Ma terre natale

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Carrouges, paisible contrée de l’Orne, en Basse-Normandie, sise à la croisée des chemins Montois et de Compostelle, fut le berceau de personnages au destin incroyable, demeurés méconnus. C’est pourquoi, l’auteure, originaire de cette terre, a choisi de partir à la recherche de ces oubliés de l’Histoire afin d’exhumer leurs destinées insolites telles celle du Père Pichon, directeur de conscience de sainte Thérèse de Lisieux, celle de Jean Le Veneur, Grand Aumônier de François 1er, sans qui Jacques Cartier n’aurait jamais pu découvrir le Canada, celle de Théophile Anger, médecin de Napoléon III ou encore de Jean Héron, chef du réseau de Résistance « Arc en Ciel » pour la Basse-Normandie.
Vous ne manquerez pas d’être captivé par le récit des aventures de Pierre Millet, grognard de la Grande Armée de Napoléon Bonaparte ou celles, non moins romanesques, de Tanneguy II Le Veneur, Ambassadeur de France en Angleterre au temps des Mousquetaires, voire, celles du Général Leveneur qui côtoya le fameux La Fayette dont Michel Le Royer, autre natif de Carrouges, interpréta le rôle à l’écran en 1962.
Voici quelques unes des trente personnalités figurant dans ce livre que nous vous laissons le soin de découvrir.


Publié le : vendredi 5 septembre 2014
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EAN13 : 9782332751843
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ISBN numérique : 978-2-332-75182-9

 

© Edilivre, 2014

Du même auteur

 


Du même auteur :

« Manus Deï »

L’Amour à l’épreuve de l’épée

Citation

« Ce n’est pas un malheur d’être méconnu des hommes, mais c’est un malheur de les méconnaître. »

Confucius

Carrouges a vu naître des personnages dont l’Histoire a conservé une trace. Ces Carrougiens plus ou moins célèbres, illustres ou mémorables, ont marqué, urbi et orbi, leur temps et imprimé leur empreinte parfois trop discrètement dans l’histoire de notre contrée, aussi est-il important qu’ils ne disparaissent pas de notre mémoire collective.

La renommée de ces Carrougiens qui excellèrent à travers leur humanité mise au service de leurs concitoyens sans forcément de reconnaissance posthume, leur vaut l’honneur de figurer dans ce Panthéon Carrougien.

Au fil des pages de ces biographies, chacun pourra découvrir ces hommes qui prêchèrent, soignèrent, recherchèrent, forgèrent, enseignèrent, éduquèrent, versifièrent, composèrent, prièrent, haranguèrent, défendirent, découvrirent, combattirent, bâtirent, administrèrent, réformèrent, égayèrent, se dévouèrent, s’expatrièrent. Nous leur devons le respect et maints chefs-d’œuvre littéraires ou artistiques, monuments ou tout ce qui fait la notoriété, l’âme et le charme d’une cité fière de ses racines.

L’auteur espère ainsi les sortir de l’oubli et leur rendre hommage pour l’honneur qu’ils font retomber sur leur terre natale.

CARROUGES

Situé en Basse-Normandie, à la croisée des chemins Montois et de ceux de Compostelle en venant des plages normandes, à une vingtaine de km d’Alençon, d’Argentan et de Bagnoles de l’Orne, siège du Parc Naturel Normandie Maine, Carrouges est un lieu paisible du bocage Ornais, niché au cœur de prairies verdoyantes sillonnées de chemins creux bordés de haies, parsemé de sous-bois et d’étangs qui font le charme de ce territoire où la forêt est reine.

Celle de Monthard, qui lui fait face au sud-ouest, est serpentée de rus, ruisselés et ruisseaux qui y prennent source à peu de distance les uns des autres pour s’échapper, tel le ruisseau de « la marre à Champion » dans la Doucelle pour alimenter la rivière du Tilleul qui rejoint le lit de la Mayenne puis le fleuve « la Loire » avant de se jeter dans l’Océan Atlantique, ou comme celui de Rohan qui s’écoule dans Udon, contourne Carrouges et s’en va grossir le cours de l’Orne à Ecouché et suivre son courant jusqu’à se déverser dans la Manche.

