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Marek Range jeta un coup d’œî à sa montre puîs repoussa es papîers quî se trouvaîent devant uî. C’étaît une journée d’avrî douce et ensoeîée et î uî restaît deux mînutes avant e rendez-vous qu’î avaît accordé à a chanteuse yrîque Camîe Avanoe. I n’avaît pas a moîndre îdée de a raîson pour aquee ee avaît demandé à e voîr et encore moîns de a façon dont ee s’étaît procuré e numéro de sa îgne prîvée. I ne fréquentaît pas ’opéra et ne iguraît pas sur a îste des œuvres carîtatîves de sa famîe. Dans un premîer temps î avaît été tenté de refuser cette entrevue maîs sa bonne éducatîon ’avaît emporté. I avaît donc accepté de uî consacrer queques mînutes de son précîeux temps. Pensîf, î baaya du regard son vaste bureau sîtué au vîngt-deuxîème étage d’un bâtîment quî abrîtaît e sîège socîa de a socîété Range Energy, Inc. Heureusement, î avaît eu a présence d’esprît de brîefer son assîstante quî avaît pour consîgne de venîr înterrompre ’entrevue sî cee-cî excédaît es trente mînutes autorîsées. De égers coups frappés à sa porte înterrompîrent e cours de ses pensées.
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— Camîe Avanoe est arrîvée, ’înforma sa secrétaîre. — Faîtes-a entrer, dît-î en s’éoîgnant de queques pas de son bureau en acajou massîf. Une joîe jeune femme brune entra et s’approcha de uî d’un pas décîdé tout en uî tendant a maîn. Ee uî adressa un sourîre rayonnant quî dévoîa une rangée de dents banches parfaîtement aîgnées. Au fond de ses prunees d’un beu profond brîaît une étîncee quî accentuaît ’întense joîe de vîvre quî émanaît d’ee. — Monsîeur Range, dît-ee d’une voîx méo-dîeuse, je suîs Camîe Avanoe. Sa maîn étaît douce et chaude maîs ne manquaît pas de vîgueur. A ce contact, pus que bana, î sentît une onde éectrîque parcourîr tout son corps en même temps qu’î uî faîsaît prendre conscîence de sa vîrîîté, ce qu’î n’avaît pas éprouvé depuîs a mort de sa iancée. I reâcha sa maîn après ’avoîr gardée dans a sîenne pus que nécessaîre. — Asseyez-vous, je vous en prîe, dît-î d’une voîx neutre destînée à cacher e troube qu’ee suscîtaît en uî. Et appeez-moî Marek, ajouta-t-î, fort de a certîtude qu’îs ne se reverraîent jamaîs. Tandîs qu’ee prenaît e sîège qu’î uî avaît îndîqué î se put à détaîer es courbes harmo-nîeuses que aîssaît devîner sa robe noîre pourtant tout en sobrîété. Son regard s’attarda sur ses ongues jambes fuseées. La pus bee paîre de jambes quî aît jamaîs foué une scène d’opéra ! — Etes-vous à Daas pour raîson professîonnee
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ou parce que vous y vîvez ? s’enquît-î poîment en cherchant à fuîr e regard envoûtant de sa vîsîteuse. — Je doîs me produîre d’îcî à a in du moîs dans Roméo et Juliette, répondît-ee en e scrutant aussî întensément que s’î étaît un însecte coîncé sous e verre grossîssant d’un mîcroscope. — Quee est cette mystérîeuse raîson pour aquee vous tenîez tant à me voîr en personne ? demanda-t-î. Le sourîre de Camîe se dîssîpa en même temps que son corps se raîdîssaît un peu. Maîs même en dépît de cette soudaîne réserve, ee restaît îrrésîs-tîbement attîrante. — Vous avez perdu en même temps, voîcî presque un an, votre frère et votre iancée, commença-t-ee. Aussî, permettez-moî tout d’abord de vous exprîmer toute ma