Une nuit avec... un mystérieux cheikh

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"Captive d’un cheikh, Dana Marton
Peut-elle faire confiance à Nasir ? Le Dr Sadie Kauffman ne cesse de se le demander depuis que cet homme ténébreux est venu la trouver, une nuit, en secret, peu après qu'elle a été enlevée par des hommes armés lors de la mission humanitaire qu'elle menait au Moyen-Orient. Il enquête en réalité sur ses ravisseurs, lui a-t-il expliqué, et il l'aidera à s'enfuir, le moment venu. Sadie est bouleversée. Et bien que partagée entre la peur et l'impatience de fuir, elle est déjà infiniment reconnaissante envers cet homme, pour qui elle n'est qu'une inconnue, et qui est prêt à risquer sa vie pour la délivrer...

Le sortilège du désert, Susan Stephens
Après avoir sauté à l'eau pour échapper à des pirates, Antonia est sauvée en mer par le cheikh Rahid Al Maktabi, qui lui offre de la raccompagner à Sinnebar à bord de son yacht. Sans argent, sans aucun moyen de communication, et très éprouvée par sa terrible aventure, Antonia accepte. Pour se rendre compte très vite que si elle a échappé à ses agresseurs, c'est pour affronter un péril peut-être plus grand encore : le désir qu'elle ressent pour Rahid. Car ce dernier, elle en a bien conscience, n'a que faire d'une femme comme elle...

La prisonnière des sables, Lynn Raye Harris
Enlevée en plein désert par les sbires du cheikh de Bah'Shar, Geneva, furieuse, a résolu de reconquérir sa liberté. Mais, très vite, la stupéfaction l'emporte sur la colère. Car Geneva découvre que le souverain de Bah'Shar n'est autre que Zafir, l'irrésistible étudiant dont elle tombée amoureuse à l'université et qu'elle a quitté après six mois, certaine que leur passion n'avait aucun avenir...
"
Publié le : dimanche 1 novembre 2015
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EAN13 : 9782280350792
Nombre de pages : 435
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1

Le Dr Sadie Kauffman avait toujours éprouvé un certain scepticisme face aux gens qui prétendaient devenir meilleurs à l’approche de la mort.

Son point de vue avait évolué. A présent, elle y croyait. Le temps et le fait d’être enfermée sans rien d’autre à faire que penser changeaient tout.

Elle avait eu quarante longues journées, sans parler des nuits, pour réfléchir à ce qu’avait été sa vie jusque-là : une course insensée pour des choses qui n’en valaient pas la peine. Elle aurait pu en faire quelque chose de complètement différent.

Des picotements nerveux parcoururent ses mains ; elle les frotta l’une contre l’autre.

C’était aujourd’hui qu’elle allait être exécutée.

A travers les planches grossièrement clouées de sa prison de fortune, elle regarda approcher l’un des bandits. Il marchait lourdement, le fusil à l’épaule et le visage enveloppé de son turban pour se protéger du sable. Il ouvrit la porte branlante et jura tandis que, les jambes engourdies par sa position recroquevillée, elle sortait en trébuchant.

— Dépêche ! dit l’homme et, bien qu’elle s’efforçât de marcher aussi vite qu’elle le pouvait, il lui enfonça le canon du fusil entre les côtes.

Elle cligna des yeux devant l’horizon désert, que seul le soleil colorait faiblement.

Son dernier lever de soleil.

Non, il ne fallait pas penser à ça. Il fallait qu’elle garde espoir. Si les bandits la tuaient, qu’y gagneraient-ils ? Ils devaient la garder en vie pour obtenir la rançon. Elle avait passé la nuit à chercher la meilleure manière de convaincre Umman, le chef du camp, de prolonger le délai.

Ça va marcher. Ils ont besoin d’argent.

Sadie fit courir ses doigts sur son voile noir afin de s’assurer que rien n’était découvert, hormis ses yeux, et réalisa que l’homme la poussait en direction des tentes au lieu de la diriger comme d’habitude vers les feux de camp.

— Je ne peux pas aller plus vite ! se rebiffa-t-elle sèchement.

La comprenait-il ? En dehors d’Umman, les autres ne semblaient connaître que quelques mots d’anglais dont ils se servaient pour lui donner des ordres.

Ses sandales s’enfonçaient dans le sable brûlant à chaque pas ; elle n’avait pas encore appris à répartir le poids de son corps comme eux pour marcher plus facilement.

Devant elle, les tentes étaient groupées comme un troupeau de bêtes géantes et irréelles, leurs rabats relevés évoquant des bouches sombres prêtes à l’engloutir.

Elle frissonna en dépit de la chaleur.

Elle fit une pause à l’entrée de la plus grande tente et jeta rapidement un coup d’œil à l’intérieur en prenant soin de baisser la tête afin de ne pas croiser le regard d’un des hommes par inadvertance. La plupart des bandits étaient là, allongés sur les tapis usés, sirotant du café épicé.

— Alors dans ton pays, on se fiche de savoir si tu vis ou si tu meurs.

La voix méprisante était celle d’Umman.