Établi sur cette éminence de la ligne de partage des eaux entre la Manche et l’Atlantique, Carrouges fut déjà la frontière entre les tribus gauloises des Essuviis et celle des Cénomans, avant d’être la limite régionale entre la Normandie et le Maine ainsi qu’entre les départements de l’Orne et de la Mayenne. Ce chef-lieu de canton du Bocage Carrougien y culmine entre la forêt d’Andaine et celle d’Ecouves, sur les hauteurs de ce massif armoricain qui domine tout le grand Ouest de la France.

Ancien quadrivium d’un sol martial où stationnèrent en leurs temps les légions romaines, puis oppidum défensif situé sur les chemins archangéliques à la frontière méridionale du duché normand érigé par les aïeux de Guillaume le Conquérant, le châtel primitif, qui possédait une chapelle dédiée à saint Jacques de Compostelle, fut vainement assiégé à la fin septembre 1136 par l’importante armée de soldats aguerris du comte d’Anjou « Geoffroy Plantagenêt », réputé être un habile stratège.

En revanche, au début de la Guerre de Cent Ans, soit 150 ans après que l’affreux Jean-sans-Terre, alors duc de Normandie, eut cédé le duché au roi Philippe Auguste, cette forteresse subit les affres des querelles Anglo-Navarraises contre le roi de France.

Vers 1370, n’ayant plus la nécessité de défendre les frontières d’un duché rattaché au royaume de France, le Seigneur du lieu, « Jehan IV de Carrouges », fit rebâtir en contrebas du coteau, un château de briques rouges dont subsistent une partie de l’aile ouest avec son donjon et ailleurs des fondations et pans de murs de courtines sur lesquelles fut remonté à la fin de la Guerre de Cent Ans, le château que nous admirons encore aujourd’hui.

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Préface

« Je cesse d’espérer et commence de vivre »

Corneille

Quelle grande histoire, quel scénario, quelle distribution !

Dans ma mémoire, dans mon cœur, « Mon Carrouges » pourrait se chanter comme le « Mon Toulouse » de Claude Nougaro.

Votre livre, chère Mary Cousin, le prénom de ma mère, me touche et m’émeut profondément.

Il éclaire tous mes souvenirs.

Mis au monde à Carrouges par le docteur Tremblin pendant une panne d’électricité, j’y ai grandi ; élève de l’école primaire sous l’autorité de madame Louvel ; enfant de chœur dirigé par le père Vaucanu qui tous les vendredis midi, venait savourer à la maison une timbale de macaronis magnifiquement préparée par ma mère, tout en nous enseignant que la gourmandise n’est pas un péché bien grave quand on sait apprécier ce que l’on mange.

Il faut bien le dire, j’étais un gamin turbulent, aventureux. Souvent je jouais dans le garage de mon père avec un employé, qui m’apprenait des mots bien coquins. Il s’appelait Roland Robbes. Vous en parlez dans votre chapitre sur « la tondue de la Libération » Il a terriblement souffert lors de son arrestation par la gestapo.

Oui, à sept ans, je les ai vu arriver ces Messieurs « vert de gris » par la route de Sées.

« 39-44 », période si difficile. J’ai travaillé le mieux possible, en bon élève. J’ai aussi beaucoup bougé à travers cette campagne ornaise que j’aime tant, recherchant avec plaisir les animaux et les insectes qui me passionnaient.

Puis, je passais des après-midi, plein de curiosité avec mon copain Coco Debout, le fils du gardien du château de Carrouges. Accompagnés de l’envold’oiseaux nocturnes, nous explorions, dans les combles, les trésors cachés là par la Bibliothèque Nationale et des Musées comme le Louvre ou celui de Rouen.

