Une vie, une renaissance

De
Publié par

Alicia et Michaël se rencontrent au collège et tombent amoureux. Leur histoire d'amour sera-t-elle un long fleuve tranquille ? Sûrement pas, mais ils batailleront pour lui faire surmonter les obstables, épaulés par trois camarades, dont un couple. Quel que soit l'âge, la vie ne fait pas cadeaux, ou très peu. Le jeune couple réussira-t-il jusqu'au bout à surmonter les difficultés ? Ce petit groupe d'amis arrivera-t-il à refaire surface au pire moment de son existence ? Les uns seront-ils là pour les autres ?  Leur amitié est-elle sincère ou juste une façade ? 
Publié le : lundi 18 avril 2016
Lecture(s) : 0
Tags :
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791032500262
Nombre de pages : non-communiqué
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

alexia surin

Une vie, une renaissance

 


 

© alexia surin, 2016

ISBN numérique : 979-10-325-0026-2

Image

Courriel : contact@laboutiquedesauteurs.com

Internet : laboutiquedesauteurs.cultura.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

LA BOUM

 

Durant sa première année scolaire au collège, Alicia Hubert se lia d’amitié avec un jeune garçon de quatorze ans. Il était blond, grand, mince. Petit à petit, Alicia sentit un petit plus s’ajouter à cette amitié et pensa être tombée amoureuse de ce jeune homme. Mais dans ses yeux régnait une lueur hypocrite qu’elle ne vit pas. Il s’appelait Hervé Sanson et malheureusement, il se servait d’elle. Par manque d’expérience, la jeune fille ne se doutait de rien et arrivait chaque jour avec deux ou trois paquets de chewing-gums pour lui faire plaisir. Voyant que ça marchait, Hervé profita de la naïveté de la jeune fille. Effectivement, il passait toutes les récréations en sa compagnie et cela suffisait à Alicia pour penser qu’il devait certainement ressentir quelque chose pour elle, sinon en toute logique il ne passerait pas autant de temps avec elle. Les camarades d’Alicia essayaient de lui ouvrir les yeux mais elle n’y prêta aucune attention, mettant les remarques sur le compte de la jalousie. De son côté, Michaël, toujours présent, essayait de faire comprendre à Hervé qu’il était en train de faire du mal à Alicia et que même si elle était encore très naïve, le jour où elle s’en rendrait compte, elle serait sans pitié envers celui qui l’aurait fait tant souffrir. Manque de chance, il passait du temps avec eux et plus il la défendait, plus il s’attachait à elle. Il avait compris que la naïveté de la jeune fille était la cause d’une grande générosité. Mais il savait qu’avec le temps et les coups bas, que la vie réservait à tout un chacun, la durciraient et que le jour où elle ouvrirait les yeux sur Hervé elle serait déjà bien plus forte et un peu plus dure que maintenant. Cependant, voir une gentille fille comme elle se faire avoir lui faisait mal au cœur.

Michaël était un brun de taille moyenne plutôt mince. Sympathique et sincère contrairement à Hervé, rien n’indiquait qu’ils pouvaient avoir un lien de parenté et encore moins qu’ils étaient cousins germains.

Toute l’année scolaire, Alicia se ruina en paquets de chewing-gums pour Hervé et voyant que ça ne semblait pas être tout à fait suffisant pour attirer l’entière attention du jeune homme, elle décida de faire comme lui. Et c’est ainsi qu’elle se mit à fumer ou du moins à apprendre.

Ajoutant tous les points négatifs les uns aux autres, Virginie Loupé, la meilleure amie de la jeune fille, lui mit tout devant les yeux en faisant un inventaire des faits et conséquences. Argumentation appuyée par Jérôme Guillemet, un camarade de classe de longue date d’Alicia. Les deux personnes au monde sur qui elle savait pouvoir compter en cas de problème allant dans le même sens, Alicia décida de prendre un certain recul devant la situation et finit par ouvrir les yeux.

Déçue, elle vit son premier amour s’envoler et tous ses rêves se consumer. Aussi, décida-t-elle de ne plus tomber amoureuse : ça faisait trop mal. Cependant, elle n’était pas prête à pardonner de tels agissements et tôt ou tard elle aurait droit à sa revanche.

