Une protection inattendue - Le venin du doute

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Une protection inattendue, Linda Turner

Depuis qu’elle a fait la connaissance de Logan St. John, Abby ne peut s’empêcher de rêver à une histoire d’amour avec lui. Journaliste de renom, Logan est également beau, drôle, gentil… Mais, bouleversé par la mort récente de son épouse, il lui a bien fait comprendre qu’il n’a que son amitié à lui offrir. Et puis de toute façon, qui voudrait d’une femme comme elle, maladroite et bien trop timide ? Pourtant, elle trouve en Logan un soutien inattendu quand, alors qu’elle soupçonne son patron de toucher des pots-de-vin, elle lui fait part de ses doutes. Et lorsque, quelques jours plus tard, elle se met à recevoir des menaces, il va jusqu’à lui proposer de venir habiter chez lui, et lui promet de la protéger…

Le venin du doute, Paula Graves

Natalie en est sûre : malgré ce qu’en dit la police, c’est bien son beau-frère – personnage arrogant et mari infidèle –, qui a assassiné sa sœur Carrie. Et elle est décidée à le prouver. Aussi, quand un certain J.D. Cooper vient la trouver et lui apprend que le meurtre de Carrie présente d’importantes similitudes avec celui de sa propre femme, assassinée douze ans plus tôt par un tueur en série toujours en fuite, elle refuse de le croire. Mais J.D. a des arguments imparables, et Nathalie sent le doute l’envahir. Se pourrait-il qu’elle se soit trompée, et que son beau-frère n’ait rien à voir avec la mort de sa sœur ? Résolue à en avoir le cœur net, elle accepte d’aider J.D. à découvrir la vérité — J.D., dont le charisme et la détermination sont loin de la laisser indifférente…
Publié le : vendredi 1 juin 2012
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280234719
Nombre de pages : 448
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— Ne sois pas si lâche, marmonna Abby pour elle-même. Des tas de gens s’inscrivent dans des agences de rencontres. Qu’est-ce que tu risques ? Allez, décroche ton téléphone et jette-toi à l’eau ! Dit comme ça, ça paraissait facile. Mais la simple idée de se replonger dans la quête d’un petit ami la faisait grincer des dents. Elle détestait ça. Elle n’était pas douée pour la séduction. Les hommes cherchaient des femmes dotées de courbes, de personnalité et de sex-appeal, et elle était dépourvue des trois. Oh ! elle ne se considérait pas totalement comme inintéres-sante : elle était d’un abord agréable, facile à vivre et savait se comporter en société. Mais sur le plan des rapports à la gent masculine sa conïance en elle avoisinait le zéro absolu. Tout cela par la faute de sa mère. « Quelqu’un a dû intervertir des bébés à la maternit é. Regarde-toi ! Tu ne peux pas être ma ïlle. Tu es maigre comme un clou, couverte de taches de rousseur, et puis ces cheveux roux… Même enfant, je n’ai jamais eu un physique ingrat comme le tien. J’ai toujours été jolie. » Vingt-trois ans après, Abby voyait encore sa mère faire bouffer sa coiffure et se pomponner comme une star d u show-biz. Préoccupée par sa seule petite personne, jamais elle ne s’était souciée des conséquences de ses paroles sur sa ïlle de dix ans. « Suis mon conseil, ma chérie, lui avait-elle répété un nombre incalculable de fois. Apprends tout ce que tu peux pendant que tu es à l’école, ensuite trouve-toi un bon
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travail. Tu en auras besoin. Aucun homme sain d’esprit ne voudra de toi. Tu n’as vraiment rien pour plaire. » Abby refusait d’y croire, mais le temps, hélas, avait conïrmé ces propos. A trente-trois ans, les hommes qui s’éta ient intéressés à elle se comptaient sur les doigts d’une main. Ce qui expliquait pourquoi elle avait cédé à la cour de Dennis. Dès le premier instant, elle avait su qu’il n’était pas le prince charmant qu’elle avait attendu toute sa vie, loin s’en fallait. Mais elle était tellement lasse d’être seule ! Et puis il n’avait pas que des défauts. Il pouvait même se montrer attentionné. Si ses constantes vantardises lui tapaient sur les nerfs et s’il était moins sûr de lui qu’il voulait le faire croire, elle avait appris à fermer les yeux. Ça ïnirait par marcher, se disait-elle. Il sufïsait juste d’un peu de temps. Mais, à cette fête des anciens du lycée, elle l’avait vu avec les yeux de ses amies et avait dû regarder la réalité en face. Même si elle restait avec Dennis jusqu’à la ïn de ses jours, jamais elle n’en tomberait amoureuse. Elle ne sortait avec lui que par peur de la solitude, ce qui n’était honnête ni envers lui, ni envers elle-même. A la