Une nuit dans ses bras - La vengeance à fleur de peau - Enceinte d'un play-boy

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Une nuit dans ses bras, Sandra Marton
 
Sans ressources, Caroline accepte, le temps d’un dîner, de se faire passer pour la petite amie de Lucas Vieira, un célèbre homme d’affaires. Après cela, elle retournera à sa vie simple et studieuse, et oubliera tout de cette étrange soirée ! Sauf que Lucas l’accueille d’un baiser passionné, éveillant en elle un trouble inattendu… 
 
La vengeance à fleur de peau, Jennie Lucas 
 
Devenue amnésique à la suite d’un accident, Eve n’a aucun souvenir de l’homme qui prétend être son fiancé. Certes, elle éprouve pour Talos un désir intense qui lui laisse penser que quelque chose de fort existait entre eux, mais elle ressent également en sa présence une appréhension diffuse. Comme s’il lui cachait de sombres intentions…
 
Enceinte d’un play-boy, Kim Lawrence
 
Alors qu’elle s’est juré de faire passer sa carrière avant tout, Rowena découvre que la nuit qu’elle a passée avec Quinn Tyler, un play-boy au charme irrésistible, va bouleverser sa vie : non seulement elle redoute d’éprouver pour Quinn bien plus qu’une simple attirance, mais encore elle est enceinte…
Publié le : mercredi 1 juin 2016
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280354394
Nombre de pages : 416
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1.

Lucas Vieira était à bout de nerfs.

Cette journée ne s’était pas déroulée au mieux. A peine eut-il formulé cette pensée qu’il manqua s’esclaffer. Pour un euphémisme, c’était un euphémisme ! Pas déroulée au mieux ? Cette journée avait été un véritable enfer, oui ! Hélas, ce n’était pas terminé, puisqu’il s’apprêtait à affronter une nouvelle catastrophe.

Tout avait commencé au matin avec un café au goût détestable, servi par sa secrétaire intérimaire — très, très intérimaire. Une gorgée avait suffi à répandre dans tout son corps une onde ignoble. Réprimant sa nausée, il avait écouté ses messages téléphoniques, pour entendre avec une irritation croissante la voix claironnante d’un imbécile de reporter. Cet homme le poursuivait depuis quinze jours afin d’obtenir une interview… Comment diable avait-il obtenu ce numéro strictement privé ? Oui, privé ! Comme tout le reste de sa vie.

Il chérissait cette discrétion.

Il prenait grand soin de toujours éviter la presse. Il voyageait en jet privé. Son penthouse new-yorkais, au sommet d’un building de la Cinquième Avenue, n’était accessible que par un ascenseur personnel. Sa propriété des Hamptons, sur l’Atlantique, avait tout d’une forteresse, avec ses hauts murs de pierre. Quant à l’île des Caraïbes qu’il avait acquise l’année précédente, elle était bardée de panneaux interdisant d’y accoster.

« Lucas Vieira, l’homme de tous les mystères », avait un jour titré une quelconque feuille de chou à son sujet.

Certes, il arrivait qu’il ne puisse échapper aux flashes, aux micros ou aux questions. Mais il les évitait la plupart du temps, ce qui, naturellement, ne faisait que piquer davantage la curiosité du public.

Les seules questions auxquelles il acceptait de répondre concernaient Vieira Financial et son rôle à Wall Street. En revanche, permettre au public d’apprendre comment il avait réussi sa fabuleuse ascension, ou comment il était devenu l’un des hommes plus influents du monde de la finance, à trente-trois ans seulement…

Pas question, bien sûr, de révéler que pour atteindre son but un homme ne devait reculer devant rien — ne jamais laisser aucun obstacle se placer en travers de son chemin.

Fronçant les sourcils, Lucas s’enfonça dans son immense fauteuil en cuir et leva les yeux de son monumental bureau d’acajou. Il jeta un regard à travers la baie vitrée qui dominait tout Manhattan.

