Une union heureuse (Harlequin Horizon)

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Une union heureuse, Rebecca Winters

Le jour où on lui téléphone pour la prévenir que Richard, son ex-mari, a été victime d'un grave accident en Equateur et qu'il la réclame, Terri Jeppson est très étonnée car elle n'a eu aucune nouvelle de lui depuis leur divorce, un an auparavant. Toutefois, elle se rend sans hésiter à Guayaquil. Pour s'apercevoir, dès son arrivée, que l'homme recouvert de bandages qui gît sur son lit d'hôpital n'est pas Richard, mais un mystérieux inconnu qui se fait passer pour lui...
Publié le : lundi 15 janvier 2007
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280258791
Nombre de pages : 224
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1.
— Tu ne m’invites pas à entrer ?
Matt Watkins était un homme au physique agréable. Divorcé, il n’était installé que depuis peu à Lead, où il était gérant d’une grande station-service.
C’était leur premier rendez-vous, mais Terri Jeppson savait déjà qu’elle ne souhaiterait pas le revoir. Sentant bien qu’il cherchait à tout prix à refaire sa vie, elle préférait ne pas lui donner de faux espoirs.
— Désolée, Matt, mais je dois me lever de bonne heure demain matin et…
— Tu es encore amoureuse de ton ex, la coupa-t-il d’un ton attristé plus que fâché.
Elle s’abstint de lui dire que son amour pour Richard s’était éteint bien avant la fin de leurs six années de mariage.
— Peut-être, répondit-elle en détournant le regard. Sans doute est-ce de sortir avec un autre homme qui m’en a fait prendre conscience. Excuse-moi.
Ce prétexte-là, au moins, ne lui ferait pas de peine.
— Et merci pour cette très agréable soirée, ajouta-t-elle.
— Quand tu ne penseras plus à lui, fais-moi signe.
Elle hocha la tête avant de refermer la porte de son appartement, heureuse de ne plus avoir à mentir. Sans même réfléchir, elle enfonça la touche du répondeur.
En tant que directrice adjointe de la chambre de commerce des Black Hills, dans le Dakota du Sud, elle recevait beaucoup d’appels, qu’elle faisait transférer sur sa ligne personnelle après ses heures de travail. C’était l’été qu’il y en avait le plus, compte tenu du grand nombre de touristes qui souhaitaient séjourner dans les environs, attirés par le mont Rushmore.
Le premier message lui avait été laissé par sa mère, et le deuxième par sa sœur, Beth, qui vivait elle aussi à Lead avec son mari, Tom. Les deux femmes souhaitaient tant qu’elle rencontre enfin un homme « valable » qu’elles allaient être déçues en apprenant qu’elle ne comptait pas revoir Matt.
Le troisième message commençait par : « Madame Jeppson ? Je suis Martha Shaw, l’assistante de Creighton Herrick. »
« Ce devait être un appel professionnel », songea Terri. Elle se concentra pour écouter la suite.
« Je vous appelle du siège de la Herrick Corporation, à Houston, au Texas. Votre mari, Richard, a été victime d’un accident sur son lieu de travail. Pourriez-vous vous rendre sur place aussi vite que possible ? Nous vous avons obtenu en urgence un visa pour l’Equateur. Comme vous n’aurez pas à aller dans la jungle, vous n’avez pas besoin de vaccins particuliers. La société prendra en charge tous vos frais. Appelez-moi au numéro suivant à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit pour que je puisse m’occuper de vos réservations d’avion et d’hôtel. »
Terri nota le numéro d’une main tremblante et raccrocha, en état de choc.
Richard et elle étaient séparés depuis dix-huit mois et divorcés depuis près d’un an. Ils ne s’étaient pas parlé depuis, et pour elle, il était définitivement sorti de sa vie.
Pourquoi aurait-il fait croire qu’ils étaient encore mariés alors qu’il semblait plutôt se réjouir de son statut d’homme libre ?
Par ailleurs, elle ne l’imaginait vraiment pas partant exercer son métier ailleurs qu’aux Etats-Unis, à moins qu’on ne lui ait fait une proposition extrêmement alléchante.
Tout cela était bien mystérieux. Cependant, il devait être très mal en point pour que sa société ait jugé nécessaire de la prévenir.
Elle composa aussitôt le numéro indiqué.
— Martha Shaw, répondit une voix féminine dès la seconde sonnerie.
— Madame Shaw ? Je suis Terri Jeppson.
— Ah ! Je suis contente que vous ayez eu mon message.
— Je vous remercie de m’avoir appelée. Richard est-il dans un état grave ?
— Je n’ai malheureusement aucune précision, je suis désolée. C’est une employée de nos bureaux de Guayaquil qui a téléphoné ici, à Houston, pour nous informer de l’accident. Elle-même n’en savait pas plus, car le chantier se trouve à des kilomètres de la ville. Le message a dû transiter par plusieurs intermédiaires. Dès votre arrivée en Equateur, contactez nos bureaux sur place. Je vais vous donner le numéro. Entre-temps, ils en sauront sûrement davantage et pourront vous dire dans quel hôpital votre mari a été transporté. Le plus important est que vous vous rendiez là-bas le plus vite possible.
Cinq minutes plus tard, toutes les réservations de Terri étaient faites. Après avoir remercié Martha Shaw, elle appela son supérieur pour lui demander un congé exceptionnel. Le directeur de la chambre de commerce, Ray Gladstone, se montra tout à fait compréhensif.
Terri téléphona ensuite à sa mère. Ses parents en voulaient à Richard de l’avoir fait souffrir pendant tant d’années, mais sa mère reconnut qu’elle ne pouvait pas l’abandonner en de pareilles circonstances.
Elle avait du mal à se rappeler avoir été amoureuse de lui un jour. Richard venait de Spearfish, où il avait été élevé par sa tante et son oncle, qui lui avait appris le métier de vitrier. Après leur disparition, il avait trouvé une place à Lead. C’est ainsi que Terri avait fait sa connaissance et qu’ils s’étaient mariés. A l’époque, elle n’avait pas encore découvert ses défauts.
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