minute où ils étaient revenus à Austin, elle lui avait annoncé sa décision de rompre. Cela faisait deux mois, et elle n’était sortie avec personne depuis lors. « Alors qu’est-ce que tu attends ? la harcela son irritante petite voix intérieure. L’homme de ta vie ne va pas venir frapper à ta porte. Pour une fois, sors de ton cocon et bouge-toi. Décroche ton téléphone et appelle une agence de rencontres. C’est le seul moyen de te trouver quelqu’un ! » Elle devait reconnaître que c’était vrai. Les occasions de faire de nouvelles connaissances étaient rares. Elle n’aimait pas les bars et les cafés, et, lorsqu’elle s’était rendue au club des célibataires de la paroisse, le seul homme qui lui avait montré quelque intérêt était un veuf quinquagénaire qui peinait à élever son adolescente rebelle de ïlle. Au moins, en passant par une agence, aurait-elle l’oppor-tunité de rencontrer des personnes proches de son âge et,
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pourquoi pas, partageant les mêmes centres d’intérêt. Il ne coûtait rien d’essayer. Une boule dans la gorge, elle venait d’ouvrir son annuaire aux pages jaunes lorsque Martin James, son patron, conseiller municipal d’Austin, apparut à la porte de communication entre leurs deux bureaux. Il avait passé les vingt dernières minutes en conversation téléphonique, et à en juger par la crispation de sa mâchoire il était clair que l’entretien n’avait pas été des plus satisfaisants. — Des problèmes ? demanda-t-elle. — Pas plus que d’habitude, grogna-t-il. Rien qui ne puisse s’arranger. Vous voulez bien aller me faire un dépôt à la banque ? — Entendu, répondit-elle tandis qu’il s’avançait pour lui remettre une épaisse enveloppe. Le regard de Martin tomba sur les pages jaunes, où elle avait entouré une section au stylo. — Qu’est-ce que c’est ? Vous vous inscrivez dans une agence de rencontres ? Le rouge lui monta au front. Elle faillit nier, mai s se ravisa. Qu’est-ce qui clochait chez elle ? Elle n’avait pas à se sentir gênée. Quel mal y avait-il à passer par une agence pour trouver l’âme sœur ? Plein de gens faisaient cela tout le temps. Elle haussa le menton. — Oui. Je m’apprêtais à en contacter plusieurs et voir combien ça coûte. — J’ai entendu dire que ce n’était pas donné. Vous êtes sûre de vouloir faire ça ? Je serais heureux de vous présenter certains de mes amis. Si tout autre que Martin avait émis une telle suggestion, elle aurait sans doute pris la peine d’y rééchir. Mais elle travaillait pour lui depuis quatre ans, ce qui lui avait donné non seulement le temps de connaître le personnage mais aussi d’avoir un aperçu de ses amis lorsqu’ils passaient lui rendre visite au bureau. Comme Martin, ils étaient charmants, rafïnés, beaux garçons… Et bien trop séduisants. D’après
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ce qu’elle avait pu voir, ce n’étaient que des casanova, qui n’avaient nulle intention de s’engager sérieusement avec une femme. Elle ne voulait rien avoir à faire avec eux. Mais plutôt que d’offrir une telle réponse à son patron elle éclata de rire. — Vous plaisantez ? Martin, vos amis sont des hommes superbes qui ne sortent qu’avec des femmes au physique de top-model. Je ne joue pas dans la même catégorie. — Ce n’est pas vrai… — Tout va bien, assura-t-elle. Je sais ce que je suis. Et les petites rouquines binoclardes ne fréquentent pas les mâles hollywoodiens amateurs de grandes blondes pulpeuses. Je vais donc m’en tenir à une agence de rencontres et voir si je peux tomber sur quelqu’un d’ordinaire qui ne soit pas à la recherche de Miss Amérique. Ce que je veux, c’est un type qui m’emmène au restaurant ou au cinéma, rangé des excès de jeunesse et désireux de fonder un foyer. Je ne crois pas que vos amis correspondent à ce proïl. — Vous n’avez pas tort, répondit-il en riant, avant d’ajouter, recouvrant son sérieux : Mais vous voulez vraiment sortir avec l’un de ces Tom ou de ces Harry qui s’inscrivent dans ces agences de rencontres ? Il y a de drôles de zigotos, vous savez. — Je sais. Mais j’ai l’intention d’assurer. — Vous avez donc décidé de franchir le pas. Elle hésita et grimaça. — Je vais d’abord me renseigner… — Aïn de trouver une raison de ne pas le faire ? Il la connaissait trop bien. — Je ne veux pas me tromper, répliqua-t-elle. J’ai commis assez d’erreurs jusqu’ici. Si cette marque de bon sens le surprit, il n’en montra rien. — Souvenez-vous du dicton : « Hésiter, c’est perdre. » Il arrive qu’on doive se jeter à l’eau les yeux fermés. C’est peut-être le cas ici. — Vous pensez donc que je devrais le faire ?
