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Le but de l’équipage du Sauteur d’or, sous la houlette du capitaine Rovic : boucler un tour du monde. De leur monde, que surplombe une géante gazeuse. Arrivés dans un archipel lointain, ces explorateurs rencontrent un homme qui prétend venir de nulle part ailleurs que de l’espace. Et qui pourrait, peut-être, leur offrir la porte vers les étoiles…
Publié le : jeudi 27 septembre 2012
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EAN13 : 9782843444586
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
Nouvelle extraite du recueilLe Chant du barde, les meilleurs récits de Poul Andersonproposé et dirigé par Jean-Daniel Brèque. ISBN : 978-2-84344-457-9 Parution : septembre 2012 Version : 1.0 — 26/09/2012 © 1957 by Poul Anderson. © 2010, Le Bélial’ pour la traduction française © 2012, Le Bélial’, pour la présente édition Illustration de couverture © 2010, Caza.
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
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Titre original :The Longest VoyagePrix Hugo 1961 InAnalog Science Fiction/Science Fact, décembre 1960 Première publication française : inFiction n° 186(juin 1969) Nouvelle traduite de l’américain par Michel Deutsch Traduction révisée par Jean-Daniel Brèque pour la présente édition
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
Ce récit valut à Poul Anderson le premier de ses sept prix Hugo. Pour la première fois, sans doute, il parvenait à un degré de maîtrise dans l’art de la science-fiction qui le propulsait au rang de classique du genre. Une expédition terrienne fait naufrage sur une autre planète, en fait sur la lune d’une géante gazeuse. Les survivants sombrent dans la barbarie puis, au fil des générations, rebâtissent péniblement une civilisation, ou plutôt plusieurs. Vient alors un âge des découvertes, où les explorateurs d’un royaume éclairé sillonnent le globe à bord de leurs caravelles. Et dans une île sauvage du Sud les attend une surprise… Sans trop déflorer le sujet, soulignons la grande intelligence avec laquelle ce texte est construit : les habitants de ce monde vivent dans la crainte émerveillée de l’astre gigantesque qui dévore leur ciel ; de même, le souvenir de la planète mère — assimilée à un paradis perdu — imprègne toute leur culture ; et le narrateur, le jeune Zhean, est éperdu d’admiration pour le capitaine Rovic, à ses yeux un modèle en toute chose. Poul Anderson a réussi le prodige de tisser des correspondances entre l’individuel, le collectif et le cosmique. Au service d’un thème qui lui est cher : la liberté de choisir son destin.
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
QUAND, POUR LA PREMIÈRE FOIS, nous entendîmes parler du Vaisseau céleste, nous étions sur une île du nom de Yarzik, pour autant que les langues montaliriennes puissent se plier à reproduire d’aussi barbares syllabes. Près d’une année s’était écoulée depuis que leSauteur d’oravait quitté le port de Lavre et nous estimions avoir fait la moitié du tour du monde. Les goémons et les bernacles alourdissaient notre pauvre caravelle à tel point que, toutes voiles dehors, c’était à peine si elle parvenait à se traîner sur les flots. Le peu d’eau potable qui restait dans les tonneaux était verdâtre et fétide, les biscuits grouillaient d’asticots et les premiers signes de scorbut venaient d’apparaître chez certains des membres de l’équipage. « Quels que soient les risques, il faut aborder quelque part», avait décrété le capitaine Rovic. Je me rappelle avoir vu s’allumer une lueur dans ses yeux. Tout en caressant sa barbe rousse, il avait murmuré : « D’ailleurs, il y a longtemps que nous ne nous sommes enquis des Cités dorées. Peut-être, cette fois, recueillerons-nous des renseignements sur ces lieux. » Gardant le cap sur la planète ogresse, qui s’élevait chaque jour plus haut dans le ciel à mesure que nous avancions vers l’ouest, nous franchîmes une étendue d’eau si vaste qu’il y eut recrudescence de propos séditieux. Au fond de mon cœur, je ne pouvais blâmer l’équipage. Imaginez-vous, messeigneurs… des jours et des jours durant, nous ne voyions rien hormis les eaux bleues, l’écume blanche et les lointains nuages du firmament des tropiques ; nous n’entendions rien sinon le vent, le choc sourd des vagues, les craquements de la charpente et parfois, la nuit, une colossale aspiration accompagnée d’un impétueux clapotis quand un monstre marin crevait la surface