Une seconde chance à saisir - Des retrouvailles inattendues - Le choix de Catherine

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Une seconde chance à saisir, Susan Carlisle

Sa vie d’aujourd’hui, Laura Akins s’est battue pour l’avoir. Abandonnée par son mari alors qu’elle portait leur enfant, elle a dû élever seule sa petite Allie, âgée à présent de huit ans, tout en poursuivant ses études d’infirmière. Alors, le jour où elle tombe sur Mark Clayborn, son amour de jeunesse, Laura est profondément troublée par les sentiments qu’il ravive en elle… Mais est-elle vraiment prête à faire de nouveau confiance à Mark, au risque de mettre en péril son fragile équilibre – et qu’il lui brise le cœur une seconde fois ?

Des retrouvailles inattendues, Tina Beckett

Il y a des choses qu’on n’oublie pas… Son premier amour. Sa première fois. Sa première déception amoureuse. Ou, dans le cas de Jessi Riley, les trois réunis en une même personne : le beau et ténébreux Clinton Marks, qui est brusquement sorti de sa vie vingt ans plus tôt. Jessi est donc bouleversée quand elle découvre que Clinton est le nouveau thérapeute de sa fille – et qu’il est encore plus séduisant qu’autrefois ! Mais comment pourrait-elle seulement s’imaginer entre ses bras alors que sa priorité est, avant tout, le rétablissement de son enfant ?

+ 1 ROMAN REEDITE GRATUIT : Le choix de Catherine, Fiona Lowe 

Publié le : mercredi 1 juillet 2015
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EAN13 : 9782280339841
Nombre de pages : 288
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1.

Les parades de la période du carnaval, c’était une des choses que Laura Akins appréciait le plus à Mobile, Alabama. Plus on approchait de Mardi gras, plus les parades se multipliaient. Le dernier long week-end en comptait jusqu’à quatre par jour. Et cette année ne ferait pas exception à la règle.

— Ça va, ma puce ? demanda-t-elle à Allie, sa fille de huit ans, en lui entourant les épaules de son bras.

Celle-ci, visiblement ravie de se trouver au premier rang des spectateurs, leva son adorable visage vers elle et lui sourit.

— Oh oui ! Il commence quand, le défilé ?

— Il doit déjà être en route. Ecoute, je crois qu’on entend de la musique, au loin.

Allie tendit l’oreille, hocha la tête.

— Super. On pourra aussi rester pour le prochain ?

— Malheureusement non, ma chérie. On m’attend à l’hôpital. On va regarder ce défilé-là, ensuite on rentrera.

— D’accord. Mais on en verra encore d’autres, hein ?

— Bien sûr. Peut-être mercredi. Et sans doute aussi le week-end prochain.

— Pourquoi je ne peux pas être dans un char ?

— Allie, on en a déjà parlé cent fois. Quand tu seras plus grande, on avisera. Pour l’instant, on se contente de regarder.

Comme les porteurs de bannières qui venaient en tête du cortège apparaissaient au bout de la rue, un mouvement de foule les plaqua contre les barrières métalliques. Un secouriste à vélo — cuissard, veste fluo jaune et sac à dos rouge — passa devant elles, prêt à prodiguer ses soins à qui en aurait besoin.

Il lui parut familier, ce qui n’avait rien d’étonnant puisque la plupart des membres du personnel du General Hospital où elle travaillait se muaient en secouristes bénévoles durant la saison du carnaval.

Lorsqu’il redescendit dans leur direction un instant plus tard, elle s’efforça de distinguer ses traits, mais en vain. En tout cas, il était séduisant dans son bermuda moulant. Pour avoir des jambes aussi musclées, il devait pédaler régulièrement…

— Oh ! regarde, maman ! s’écria Allie en lui désignant un attroupement à quelques mètres.

Chevauchant des tricycles carrossés en forme de poissons de couleurs vives, des personnes déguisées en clown amusaient les badauds.

Laura sourit à sa fille.

— Ils font partie de la confrérie du Poisson.

Ils s’entrecroisèrent, tournicotèrent, puis disparurent dans la foule de l’autre côté de la rue. Ils réapparaîtraient bientôt à un autre endroit du parcours pour le plus grand plaisir des badauds.

— C’est quoi, une confrérie ?

— C’est un groupe de personnes qui se réunissent pour organiser en secret des divertissements. C’est très amusant.

— Tu fais partie d’une confrérie, toi ?

— Non. Entre mes occupations à la maison avec toi et au foyer d’accueil à l’hôpital, je n’en ai pas le temps.

En fait, sa famille avait toujours été membre de la plus importante et prestigieuse confrérie de Mobile. Elle avait elle-même participé une fois au carnaval, mais sans plus.