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— Plutôt deux fois qu’une ! répondit-il, tout sourire. Tenez, vous pouvez même vous y mettre tout de suite. Contournant le bureau, il la ït lever de son siège. — Allez-y ! Foncez ! Déposez cet argent à la banque, puis consacrez votre après-midi à faire le nécessaire avec votre agence de rencontres. Si Sonya et moi devions rompre un jour, je l’envisagerais peut-être pour moi-même. Abby en doutait, mais avant qu’elle ne trouve une autre excuse pour différer sa démarche il la poussa vers la porte. Le cœur battant à se rompre, elle n’eut d’autre choix que de s’exécuter.
Une heure plus tard, en sortant de la banque, Abby était toujours partagée entre l’envie de remercier son patron et celle de l’écorcher vif. Dès qu’elle eut franchi le seuil de l’agence L’Oiseau Rare, Judy Lake, une pétulante employée, tomba sur elle comme une poule sur un ver et la conduisit d’autorité dans un petit bureau. Avant même de l’avoir installée dans le fauteuil réservé aux visiteurs, la femme chantait les louanges de l’agence comme si c’était la plus grande merveille du monde depuis le pain tranché, l’invitant à s’y inscrire. Tout cela allait trop vite. Abby sentit remonter à vitesse supersonique son manque de conïance en soi. — Euh, je ne suis pas sûre d’être prête, déclara-t-elle en se levant d’un bond. Je vais y rééchir et vous tiendrai au courant. — Hep-hep, attendez ! caqueta Judy. Vous êtes nerveuse, c’est tout. Tout le monde l’est, au début. Déchirée, elle hésita. — Je ne sais même pas ce qui m’a pris de venir ici. Face à un homme, je suis nulle. Je perds tous mes moyens et passe pour la dernière des cruches. Et il faudrait que je paye pour subir cette torture ? Judy se fendit d’un sourire compréhensif.
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— Présenté ainsi, je suis d’accord. Mais le problème ici n’est pas l’argent, vous le savez bien. Le problème, c’est de vous mettre en lumière, donc en danger, avec l’éventualité d’être rejetée. Personne n’aime ça. — Vous avez mis le doigt dessus. Alors pourquoi devrais-je le faire ? Donnez-moi une bonne raison. — Mieux, j’en ai trois, répondit l’employée. Levant la main, elle se mit à compter sur ses doigts. — Un mari. Des enfants. Une vie heureuse. Vous n’aurez jamais ni l’un ni l’autre si vous n’êtes pas prête à prendre quelques risques côté cœur. Ces quelques mots sufïrent à faire monter les larmes aux yeux d’Abby. Elle voulait toutes ces choses, les avait toujours désirées. Elle ignorait simplement comment les obtenir. Se calant contre son dossier, elle sentit, horriïée, ses joues se mouiller. — Je me comporte comme une petite ïlle, je suis navrée. C’est… si dur, vous comprenez. Avec un sourire attendri, Judy attrapa une boîte de mouchoirs en papier et la lui tendit. — Oui. Je suis passée par là. J’ai ressenti la même chose. Puis je me suis inscrite à L’Oiseau Rare, et ma vie a changé presque du jour au lendemain. Tout en s’épongeant les yeux, Abby haussa un sourcil. — Ç’a été si facile que ça ? — Non, admit l’employée. Il a fallu beaucoup de temps et d’efforts, mais je ne regrette pas. Si vous venez chez nous, on vous remettra une ïche où ïgurent tous les hommes sus-ceptibles de vous convenir. Je vous préviens, ils paraissent tous beaux sur le papier. Certes, des détraqués de toute sorte s’inscrivent dans les agences de rencontres. Mais il y a aussi des gens très bien. C’est notre travail de déterminer qui est digne d’intérêt et qui ne l’est pas. — Vous vous informez sur eux ? Car je crains de tomber sur des pervers, des drogués, des arnaqueurs… Judy la considéra avec gravité.