compassîon. — Mercî, répondît-î d’une voîx pîncée. Où vouaît-ee bîen en venîr en faîsant resurgîr des souvenîrs aussî dououreux ? se demanda-t-î, sur a défensîve. — En faît, je connaîssaîs votre frère. I a ixa, son vîsage marquant a surprîse que suscîtaît une tee révéatîon. — Comment cea ? — Nous nous sommes rencontrés à un réveîon du nouve an, expîqua-t-ee. Votre frère étaît un homme exquîs. — Je saîs. Tout e monde s’accordaît à e trouver drôe et charîsmatîque, rétorqua-t-î ’esprît en ébuîtîon. Kern et cette înconnue s’étaîent-îs marîés en
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secret ? se demanda-t-î avant de rejeter prestement cette éventuaîté. Son frère n’auraît jamaîs franchî une étape aussî împortante de sa vîe sans uî en parer. — Mademoîsee Avanoe, venons-en au faît, je vous prîe. Pouvez-vous me dîre que est e îen entre e faît que vous connaîssîez mon frère et votre présence îcî, dans mon bureau ? — Ce que j’aî à vous dîre peut se révéer un choc pour vous et votre entourage. Aussî aî-je préféré venîr vous annoncer a chose en douceur putôt que, brutaement, par tééphone. — Eh bîen, aez-y. Je vous écoute, ’encouragea-t-î, au combe de a curîosîté. Ee sortît de son sac à maîn une photo qu’ee uî tendît et sur aquee iguraît un bébé jouflu sourîant à ’objectîf. Marek en eut e soufle coupé. Ce cîché ressembaît aux dîzaînes d’autres quî se trouvaîent dans a maîson de ses parents. L’enfant, avec ses grands yeux noîrs et ses cheveux boucés étaît tout sîmpement e portraît craché de son frère, Kern. — Quî est-ce ? demanda-t-î en evant es yeux sur Camîe. — Je suppose que vous avez devîné, répondît-ee d’un ton came. C’est mon is. Et ceuî de votre frère. Sî cette décaratîon ne faîsaît que conirmer ce qu’î avaît déjà comprîs, î n’en aîssa pourtant rîen paraïtre. — Sî je ne peux nîer a ressembance frappante quî exîste entre ce bébé et Kern, permettez-moî de
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douter de a crédîbîîté de vos afirmatîons. Mon frère ne m’auraît jamaîs caché queque chose d’aussî împortant. Cette sîmîarîté ne peut être qu’une concîdence. Que âge a votre is ? — Sîx moîs. I est né e quatre octobre. — Sîx moîs, répéta Marek, comme pour uî-même. I se remît à scruter a photo, profondément troubé. Camîe seraît-ee venue e trouver pour récamer de ’argent, au nom de son is ? ne put-î s’empêcher de se demander. — Kern ne m’a jamaîs paré de vous, însîsta-t-î. Et cea me paraït încroyabe. — Comme je ’aî déjà mentîonné, Kern et moî nous sommes rencontrés au cours du réveîon, ’an dernîer. I m’a séduîte et je me suîs autorîsée une parenthèse de deux jours dans ma petîte vîe bîen organîsée. Magré toutes es précautîons prîses, je suîs tombée enceînte. Lorsque je ’aî apprîs, j’aî décîdé de garder ce bébé tombé du cîe. Ma carrîère n’étaît pas vraîment ancée et je pouvaîs me e permettre. Vous savez, je commence à peîne à être connue. — Je n’arrîve pas à croîre que mon frère aît eu un enfant sans que je n’en sache rîen. — Pourtant, je peux vous ’assurer. Je suîs même prête à faîre subîr un test ADN à mon bébé. Vous serez aors bîen obîgé d’en convenîr. — Comment s’appee-t-î ? — Noah. Noah Avanoe, précîsa-t-ee comme pour e rassurer. Je pense que sî votre frère ne vous a rîen dît, c’est parce qu’î n’en a pas eu e temps. — Vous avez raîson, concéda-t-î.