Puis accompagnant mon père, ce fut le départ de Carrouges pour la Ferté Macé, puis Flers. Celui-ci était ingénieur chez Luchaire, l’usine de guerre située à Messey.

Arriva ensuite le 6 Juin 1944, le débarquement, le bombardement à 19 h 30 de Flers, la grande bataille de Normandie, puis le général Patton à Joué du Bois, Leclerc filant vers Alençon, Montgomery à Falaise et la libération puis enfin Paris.

Et ce fut la rupture. Mon projet d’enfant de devenir vétérinaire fut balayé par l’appel d’être comédien. Ce qui fut fait.

A la lecture de votre livre, j’ai l’impression troublante qu’un fil conducteur tissé par Carrouges m’a imposé ce choix.

J’y ai découvret que beaucoup des personnages que j’ai interprétés, avaient souvent un rapport plus ou moins proche avec ces personnalités natives de Carrouges qui ont fait l’histoire. Je pense au Duc d’Alençon (dans le Jehanne d’Arc de Charles Peguy), à D’Artagnan, Lafayette, Flambeau (Le grognard de l’Aiglon), etc etc…

Oui, ces Carrougiens, oh combien célèbres, se débattant dans des situations historiques, lyriques, poétiques, admirables, appartiennent au souvenir populaire et c’était Madame, justice de leur rendre hommage.

Ai-je voulu, moi le plus humble d’entre eux, les imiter ! Je ne sais ?

Ce dont je suis certain, c’est qu’il y a des rôles qui nourrissent et enrichissent et ce ne sont pas les plus faciles certes mais toutes ces voix anciennes nous habitent et ce sont de beaux cadeaux.

Votre livre, Madame, est de ceux là.

Michel Le Royer

I
La fée de Carrouges
Entre légende et réalité

Ralph de Krouges
Vers l’an 1100

A l’origine de ce récit qui n’a rien d’un conte de fée se trouve une triste histoire de famille qui donna lieu à moult dits, odes ou déclamations de ménestrels pour devenir cette légende de la Fée de Carrouges qu’aimaient à conter au cours de banquets et de tournois, les seigneurs du Comté, tels Jehan II d’Alençon « Le gentil duc de Jehanne d’Arc » dont l’historiographe, Robert de Cagny, était l’époux d’une dame de Carrouges.

Le Château de Carrouges est une fort belle demeure dont certaines parties remontent au 14e siècle, et sont le fait du chevalier Jehan IV de Carrouges. Après la Guerre de Cent Ans, le grand Sénéchal de Normandie, Seigneur du lieu, Jehan Blosset, époux de l’héritière de Jehan IV, y reçut le Roi Louis XI qui l’avait fait chef de sa garde rapprochée.

Cent ans plus tard, Le Comte Tanneguy Le Veneur, héritier de Marie Blosset, y accueillit la reine Catherine de Médicis et ses jeunes enfants Charles IX et Henri III, en chemin vers le Mont-Saint-Michel.

Cette noble famille Le Veneur occupera, aussi bien sous la Monarchie, l’Empire que sous les Républiques, de très hautes fonctions et charges même épiscopales. Cependant c’est bien avant cette époque que se déroula cette triste affaire qui ensanglanta le blason des seigneurs du lieu.

Le Comte Ralph, Seigneur de Carrouges, était un beau et valeureux chevalier chargé de défendre le Duché de Normandie contre les invasions éventuelles des Angevins ou des Seigneurs du Maine, ses voisins, via le poste frontalier qu’était son château fort. Il avait épousé la fille d’un seigneur voisin, la comtesse Louise de la Motte-Fouquet, fort jolie du reste et parée de toutes les qualités du cœur et de l’esprit. Et après huit ans de mariage, une seule chose ternissait leur bonheur : « Elle ne lui avait point encore donné d’enfant ».

