M. de L'Espinasse (Jean-Pierre-Marie-Henri), colonel, député et représentant de la Haute-Garonne... (par Baric.)

De
Publié par

impr. de H. et C. Noblet ((Paris,)). 1851. L'Espinasse, de. In-8° , 15 p..
Les Documents issus des collections de la BnF ne peuvent faire l’objet que d’une utilisation privée, toute autre réutilisation des Documents doit faire l’objet d’une licence contractée avec la BnF.
Publié le : mercredi 1 janvier 1851
Lecture(s) : 27
Source : BnF/Gallica
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Nombre de pages : 15
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat

M. DE L'ESPINASSE
( JEAN-PIERRE-MARIE-HENRI ),
COLONEL, DÉPUTÉ, ET REPRÉSENTANT DE LA HAUTE-GARONNE,
Né à Toulouse, le 8 décembre 1784.
La famille de M. de l'Espinasse est originaire de la pro-
vince du Rouergue, où elle possédait en 1400 le château de
Saint-Paul, dans la vallée de Salles-la-Source, département
de l'Aveyron, qui est le patrimoine que se lèguent, depuis
des siècles, les héritiers d'un nom auquel ils ont tous eu
1351
2
soin d'attacher successivement le souvenir d'honorables ser-
vices rendus à la France, soit dans la magistrature, soit dans
les armées de terre ou de mer.
La maison de l'Espinasse établie en Rouergue, ainsi que
nous venons de le dire, depuis 1400, descendait de celle de
Jean de l'Espinasse, sire de Combroude, qui s'était allié à
celle de Blanche Dauphine, dame de Saint-Ilpise et de Com-
broude, nom qu'il ajouta au sien, pour devenir possesseur
des biens de cette maison.
Un cadet de la branche aînée de l'Espinasse, sire de Com-
broude, quitta l'Auvergne, où les siens résidaient, pour aller
servir en Guienne, sous le comte de Foix, avec ses francs ar-
chers; après maintes campagnes dans leQuercy et le Rouergue,
il s'établit dans cette dernière province, en épousant demoi-
selle de Saint-Hilaire, fille unique du dit, seigneur du château
de Saint-Paul au Bourg-Saint-Paul, bailliage de Rodez.
Les l'Espinasse de Combroude, ainsi que la branche éta-
blie en Rouergue, descendaient de Philibert de l'Espinasse,
surnommé le grand conseiller du roi Charles V, envoyé à
Bruges pour conclure une trêve avec le roi d'Angleterre, et
qui accompagna plus tard le sire de La Trémouille dans une
descente qu'il fit contre les Anglais (1 ).
(1) Voir le Dictionnaire Historique, tome VII, au mot Dauphin Bernard,
et le même ouvragé, au mot l'Espinasse.
3
Le père du colonel de l'Espinasse dont nous écrivons
l'histoire, et qui était né au château de Saint-Paul, fut un
des jurisconsultes les plus éminents du parlement de Tou-
louse, et les plus utilement consultés à l'époque mémorable
où Napoléon donna son Code civil à la France.
Il avait épousé, en 1783, Marie-Antoinette-Thérèse-Doro-
thée-Louise-Sophie-Joséphine de Fraysse, arrière-petite-
fille de Dom Samedio, marquis de Villalobos, vice-roi du
Pérou. Morte en 1786, elle laissa deux enfants, le colonel
de l'Espinasse dont nous nous proposons de retracer la vie,
et mademoiselle Marie-Antoinette-Thérèse de l'Espinasse,
dont nous aimerions à révéler les nobles qualités.
A cet âge de la vie où une vocation cesse d'être un con-
seil écouté pour devenir une inspiration obéie, M. de l'Es-
pinasse, s'animant aux récits de l'époque et s'abandon-
nant aux élans d'un coeur déjà tout rempli par l'amour de la
patrie, choisit la carrière des armes : il avait alors dix-huit
ans. Il sacrifia en ce moment les plus belles chances d'une
vie moins périlleuse, d'une existence plus facile; car, les
succès et l'expérience de son père aidant son aptitude, il
serait assurément parvenu bien vite aux positions les plus
élevées delà magistrature.
En 1 803, il rejoignit à Boulogne le 6e régiment de dra-
gons pour lequel il s'était fait inscrire comme enrôlé volon-
4
taire. Selon les projets de l'Empereur, le champ de bataille
devait être en Angleterre, mais des événements imprévus
le déplacèrent : Napoléon conduisit son armée en Alle-
magne.
M. de l'Espinasse reçut le baptême du feu à Ulm, et ses
premiers galons à Austerlitz, à cette bataille mémorable qui
fut suivie de cette proclamation :
« Soldats, je suis content de vous ! Il vous
« suffira de dire : J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour qu'on
« vous réponde : Voilà un brave ! »
En 1806, 1807, M. de l'Espinasse fit les campagnes de
Prusse et de Pologne. Il était à léna, où les succès de Na-
poléon furent complétés par la victoire de Davoust à Auer-
staed ; à Eylau, où les imprécations d'Augereau mourant
durent troubler un instant les rêves ambitieux du vainqueur.
« Un jour viendra, avait-il dit, où la France épuisée vous
refusera même des voeux ; » — à Friedland, où les Russes
perdirent quinze mille morts, soixante-dix pièces de canon
et trente drapeaux.
Pendant cette dernière campagne, le jeune maréchal-des-
logis d'Austerlitz reçut un second galon, et voici comment
il sut justifier cet avancement.
Le général de division Grpuchy l'avait choisi pour une
5
mission importante : un corps de cavalerie française était en
observation à Passenbeim, et il allait se trouver séparé de
l'armée, qui avait inopinément reçu l'ordre de se mettre en
marche; il fallait le faire prévenir de ce mouvement rétro-
grade et devancer les Cosaques qui s'approchaient pour cer-
ner celte petite ville. M. de l'Espinasse part seul et de nuit,
pour porter cet ordre de retraite ; il brave l'obscurité et le
froid, se glisse à travers les difficultés de toute nature jus-
qu'aux premières maisons de Passenheim; là, malgré la ra-
pidité de sa marche, il se trouve en face d'un poste d'enne-
mis qui l'a devancé ; il subit son feu, et son cheval, atteint par
les balles, tombe et roule avec son cavalier. Cependant M. de
l'Espinasse parvient à s'échapper; il connaît les sentiers qui,
parmi les glaces et les marais, conduisent, par une autre di-
rection, jusqu'à la ville ; il les suit, tantôt en rampant, tantôt
en franchissant des fossés, en escaladant des murs, et il par-
vient ainsi sain et sauf jusqu'au commandant des troupes fran-
çaises. Celui-ci averti des dangers, et pour se conformer d'ail-
leurs aux ordres qui viennent de lui être remis, se prépare à
évacuer Passenheim. Mais l'ennemi s'en est rapproché; le
départ est aussi dangereux que le séjour. Le jeune sous-offi-
cier ouvre un avis désespéré, il s'offre comme guide de la
colonne française; il est agréé, et son chef remplace, pour le
service qu'il va rendre, le cheval qu'il a perdu. Alors, à la tête

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.