Le jeudi suivant, ne voyant pas Alicia retrouver son sourire, Jérôme décida de lui changer les idées. C’était le mois de juin et il faisait chaud. Comme il savait qu’Alicia supportait difficilement la chaleur et qu’elle aimait l’eau, il décida de l’emmener à la piscine. Tout à sa joie qu’elle n’ait pas opposé de résistance, il profita de l’occasion pour rembourser sa dette.

Elle était têtue et pessimiste mais sa justesse et sa grande joie de vivre lui permettaient de comprendre que Jérôme agissait pour son bien être même s’il disait qu’il le lui proposait parce qu’il avait vraiment envie d’aller à la piscine mais qu’il ne voulait pas y aller seul. Elle savait pertinemment qu’ils avaient d’autres copains qui auraient facilement accepté et le fait de ne pas lui dire clairement qu’il l’invitait parce qu’elle lui faisait pitié la touchait davantage. Il avait même réussi à percer à jour son orgueil et elle se rendit compte que c’était vraiment un ami sinon il n’aurait jamais pu la connaître à un tel point. Même Virginie n’en savait pas autant que lui.

En passant devant un magasin d’alimentation proche de chez elle, Alicia vit quatre camarades de leur classe et en fit part à Jérôme qui les invita à se joindre à eux. Tous acceptèrent. L’un parce qu’il aimait beaucoup la jeune fille et qu’il était désolé pour elle. Il profita donc de l’occasion pour lui apporter un petit réconfort, deux d’entre les trois autres acceptèrent pour suivre le premier et le dernier, ne fut-ce que pour ne pas passer l’après-midi seul, toutefois il ne comprenait pas pourquoi Jérôme et Frédéric se cassaient la tête pour une fille comme elle qui, à son avis, n’en valait pas peine. Malgré le détour qu’ils avaient fait par chez les quatre garçons afin de prendre leurs affaires ; ils avaient réussi à arriver en avance sur l’heure d’ouverture de la piscine. Ils profitèrent donc de cette halte forcée pour reprendre un peu de forces. Ils s’assirent par terre et discutèrent. A leur grande surprise, Michaël arriva. Il était accompagné d’un jeune voisin et ami : David Martin, un grand brun aux yeux noisette, de l’âge d’Alicia. Il finit par avouer à Alicia que Jérôme avait téléphoné à Nathalie Loust le matin même et qu’elle était passée peu de temps après chez lui pour lui demander de se joindre à eux. L’après-midi promettait de bien se dérouler. En effet, le soleil était présent, les nuages avaient quitté leur poste et à la vue de tout ce monde l’entourant, Alicia recommençait à sourire. Et chose que Jérôme n’avait pas oublié de noter, ses yeux reprenaient un peu de la chaleur et de la luminosité qu’ils avaient perdues depuis quelques temps. Cependant, après le calme, vient la tempête, et l’orage pointait le bout de son nez. Une présence indésirable pour la jeune fille s’approchait du groupe et bien qu’il fût encore loin, elle le sentit venir. Voyant tout à coup la mine de la jeune fille s’assombrir, tous comprirent qu’Hervé serait aussi de la partie. Et tous étaient déçus de voir leur jeune amie perdre la joie de vivre qu’elle venait juste de retrouver.

Après l’ouverture de la piscine et le passage aux vestiaires, Alicia retrouva les garçons sur la pelouse du jardin bordant la piscine. Hervé était toujours présent mais petit à petit, Alicia l’oublia totalement pour se prendre dans l’étourdissement du chahut. Tous regardèrent discrètement leur camarade et constatèrent avec un grand plaisir que la jeune fille semblait l’avoir oublié, surtout Michaël qui se sentait fautif après avoir refusé l’invitation de son cousin pour l’après-midi parce qu’il avait déjà prévu d’aller à la piscine avec des copains. N’ayant jamais pensé qu’Hervé serait venu sans la moindre invitation, il avait accueilli son arrivée avec froideur et embarras. Heureusement, Alicia s’était tellement prise dans les jeux qu’elle ne s’aperçut même pas du départ d’Hervé, vexé de ne plus être l’intérêt principal de la jeune fille.