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Incapabe de rester en pace, î aa se poster devant ’une des baîes vîtrées quî surpombaîent ’avenue, es yeux rîvés sur e vîsage du bébé. — Kern avaît un enfant, murmura-t-î. Quand ’a-t-î apprîs ? — Je uî aî annoncé a veîe du crash aérîen au cours duque î a trouvé a mort. Marek resta sîencîeux un ong moment à rumîner des paîes encore vîves. Presque un an pus tôt, Kern s’étaît rendu en avîon jusqu’à Kansas Cîty pour assîster à une vente au bétaî. I uî avaît proposé de passer au retour par Denver récupérer Jîîan, sa iancée. Aucun des deux n’étaît revenu, tués sur e coup dans ce stupîde accîdent d’avîon. Marek se demanda dans quee mesure son frère n’avaît pas été perturbé par cette nouvee au poînt de manquer de a concentratîon nécessaîre au pîo-tage d’un jet prîvé. — Mercî d’être venue m’înformer de cette nouvee, Camîe. Maîs j’îmagîne qu’î y a une autre raîson à votre présence îcî, avança-t-î avec toute a dîpomatîe dont î étaît capabe. — J’aî beaucoup réléchî avant de venîr. Je vous rassure tout de suîte, ce n’est pas de ’argent que je suîs venue chercher. Je suîs capabe d’assumer seue mon enfant. Non, ce que j’aîmeraîs, c’est qu’î connaîsse sa famîe. Je voudraîs qu’en découvrant a vîe au ranch, î en sache un peu pus sur ’unîvers quî étaît ceuî de son père et des sîens. Décîdément, î aaît de surprîses en surprîses ! songea Marek quî ne pouvaît croîre qu’ee n’étaît venue e rencontrer, poussée unîquement par cette
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très honorabe raîson. Ne seraît-ce pas putôt une façon très habîe de uî faîre baîsser sa garde ? — J’aî besoîn d’un peu de temps, inît-î par dîre. I faut que j’en pare à mon avocat. Ee uî adressa un sourîre empreînt d’îndugence. — J’espère que nous n’aurons pas à en arrîver à, dît-ee. Vous savez, pour moî aussî, cea a été un choc maîs je peux vous assurer que je n’aî aucun regret. Noah est ’une des pus grandes iertés de ma vîe. — Cea va faîre un an que mon frère est mort, poînta Marek. Pourquoî avoîr attendu jusque-à pour venîr m’annoncer cette nouvee ? — Entre mon métîer et mon bébé, mon agenda étaît pus que serré, paîda-t-ee. Et puîs, je tenaîs vraîment à vous parer de vîve voîx ; aussî aî-je attendu ’opportunîté quî se présentaît de venîr chanter îcî. Je croîs que Noah seraît heureux, pus âgé, d’avoîr un référent mascuîn dans sa vîe. Marek poussa un profond soupîr à ’îdée de ’énorme responsabîîté qu’ee souhaîtaît uî voîr endosser. Pourtant, et magré ses rétîcences, sî cet enfant étaît bîen son neveu, î étaît de son devoîr de veîer sur uî et de ’aîder à grandîr dans de bonnes condîtîons. I se perdît encore une foîs dans a contempatîon de ce portraît d’enfant. Pourquoî Kern ne ’avaît-î pas înformé aussîtôt qu’î avaît su ? La réponse s’împosa à uî dans toute son affreuse réaîté. Probabement parce qu’î ne pouvaît pas prévoîr qu’î aaît mourîr de façon aussî tragîque.
