Une nuit de passion (Harlequin Azur)

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Une nuit de passion, Sharon Kendrick

A chacun de ses rendez-vous avec Gianluca Palladio, le milliardaire italien pour lequel elle effectue de fréquentes missions, Aisling cache avec soin l'attirance qu'elle éprouve pour lui. En effet, comment lui laisser deviner son trouble alors qu'il ne lui a jamais témoigné la moindre attention sur le plan personnel ? Jusqu'au jour où, à l'issue d'une réunion de travail, Gianluca l'invite à une soirée... D'abord réticente, Aisling finit pourtant par accepter et décide d'abandonner pour un soir son tailleur strict et son chignon sage. Qui sait ? En la voyant sous un autre jour, peut-être Gianluca aura-t-il enfin envie de mieux la connaître.

Publié le : dimanche 1 février 2009
Lecture(s) : 36
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280271752
Nombre de pages : 160
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1.

Elle ne voulait pas être ici.

Malgré la climatisation, Aisling pouvait sentir des gouttes de transpiration glisser entre ses seins. Voilà l’effet qu’il produisait sur elle, comme sur toutes les femmes. Certains appelaient cela du charme, d’autres de la manipulation.

— Aisling ?

La voix familière, teintée d’un fort accent italien, l’arracha à ses pensées. Tout en dissimulant son trouble, elle cessa de contempler la cascade spectaculaire des toits de Rome pour regarder l’homme brun assis au bureau. Gianluca Palladio. On l’avait dénommé Il Tigre — à cause de sa puissance, et de sa férocité…

Aujourd’hui, il avait rentré ses griffes de chasseur impitoyable. Le raffinement de sa tenue citadine, un costume anthracite dont la couleur sombre accentuait la largeur de ses épaules et la minceur de ses hanches, semblait démentir sa réputation. Seul son regard trahissait son caractère sauvage.

Comme à chacun de leurs entretiens, Aisling ressentait une indéniable excitation physique. Mais elle savait cette attirance dangereuse. Aussi avait-elle appris à la maîtriser. Son professionnalisme l’exigeait.

— Oui, Gianluca ? dit-elle avec un sourire distant.

— Vous étiez perdue dans vos pensées, remarqua-t-il.

— Je… j’étais en train de… d’admirer la vue.

« Moi aussi », aurait pu rétorquer Gianluca. Toutefois ce qui avait retenu son attention quelques secondes auparavant ne se tenait pas derrière la baie vitrée, plutôt devant. De dos, Aisling était nettement moins intimidante… et terriblement sensuelle. Quand elle s’était penchée pour admirer le fantastique panorama, sa jupe austère s’était tendue sur ses fesses, laissant deviner un corps pulpeux soigneusement caché sous le tissu sobre.

A cet instant, elle lui avait paru presque féminine et douce. Mais dès qu’elle s’était retournée, cette impression s’était dissipée. Son visage était, comme à l’accoutumée, froid et énigmatique.

— C’est une vue merveilleuse, si ? demanda Gianluca d’un ton aimable.

Aisling perçut de la fierté dans son sourire. Il mettait à l’évidence un point d’honneur à acquérir ce qu’il convoitait. Cependant, il n’attribuait pas de valeur à ce qu’il obtenait trop facilement.

Le regard sombre de Gianluca se posa sur le monument de marbre blanc dont la silhouette impressionnante se profilait derrière les vitres.

— Peut-être appréciez-vous particulièrement le monument de Victor Emmanuel II ? poursuivit-il. Celui que nous, Romains, adorons haïr et que nous appelons le « gâteau de noces » ?

Aisling crut déceler dans ses yeux noirs une lueur de provocation. Essayait-il de la taquiner sur son statut de célibataire ? Autour d’elle, toutes ses amies se mariaient et elle se sentait de plus en plus isolée. Tout en étant heureuse de la vie indépendante qu’elle menait, elle craignait de passer pour une vieille fille auprès de son entourage. Aussi la remarque de Gianluca la troubla-t-elle.

Elle soutint fièrement son regard. Comment ses yeux pouvaient-ils être à la fois si doux et si perçants ? se demanda-t-elle. Immédiatement, elle se reprit : « Cesse de fantasmer sur cet homme ! Bien sûr, son visage est magnifique. Tout comme son corps. Ou son sourire. Même son arrogance est irrésistible. Mais n’oublie pas que c’est un séducteur et qu’il est milliardaire. Tout vous sépare. Alors, sois réaliste, Aisling. »

Gianluca guettait la réaction de sa collaboratrice. Il admirait les compétences d’Aisling. En fait, il n’aurait jamais imaginé confier à une femme la charge essentielle du recrutement des cadres de son empire hôtelier. Mais elle s’était révélée, sans conteste, la meilleure. Pourtant, Aisling Armstrong représentait l’antithèse de son idéal féminin.

Sa mine pincée, son regard d’un bleu acier, la faisaient paraître tellement collet monté ! Certes, elle avait de longs cils bruns, mais un peu de mascara les aurait mis en valeur. Personne ne lui avait-il appris qu’un maquillage discret flattait toutes les représentantes de son sexe, même les plus belles ? Et puis, au lieu de libérer ses boucles, elle préférait serrer ses cheveux autour de la tête à la manière d’un casque de centurion. Pourquoi s’évertuait-elle à s’enlaidir de la sorte ? s’interrogea-t-il.

Comme Aisling demeurait silencieuse, Gianluca insista :

— Vous ne trouvez pas qu’il ressemble à une pièce montée ?

— Cette idée ne m’a jamais traversé l’esprit, rétorqua-t-elle, affichant un air détaché.

— Non ? C’est étonnant de la part d’une femme. Les femmes ne se plaisent-elles pas à imaginer leur repas de noces et leur robe de mariée ? N’est-ce pas le rêve qui les occupe depuis l’enfance ?

Celles qu’il fréquentait caressaient ce rêve, Aisling n’en doutait pas. Comment s’étonner après cela qu’il fût si insupportablement arrogant ? C’était cette arrogance, ajoutée à son sourire séducteur, qui exaspérait Aisling et la mettait tellement mal à l’aise. Surtout depuis qu’elle avait pris conscience que son charme opérait sur elle avec une redoutable efficacité.

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