En fin d’après-midi, chacun retourna à son vestiaire se changer et sorti attendre les autres devant la porte de la piscine qui fermait. Alicia profita d’être seule dans les vestiaires des filles pour prendre une douche. Tous les garçons étant sortis avant elle, ses camarades de classe rentrèrent sans l’attendre plus longtemps, pressés de rentrer. Cependant, avant de partir, Jérôme avait dit à Michaël :

─ Je te la confie. Prends-en soin.

─ De toute manière, je comptais bien l’attendre. Avec ou sans vous… mais de préférence sans, répondit-il avec un clin d’œil équivoque.

Durant cette demi-journée, Jérôme avait plusieurs fois surpris les regards tendres de Michaël sur Alicia et malgré la différence d’âge qui séparait les deux garçons, il n’hésita pas à le mettre en garde :

─ Méfie-toi si tu lui fais du mal…

Sur cette simple "prévention", Jérôme parti sans même dire au revoir ou un mot à David et en laissant un Michaël plein d’admiration envers lui. En effet, il ne savait pas si Jérôme ressentait quelque chose pour la jeune fille ou si c’était par une simple mais véritable amitié pour elle qu’il menaçait plus fort que lui tout en sachant que David prendrait inévitablement parti pour lui tout en laissant ce malheureux tout seul.

De nature coquine, Alicia aimait faire des plaisanteries et des effets de surprises. Voyant David et Michaël l’attendre en tournant le dos à la porte de la piscine et au garage à vélos, elle courut sans bruit détacher sa bicyclette et revint se placer derrière les deux garçons. Elle attendit un petit moment pour vérifier qu’ils ne l’avaient pas entendu puis elle lança un « coucou » assez fort pour les faire sursauter de surprise. Fière de leur réaction, elle les regarda tour à tour puis s’arrêta, stupéfaite, sur le visage de Michaël. Quelque chose en lui l’interpellait. Ses cheveux encore humides, plaqués contre son crâne, rendant le brun de ses yeux encore plus intense, apportaient un petit truc en plus à son charme qu’Alicia ne manqua pas de recevoir et qui lui fit le même effet qu’une décharge électrique. Et c’est ainsi que sa résolution ne dura qu’une semaine. Et oui, elle se sentait toute bizarre, juste en regardant Michaël et cela lui fit encore plus peur quand il lui revint à l’esprit qu’il n’était autre que le cousin de celui qui, peu de temps auparavant, lui avait brisé le cœur.

David et Michaël habitaient la petite citée avoisinant la piscine. Comme Alicia ne savait pas exactement où se situaient leurs rues respectives, elle les suivait sans savoir où ils allaient arriver mais se demandant toutefois, qui serait le premier des deux garçons à rentrer et comment se passerait la séparation. Elle espérait rester un petit moment seule avec Michaël mais elle redoutait que son manque d’expérience l’entraîne vers une discussion quasi inexistante. De quoi parleraient-ils ? Comment se passerait son départ ? Un tas de questions venait à son esprit qu’elle ne pouvait poser à personne puisque personne ne pouvait lui répondre. Toutefois, une question et sûrement la plus importante ne lui traversa même pas l’esprit : est-ce qu’au moins David serait le premier à quitter les deux autres ? Pour elle, la certitude que ça ne pouvait que se passer ainsi était inévitable car il le fallait.

Alors qu’ils approchaient du chemin qui menait au cœur de la cité, Michaël tendit le doigt vers une maison dont le jardin longeait la route. Les deux piliers de la terrasse étaient décorés d’une tuile chacun, représentant un chat et l’autre un chien de la race des bergers allemand, tout en disant à Alicia :

─ C’est là que j’habite.

─ Où il y a le portique tout pourri ? demanda-t-elle tout en regardant du coin de l’œil la réaction de son camarade.

─ Oui… tu vas voir, toi ! répondit-il en montrant le poing.