Aussi, quelle ne fut pas la joie de Ralph à l’annonce de la grossesse de son épouse ! Il décida sur-le-champ de convier tous les seigneurs voisins et ses amis chevaliers à venir festoyer quelques jours au château pour marquer l’événement. Au programme, chasses sur ses terres, détentes et ripailles, jeux, jongleries et ménestrandie. Le dernier jour, le comte décida d’une grande chasse au gros gibier qui durerait jusqu’au soir.

Dés l’aube, les veneurs, cors en bandoulière, avaient découplé les chiens. Ceux-ci flairèrent rapidement une piste et levèrent un dix-cors rusé et agile ; le genre de cerf qui met à l’épreuve la résistance et l’habileté des chasseurs. Au bout du jour, ces derniers, épuisés, abandonnèrent les uns après les autres la poursuite afin de ne pas rater l’ultime banquet. Seul, le comte Ralph, obstiné et fier, ne s’avouait pas vaincu et poursuivait le dix-cors qui l’emmena aux confins de la forêt de la Motte.

Il finit par se retrouver au fond d’une vallée ombragée et fraîche où coulait une petite rivière « La Gourbe » que le comte suivit et qui l’amena bientôt au milieu d’une clairière plantée de grands arbres en quinconce autour d’une petite chapelle.

Alors qu’il laissait son destrier se désaltérer à l’eau de la fontaine qui murmurait juste derrière l’édifice, il perçut des bruissements sous les feuillages. Promptement il enfourcha sa monture : « Il le ramènerait coûte que coûte, son dix-cors, en l’honneur de son futur héritier ! Il était déjà venu à bout d’ennemis bien plus redoutables ! pensa-t-il. Il lui semblait que son cerf remontait le cours du ruisseau et s’enfoncer aux creux de gorges dont les berges devenaient difficilement praticables. Des blocs éboulés venant des escarpements rocheux où semblaient se dissimuler des sortes de grottes, rendaient le terrain trop pénible aux sabots de son cheval.

Ralph mit pied à terre tout en s’extasiant sur la splendeur sauvage de ce coin de forêt que son épouse avait négligé de lui faire découvrir. Il songeait à lui en faire la remarque quand un murmure cristallin attira son attention.

Il remarqua des nuées légères s’élevant au milieu d’un bassin naturel et distingua une ravissante créature qui s’y baignait en chantant et dansant joliment dans les vapeurs chaudes.

C’était un enchantement de la voir ainsi onduler avec souplesse et grâce et le comte fut aussitôt charmé.

Aussi, quand la déesse des eaux l’aperçut et l’invita à venir la rejoindre, sans hésitation, Ralph se laissa entraîner, ravi, dans le tourbillon des eaux.

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Quand Ralph revint au château, une frange dorée à l’Orient annonçait le lever du soleil. Il expliqua à son épouse en pleurs, qu’il avait dû passer la nuit dans la chaumière d’un bûcheron après s’être égaré en suivant son cerf. Seulement, le soir venu, il courait déjà rejoindre en secret l’enchanteresse.

Pendant un temps il put s’échapper sans que nul n’en sût rien, mais une nuit, Louise fut prise de douleurs et pria ses servantes d’aller quérir son mari. Oh, stupeur, l’on découvrit sa couche vide. Intriguée et inquiète, le soir suivant, la comtesse fit le guet et constata les escapades nocturnes de son époux. Elle résolut de le suivre et découvrit son infortune.

La jalousie l’envahit aussitôt mais elle attendit pourtant que la nymphe se retrouvât seule pour jaillir et la poignarder en plein cœur. Sa rivale émit un long gémissement tout en la maudissant et s’écroula dans la fontaine avant de disparaître dans les nuées blafardes.