Immédiatement, il se demanda comment il allait pouvoir aujourd’hui respecter son credo habituel : « Atteindre son but »… Pour la première fois de sa vie d’adulte, il se sentait acculé, sans ressource. Bon sang, il devait pourtant bien exister un moyen de s’en sortir !

A l’âge de sept ans, il avait appris à tracer une ligne droite entre ses aspirations et leur réalisation. Il n’était alors qu’un gamin des rues, à Rio, un menino de rua. Il faisait les poches des touristes, volait tout ce qu’il pouvait, mangeait dans les poubelles des restaurants, dormait dans des impasses ou des squares — d’un œil seulement, bien sûr, et toujours prêt à s’enfuir en courant.

A l’époque, l’avenir semblait sans issue.

Le Brésil était le pays des extrêmes. Il y existait un club fermé de personnes si fabuleusement riches que leurs villas défiaient toute description, et il y avait le flot des favelados, cloitrés à l’orée de Rio et condamnés à une existence misérable. Enfant, Lucas n’était même pas l’un des leurs. Il n’était rien. De la graine de vermine, pas davantage. Et comment diable un enfant de sept ans aurait-il pu forcer le destin ?

Il n’avait que sa mère.

Une nuit, un homme qu’elle avait ramené à la maison avait jeté un regard méprisant sur lui. Lucas se faisait pourtant aussi petit que possible, dans un coin de la pièce. Furieux, l’homme avait déclaré qu’il ne donnerait pas d’argent pour coucher avec une puta en présence d’un gosse.

Dès le lendemain, sa mère l’avait conduit dans une ruelle sale de Copacabana. Elle lui avait dit d’être sage. Puis elle était partie.

Lucas ne l’avait jamais revue.

Il avait appris à survivre. A rester sans cesse en mouvement, à courir à toutes jambes dès qu’il apercevait un policier. Sauf cette nuit-là ; quelqu’un avait donné l’alerte, mais Lucas n’avait pu prendre la fuite. Il était malade, à demi délirant, fiévreux, déshydraté.

Alors qu’il se croyait perdu, qu’il pensait être contraint d’avouer tous les larcins dont il s’était rendu coupable et de rester en prison, cette nuit-là avait changé le cours de son existence. Au commissariat, on lui avait fait rencontrer une assistante sociale extraordinaire, et sans hésiter cette femme l’avait conduit au foyer d’une association où les enfants des rues n’étaient pas regardés comme des monstres. Après l’avoir gorgé d’antibiotiques et de jus de fruits frais, on l’avait nourri, lavé, habillé de vêtements propres.

Lucas n’était pas idiot. Il était même très intelligent, puisqu’il avait appris seul à lire et à compter. A l’association, il avait donc dévoré les ouvrages mis à sa disposition. Puis, en observant comment les autres se comportaient, il avait appris à bien se tenir, à toujours se laver les mains avant de passer à table, à se brosser les dents le soir, à dire obrigado et por favor.

Peu à peu, il avait également appris à sourire. Cela avait sans doute été le plus difficile — mais il y était parvenu.

Des semaines s’étaient écoulées, puis des mois, et un autre miracle s’était produit. Un couple d’Américains s’était présenté pour adopter un petit garçon. Et à sa grande surprise, dès le lendemain de cette première visite, ils étaient revenus le chercher pour l’emmener dans le New Jersey.

Il était officiellement devenu leur fils. Mais il aurait dû se douter que cela ne durerait pas…

Lucas était un petit garçon adorable, avec ses cheveux noirs, ses yeux verts et son teint hâlé. Il sentait bon. Il avait appris l’anglais et s’exprimait remarquablement bien. Mais, derrière cette façade, un enfant blessé restait aux aguets : il ne savait toujours pas faire confiance à qui que ce soit. En outre, il était fier. Il détestait qu’on lui dise ce qu’il avait à faire, et le couple du New Jersey semblait déterminé à lui répéter chaque minute de chaque heure de chaque jour ce qui était attendu de lui.