Alicia le regarda, éclata de rire et lui répliqua en regardant son vélo :

─ Pas chance, j’ai mon garde du corps.

─ Heureusement pour toi, sinon tu serais dans le même état que lui.

─ Quoi ? Qu’est-ce qu’il a mon vélo ?

─ Disons que, comme lui, tu tiendrais debout grâce à du scotch et des élastiques.

Le regard surpris d’Alicia sur son vélo le fit éclater de rire. D’accord les réparations étaient plus artistiques que pratiques mais le vélo fonctionnait toujours. Il réalisa alors à cet instant que la jeune fille malgré ses façons d’agir avait l’air de se débrouiller pour obtenir ce qu’elle voulait. Et si seulement elle pouvait le vouloir, lui… Tout juste sorti de ses réflexions, c’est avec un regard énigmatique qu’il poursuivit avec douceur :

─ Cependant, je ne t’aurais jamais frappée.

Tout en discutant, ils étaient arrivés au croisement qui ponctuait le petit chemin. David serra la main de Michaël, fit la bise à Alicia puis s’en alla après être resté discuter une dizaine de minutes. A cet instant, bien qu’elle fasse de son mieux pour le cacher, Alicia paniquait. Pour la première fois de sa vie, elle restait seule avec un garçon qui lui plaisait et ne savait pas comment elle devait réagir ; elle se trouvait réellement stupide. Avec Hervé, c’était différent, il y avait toujours quelqu’un avec eux, mais là… David parti à gauche tandis que Michaël et Alicia prirent la direction opposée. Ils arrivèrent chez ce dernier et ces quelques minutes de marche en solitaires s’étaient écoulées dans un silence quasi religieux qu’aucun des deux n’avait eu le courage de briser.

─ Et voilà, c’est là qu’il y a un portique tout pourri, essaya de plaisanter Michaël.

Alicia leva lentement les yeux vers lui en esquissant un petit sourire et il se trouva encore plus gêné qu’il ne l’était déjà. Il n’aurait su dire quoi, mais une expression se dégageait de la jeune fille qui le retenait comme prisonnier. Il avait l’impression de devoir faire quelque chose mais il ne savait pas quoi, et à vrai dire, il était persuadé que même s’il avait su, il n’aurait jamais osé le faire. De son côté, Alicia n’attendait qu’une seule chose, qu’un seul geste, qu’un seul signe. Elle ne savait pas non plus exactement quoi mais ce qu’elle voulait c’était intercepter quelque chose qui lui laisserait entendre qu’il aimerait bien la revoir. Depuis le début de l’après-midi, elle n’espérait que ça et pourtant elle refusait de faire quoi que ce soit pour mettre la puce à l’oreille. Elle s’était trompée déjà une fois et n’avait aucune envie de recommencer l’expérience. Ils réussirent à échanger quelques paroles pendant cinq minutes, parlant de ce qui était prévu pour les vacances de chacun. Ils finirent par se faire la bise et Alicia s’éloigna afin de rentrer chez elle. Michaël recula jusqu’à la porte mais il n’avait pas le courage de se retourner et de franchir le seuil. Pas plus qu’il n’en avait eut pour la quitter aussi rapidement. Mais il ne pouvait pas rester sur le trottoir toute la soirée. Elle avait tout juste fait trois pas que Michaël s’arrêta et lui demanda où il pourrait la joindre durant les vacances.

─ Je serais chez mes grands-parents dans le Val d’Oise, fit-elle en revenant à grande vitesse avec le sourire aux lèvres. Elle ne savait pas si c’était le signe qu’elle attendait mais l’interpréta comme tel.

─ Tu m’écriras ? lui demanda-t-il.

─ Donne-moi ton adresse.

Il alla chercher du papier sur lequel il griffonna l’adresse, la lui tendit, puis chacun rentra chez lui un peu plus léger. Malgré une séparation harmonieuse, Alicia n’eût jamais le courage de lui écrire. L’envie ne lui avait pourtant pas manquée mais l’audace s’était envolée à chaque fois qu’elle prenait du papier et un stylo pour commencer sa lettre. Cependant, depuis ce jour, elle pensait souvent à lui et se reprochait à chaque fois sa lâcheté.