des eaux. C’était par trop terrifiant pour de simples matelots, des hommes illettrés qui croyaient encore que le monde était plat. Mais, en outre, il y avait Tambur, éternellement suspendue au-dessus du beaupré, et qui poursuivait son ascension de sorte qu’un jour nous serions obligés de passer à l’aplomb de ce corps tumultueux… et les marins se demandaient à voix basse ce qui le maintenait dans le ciel. Un dieu courroucé n’allait-il pas le faire fondre sur nous ? Aussi une délégation de l’équipage se rendit-elle auprès du capitaine Rovic, des garçons rudes et robustes qui lui demandèrent fort timidement et respectueusement de faire demi-tour. Mais leurs camarades étaient massés sous la passerelle, corps musclés et noueux tannés par le soleil, vêtus de kilts en lambeaux, une dague ou un cabillot au poing. Certes, les officiers rassemblés sur la dunette étaient armés de sabres et de pistolets, mais nous n’étions que six, y compris le gamin effrayé que j’étais alors et le vieux Froad, l’astrologue, dont la robe et la barbe blanche inspiraient le respect mais qui n’eût guère été efficace dans un combat. Rovic observa un mutisme prolongé après que le porte-parole eut formulé l’exigence de l’équipage. Le silence s’épaississait et, bientôt, il n’y
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Poul Anderson – Le Chant du Barde
eut plus que la clameur du vent dans les haubans et le bruissement vide de l’océan roulant vers les frontières du monde. Grande était la magnificence de notre maître : il avait revêtu un justaucorps écarlate et chaussé des bottes à retroussis en apprenant que la délégation venait lui demander audience ; son casque et son corselet polis brillaient comme miroirs. Son plumet balayait l’éblouissante coiffure d’acier et les éclairs que lançaient ses bagues faisaient étinceler les rubis dont était incrusté le pommeau de son épée. Lorsqu’il prit enfin la parole, ce ne fut pas le beau langage d’un gentilhomme de la Cour qu’il employa mais le parler rustre de son enfance de petit pêcheur andayite. « Comme ça, on veut rebrousser chemin, les gars ? Avec ce vent favorable et ce chaud soleil, maintenant qu’on a fait la moitié du tour du globe ? Vous êtes indignes de vos pères ! Ne connaissez-vous donc point la légende ? Jadis, toutes choses se pliaient aux volontés des hommes et, s’il nous faut travailler aujourd’hui, c’est à cause de la paresse d’un homme d’Anday ! Car, voyez-vous, ça ne lui suffisait pas d’ordonner à sa hache de couper des arbres et à ses fagots de rentrer tout seuls à la maison : quand il leur a dit de le porter, Dieu s’est mis en colère et lui a retiré son pouvoir. Encore qu’il ait octroyé en compensation à tous les hommes d’Anday chance en mer, chance aux dés et chance en amour. Eh bien, qu’est-ce que vous voulez de plus, les gars ? » Éberlué par cette réponse, le porte-parole de la délégation se tordit les mains, rougit, jeta un coup d’œil sur le pont et répliqua en bredouillant que nous allions tous périr misérablement… de faim ou de soif, noyés ou écrasés sous cette horrible lune, à moins que nous ne basculions une fois parvenus au bord du monde… leSauteur d’orétait allé plus loin que tout autre vaisseau depuis la Chute de l’homme et, si nous rentrions immédiatement au port, notre gloire vivrait éternellement… « Mais, la gloire, est-ce que ça se mange, Etien ? rétorqua Rovic, toujours aimable et souriant. Nous avons affronté les sauvages et les tempêtes, oui-da, et nous avons aussi joyeusement ripaillé. Mais, que diable, nous n’avons pas vu la moindre Cité dorée alors que nous savons qu’elles nous attendent quelque part, bourrées de trésors promis à l’aventurier assez hardi pour les mettre à sac. Qu’as-tu donc dans les tripes, mon gars ? T’es-tu engagé pour une croisière d’agrément ? Que diront les étrangers ? Comme ils se gausseront si nous faisons demi-tour, les arrogants cavaliers de Sathayn et les pouilleux colporteurs de Woodland ! Et ce n’est pas seulement de nous qu’ils riront, mais de tous les habitants de Montalir ! » Ainsi les railla-t-il. Il ne toucha qu’une seule fois son épée, la tirant à moitié du fourreau, comme s’il pensait à autre chose, quand il leur rappela comment nous avions résisté à l’ouragan au large de Xingu ; mais ses interlocuteurs se remémorèrent la mutinerie qui avait suivi la tempête, au cours de laquelle cette même épée avait percé de part en part trois marins
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