Satisfaite, la châtelaine regagna promptement sa demeure. Malheureusement, elle y apprit avec horreur que son époux venait d’être retrouvé sans vie dans sa chambre, une fine blessure dans la poitrine. Louise fut au désespoir. Des fièvres ardentes au cours desquelles elle prétendait qu’une tache se sang l’aveuglait, troublèrent son sommeil et au matin elle accoucha d’un fils, baptisé Karl, beau comme son père, mais avec une tache rouge au milieu du front.

C’était la marque de la malédiction. Celle-ci frappa les héritiers de Ralph et de Louise jusqu’à la septième génération. La naissance d’une fille à qui la tache fut épargnée, mit fin à la malédiction.

*
* *

Voilà l’histoire de la dernière des fées normandes. On prétend que le nom de Carrouges, porté depuis par la famille de Ralph et par le village où cette famille résida, aurait été donné en souvenir de ces événements et de la naissance de Karl le rouge.

Car-rouge signifierait ainsi chair sanglante, chair rouge.

En fait, Carrouges doit son nom à l’origine latine « Quadrivium » qui signifiait carrefour, et qui a donné en langue d’oc carroy comme à Chinon et en langue d’oïl carroge. Le nom a pris, par extension, le sens de place publique et de réunion.

Dans les faits, le comte Ralph qui s’était un peu trop aventuré dans les bois de son épouse en suivant son grand cerf, avait bien abouti à la chapelle Saint-Antoine puis en remontant le cours d’eau qui serpentait aux abords, il parvint aux grottes de la dite Fée Gisèle.

Sorcière, diseuse de bonne aventure, toucheuse ou guérisseuse, quel que soit le nom qu’on lui attribuait, elle soulageait les maux avec ses décoctions de plantes et avec le concours de « baignements » dans les sources chaudes des gorges de Villiers à une lieue de celles de Bagnoles de l’Orne.

Le comte Ralph, qui se remettait difficilement de sa blessure à la cuisse suite à un coup d’épée reçu à la bataille de Tinchebray, fut ravi des soins que lui prodigua la dame des eaux, quel que fut son nom.

Il revint la voir à plusieurs reprises sans prendre gare qu’en se rendant à ses soins, il passait en pays de Maine, traversant de la sorte les bois des Seigneurs de « la Doucelle ». Ces derniers pensèrent qu’il venait chassait le gibier qu’ils défendaient avec hargne surtout contre les normands. Le troisième passage fut le dernier de Ralph qu’on retrouva au matin sans vie à la lisière du bois de Monthard, avec une blessure de flèche en forme de K réputé appartenir aux « La Doucelle », entre les deux yeux.

La Comtesse Louise de la Motte, en découvrant son époux ainsi, fut tant choquée qu’elle fut prise de fièvre et accoucha prématurément d’un enfant qui porta au front, le même stigmate que son père.

L’histoire de Louise restera inscrite dans les annales de la famille et elle resurgira au 19e siècle dans un conte intitulé « ondine » de :

Freidrich Heinrich Karl de la Motte-Fouqué.

En effet, la famille de la Comtesse de la Motte-Fouquet, convertie à la religion réformée, émigra en Allemagne (en y perdant son « t »), pour fuir les exactions de la Sainte Ligue pendant les guerres de religion.

Friedrich Heinrich « Karl » (prénom du fils de Louise), auteur romantique allemand du 18e siècle est un descendant de la famille de « notre Louise » dame de Carrouges, à laquelle il dédia son ode « Ondine » dit-on, car la légende liée à son ancêtre ne manqua jamais d’être transmise de génération en génération dans la famille. Louise était aussi le prénom de la mère dudit poète (heureuse coïncidence, non !).