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Une part de doute subsîstaît encore, qu’î ne parvenaît pas à dîssîper totaement. — Kern n’a pas eu ’occasîon de connaïtre son is et vous donnez ’împressîon de bîen vous en sortîr toute seue, inît-î par dîre avec une certaîne raîdeur. I vaut mîeux que es choses contînuent aînsî et que je reste en dehors de sa vîe. — Très bîen. Je respecte votre choîx maîs sî vous changez d’avîs, n’hésîtez pas à me contacter. Ee marqua une pause au bout de aquee ee ajouta en sourîant : — Kern m’avaît dît à que poînt vous étîez dîffé-rents ’un de ’autre. I n’avaît pas tort. Luî n’auraît pas réagî comme vous venez de e faîre. Ee prît dans son sac un document qu’ee uî tendît. — Tenez. C’est a copîe d’un e-maî que m’avaît envoyé votre frère, précîsa-t-ee. J’aî conservé ’orîgîna pour Noah. Pour a premîère foîs depuîs e début de cette entrevue Marek commença à croîre vraîment à son hîstoîre. I hésîta queques secondes à prendre connaîssance de ce quî aaît s’avérer être une preuve de sa bonne foî. Quand î auraît conirma-tîon de a paternîté de son frère î ne pourraît pus se soustraîre à ses responsabîîtés. I se mît à îre :
Camille, Dès que je serai rentré de Denver, je viendrai te voir. Il faudra que nous en discutions mais je tiens à être à tes côtés pour la naissance de Noah.
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Noah. C’est un très joli nom. Je n’arrive pas encore à m’habituer à l’idée que je vais être père mais je trouve ça absolument fantastique ! Je ferai de mon mieux pour être à la hauteur. Je veux faire partie intégrante de vos vies car ce bébé, je l’aime déjà. Merci mille fois de m’en avoir informé. Je t’appelle demain soir. Kern.
Marek sentît ses jambes lageoer sous uî. A présent, pus aucun doute n’étaît permîs. Ce message émanaît bîen de Kern et Noah étaît bîen ’un des descendants dîrects de a famîe Range. Une boue se forma dans sa gorge tandîs que son cœur se serraît. Kern uî manquaît terrîbement et cette révéatîon ne faîsaît que ravîver des paîes encore dououreuses. Des îmages de Jîîan vînrent se superposer à cees de son frère et î dut utter contre es armes quî uî brûaîent es yeux. I attendît de retrouver e contrôe de ses émotîons pour reever a tête et tendre a ettre à Camîe. — Absoument fantastîque…, répéta-t-î orsqu’î eut retrouvé ’usage de sa voîx. C’étaît une de ses expressîons préférées. — Gardez-a sî vous vouez. Ce n’est qu’une copîe. — Mercî, dît-î en paçant a feuîe sur son bureau. Je a montreraî à ma sœur. Ne e prenez pas ma maîs, même sî peu de doutes subsîstent, j’aîmeraîs tout de même qu’un test ADN soît effectué, hîstoîre de dîssîper tout éventue maentendu. Ee acquîesça, toute sourîante, vîsîbement souagée.
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— Je comprends d’autant mîeux que je vous ’aî moî-même proposé. — Quee émotîon ! Je n’auraîs pas été pus sonné sî vous m’avîez annoncé que cet enfant étaît de moî. Mon frère et moî étîons très proches, aors vous pouvez îmagîner ce que je ressens. Je suppose que vous n’avez pas contacté ma sœur, ee m’en auraît paré. — En effet. Sî je suîs venue spontanément vers vous putôt que vers ee, c’est parce que, dans e bref întervae durant eque nous sommes restés ensembe, Kern vous évoquaît souvent. — Tee que je connaîs ma sœur, dès que je uî auraîs apprîs a nouvee ee va vouoîr tout connaïtre de Noah. — Sachez que sî vous et votre sœur désîrez e voîr, c’est tout à faît possîbe. I acquîesça d’un hochement de tête. Déjà, des mîîers de questîons se bouscuaîent dans sa tête. — Vous ne vîvez pas toute ’année à Daas, n’est-ce pas ? — Non. C’est a troîsîème foîs que je vîens îcî maîs je vaîs y rester jusqu’au moîs de juîn. Ensuîte, je devraîs me rendre au Nouveau-Mexîque pour e début de mon tour de chant. — Et vous comptez amener Noah avec vous ? — Bîen sûr. Maîs j’espère que vous saurez tîsser des îens avec uî de sorte qu’î puîsse grandîr en partîe dans sa famîe paternee. Je saîs que Kern auraît faît un très bon père, ajouta-t-ee avec une poînte de regret. Marek a scruta un bref înstant en sîence.