Ces bandits du désert avaient tout à fait la tête de l’emploi : dents manquantes, visages féroces et armes meurtrières. Et ils en avaient l’odeur, aussi.

— L’argent va arriver, dit-elle avec une conviction forcée.

Elle savait parfaitement que les Etats-Unis ne payaient jamais de rançon pour leurs ressortissants et avait toujours trouvé que c’était une politique sensée. Jusque-là.

— Très bientôt, ajouta-t-elle. Cela fait beaucoup d’argent.

Cinq millions de dollars, c’était son prix.

Les hommes n’eurent pas l’air impressionnés par sa promesse, et aucun d’eux ne fit mine de sympathiser avec sa cause. Elle ne leur était rien, moins que rien. Son existence leur rappelait avec ennui que leurs plans pour faire de l’argent n’avaient pas fonctionné.

— Tu penses que je suis idiot ?

La voix du chef était basse, mais elle remplissait la tente.

C’était le plus âgé d’entre eux. Il avait un visage couturé de cicatrices et une longue barbe grisonnante qui retombait sur sa robe brune usée.

Sadie savait qu’il pouvait lui trancher la gorge aussi facilement qu’à une chèvre. Il l’avait fait à l’un de ses hommes, deux semaines plus tôt, pour une insubordination mineure.

— Ton peuple me manque gravement de respect, reprit-il.

Le discours qu’elle avait soigneusement préparé, et qui semblait si bien argumenté dans le silence de la nuit, lui paraissait à présent bien peu convaincant devant cette assemblée.

— Je suis médecin. Je peux vous être utile. Encore quelques jours…

— Ne marchande pas avec moi, répliqua-t-il d’une voix vibrante de colère. Nous n’avons pas besoin de ta médecine. Tu crois que je te ferais confiance ?

Non, évidemment…

Au début, quand elle avait été kidnappée à l’hôpital, elle avait pensé qu’ils l’emmenaient pour soigner un de leurs chefs et qu’ils la libéreraient ensuite. Il lui avait fallu un bon moment pour comprendre la gravité de sa situation.

Il y avait forcément des arguments qui pouvaient le convaincre.

Réfléchis. Réfléchis !

Quelque chose bougea dans un recoin obscur de la tente — un homme qu’elle n’avait pas remarqué jusque-là, car il était assis à l’écart.

Elle déglutit péniblement en reconnaissant celui qu’elle craignait le plus.

Nasir.

A sa vue, ses pensées s’éparpillèrent.

Quelque chose chez lui, une dureté indéfinissable, un dessein obscur et secret, faisait qu’elle s’écartait de son chemin chaque fois qu’elle surprenait son regard sur elle.

Arrivé sur son petit dromadaire deux jours seulement après l’enlèvement de Sadie à l’hôpital de campagne, il était nouveau au camp. Après les affrontements d’usage, il s’était rapidement fait respecter des autres. Depuis lors, la plupart d’entre eux l’évitaient.

Le regard brûlant de ses yeux noirs était fixé sur elle.

Umman se redressa, posa sa tasse et donna des ordres en arabe au garde, tout en fouillant dans un coffre de bois. Il en extirpa un appareil photo numérique qu’il lança à l’homme.

Il voulait que son exécution soit photographiée, probablement pour qu’on les prenne plus au sérieux la prochaine fois qu’ils demanderaient une rançon.

Sadie sentit son cœur marteler ses côtes.

Ce n’était pas possible !

Ces choses-là arrivaient aux autres, à des inconnus dont on parlait au journal du soir. Pas à elle !

Ses mains tremblèrent à la pensée de son corps sans vie exposé sur un quelconque site Web.

Cours ! lui hurla une voix en elle.

Avant qu’elle puisse réagir, des doigts puissants se plantèrent dans son bras.

— Encore un jour ! L’argent va arriver, supplia-t-elle, gagnée par la panique.

— Dehors !

Le garde obéit et la tira à l’extérieur, dans la lumière et la chaleur impitoyables. Il la traîna derrière les tentes, et commença à escalader la première dune, à peine ralenti par les efforts de Sadie pour se dégager.

Combien de temps lui restait-il ? Dix minutes ? Cinq ?

Si elle arrivait à lui échapper, combien de temps aurait-elle avant qu’une balle ne la frappe dans le dos ? Courir ne pouvait plus la sauver.

La résignation s’abattit sur elle, tétanisant ses muscles.

Elle n’avait pas évalué correctement la situation ni pris les décisions qui s’imposaient. Elle aurait dû essayer de s’échapper pendant la nuit.

Mais elle avait cru que la rançon viendrait, que les bandits n’allaient pas se débarrasser si vite de leur monnaie d’échange.

De plus, elle ne disposait d’aucune provision et avait eu peur d’affronter seule le désert.

Pourtant, choisir sa mort lui semblait tout à coup préférable.

— Laissez-moi partir ! Je vous en supplie…

Sa voix était faible et aiguë ; elle se détesta pour cela. A présent qu’elle avait réalisé qu’il n’y avait plus d’échappatoire, elle voulait au moins mourir dignement. Si l’homme la comprit, il n’en montra aucun signe.