Dans sa version, Ondine est une nymphe, une fille des eaux, qui avec ses pouvoirs surnaturels commande aux éléments. Elle tombe amoureuse du chevalier Hans, et veut vivre cet amour dans le monde des humains. Le chevalier tombe lui aussi sous son charme, et le roi des Ondins passe alors un pacte avec Ondine : elle peut partir vivre son amour humain, mais si Hans la trompe, il mourra et elle-même retournera au lac, perdant le souvenir de son existence terrestre…

Freidrich était né le 12 février 1777 à Brandebourg-sur-la-Havel. Petit-fils d’Heinrich August de la Motte-Fouqué, l’un des généraux de Frédéric Le Grand, fils unique d’Heinrich Karl, officier dans l’armée prussienne, filleul de Frédéric II, La Motte-Fouqué veut lui aussi devenir officier, mais sa mère Louise Von Schlegel, qui est issue d’une ancienne famille noble Allemande, le dirige vers des études universitaires en science et en droit à Halles. Il finira par les abandonner pour entrer dans l’armée. Parvenu au grade de Cornette dés l’âge de 17 ans, il prend part à la campagne du Rhin en 1794. En 1798, il épouse Marianne Von Schubart, mais ce mariage n’est pas heureux et se conclut par un divorce en 1802. Malgré tout, il lui cède l’ensemble de sa fortune, afin qu’elle ne retrouve pas une position dépendante auprès de son père.

À Weimar, il rencontre Goethe, Schiller et Herder. En 1803, il épouse Caroline Von Briest, avec laquelle il a une fille, Marie. Il donne alors sa démission de l’armée, et le couple s’installe à Nennhause où tous deux se consacrent alors à la littérature. Ses premiers écrits publiés en 1804 sous le pseudonyme de « Pellegrin », dévoilent le style que son activité littéraire va prendre ; ses centres d’intérêt portent sur la chevalerie médiévale et la mythologie nordique.

Entre 1810 et 1815, sa popularité est à son faîte. Ses nombreux écrits sortent à un rythme extraordinaire. Ondine, qui paraît vers 1811, est l’un des plus charmants et l’un des seuls qui ait encore une vie aujourd’hui. Il fut la source d’inspiration entres autre de deux opéras d’Hoffmann et d’Albert Lortzing.

En 1813, l’année de la révolte contre Napoléon, il sert comme lieutenant des chasseurs à cheval du régiment de Brandebourg. Sa santé le contraint ensuite à quitter l’armée avec le grade de major de cavalerie. Plus tard, il sera fait chevalier de l’Aigle rouge. Ce nouveau patriotisme permet la révélation de ses œuvres auprès du public allemand.

À partir de 1820, dans la froide lumière de l’âge post-romantique, ses œuvres n’ont plus la cote et ses ennemis l’affublent du sobriquet de « Don Quichotte du romantisme »

Après la mort de sa femme Caroline en 1831, Fouqué obtient une place de lecteur à l’université de Halle-sur-Saale, où il donne des cours de littérature et de poésie. Puis, le 25 avril 1833, il se remarie avec Albertine Tode, jeune fille d’un officier suédois. En 1839, il a un fils, Friedrich Wilhelm Karl, qui a pour parrains le roi et le prince royal. En 1843, un second fils, Wilhelm Waldemar Friedrich, voit le jour, six jours après la mort de son père, survenue le 23 janvier 1843. Il est enterré au cimetière de Berlin.

JEAN GIRAUDOUX (1882-1944)

C’est le conte de Friedrich de La Motte-Fouqué qui inspira Ondine à Jean Giraudoux. Cette pièce en trois actes a été créée au théâtre de l’Athénée le 4 mai 1939 dans une mise en scène de Louis Jouvet avec Madeleine Ozeray dans le rôle-titre. Elle connut dès sa sortie un grand succès mais ne fut jouée que soixante-huit fois en raison de la guerre.

« Ondine » fut la pièce de Jean Giraudoux la plus jouée par la troupe de Jouvet. Le thème de la nixe qui cherche à s’incarner dans l’humain mais qui en perçoit vite les limites et les hypocrisies est un topos du conte merveilleux.

