Une ombre dans la nuit - L'enfant témoin (Harlequin Black Rose)

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Une ombre dans la nuit, Suzanne Brockmann

Impossible. Son bel inconnu, l'homme qui hante ses rêves chaque nuit, ne peut se trouver dans ce restaurant huppé, à quelques mètres d'elle seulement. Pourtant, en l'observant, Caroline Brooks ne peut plus en douter : il s'agit bien du malfaiteur qui, six mois plus tôt, s'est introduit sur son lieu de travail, lui causant la plus grande frayeur de sa vie. Et qui, sans qu'elle puisse s'expliquer pourquoi, l'a délicieusement troublée, quand elle avait pourtant toutes les raisons de le détester... Mais alors qu'elle est sur le point d'appeler la police, son mystérieux voleur l'enlève. pour lui révéler non seulement qu'il est un agent infiltré, mais aussi que, sans le vouloir, elle vient de les mettre tous les deux en danger.

L'enfant témoin, Leona Karr

Lorsque Scotty, l'un des orphelins hébergés dans le centre de vacances qu'elle dirige, lui révèle avoir découvert le cadavre d'un homme dans la forêt, Marian Richards sent une terrible angoisse l'envahir. Car elle pressent que l'enfant ne lui ment pas, même si le corps a disparu. Le tueur a sans doute aperçu Scotty et tenté de masquer son crime. Terrifiée à l'idée qu'il s'en prenne au petit garçon de onze ans, elle appelle aussitôt la police, et accepte que Ryan Darnell, le séduisant inspecteur en charge de l'affaire, reste plusieurs jours avec eux pour assurer la sécurité de Scotty.

Publié le : vendredi 1 mai 2009
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280277075
Nombre de pages : 512
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1

Juillet

Il était un peu plus de minuit lorsque Carrie Brooks éteignit son ordinateur et quitta le bureau du Sea Circus.

Avant de partir, elle emprunta un fusil à fléchettes anesthésiantes pour sa visite guidée du lendemain — elle accompagnait un groupe de professeurs d’université dans la réserve naturelle des Everglades. Non pas que le fusil soit absolument nécessaire, mais elle préférait l’avoir à portée de main au cas où un alligator s’approcherait d’un peu trop près ou si l’un des professeurs commettait une imprudence.

Alors qu’elle sortait dans la nuit chaude et humide, elle s’aperçut que l’un des canons du fusil était chargé. Cet imbécile de Simon avait sans doute oublié de le vider avant de le rapporter au bureau. Sans compter qu’il n’avait pas non plus enclenché le cran de sûreté. Etait-il conscient qu’il s’agissait d’une arme ? Prévues pour neutraliser des requins ou des alligators, les fléchettes n’en étaient pas moins dangereuses pour l’homme, sinon mortelles.

Avec un soupir exaspéré, elle poussa le cran de sûreté et se remit en marche.

Le lendemain, elle était attendue à la marina à 6 heures du matin. Le temps de rejoindre sa voiture, de taper le code d’ouverture de la grille, de réinstaller le système d’alarme et d’atteindre son petit appartement à l’autre bout de la ville, elle pouvait espérer dormir quatre petites heures.

Ce n’était pas si mal, songea-t-elle tandis qu’elle traversait la pelouse près du bassin principal. Elle pourrait faire une sieste l’après-midi, peut-être même laisser dériver son bateau et fermer les yeux sous la caresse du soleil…

Soudain, elle se figea. Etait-ce un rire qu’elle venait d’entendre, ou bien le cri d’un oiseau de mer ?

Le bruit lui parvint de nouveau. Un rire, sans nul doute, suivi d’un flot de paroles débitées en espagnol, puis une voix plaintive :

— Eh, ça vous dérangerait beaucoup de parler anglais ?

Des adolescents sur la plage, pensa Carrie. Personne ne pouvait pénétrer dans l’enceinte du Sea Circus sans déclencher le système de sécurité. Et quand bien même quelqu’un parviendrait à le neutraliser, une alarme silencieuse sonnerait directement au siège de la police, qui enverrait aussitôt une voiture de patrouille.

Mais alors qu’elle tournait à l’angle du bassin principal, elle tomba nez à nez avec quatre individus qui n’avaient rien d’adolescents. Sans se laisser impressionner, elle se planta fermement devant eux et serra le fusil dans ses mains.

— Si je ne m’abuse, vous n’avez rien à faire ici, lança-t-elle froidement. Je vous suggère de quitter l’enceinte du Sea Circus avant que la police n’arrive.

L’un des hommes portait un bandana rouge noué autour de la tête. Il avait les yeux enfoncés dans les orbites, un visage émacié, et en l’observant de plus près, Carrie s’aperçut qu’il devait approcher la quarantaine.

— Nous n’avons pas l’intention de partir, rétorqua-t-il avec un fort accent cubain, sans l’ombre d’un sourire.

Son voisin de droite, affublé d’un énorme anneau dans le nez, dépassait ses acolytes d’une bonne quinzaine de centimètres. Ses cheveux blonds et gras étaient retenus en une queue-de-cheval négligée, et il gardait les yeux cachés derrière d’épaisses lunettes noires, malgré la nuit.

Un troisième homme se tenait légèrement sur la gauche du type au bandana, ses cheveux roux coupés en brosse. Son visage était creusé de cicatrices d’acné. Il portait un vieux T-shirt de Nirvana et un jean coupé qui laissait voir ses jambes maigres.

— Eh oui, poupée, ricana-t-il en la lorgnant d’un œil torve. Iceman veut regarder les petits poissons.

— Dans ce cas, il devra revenir demain quand le cirque sera ouvert au public, répondit Carrie sèchement.

— Nous ne sommes pas n’importe quel public, grommela l’homme au piercing.

Ils n’avaient pas l’air du tout impressionnés par le fusil. Carrie s’aperçut qu’ils s’étaient même déployés autour d’elle sans qu’elle s’en rende compte. Avant d’être complètement cernée, elle s’empressa d’ôter le cran de sûreté et de reculer jusqu’à sentir la paroi du grand aquarium contre son dos.

D’un mouvement rapide, elle épaula son fusil et dirigea le canon vers la tête de « Iceman », qu’elle présumait être le chef de la bande. En tirant à cette distance, elle le tuerait probablement. Il serait anesthésié pour l’éternité.

Iceman devait en être conscient, car il se tourna vers ses acolytes et leur lança un ordre en espagnol.

— Reculez, traduisit un homme qui, jusque-là, s’était tenu dans l’ombre.

Carrie jeta un coup d’œil dans sa direction. Des quatre individus, c’était le seul qui paraissait à peu près fréquentable. Très grand, il devait la dépasser d’au moins vingt centimètres et portait malgré la chaleur un épais blouson de cuir par-dessus un T-shirt blanc, ainsi qu’un jean délavé qui le moulait comme une seconde peau. Ses santiags en serpent décorées de chaînes d’argent apportaient la touche finale à son look de motard.

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