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Une nouvelle chance (Harlequin Horizon)

De
224 pages

Une nouvelle chance, Liz Fielding

Belle Davenport avait pris sa décision : elle allait repartir de zéro. Et commencer une nouvelle vie. Même si cela lui brisait le cœur, elle quitterait Ivo, son mari. Elle l’aimait encore, pourtant, comme au premier jour, mais ne supportait plus qu’il l’exhibe comme un trophée devant ses relations d’affaires, sans jamais se soucier de ce qu’elle ressentait. S’il s’était montré plus attentionné, peut-être ne lui aurait-elle pas caché les pans les plus douloureux de son passé. Peut-être n’en serait-elle pas là aujourd’hui. Mais alors qu’il met tout en œuvre pour la séduire de nouveau, Belle ne sait plus que penser. Se pourrait-il qu’un nouveau départ soit possible entre eux ?

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Prologue

— Ta voiture est là. Ainsi que l’habituelle garde d’honneur de paparazzi.

Ivo attendait, le visage impassible. Il espérait qu’elle allait abandonner, lui dire qu’elle restait. Belle dut se forcer à contenir ses larmes.

Pourquoi ne comprenait-il pas ? Ne voyait-il pas que ce n’était pas sur un simple coup de tête qu’elle avait choisi de parcourir l’Himalaya en vélo, pendant douze jours ?

C’était important pour elle. Elle devait le faire.

Il avait exigé, à la dernière minute, qu’elle renonce à son projet pour servir d’hôtesse pendant l’un des week-ends où il invitait ses partenaires en affaires, dans sa maison de campagne du comté de Norfolk. Son but était clair : il voulait démontrer à Belle que rien — ni sa carrière, ni quelque opération médiatique pour recueillir des fonds à des fins charitables — n’était aussi important que d’être sa femme.

Qu’elle était d’abord au service de son mari.

Si seulement elle avait pu lui expliquer. Mais si elle essayait, il ne voudrait pas qu’elle reste…

— Je dois partir, dit-elle.

L’espace d’un instant, il sembla qu’il allait dire quelque chose, mais il se contenta de hocher la tête et de ramasser le sac qui contenait tout ce dont elle allait avoir besoin pendant trois semaines.

Ils sortirent. Belle sourit aux photographes. Elle fit une pause sur les marches, avec Ivo à ses côtés, puis se dirigea vers la voiture.

Pendant que le chauffeur rangeait son sac dans le coffre, Ivo lui prit la main, et la regarda avec ces yeux graves qui ne trahissaient jamais ses pensées.

— Fais attention à toi.

— Ivo…

Elle se retint pour ne pas le supplier de l’accompagner à l’aéroport.

— Je passerai par Hong Kong à mon retour. Si jamais tes affaires t’y amenaient, peut-être pourrions-nous prendre quelques jours…

Il ne fit aucun commentaire — il ne faisait jamais de promesses qu’il ne pourrait pas tenir — mais il l’embrassa simplement sur la joue et l’aida à monter dans la voiture. Elle se retourna quand le véhicule démarra, mais il remontait déjà les marches pour retourner à son travail.

Le chauffeur la déposa à l’aéroport, posa son sac sur un chariot, lui souhaita bonne chance, et elle resta seule. Non pas seule comme une femme peut l’être quand un mari débordant d’amour l’attend à la maison.

Juste… seule.

1.

« … Ainsi se termine la neuvième journée de notre grande aventure à vélo. On m’a dit que demain, le terrain serait plus facile… Belle Davenport essuya la sueur sur sa manche et sourit à la caméra. Si me voir souffrir pour une bonne cause vous émeut, songez que le moindre don que vous pouvez faire a son importance… »

Belle Davenport arrêta la caméra, appuya sur la touche « envoi », et, dès qu’elle eut confirmation de la réception du message, débrancha son téléphone satellite. Ce fut seulement à ce moment qu’elle réalisa que ce qu’elle avait pris pour de la sueur sur sa manche était en fait du sang.

— Tu sais très bien qu’il t’a délibérément fait tomber ! s’écria Claire Mayfield, la jeune américaine qui partageait sa tente.

Elle était manifestement révoltée.

— Il m’a aidée à me relever, remarqua Belle.

— Seulement après avoir pris des photos de toi. Tu devrais te plaindre aux organisateurs ! Tu aurais pu être sérieusement blessée !

— Nous ne sommes pas là pour nous plaindre, répondit Belle.

Elle présenta son visage à Simone Gray, la troisième personne du groupe, pour la laisser désinfecter l’écorchure qu’elle s’est fait sur le front en tombant, avant de s’occuper de celle de son genou.

— J’ai presque fini…, la rassura Simone. En ce monde, Claire, il ne suffit pas aux médias de te voir endurer toutes les souffrances possibles pour récolter des fonds pour les enfants malheureux. Ils veulent aussi te voir dans la boue, littéralement.

Simone était adjointe de la rédactrice en chef d’un magazine féminin australien. Elle savait de quoi elle parlait.

— Ils n’attendent tous que cela, confirma Belle.

— A Londres, d’accord, persista Claire. Et encore, je ne suis pas si d’accord que cela. Mais je suppose que dans ton métier, on s’habitue à vivre avec ce genre d’intrusions. Mais à cinq mille mètres dans l’Himalaya ?

— Sommes-nous à cinq mille mètres ? Je me croyais plus haut, remarqua Belle, avant de revenir sur le sujet :

— Simone a raison, Claire. Cela fait partie du jeu. Il y avait trop longtemps que j’étais bien à l’abri dans ma situation privilégiée. Il était temps que j’accepte de me mouiller un peu la chemise.

— De te mouiller un peu la chemise ?

— Ce que je veux dire, c’est que je devais quitter temporairement ma vie normale, pour ne pas avoir l’air d’une personne méprisable, qui profite égoïstement des meilleurs plaisirs de l’existence sans jamais courir le risque du moindre petit bobo. Vous savez, ce genre de personnalité de la télévision qui encourage les autres à se donner du mal, tout en restant confortablement assise sur le divan du studio, en montrant son beau sourire et en dévoilant la naissance de ses seins, juste dans la limite permise par ce type d’émission.