Le dramaturge a trouvé là une occasion de représenter les rapports impossibles de l’homme et de la femme, dans une féerie théâtrale où la fantaisie se mêle à la rigueur de la tragédie classique.

La féerie tient d’abord à ce qu’on nous dit d’Ondine, de son origine obscure et de la souveraineté qu’elle manifeste parmi les eaux. Elle est aussi directement présente sur la scène par les voix mystérieuses qui viennent du royaume des Ondins et qui jouent un rôle fondamental dans l’enjeu dramatique. Giraudoux ne cherche pas à rajeunir les stéréotypes qui font la loi du genre.

Son originalité tiendrait plutôt à ce mélange constant qu’il crée entre la féerie et le prosaïsme.

Ainsi de cette confrontation entre le sublime et le grotesque naît un humour où se reconnaît le ton bien particulier de Giraudoux :

Les mondes d’Ondine et Hans sont présentés de manière constamment antagoniste. Malgré son attirance pour le monde humain, Ondine en perçoit les limites, voire les mensonges, et c’est ce qui noue l’intrigue et lui donne sa tension dramatique

HANS CHRISTIAN ANDERSEN

C’est encore l’Ondine de Friedrich de La Motte-Fouqué qui inspira Andersen. Et c’est sous cette forme d’« Ondine » et non pas « de Sirène grecque » que nos fées des eaux ont traversé le temps et gagné l’époque des Contes de Fées du XIXe siècle. Mais ces nymphes danoises, germaniques ou parfois celtiques que sont « les Ondines » donneront vie à une deuxième génération de jeune femme-poisson immortelle magnifique et romantique, avec la reprise par le poète Danois « Hans Christian Andersen » de ce thème dans son conte le plus célèbre, celui de « La Petite Sirène ».

Dans sa jeunesse, Andersen lit régulièrement les nouvelles de l’écrivain allemand Friedrich de La Motte-Fouqué paru en 1811, et celui qui retient le plus son attention c’est « Ondine ». Alors il l’adaptera en y intégrant des thèmes de contes populaires danois.

C’est ainsi que dès les deux premiers siècles de son existence, « sa sirène » mène une vie d’amusement et de loisir en explorant l’océan. Mais après tout ce temps, elle est frappée d’une étrange langueur… Certes elle est à moitié poisson mais elle a un cœur de femme qui demande a trouver un homme pour l’aimer et s’en faire aimer.

Le conte peut être lu à la lumière de la propre expérience de l’auteur. Comme la Petite Sirène, Andersen, qu’on a décrit comme un homme au physique étrange, est un être seul, amoureux quatre fois dans sa vie, mais sans succès. Dans la société danoise du début du XIXe siècle, il est presque impossible d’accéder aux classes supérieures si l’on n’y est pas bien né, à moins d’avoir des dons artistiques inhabituels (le talent d’écrivain pour Andersen).

Mais, fils d’un cordonnier et d’une lavandière, il est embarrassé par ses origines prolétaires et ne se considère à aucun moment comme un membre à part entière du groupe social auquel il aspire. De la même façon, la Petite Sirène se met au service du prince, mais celui-ci n’apprécie jamais totalement sa valeur, malgré sa beauté, son intelligence, sa sensibilité et ses talents de danseuse.

L’irrépressible besoin d’évasion de son héroïne (Andersen lui-même étouffait dans son petit Danemark) son désir de changer de vie et le prix à payer pour cette transformation lui donnent une dimension pathétique… tout comme l’est la statue qui garde l’entrée du port de la capitale Danoise de Copenhague, jeune femme poisson triste et seule sur son rocher à attendre l’amour dans son éternité de pierre…

La Petite Sirène

L’adaptation cinématographique du conte d’Andersen par la Walt Disney Company, réalisée en 1989, s’écarte considérablement de l’esprit originel du conte ; les thèmes de la mort et de la vie éternelle, notamment, sont occultés. Dans le conte, la Petite Sirène souhaite, à travers l’amour, acquérir une âme immortelle ; il faut qu’un homme l’aime plus que père et mère et l’épouse pour qu’elle devienne humaine. Dans le film, l’héroïne recherche simplement l’amour, qui se réduit à un simple baiser.

