Une rencontre troublante (Harlequin Azur)

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Une rencontre troublante, Kate Walker

Depuis la mort de sa cousine, Caitlin élève la petite Fleur, âgée de six mois, une enfant adorable à laquelle elle s'est énormément attachée. Aussi son désarroi est-il total quand le père de la petite fille se présente de façon impromptue à la réception de l'hôtel qu'elle dirige, près du lac Windermere en Angleterre... Car non seulement Rhys Morgan n'a rien à voir avec le portrait peu flatteur que sa cousine avait dressé de lui, mais, loin de se désintéresser de l'enfant, il est visiblement décidé à récupérer sa fille à tout prix...

Publié le : samedi 1 août 2009
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280256506
Nombre de pages : 160
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1.

Rhys Morgan ralentit, rétrograda, puis donna un brusque coup de volant afin de quitter la grand-route. Aussitôt la courbe amorcée, il écrasa de nouveau l’accélérateur, pour le plaisir d’entendre rugir le puissant moteur de sa voiture.

Où se trouvait donc ce fichu hôtel ?

Les mains crispées sur le volant, il prenait les virages serrés, sûr de sa machine et sûr de sa conduite.

— Tu parles d’un désert ! fulmina-t-il encore.

Pourtant, rien ne pouvait le faire renoncer. Pas maintenant.

Pas au moment où sa quête parvenait enfin à son terme. Pas quand quelques minutes seulement le séparaient de la femme qu’il traquait avec acharnement. Pas quand il allait enfin apprendre de sa bouche où se trouvait son bien le plus précieux, celui sur lequel se concentraient toutes ses pensées.

Sa fille.

Depuis trois mois, il avait tout négligé : son travail, son entreprise, ses amis, sa vie entière, dans le seul but de la retrouver. Il avait parcouru des centaines de kilomètres, s’était rendu dans trois pays et un nombre incalculable de villes. Tout cela pour retrouver une toute petite personne dont il n’avait appris l’existence que longtemps après sa naissance.

Un enfant dont il avait cru qu’il ne naîtrait jamais. Un enfant dont sa femme, séparée de lui, avait toujours affirmé vouloir se débarrasser, parce qu’une grossesse abîmerait sa silhouette et perturberait son style de vie.

Quelle n’avait pas été sa stupéfaction, trois mois plus tôt, d’apprendre que la réalité avait été tout autre !

La route abrupte s’aplanit soudain et Rhys déboucha sur un vaste plateau au bout duquel se dressait l’hôtel qu’il cherchait.

Surplombant la vallée, la bâtisse carrée et solide affrontait vaillamment la pluie qui tombait à verse. Derrière elle, des collines boisées s’étendaient à perte de vue tout autour de l’immense lac Windermere.

Enfin !

Rhys gara sa voiture, serra le frein à main et coupa le moteur avant de se détendre avec un long soupir. Les yeux plissés, il scruta les alentours à travers le déluge de gouttelettes, et passa les mains dans ses cheveux noirs.

Il était arrivé.

Il lui fallait à présent réfléchir à l’étape suivante.

Décider précisément comment il agirait lorsqu’il serait enfin face à la cousine de son épouse, la femme qui, à ce jour, avait la garde de sa petite fille inconnue. Face à Caitlin Richardson.

*  *  *

Caitlin reposa le combiné, soupira avec lassitude et passa la main dans ses longs cheveux châtains. Elle fit la grimace. Les pointes en étaient rêches et inégales. Cela faisait des semaines qu’elle n’avait pas eu le temps de prendre un rendez-vous chez le coiffeur.

Des semaines qu’elle courait après le temps.

Prendre soin d’un bébé de six mois ne laissait guère de répit pour les loisirs ou pour simplement s’occuper un peu de soi-même. A fortiori, pour qui travaillait à temps plein.

Elle était fatiguée. Epuisée. Fleur dormait mal depuis deux semaines — elle faisait ses dents — la privant du même coup de bonnes nuits de sommeil et de repos. Se rappelait-elle seulement la dernière fois où elle avait dormi d’une seule traite jusqu’au matin ?

Certainement pas en tout cas depuis qu’elle avait appris la vérité au sujet d’Amélie et de Josh.

Du dos de la main, elle se frotta les yeux assombris de cernes, alors que des souvenirs qu’elle aurait voulu oublier à jamais assiégeaient sa mémoire. Elle baissa les paupières dans l’espoir de les faire disparaître.

— Allez-vous-en ! s’exclama-t-elle, comme s’il suffisait de parler à voix haute pour chasser ses idées noires.

— Je vous demande pardon ?

Une voix inconnue, la voix d’un homme, s’immisça dans ses pensées, la faisant sursauter et ouvrir grand les yeux.

— Oh ! Ce n’était par pour vous… Je… je me parlais…

Rassembler ses esprits lui fut difficile. Presque impossible même, quand elle plongea dans les prunelles stupéfiantes qui la considéraient à cet instant précis.

Dire qu’elle venait d’être surprise en train de parler toute seule ! De parler de choses qu’elle se refusait à évoquer en privé, et n’aborderait jamais en présence d’un parfait étranger !

Par bonheur, son professionnalisme et ses années d’expérience reprirent vite le dessus.

— Que puis-je faire pour vous ?

Pourvu que son sourire fût assez convaincant ! Pourvu qu’elle se montrât suffisamment accueillante !

Qui était cet homme ? Un client ? Il ne ressemblait guère au genre de personnes qui descendaient habituellement au Linford : des familles simples, des couples de retraités, dont les revenus ne leur permettaient pas de séjourner dans des établissements cinq étoiles.

L’homme semblait trop aisé pour faire partie de cette catégorie. Malgré leur décontraction, ses vêtements — jean noir à la coupe parfaite et polo de couleur beige — avaient un style et une qualité qui témoignaient d’une certaine opulence.

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