A présent, la première fanfare estudiantine défilait dans un vacarme étourdissant, bientôt suivie du premier char, qui figurait un imposant dragon multicolore aux flancs chargés d’innombrables colliers de perles en plastique.

Elle se joignit avec Allie à la foule qui réclamait des cadeaux. Levant haut les bras, elles s’efforcèrent d’attraper les perles, gobelets ou petites peluches que les occupants du dragon, déguisés et masqués, lançaient à la ronde.

L’un de ceux-ci accrocha son regard. Désignant Allie du doigt, il lui envoya un petit gorille en peluche qu’elle saisit au vol pour le tendre à sa fille, qui, ravie, remercia le généreux donateur d’un geste de la main.

Il n’était pas question de parler. Entre la musique jouée par les orchestres et celle diffusée plein pot par les haut-parleurs des chars, on ne s’entendait plus. Ensuite, Laura manqua le rang de perles fluo jeté dans leur direction depuis le char suivant, mais un vieux monsieur derrière elles réussit à s’en emparer et l’offrit à Allie.

Le plus fantastique, dans le carnaval, c’était l’ambiance familiale. On était le bienvenu à tout âge, et chacun s’employait à gâter les enfants.

Un peu plus tard, après le passage du camion de pompiers qui clôturait la parade, la foule écarta les barrières afin de récupérer les gadgets tombés sur le bitume.

— Maman, je peux aller ramasser ça ? demanda Allie en lui désignant quelques « pièces d’or » en plastique qui ne semblaient pas intéresser les gamins présents dans la rue.

— Bien sûr, ma chérie. L’autre défilé n’aura pas lieu avant une heure et demie.

Allie s’élança, et soudain Laura la vit trébucher dans sa hâte et tomber de tout son long.

La rejoignant au pas de course, elle la trouva déjà assise sur le bitume, les yeux pleins de larmes. Une large déchirure dans son pantalon laissait voir son genou écorché.

— Oh ! ma chérie !

— J’ai aussi mal aux mains. Regarde !

— Pauvre chou.

Accroupie devant elle, elle saisit les poignets de sa fille et souffla sur les meurtrissures de ses paumes. Mais, en tant qu’infirmière, elle savait que ce genre de traitement ne suffirait pas pour le genou.

— Est-ce que je peux vous être utile ? demanda une chaude voix de baryton au-dessus d’elles.

Levant les yeux, elle découvrit le secouriste à vélo qu’elle avait admiré plus tôt.

— Vous avez des compresses 4 x 4 ? Une pommade antibiotique ?

L’homme lui lança un regard étonné, puis il descendit de vélo et se débarrassa de son sac à dos rouge.

— Laissez-moi voir ce que je peux faire.

Malgré les larmes qui lui embuaient la vue, elle le reconnut alors.

Mark Clayborn !

Elle ignorait qu’il était en ville. Et en même temps, pourquoi l’aurait-elle su ?

— Si vous voulez bien me donner le nécessaire, je me chargerai de soigner ma fille. Je suis infirmière.

— Désolé, puisque ce petit accident s’est produit sur l’itinéraire de la parade, je dois traiter votre fille moi-même. Je devrai aussi rédiger un rapport.

Elle n’avait d’autre choix que de le laisser faire.

Adolescente, elle avait flashé sur lui. Il avait tout : le physique de rêve, le statut social, l’éducation, un brillant avenir. En plus, il était le roi du carnaval, cette année-là. Elle aurait donné n’importe quoi pour qu’il s’intéresse à elle ! Seulement, elle n’était que l’une des suivantes de sa reine. Qu’il lui ait paru familier n’avait rien d’étonnant, au fond. Elle l’avait tellement dévoré des yeux, à l’époque !

Allie tressaillit quand il toucha son genou.

— Comment tu t’appelles, jeune fille ?

— Allie.

— Alors, Allie, qu’est-ce que tu as préféré jusqu’ici de cette saison du carnaval ?

— Le gâteau des rois, répondit Allie sans hésiter.

Mark opina avec le plus grand sérieux.

— Moi aussi, j’adore le gâteau des rois. Tu penches pour celui à la cannelle ou celui au fromage à la crème ?

— Celui à la cannelle.

— Moi, je suis fan de fromage à la crème. Est-ce que tu as déjà trouvé la fève ?

— Oui. Une fois. En forme de bébé. J’ai dû apporter un gâteau à l’école la semaine d’après.

— Alors, tu en as fait un ?

— Non. C’est maman qui l’a fait.

— Ta maman ne l’achète pas dans une boulangerie ?

— Oh non ! Elle aime mieux le faire elle-même. Elle me laisse mettre la fève dedans, ajouta Allie avec un sourire ravi.

