Ma Campagne plébiscitaire dans les Deux-Sèvres, par M. Ad. Caillé,...

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impr. de Favre (Niort). 1870. In-8° , 16 p..
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Publié le : samedi 1 janvier 1870
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MA
CAMPAGNE PLÉBISCITAIRE
DANS
LES DEUX- SEVRES
Par M. Ad. CAILLÉ,
Conseiller Général du département des Deux-Sèvres, etc.
El quorum pars parva fui.
NIORT
TYPOGRAPHIE DE L. FAVRE
1870
MA CAMPAGNE PLÉBISCITAIRE
A MES CONCITOYENS
Du Département des Deux-Sèvres.
I.
LE PLÉBISCITE.
La Nation Française tout entière est appelée par le
Souverain qu'elle s'est donné, il y aura bientôt vingt
ans, à se prononcer solennellement et librement sur
ses destinées.
La dynastie des Napoléons, glorieuse entre toutes,
la Race que la France, eu des jours de confusion et
d'inquiétude profondes, a élevée sur le pavois, demande
au Peuple comme il entend être gouverné.
Acte magnanime, unique dans l'histoire, bien digne
du philosophe couronné qui règne aux Tuileries, bien
digne aussi de la noble et généreuse Nation dont il est
le chef légitime et populaire !
Tout le monde est intéressé dans la cause qui va se
juger. On ne s'étonnera donc pas, je l'espère, que je
me présente, à visage découvert, selon une vieille
habitude, pour la soutenir au point de vue que je crois
le meilleur. Investi, dans une limite modeste, mais
— 4 —
honorable, de la confiance de mes compatriotes, j'obéis
à un devoir de conscience et de position, en leur fai-
sant entendre, dans un moment suprême, l'expression
libre de mes libres sentiments.
Se dépouillant volontairement de l'autorité souve-
raine et prépondérante qu'il tenait de la confiance du
Peuple, l'Empereur fait à la Liberté une plus large part
dans la discussion et la gestion des affaires publiques.
A l'Autorité qui primait tout, il associe la Liberté. C'est
là un changement considérable qui place la France
dans des conditions d'existence toutes nouvelles.
Comme ce nouveau régime apporte des modifica-
tions profondes, radicales même, à la Constitution
autoritaire acclamée et votée par le Peuple, dans des
circonstances périlleuses et exceptionnelles, l'Empe-
reur, qui croit que « ce qui se fait en dehors du Peuple
est illégitime », lui demande d'approuver et d'appuyer
sa marche en avant.
Il n'est rien de plus grand, rien de plus noble, rien
de plus respectueux en même temps, pour la Souve-
raineté Nationale, pour le Suffrage Universel.
Dans ces dernières années, grâce à la paix sociale,
dont la Constitution autoritaire a fait jouir le Pays, à
l'ombre même de la sécurité qui en a été le bien-
faisant résultat, il s'est produit, dans certains esprits
et dans certaines couches de la Société, un mouve-
ment libéral assez prononcé, plus ou moins sincère.
Quelles qu'en fussent la portée et les visées, ce mou-
vement existait, et certes il en a été tenu grand compte,
puisque l'Empereur y a vu une manifestation sérieuse
d'opinion nationale, qui lui a paru mériter d'être écou-
tée avec déférence. Prenant ces aspirations, qu'il
croyait profondes, sinon générales, pour guide de sa
conduite, l'Empereur s'est tourné tout à fait du côté
— 5 —
de la Liberté ; il lui a tendu la main, et il l'a introduite
définitivement dans le Gouvernement et l'Administra-
tion du Pays.
Il était tout naturel de penser que les partisans les
plus déclarés, les prôneurs les plus loquaces de la
Liberté, accueilleraient avec enthousiasme et reconnais-
sance le retour de la noble Exilée, de la grande Absente,
comme ils l'appelaient dans leur rhétorique. Ce retour,
qui comblait leurs voeux les plus ardents et les plus
chers, devait, ce semble, mettre fin à leurs objurga-
tions, à leurs plaintes, à leurs rancunes, a leurs injus-
tices, à leurs attaques. C'est le contraire qui est arrivé
On a jeté dans la gueule du Cerbère révolutionnaire un
gâteau de miel énorme, bien démocratisé, comme il
n'en avait pas mangé depuis longtemps, et Cerbère fait
le difficile; il ne veut pas l'avaler; il est plus mena-
çant, plus hurlant que jamais !
Savez-vous, mes chers concitoyens, ce que signifie
cette conduite de l'Opposition ? Elle vous paraît
étrange ; elle est pourtant très logique. Elle signifie
que, pour les ennemis du Gouvernement Impérial, qui
sont en même temps, sous quelque drapeau et sous
quelques couleurs qu'ils marchent, les ennemis de la
paix et de la prospérité publiques, comme ils sont aussi
les contempteurs de la Volonté Nationale, la Liberté
n'est qu'un cri de guerre, un mot de ralliement, un
outil d'opposition, une machine à révolution. Ces gens-
là, voyez-vous, sont des Tartuffes de liberté ; ils n'en
ont pas la foi ; ils ne l'aiment pas pour elle-même,
mais bien en vue de la perpétration de desseins mau-
vais. Ils s'en servent comme d'us miroir pour attirer
le Peuple, le tromper et l'exploiter au profit de leurs
rancunes et de leurs ambitions. C'est un leurre cynique.
Aussi, comme ils se sentent déroutés en présence
— 6 —
de cette Constitution éminemment libérale que l'Em-
pereur présente au Peuple Français, non plus cette fois
la main sur la garde de son épée, comme aux jours
troublés de 1851 et de 1852, mais la main sur le
coeur et le sourire de la confiance aux lèvres !
Cette Constitution est en elle-même toute une révo-
lution, mais une révolution pacifique, qui ne laissera
après elle ni larmes ni ruines, qui fécondera le sol au
lieu de le stériliser, qui accroîtra la richesse publique
au lieu d'en tarir les sources et d'en arrêter le cours.
Elle consolidera, elle consacrera de nouveau, avec solen-
nité et autorité, ce que les hommes de l'Opposition veu-
lent abattre, ce qu'ils veulent détruire, l'Empereur et
l'Empire.
La question posée par le Souverain est bien simple ;
elle ne réclame qu'une solution constitutionnelle. Les
révolutionnaires de toutes nuances et de toutes prove-
nances, unis et associés, malgré les divergences exces-
sives de leurs principes et de leur but final, pour une
oeuvre de négation, se sont empressés de dénaturer
cette question pourtant si claire ; ils l'ont travestie et
accommodée au gré de leurs désirs et de leurs desseins.
Ce qui a été fait par le Peuple, dans le libre et irrésis-
tible exercice de ses droits, ils le nient et rêvent de
l'anéantir. On leur demande de concourir, avec la masse
de la Nation, à l'établissement de la Liberté organisée,
parlante, agissante ; ils répondent qu'ils n'en veulent
pas avec l'Empire. Aux oui des Conservateurs, aux oui
des honnêtes gens, aux oui des amis sincères d'un gou-
vernement sainement et fortement libéral, ils conseil-
lent d'opposer et il? disent qu'ils opposeront un non
révolutionnaire, un non de discorde et d'anarchie, un
non de guerre civile et de guerre sociale. A l'Empire
libéral, à l'Empire conciliateur et pacificateur, ils oppo-

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