David et elle passèrent en cinquième et Michaël en troisième. Hervé n’était plus au collège et Alicia l’oublia encore plus facilement qu’elle ne l’aurait cru.

Que Michaël soit en troisième passait difficilement mais plus la fin de l’année approchait, plus c’était dur pour Alicia car elle savait qu’il lui restait de moins en moins de temps pour avoir sa chance. Cependant, elle restait consciente que l’examen était important pour lui et que pour rien au monde il ne laisserait une fille lui enlever ses chances de le réussir. Leur timidité respective était telle qu’aucun des deux n’osa faire le premier pas envers l’autre. Durant toute l’année scolaire, ils n’échangèrent pas un mot : regards furtifs et craintifs étaient leurs seuls moyens de s’apercevoir que l’autre était toujours là, mais quand leurs yeux avaient l’idée de se retenir les uns aux autres, Michaël faisait un petit sourire à Alicia qui tournait la tête ou baissait les yeux, rouge comme une pivoine. N’ayant aucune expérience dans de domaine de la séduction, elle n’osa pas essayer un seul des conseils qui lui étaient prodigués tellement elle était si peu sûre d’elle.

A la fin de l’année, pendant une heure de permanence, une surprise attendait Alicia alors qu’elle jouait aux cartes avec trois camarades. Joëlle et elle contre Virginie et Laetitia. Cette dernière ayant découvert leur signe de reconnaissance, Alicia et Joëlle durent changer de signe. Elles se levèrent et se dirigèrent vers les fenêtres, de l’autre côté de la pièce. Les fenêtres donnaient sur le portail d’entrée du collège situé sur la droite ainsi que sur le secrétariat et à la conciergerie situés sur la gauche. Alicia était adossée contre une fenêtre et Joëlle assise sur une table face à elle. Alicia exposait son idée à sa complice qui l’écoutait avec attention tout en regardant dehors de façon distraite. Voyant le regard de Joëlle se faire plus insistant et plus intéressé par ce qu’il y avait à l’extérieur qu‘à leur jeu, Alicia se retourna en se demandant ce qui pouvait l’intéresser autant puis elle vit Michaël. Depuis un mois que les troisièmes avaient la possibilité de travailler leurs examens chez eux, Alicia avait presque oublié le visage de Michaël. Elle se rappelait qu’il était beau mais en le revoyant, elle s’aperçut qu’elle était assez loin de la réalité. Elle fondit en le voyant, mais ses traits tirés lui firent mal au cœur. Elle aurait aimé passer sa main sur ce visage qui la faisait vraiment trop craquer, lui enlever cet air fatigué d’un geste tendre et amoureux. Mais au moment où elle se rendit compte que la séduction et la tendresse ne s’apprenaient pas, elle savait qu’elle n’avait alors plus aucune chance.

Même si elles avaient trouvé un autre signe, Alicia refusa de retourner s’asseoir avant qu’il ne soit parti. Elle savait que c’était une dernières fois qu’elle le voyait et voulait en profiter au maximum.

Pendant le jeu, Alicia se mit à rêver. Joëlle la tira de son rêve en lui demandant :

─ Raconte un peu, ça a l’air intéressant.

─ Tu veux vraiment que je te dise ?

─ Et moi aussi ! s’exclama Laëtitia. On est tes amies et des amies se doivent de tout partager. Peines, chagrins, joies et surtout les rêves et les bonheurs, alors dépêches-toi !

─ Et bien voilà. Une semaine avant de partir pour l’Italie, j’ai rêvé que Michaël venait aussi. Nous étions assis sur les marches d’une église. Le pire c’est qu’il faisait une drôle de tête. Il avait l’air… triste, fit-elle pensive. Non pas triste ; je dirais plutôt hésitant et songeur vraiment pris par ses réflexions.

─ Un peu comme tout à l’heure ? demanda Joëlle.

─ Un peu, oui, mais là c’est normal, il est en pleines révisions, c’est sérieux.