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— Et vous avez raison. C’est pourquoi, à la différence des autres agences, nous prenons soin de nous renseigner sur les éventuels antécédents judiciaires de nos futurs clients. Nos conseillers sont très pointus là-dessus. S’il existe le moindre doute à leur sujet, même si nous n’avons rien de concret, nous les refusons. Et chacun passe sous les fourches Caudines du proïl psychologique. Cela nous en dit beaucoup sur la personne. Si nous ne sommes pas pleinement satisfaits des réponses, nous leur suggérons de s’adresser à d’autres agences. Elle marqua une pause, avant d’observer : — La méthode n’est pas infaillible, mais jusqu’ici nous n’avons pas eu de réclamations et nous existons depuis dix ans. Alors, que décidez-vous ? Etes-vous prête à franchir le pas ? Je vous promets que vous rencontrerez des hommes merveilleux. Dans le passé, Abby l’aurait remerciée pour cette informa-tion, serait rentrée chez elle, aurait rééchi… et en déïnitive n’aurait rien fait parce qu’elle avait une peur bleue de prendre des risques. Comme elle détestait cette couardise ! Elle avait toujours choisi les chemins les plus sûrs, et qu’avait-elle gagné ? Des types comme Dennis ! Elle en avait assez de se tapir dans l’ombre, de se contenter de personnages de seconde zone parce qu’elle pensait ne pas être assez bien pour en séduire de meilleurs. Elle valait mieux que ça, et allait prendre le taureau par les cornes. Si c’était une erreur, tant pis ! Elle en assumerait les conséquences, comme tout le monde. Au moins aurait-elle pris sa vie en main plutôt que de la subir ! — Je suis prête, déclara-t-elle en redressant les épaules. Par où commence-t-on ? — Par le test psychologique, répondit Judy, la mine réjouie. Ça nous prendra deux heures environ. Allons-y. Abby ne songea même pas à faire marche arrière. Elle saisit le questionnaire qui lui était présenté et commença à le remplir.
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Logan St. John dévisagea son frère et sa sœur comme s’ils étaient subitement devenus fous. — Vous avez fait quoi ? — Hé, ne t’emballe pas ! s’empressa de répondre Patty. Nous voulions juste te rendre service. Les yeux assombris par l’inquiétude, son frère cadet Carter hocha la tête. — Nous nous faisons du souci pour toi. Depuis le décès de Faith, tu vis comme un zombie. Tu vas au travail, et quand tu rentres tu passes ton temps à regarder sa photo. Je sais que tu l’aimais, mais nom d’un chien, Logan, ça fait un an ! Il faut que tu ailles de l’avant. — Je ne m’inscrirai pas dans une agence de rencontres, annonça-t-il d’un ton plat. Vous pouvez donc appeler la per-sonne que vous avez impliquée dans cette histoire et lui dire de vous rendre votre argent. Son frère et sa sœur échangèrent un regard. — C’est impossible, dit Patty. Ils ne remboursent pas. — Et ce n’était pas bon marché, ajouta Carter. Lorsqu’il eut annoncé la somme, Logan proféra un juron des plus colorés. — Vous avez perdu la tête, ma parole ! Vous êtes-vous demandé une seule seconde simoi je voulais rencontrer quelqu’un ? — Nous voulions juste t’aider, répliqua Patty. D’accord, on aurait dû te le demander. Mais nous savions que la réponse aurait été non. — Parce que ça ne m’intéresse pas ! — Ça n’intéresse personne qui porte encore le deuil d’un être cher, releva Carter. Nous savons combien tu aimais Faith. Vous formiez un couple si parfait. Mais elle n’est plus là, Logan, et tu es malheureux comme les pierres. — Je tiens le coup. — C’est faux. Regarde-toi donc. Tu n’es pas allé chez le coiffeur depuis des mois, tu arbores en permanence une barbe de trois jours et tu ne ris plus.