Elle regarda son fusil. Il allait s’en servir, ce serait rapide, elle ne sentirait rien.

C’est presque fini, maintenant.

Elle se doutait qu’ils n’iraient pas loin. Umman voulait simplement éviter de tacher ses tapis avec son sang.

* * *

Nasir desserra les poings. Dans cinq minutes, la femme serait morte. Ce qu’il pourrait tenter pour la sauver risquait de compromettre sa couverture durement acquise, peut-être même de faire comprendre aux hommes qui l’entouraient qu’il n’était pas le tueur impitoyable qu’il prétendait être.

Malgré cela, il ne pouvait rester assis là et les laisser l’assassiner.

— Je la prends, dit-il soudain d’une voix dure, en affichant une expression qui ne supportait pas le défi.

Il y eut un silence mêlé de confusion. La plupart des hommes tournèrent vers lui des visages stupéfaits. Ahmed, le plus jeune, lui lança un regard haineux.

— J’ai dit qu’elle allait mourir, répondit Umman exactement comme s’y attendait Nasir.

Le chef ne pouvait évidemment permettre que son autorité soit remise en question, surtout devant ses hommes.

Nasir n’avait cependant pas le temps d’attendre une meilleure occasion ou d’essayer de manipuler la situation.

— Elle est morte pour son peuple. Elle sera à moi.

Il se leva mais inclina la tête vers Umman afin que son geste ne soit pas interprété comme un défi.

Umman le regardait avec une colère et un soupçon non dissimulés.

— Elle n’a pas sa place ici. Aucune utilité. Si tu veux te servir d’elle avant qu’elle meure, à ta guise.

Le chef jeta un regard à la ronde, indiquant que l’offre était valable pour tous.

— Je la revendique, elle m’appartient, dit férocement Nasir. Elle porte peut-être mon enfant, ajouta-t-il d’une voix radoucie par le premier prétexte qui lui était venu à l’esprit.

Un murmure s’éleva dans la tente, pour partie d’amusement, pour partie d’outrage.

— Elle est venue à moi, poursuivit-il, imperturbable.

Si les mots pouvaient la sauver, il était prêt à mentir autant qu’il le faudrait.

— Elle pensait peut-être que ça lui gagnerait ma faveur… Ce n’est pas le cas, mais je veux qu’elle ait mon enfant. Quand mon fils sera né, tu pourras faire d’elle ce que tu voudras.

Il haussa les épaules.

— Je pourrai même la tuer de mes propres mains quand elle ne me servira plus.

Un silence épais se fit tandis que les secondes s’égrenaient.

— Tu es sûr ? demanda Umman, le visage assombri.

Nasir hocha la tête.

Même parmi les bandits, les enfants étaient une affaire sérieuse. La plupart d’entre eux avaient une famille dans l’un des nombreux villages à la limite du désert.

— Si l’enfant vit et que c’est un garçon, ce sera mon premier-né, ajouta Nasir pour souligner son propos.

Tout le monde comprenait l’importance de cela.

La tension était à son comble. Il écouta les bruits du dehors, conscient de chaque seconde qui passait, priant pour que le silence demeure le même.

— C’est ton problème, laissa finalement tomber Umman, visiblement mécontent.

— Elle s’enfuira s’il l’installe dans un village ! s’exclama Ahmed. Elle sait où nous sommes, elle sait qui nous sommes.

Le chef lui décocha un regard qui le fit taire et détourner les yeux, mais il ne l’admonesta pas pour son intervention passionnée. Il semblait partager le souci d’Ahmed.

— Elle reste ici, dit-il. Il y a du feu en elle qui n’est pas encore éteint.

L’un des hommes fit une suggestion sur la manière dont Nasir pourrait l’éteindre et les autres rirent, toute tension évanouie.

Shoukran.

Nasir hocha la tête en direction du vieil homme pour lui manifester son respect. Puis il se précipita hors de la tente pour sauver la vie de l’Américaine.

* * *

La peur de Sadie avait peu à peu fait place à la colère.

Elle arracha son bras à l’emprise de l’homme, et tomba presque à la renverse avant de retrouver son équilibre. Puis elle poussa le bandit de toutes ses forces, espérant lui faire lâcher son fusil.

Au diable la dignité !

Elle était trop furieuse de toute façon pour se tenir là, au milieu du désert, l’air noble et imperturbable, et débiter quelques belles paroles d’adieu que son bourreau ne comprendrait pas.

Obéir et se montrer convenablement soumise ne lui avait pas redonné la liberté. Il était temps de commencer à se battre.

Mais elle ne se débrouillait pas bien, pensa-t-elle, tandis que le garde la repoussait d’un coup, l’envoyant s’affaler dans le sable.

Continue à le frapper.

C’était la meilleure chose à faire. Elle se remit sur ses pieds et se précipita de nouveau sur lui.

De toute évidence, il ne la prenait pas au sérieux. Il n’avait même pas pris la peine d’appeler les autres à la rescousse et semblait hésiter entre s’amuser ou s’irriter de ses tentatives.

Sadie fonça la tête la première dans son estomac, et le heurta assez fort pour qu’il recule en titubant.

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