Mark tourna vers Laura un regard empreint de respect, mais sans plus. Bien que leurs familles respectives se connaissent depuis longtemps, il ne la reconnaissait pas, de toute évidence. La dernière fois qu’elle avait entendu parler de lui, il avait eu un grave accident de voiture. Ensuite, il avait disparu de Mobile.

La petite fille lui raconta par le menu tout le processus de confection du traditionnel gâteau de carnaval.

— Et quand il sort du four, c’est moi qui le saupoudre de sucre violet, vert et or, conclut-elle fièrement.

— Ouah ! Ça m’a l’air amusant. Tu es prête à te relever ?

Laura ne put s’empêcher d’être impressionnée. Allie n’avait même pas sourcillé pendant qu’il pansait son genou.

Après avoir aidé la petite à se remettre debout, il se tourna vers elle.

— Gardez la blessure bien propre. Et si vous détectez le moindre signe d’infection, appelez tout de suite un médecin ou emmenez Allie aux urgences.

— Je suis infirmière, vous vous rappelez ?

— Je me rappelle. Mais parfois, nos émotions faussent notre jugement quand il s’agit de quelqu’un qu’on aime.

Voilà qui ressemblait au commentaire de son père, lorsqu’elle avait annoncé qu’elle voulait épouser Phil.

« Il ne s’intéresse qu’à notre nom et à notre argent. Il ne mérite pas que tu renonces à tes études pour lui », avait-il objecté. Puis, quand elle avait voulu savoir d’où lui venait cette certitude, il avait déclaré avoir mené sa petite enquête : Phil avait déjà été marié une fois et semblait incapable de garder un emploi. « Il n’est ni assez bien pour toi, ni le bienvenu chez nous », avait conclu son père.

Elle avait tout de même choisi Phil, et ils étaient allés se marier à Las Vegas.

Bien qu’elle ait vite découvert que son père avait raison, le fossé qui s’était creusé alors entre elle et ses parents était toujours aussi profond neuf ans plus tard. Par fierté, elle s’était juré de ne jamais faire appel à eux.

— Viens, ma chérie, dit-elle à Allie. Je crois que nous avons assez abusé du temps de ce gentil secouriste.

Ce dernier plaça dans la main de la petite les fausses pièces qu’il avait prestement ramassées.

— J’espère que tu trouveras la fève dans ton prochain gâteau, Allie. Peut-être qu’elle te portera chance.

Allie lui rendit son sourire, avec l’air de le vénérer comme un héros.

Laura le remercia et entraîna sa fille vers l’espace créé entre les barrières.

Voilà. C’en était fini de ses rapports avec Mark Clayborn. Il avait fait partie d’une époque de sa vie depuis longtemps révolue. Elle ne le reverrait sans doute jamais plus.

* * *

Mark n’avait jamais prévu de s’installer ici à demeure. Il avait tout fait pour se sentir chez lui à Los Angeles. Même les rares fois où il était revenu dans l’Alabama, il n’était resté que quelques jours. Mais quand le majordome l’avait prévenu que son père avait eu un AVC, il n’avait pas eu le choix. Sa mère était morte, et son frère, militaire, était affecté outre-mer. Personne d’autre que lui ne pouvait veiller sur Mark Clayborn senior.

Après avoir remonté le chemin d’accès bordé de pelouses et de massifs parfaitement entretenus, il s’arrêta devant le manoir fièrement dressé dans le quartier le plus ancien de Mobile.

Il avait passé là les vingt-cinq premières années de sa vie. Maintenant, seul son père y vivait. Lui-même avait choisi de se fixer dans la résidence d’été de la famille, à Fairhope, de l’autre côté de la baie. Il officiait dans un cabinet de médecine générale composé de cinq praticiens situé à mi-chemin entre Mobile et Fairhope, dans la petite ville de Spanish Fort. Ainsi, il vivait et travaillait suffisamment près de Mobile pour être utile à son père et suffisamment loin pour tenir à distance ses souvenirs de…

Il surfait sur une vague de succès, à l’époque. Il avait été élu roi du carnaval. Sa reine était sa petite amie depuis deux ans, et l’une des plus jolies filles de la bonne société de Mobile. Il avait obtenu d’effectuer son internat en médecine à l’hôpital de Birmingham, à seulement quelques heures de route. Le bruit courait qu’il épouserait sa reine une fois son internat terminé, et il n’avait nulle intention de le démentir. Du moins jusqu’à ce que Mike et lui décident de se rendre à la plage à l’issue du bal du Mardi gras.

Bien des fois, depuis son retour, il avait été sur le point d’appeler Mike, mais il s’était dérobé. Au fil des années, il n’avait revu son ancien ami qu’à deux reprises, et ces rencontres, brèves et empreintes de gêne, n’avaient fait qu’accroître la culpabilité qui le rongeait.

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