Le climat s’était très rapidement détérioré.

L’accusant de ne pas témoigner la moindre gratitude, son père adoptif avait essayé de la lui extorquer par la force, en le frappant. Sa mère adoptive répétait inlassablement qu’il n’était qu’un démon et se jetait à genoux cent fois par jour pour demander à Dieu d’accorder son pardon à cette odieuse créature.

Ils avaient fini par déclarer qu’il ne serait jamais bon à rien. Et, le jour de son dixième anniversaire, ils l’avaient conduit aux services de l’enfance, situés dans un vieil immeuble aux murs gris.

Lucas avait passé les huit années suivantes d’un foyer d’accueil à un autre. Un ou deux d’entre eux étaient corrects, mais pour la plupart…

Même aujourd’hui qu’il était adulte, ses poings se serraient quand il se rappelait ce qu’il avait enduré, avec d’autres orphelins. Le dernier foyer dans lequel il avait été placé était si ignoble qu’à minuit, le soir de ses dix-huit ans, il avait jeté quelques effets personnels dans une taie d’oreiller, l’avait balancée sur son épaule et il était parti.

Il avait toutefois appris ce qui se révélait désormais la chose la plus importante, dans sa vie : ce qu’il voulait.

Oui, il savait très précisément ce qu’il entendait obtenir. Cela tenait en un mot : respect. Or, il avait également été conscient que seuls les hommes de pouvoir obtenaient le respect. Le pouvoir allant de pair avec l’argent, il avait voulu les deux.

L’été, travaillant dur comme ouvrier agricole dans les vastes champs d’exploitation du New Jersey, il avait mis assez d’argent de côté pour continuer ses études, entrer à l’université et y décrocher brillamment ses diplômes.

Dire qu’il avait souvent cru que ce serait impossible…

En fait, il avait surpassé ses propres ambitions.

A trente-trois ans, il avait parfaitement réussi.

Enfin, presque, se dit-il en se rappelant qu’un mauvais café avait inauguré cette journée désastreuse.

La colère se remit à bouillir en lui, et il se leva pour arpenter son immense bureau d’un pas aussi maîtrisé que possible. C’était une technique qu’il utilisait souvent pour dominer ses humeurs, les rares fois où elles menaçaient de faire surface. Il n’avait pas pour habitude de laisser deviner ses émotions et tenait à arborer cette façade policée, impénétrable, qui lui était devenue naturelle. Dans les affaires, c’était indispensable. Comme il était nécessaire de savoir analyser les signes de ce genre de défaillances chez les autres… Comment avait-il pu se montrer aussi incompétent en la matière avec sa maîtresse actuelle ? Cette dernière osait présenter comme une simple « relation » une infidélité caractérisée !

De toute façon, il était maintenant face au désastre.

Il allait perdre une affaire de vingt milliards de dollars, avec Leonid Rostov, à l’instant précis où le contrat aurait dû être signé !

Tout le monde, à Wall Street, convoitait les holdings de Rostov, mais le désir de Lucas de les remporter était plus grand encore : les ajouter à son fantastique empire financier serait une consécration après tout ce qu’il avait accompli au cours de sa carrière.

Quelques mois plus tôt, en apprenant que Rostov allait vendre et venir à New York, Lucas avait joué une carte risquée. Il s’était abstenu d’adresser des propositions ou des courriers à Rostov. Il n’avait pas non plus passé un coup de téléphone à son bureau de Moscou. Après avoir vu une photo du personnage, un cigare à la bouche, il avait préféré lui faire porter une boîte des meilleurs havanes du monde, accompagnée de sa carte de visite, où il avait simplement inscrit : « Dîner à New York samedi prochain à 20 heures, Palace Hotel. »

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