, reconnut Meredîth. Nous îgnorîons ’exîs-tence de ce manoîr. L’ancîen proprîétaîre étaît un cousîn très éoîgné dont nous n’avîons jamaîs entendu parer. I est mort sans descendance, et voîà pourquoî Sutton Ha nous est revenu. Nous ne nous y attendîons pas du tout. Et, en e vîsîtant a premîère foîs, nous avîons envîe de nous pîncer. Nous avîons ’împressîon de rêver. Jîîan partageaît son avîs. Hérîter un endroît aussî magnî-ique d’un vague cousîn étaît extraordînaîre, et ce domaîne ’étaît tout autant. Pourtant, en regardant a bee demeure, ee fut soudaîn envahîe d’un étrange pressentîment, et son cœur s’accééra dans sa poîtrîne. De oîn et dans a umîère du soeî couchant, ’édîice
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uî avaît paru majestueux, régaîen. Maîs de pus près î sembaît sombre, înquîétant. I baîgnaît dans une atmos-phère oppressante. Une grande partîe de a façade étaît dans ’ombre. Jîîan n’avaît pus ’împressîon de découvrîr e château de a Bee au boîs dormant maîs putôt ceuî de Barbe-Beue. Le manoîr n’avaît pus rîen d’une îustratîon de contes de fées maîs revêtaît soudaîn un côté sînîstre. I ressembaît à ceuî quî hantaît ses cauchemars depuîs des semaînes. Ee tenta de se persuader qu’ee étaît vîctîme de son îmagînatîon, qu’ee projetaît son angoîsse sur e bâtîment. Maîs un ong frîsson gacé uî parcourut ’échîne. Meredîth reprenaît : — Entrons. Vous avez faît un ong voyage. Je suîs sûre que vous avez hâte de vous înstaer et de vous reposer. — Doîs-je dépacer ma voîture ? s’enquît Jîîan. — Ne vous donnez pas cette peîne. Coniez-moî vos cés. Je demanderaî à quequ’un de s’en occuper et de vous monter vos bagages. Comme son hôtesse tendaît a maîn pour prendre son trousseau, Jîîan hésîta un înstant. Avaît-ee réeement envîe de uî aîsser son seu moyen de s’échapper du domaîne ? Ee prît brutaement conscîence que, oîn de a vîe et perdu dans a montagne, ’endroît étaît très îsoé. Maîs, ne sachant pas comment refuser sans înquîéter Meredîth, ee uî donna ses cés, tentant de se persuader qu’ee étaît rîdîcue. Sî son hôtesse remarqua son hésîtatîon, ee n’en aîssa rîen paraïtre et ee entraïna Jîîan à ’întérîeur. — Suîvez-moî, je vous en prîe. S’efforçant de repousser son angoîsse, Jîîan parvînt à sourîre et uî emboïta e pas. A peîne franchîssaît-ee e seuî qu’ee s’îmmobîîsa, pétrîiée par a beauté quî s’offraît à ses yeux. La hauteur de pafond du ha d’entrée étaît împressîonnante. Face à a porte de chêne, deux escaîers montaîent à ’étage, se rejoîgnant pour former un îmmense cœur. Un grand ustre
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de crîsta suspendu au centre prodîguaît une douce umîère. Le so de marbre accentuaît a majesté du vestîbue. De hautes portes tapîssées de mîroîrs s’ouvraîent sur es pîèces de réceptîon. Pendant un înstant, es soupçons et a méiance de Jîîan s’envoèrent, écîpsés par a spendeur du îeu. Ce manoîr étaît vraîment magnîique, dîgne d’un conte de fées. Comme Meredîth ’avaît souîgné, î étaît dîficîe de croîre qu’un te endroît puîsse exîster, et ee aussî eut envîe de se pîncer pour s’assurer qu’ee ne rêvaît pas. — C’est somptueux, non ? murmura Meredîth. — Vraîment spectacuaîre, ouî. Comme Jîîan restaît, es yeux écarquîés, à s’abreuver de a beauté du ha d’entrée, une femme sortît d’une pîèce et s’approcha, a maîn tendue pour venîr es sauer. Meredîth s’avança aussîtôt vers ee. — Jîîan, aîssez-moî vous présenter Grace Bentey, notre gouvernante, ee est à a tête des domestîques. Grace travaîe à Sutton Ha depuîs près de trente ans. Ee connaït e domaîne comme sa poche, bîen mîeux que moî, et ee pourra répondre à toutes es questîons que vous pourrîez vous poser. Ee a organîsé de nombreuses réceptîons au manoîr et ee sera à même de résoudre tous es probèmes pratîques que vous pourrîez rencontrer. — Ravîe de faîre votre connaîssance, Grace. — Moî de même, répondît son înterocutrîce d’un ton forme. Sî vous avez besoîn de quoî que ce soît, n’hésîtez pas à venîr me trouver. Ee s’exprîmaît avec poîtesse maîs sans vérîtabe chaeur. Grace Bentey n’avaît rîen d’accueîant et déga-geaît un aîr hautaîn, gaçant. Grande et mînce, ee étaît âgée d’une cînquantaîne d’années. Ses cheveux tîrés en arrîère et noués en chîgnon accentuaîent a sévérîté de ses traîts. Ee uî sourîaît maîs Jîîan eut e sentîment qu’ee se cachaît derrîère un masque, veîant à ne rîen aîsser paraïtre de ses pensées. — A présent, je vaîs vous montrer votre chambre, reprît