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Une vie pour s'aimer

De
192 pages
Exclu e-book !
Ils ont tout : le pouvoir, l'ambition, la fortune. Un scandale met leur réputation en danger. Seule la passion pourra les sauver...
Incrédule et furieux, David Taylor relit pour la énième fois le testament de son père que vient de lui remettre le notaire. Il n’y a, hélas, aucune ambiguïté : s’il veut recevoir son héritage, il devra retourner vivre une année entière à Cottonwood, la plantation de son enfance qu’il a fuie à la fin de ses études. Et ce n’est pas tout : selon les dernières volontés de son père, Tanya Winters continuera à assurer la direction de la plantation — toute sa vie si elle le désire… Une clause qui éveille en lui des sentiments indésirables. Et un soupçon terrible qu’il ose à peine formuler. Se pourrait-il, en effet, que la jeune femme ait manipulé son père pour hériter de lui ? Et qu’elle ait, surtout, réussi à le séduire, comme elle l’a lui-même séduit cinq ans plus tôt ?
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SHIRLEY ROGERS

C'est grâce au chat de sa voisine que Shirley Rogers a découvert les romans Harlequin ! Il y a plusieurs années, la propriétaire du félin en question partit en vacances en laissant le soin à Shirley de s'occuper de son animal. Pendant son absence, Shirley assura le cat-sitting tout en dévorant avec passion des Harlequin qu'elle avait dénichés chez sa voisine. A son retour, Shirley était décidée : elle allait se lancer dans l'écriture d'un roman sentimental. Et tout en s'occupant de ses enfants — un garçon et une fille — et de ses deux chats — Kiki et Buddy — elle se mit à écrire dès qu'elle avait un moment de libre. Le succès fut au rendezvous : en décembre 1996, son « plus beau cadeau de Noël » fut son premier roman accepté par les éditions Harlequin. Depuis, elle en a publié six, ce qui lui laisse peu de temps pour son autre passion : parcourir le monde avec Roger, son mari depuis vingt-neuf ans !

1.

— Promets-moi.

Avait-il bien entendu les mots chuchotés par son père mourant ? David Taylor s’agenouilla auprès du lit de chêne massif pour se rapprocher davantage.

— Te promettre quoi ? demanda-t-il doucement.

— Promets-moi que tu prendras soin de Tanya.

— Père, je…

Voilà bien la dernière chose à laquelle il s’était attendu de la part d’Edward Taylor ! Quoi ? Lui demander de veiller sur Tanya Winters ? Avec un profond soupir, il plongea le regard dans les yeux bleus si las. L’homme étendu devant lui ne ressemblait plus du tout au père qu’il avait connu toute sa vie, si strict, si exigeant. Désormais, il n’était plus qu’un fantôme de l’homme plein d’énergie que voyaient autrefois ses yeux d’enfant. A soixante ans, ses cheveux, bruns autrefois, étaient presque entièrement blancs. A la suite d’une rapide perte de poids, sa peau s’était ridée et avait pris une teinte terreuse. Le cancer l’avait terrassé avec une terrifiante rapidité.

— Promets-le-moi.

Edward fit un faible effort pour se redresser et agrippa le bras de son fils en cherchant son souffle.

— Je te le promets, se hâta de dire David. Repose-toi maintenant.

Il referma sa main sur celle d’Edward et l’aida à se rallonger. La douleur que reflétaient les yeux du vieil homme le fit frémir. Il songea à Tanya Winters. Depuis son arrivée à la plantation, il avait à peine entrevu l’employée de son père. Ces quelques minutes avaient pourtant suffi à raviver de vieux souvenirs indésirables comme la conscience aiguë de sa présence, aussi profondément ancrée aujourd’hui en lui que cinq années auparavant. Enfin, il aurait le temps, un peu plus tard, de régler tout ceci avec Tanya. Pour l’instant, seul comptait son père.

Il contempla le corps mince, les yeux clos, et un nœud se forma dans sa gorge. Il n’arrivait toujours pas à le croire. Il avait failli ne pas revenir à temps. Mason Brewer, le médecin personnel de son père, qui se tenait à quelques pas de lui, l’avait informé qu’Edward ne passerait sans doute pas la journée.

— Nous ferions mieux d’appeler Tanya, dit alors le Dr Brewer d’une voix calme.

David hocha la tête et se leva. Il n’avait passé qu’une trentaine de minutes auprès de son père. Et ils n’auraient jamais plus l’occasion de remettre de l’ordre dans leurs relations. David avait dix ans à la mort de sa mère et, après la disparition de son épouse, Edward n’avait plus jamais été le même. Enfant, David avait tout tenté pour plaire à son père. Adolescent, il avait abandonné, car rien de ce qu’il disait ou faisait ne paraissait combler le fossé qui s’était creusé. Après avoir obtenu ses diplômes, il était parti, bien décidé à ne plus rien demander à son père.

Il avait quitté Cottonwood, la plantation familiale, tout près de Cotton Creek, une petite ville rurale à une heure de Savannah, et avait fait son chemin tout seul dans la vie. La Taylor Corporation, sa société d’acquisitions et fusions basée à Atlanta, avait fait de lui un homme riche et influent. Mais cela n’avait apparemment pas suffi à lui obtenir l’approbation de son père.

Il soupira. De toute façon, il était trop tard pour revenir en arrière.

La porte s’ouvrit soudain et Tanya Winters entra. David la suivit du regard tandis qu’elle traversait la chambre d’une démarche fluide et gracieuse. A dix-sept ans, elle était jolie. Aujourd’hui, devenue une femme, elle était splendide. Ses cheveux d’un blond ambré retenus en queue-de-cheval laissaient à nu la peau veloutée de sa nuque. Ses yeux, rouges et gonflés d’avoir pleuré, étaient emplis de tristesse. Elle s’assit sur une chaise près du chevet du malade.

— Je suis là, Edward, chuchota-t-elle d’une voix tremblante.