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— Ma femme est morte renversée par un chauffard, grogna-t-il. Je suis tombé amoureux d’elle en classe de troisième, et je n’ai jamais regardé d’autre femme. Elle était tout ce dont je rêvais. Alors si vous saviez comme je me ïche de savoir de quoi j’ai l’air… — C’est justement là le problème, déclara calmement Patty. Tu te ïches de tout. Tu t’es coupé de tes amis et de ta famille, tu es devenu irascible. Je ne me souviens pas de la dernière fois où je t’ai vu sourire, encore moins rire… Et ça m’attriste. Tu n’es plus le frère avec qui j’ai grandi. Tu n’es plus l’homme qui aimait Faith. — Si elle te pouvait te voir, ajouta Carter, je ne crois pas qu’elle serait contente. Logan ouvrit la bouche pour protester, mais la referma aussitôt. Ils avaient raison. Faith adorait la vie, adorait rire, adorait le faire rire. Qu’il se replie sur lui-même dans cette maison à ressasser son chagrin était certainement la dernière chose qu’elle aurait voulu. Mais il l’aimait toujours ! Il l’aimerait à jamais. Comment pouvait-il songer sortir avec une autre femme quand la seule avec qui il voulait être, c’était Faith ? — Vous ne pouvez pas me demander de faire comme si elle n’avait jamais existé, dit-il d’une voix rauque. Ce n’est pas parce qu’elle est morte que j’ai cessé de l’aimer. — Bien entendu, agréa Patty, choquée qu’il ait pu imaginer une telle chose de leur part. Elle demeurera à jamais dans ton cœur. Mais tu dois aussi continuer à vivre, Logan. Il faut que tu sortes, que tu rencontres des gens. Nous avons pensé que ceci était peut-être le meilleur moyen. Il aurait dû refuser. Une agence de rencontres ? Qu e croyaient-ils ? Avaient-ils seulement une vague idée de ce qu’ils lui demandaient ? Il avait trente-cinq ans, et n’avait embrassé qu’une femme dans sa vie, n’avait fait l’amour qu’à une seule et unique. Faith. Comment pouvait-il ne serait-ce qu’envisager de s’afïcher avec une autre ? Il aurait le sentiment de commettre un adultère.
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Mais Carter et Patty avaient versé une somme indécente à cette agence dans l’intention louable de l’arracher à son deuil. Pouvait-il leur jeter tout cela à la ïgure ? — Vous mériteriez que je vous étrangle, gronda-t-il. Vous n’auriez jamais dû dépenser autant d’argent sans m’en parler au préalable. Maintenant je suis coincé. — Ça veut dire que tu acceptes ? demanda Carter, surpris. — Ai-je le choix ? rétorqua-t-il. Je ne vais pas vous laisser perdre bêtement tout cet argent. Mais ça ne servira pas à grand-chose. Je n’ai jamais aimé personne d’autre que Faith. Soulagée, Patty s’avança vers lui et le gratifia d’u ne chaleureuse étreinte. — Tout ce que nous attendons de toi, c’est que tu te donnes une chance. Qui sait ? Tu peux très bien rencontrer quelqu’un avec qui la vie vaudra de nouveau d’être vécue. Logan en doutait sincèrement, mais sa sœur semblait si enthousiaste qu’il ne voulait pas lui gâcher son plaisir. — Que faut-il que je fasse ? — Te rendre au bureau de cette agence et effectuer un test psychologique, répondit Carter en lui tendant le contrat rempli et payé. Une conseillère t’a déjà été assignée. Elle… elle attend juste ton coup de ïl. Roulant des yeux, Logan regarda le contrat comme si c’était un chat prêt à bondir sur lui, toutes griffes dehors. — Un test psychologique ! J’ai bien besoin de ça… Peut-être que je vais échouer. Carter éclata de rire. — J’en doute. Tu es le type le plus sain que je connaisse. Logan n’aurait pas misé un cent là-dessus. S’il possédait une once de santé mentale, jamais il n’accepterait de mettre les pieds dans une agence de rencontres. Il tint néanmoins parole et se mit en route. Pourtant, lorsqu’il arriva à l’agence, vingt minutes plus tard, il fut incapable d’en pousser la porte. C’était dingue ! Pourquoi n’avait-il pas proposé à Patty et Carter de leur rembourser leur argent ?
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