Une nuit d'été... - Bien plus qu'une liaison (Harlequin Passions)

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Une nuit d’été…, Mauren Child

Si Bella déteste Jesse King, ce n’est pas seulement parce que l’immense empire industriel de ce dernier menace sa petite entreprise de stylisme. Non, ce qui la met en rage, c’est le fait que ce goujat semble ne garder aucun souvenir de la nuit qu’ils ont passée ensemble trois ans plus tôt, et que pour sa part, elle n’a jamais oublié…

Bien plus qu’une liaison, Robyn Grady

En avouant à Tristan Barkley qu’elle attend un enfant de lui, Ella n’aurait jamais imaginé qu’il lui proposerait le mariage. Pourtant, elle n’a pas le temps de se réjouir. Car il est évident que celui-ci n’agit que par sens du devoir et qu’il continuera à la traiter comme son assistante et non comme sa femme…

Publié le : mardi 1 juin 2010
Lecture(s) : 16
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280290692
Nombre de pages : 448
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Jesse King aimait les femmes.

Qui le lui rendaient bien.

Enfin, à une exception près.

En arrivant devant la boutique Bella’s Beachwear, Jesse s’immobilisa, balaya du regard le magasin soigneusement entretenu mais passablement défraîchi et secoua la tête.

Décidément, les femmes se montrent parfois entêtées jusqu’à l’absurde. Dire que Bella Cruz préférait son misérable local à ce qu’il lui proposait !

Neuf mois plus tôt, il s’était installé à Morgan Beach, une petite station balnéaire dans le sud de la Californie où il avait acheté une dizaine de petites boutiques mal agencées et en mauvais état dans la rue principale. Certaines avaient été réhabilitées, d’autres purement et simplement rasées pour laisser place à des magasins et des bureaux modernes et assez luxueux qui ne manqueraient pas d’attirer les clients vers le centre-ville.

Tout le monde y avait trouvé son compte. Les vendeurs avaient signé sans se faire prier l’offre alléchante de Jesse et, d’ailleurs, bon nombre louaient désormais des locaux flambant neufs dans les magasins qu’il avait restaurés à grands frais ou construits à la place.

Tout le monde, sauf Bella Cruz… Depuis des mois, elle s’appliquait à le défier.

Exemple emblématique de son opposition systématique, elle avait même organisé une manifestation. Un après-midi durant, la poignée de manifestants

— Bella, quatre de ses copines accompagnées de leurs enfants et d’un chien éclopé — avait donc arpenté la rue principale avant de se camper devant les pelles des bulldozers, les empêchant ainsi d’entrer en action. Comme si cet exploit n’était pas suffisant, elle avait ensuite décidé d’organiser une veillée à la mémoire des bâtiments de Morgan Beach pompeusement qualifiés d’« historiques ».

La soirée n’avait réuni devant les bureaux de Jesse que cinq personnes qui s’étaient très vite dispersées, trempées, bougies éteintes à la main, lorsque le premier gros orage de l’été avait éclaté. Bella, elle, stoïque et obstinée, était restée seule dans l’obscurité, le regard noir de colère.

Mais pourquoi diable prend-elle tout cela tellement à cœur ? se demanda-t-il une fois de plus en considérant la boutique de Bella d’un œil rêveur. Vu sa réaction, on aurait dit qu’il était venu à Morgan Beach uniquement pour lui gâcher la vie !

Ce qui n’était nullement le cas.

S’il s’était installé ici, c’était à cause des vagues.

Difficile en effet pour un surfeur professionnel, même après avoir arrêté la compétition, de rester loin des rouleaux. La plupart des surfeurs retirés du circuit s’installaient à Hawaï — endroit où ils étaient sûrs de pouvoir s’adonner à leur sport préféré à tout moment de l’année. Parce qu’il était né en Californie, Jesse avait préféré opter pour Morgan Beach. Sa famille vivait dans la région, ce qui lui permettait de rester en contact avec ses trois frères.

C’était donc à Morgan Beach qu’il avait décidé de s’installer afin d’y mener une vie agréable et tranquille. Il n’avait pas prévu alors qu’il allait devoir affronter Bella Cruz.

— Alors, on vient en personne narguer l’adversaire ? lança à ce moment précis une voix féminine, le tirant ainsi de ses pensées.

Il se retourna et aperçut son ennemie derrière le comptoir, affairée à installer un assortiment de lunettes de soleil, de tongs et de grands sacs fourre-tout.

La jeune femme releva vers lui ses grands yeux sombres où il vit distinctement passer une lueur assassine.

Lentement, il entra dans la boutique et s’approcha du comptoir.

— Vous n’êtes pas armée au moins ? lui demanda-t-il.

Comme elle paraissait surprise par sa question, il ajouta :

— Franchement, si vos yeux étaient des fusils, il y a longtemps que je serais délivré de mes tourments !

— Et moi des miens ! répliqua-t-elle du tac au tac.

Sur ce, elle se dirigea vers un présentoir. Il ne put s’empêcher de l’observer attentivement.

Bella était grande, ce qui ne lui déplaisait pas. Il aimait les femmes élancées. Rien de plus désagréable en effet que de se casser en deux pour embrasser une femme, même si, évidemment, il n’avait pas la moindre intention d’embrasser Bella…

Avec ses longs cheveux noirs très souples qui lui descendaient jusqu’au milieu du dos, ses immenses yeux marron et sa belle bouche pulpeuse, elle était très séduisante, même s’il ne l’avait encore jamais vue esquisser le moindre sourire. Séduisante, certes, mais fort mal fagotée.

Chaque fois qu’il l’avait vue, elle portait une de ces tenues informes auxquelles même les plus puritaines ligues de vertu n’auraient rien vu à redire. Les vastes T-shirts informes et immanquablement dépourvus de décolleté qu’arborait Bella Cruz flottaient sur d’immenses jupes qui ne laissaient pas un seul centimètre carré de chair apparaître.

C’était peut-être mieux ainsi. Pour sa part, il avait tendance à préférer les femmes pulpeuses or, à l’évidence, Bella était maigre et anguleuse. Bizarre, tout de même, de dissimuler ainsi son corps quand on fait profession de concevoir des maillots de bain féminins… Elle semblait n’en avoir jamais porté un seul de sa vie.

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