─ C’est vrai qu’être sérieux avec toi c’est très difficile alors… être pris par ses réflexions, il a dû jouer la comédie, non ? fit Virginie.

Brusquement, Alicia se tourna vers Virginie et lui fit comprendre que si ça ne l’intéressait pas elle pouvait toujours partir.

─ Bon, je reprends, fit-elle à Joëlle et Laetitia. Il faisait chaud et nous étions assis sur des marches à l’ombre d’une église. Il y avait un parterre de fleurs tout autours de nous. La majorité était rouge mais il y avait des petits groupes de fleurs jaunes qui coupaient. L’ensemble était très joli.

Ses trois camarades se regardèrent en échangeant un petit regard : elle était vraiment amoureuse. Ses propos, la façon dont elle s'exprimait et ce regard perdu indiquant qu’elle était entièrement repartie dans son rêve, le montraient sans équivoque possible pour qui la connaissait un peu.

─ A un moment, il se retourne vers moi, l’air grave. Il me prend les mains, les caresses, les regarde comme pour y puiser du courage. Il relève lentement la tête, me regarde droit dans les yeux, et là… là il me dit : « Ali… je t’aime ».

─ Et qu’est-ce que tu lui as répondu ? demanda Laëtitia.

─ Rien.

─ Qu’est-ce qui s’est passé après ? insista Joëlle.

─ Ma mère m’a réveillée, répondit-elle déçue.

A la mine qu’elle faisait, les trois filles éclatèrent de rire. La sonnerie retentit peu de temps après. Elles se dirigèrent ensemble vers le garage à vélos et attendirent le surveillant qui, comme d’habitude, arriva avec dix minutes de retard, mais aujourd’hui, elles n’étaient pas pressées de partir. Une bonne atmosphère régnait entre elles et aucune n’avait envie de la briser en quittant les autres, mais ayant récupéré leurs vélos et étant arrivées au portail, elles se dirent au revoir et se quittèrent.

 

Durant les vacances, Alicia finit par apprendre que Michaël avait réussi ses examens et qu’il était admis au lycée Toulouse-Lautrec. Elle fut heureuse pour lui mais était déçue. Même sans lui parler, quand il était encore au collège, elle pouvait au moins le voir et l’entendre. Car bien sûr, elle se débrouillait pour passer à côté de lui deux ou trois fois par récréation sans oser lui parler malgré les conseils de Nathalie, une camarade commune qui le connaissait depuis la maternelle et qui était présente à la piscine ce fameux jour de juin.

 

En septembre, Alicia passa en quatrième ainsi que David et son meilleur ami, Christophe Mimolette, un grand brun aux yeux verts. Ils furent tous les trois dans la même classe. Alicia devint amie avec une jeune rouquine qui répondait au nom de Céline Alibert. Virginie avait quitté le collège.

Après un mois et demi passé avec Alicia, Céline se décida enfin à lui confier son secret. Aussi, un soir en rentrant à la maison, elles en parlèrent. Devant ce trait de confiance, Alicia fit de même et lui raconta son début « d'histoire » avec Michaël, ou du moins ce qu'elle ressentait pour lui, dans les moindres détails.

 

Le mois de janvier approchait à grands pas, amenant avec lui l’anniversaire d’Alicia. Ses parents étant d’accord, elle organisa une surprise partie dans la salle à manger. Elle avait invité entre autres Céline, David et Christophe. Eux trois seulement savaient en quel honneur cette boum avait lieu. Sachant que David et Christophe étaient des amis du fameux Michaël, et qu’Alicia en était amoureuse depuis longtemps maintenant, Céline alla trouver les garçons et leur demanda de l’amener le jour de la fête. Christophe fut d’abord contre cette idée, mais David l’avait adoptée. Sachant que le jeune homme gardait un bon souvenir de la journée passée avec cette fille pleine d’entrain, il décida de tenter le coup en lui en parlant. Mais n’étant sûr de rien, il demanda à Céline de ne rien dire à Alicia, ni même de lui laisser sous-entendre quoi que ce soit. Il aimait beaucoup Céline mais savait que l’excitation lui faisait perdre le contrôle de sa langue.

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.