Enfin, alors que l’univers du conte d’Andersen est presque uniquement féminin, dans le film l’image masculine est très présente. Le prince, sauvé par la Petite Sirène, la sauve à son tour : l’homme retrouve ainsi l’image convenue de la force, de la virilité et du pouvoir.

Conclusion

Ainsi donc, voici comment une légende moyenâgeuse, celle de notre « Fée de Carrouges », inspirée de la vie de la Dame de Carrouges « Louise de la Motte Fouquet », traversa les époques, la littérature et au gré de l’imagination des auteurs, renaîtra et s’immortalisera dans un des plus beaux dessins animés de nos temps moderne qui n’aurait sans doute jamais vu le jour sans elle.

II
L’Amour à l’épreuve du Duel

« Jehan IV de Carrouges »

Ses armes « De gueules fleurdelisées d’argent »

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A Paris, près de l’église Saint-Nicolas, autrefois simple chapelle destinée aux serviteurs du monastère voisin, était un établissement bien convenable placé sur une terre d’église : « l’Abbaye Saint-Martin-des-Champs » qui possédait une prison, dont on voit encore une tourelle rue Saint-Martin au coin de la rue du Vertbois, ainsi qu’un champ clos. Toujours ouvert, toujours sablé, toujours entouré de sa double barrière, de ses échafauds et de ses gradins, c’est là où se distrayaient le roi, les juges du camp, les dames – hé oui !, les gens de la cour et le peuple venaient au spectacle des duels judiciaires ordonnés par le prince ou le parlement lui-même – c’est là, disais-je, qu’en vertu d’un ordre de cette cour de justice – et elle oubliait profondément sa haute mission en commandant à des hommes de se faire justice eux-mêmes – c’est là qu’eut lieu, en présence du jeune roi Charles VI le fameux duel de Jacques Le Gris et Jean de Carrouges en 1386.

Le sort des armes devait déclarer franc et loyal l’innocent, le juste… ou le plus fou et le plus habile !!! Croyons bien que, pendant ces scènes, les moines étaient en prière et qu’après avoir accompli leurs saintes fonctions, ils allaient relever les corps mutilés pour leur donner sépulture, ainsi, sans doute, qu’à tous les malheureux qui furent massacrés dans la prison de l’Abbaye Saint-Martin-des-Champs.

En cette matinée glacée du 29 décembre 1386, la foule afflue vers le monastère. Autour du champ clos, les curieux se pressent, attendant le roi Charles VI et, surtout, les deux seigneurs normands qui vont se battre à mort ce jour-là : Jean de Carrouges et Jacques Le Gris. Au terme d’une année de procès Jean de Carrouges a résolu de faire appel au jugement divin. Celui qui sortira vainqueur du duel judiciaire verra sa cause reconnue et son honneur lavé ; le vaincu, lui, sera réputé menteur à la face de Dieu et des hommes, et son corps transporté au gibet de Montfaucon pour y être pendu.

Voilà des années que notre seigneur de Carrouges subit les malveillances de son voisin Le Gris, le favori du duc Pierre II d’Alençon. Mais son ressentiment atteint son comble quand son épouse, la belle Marguerite, accuse Le Gris de l’avoir violée : « profitant de l’absence de son mari, celui-ci, dit-elle, s’est introduit dans le manoir de sa belle-mère où il a abusé d’elle ». Aucune cour n’ayant pu régler le différend – en effet le duc d’Alençon protège son favori et le jeune roi ne peut pas se mettre ledit duc, son cousin, à dos – le Parlement de Paris accepte donc la demande de duel judiciaire proposée par le seigneur de Carrouges. Cette issue sanglante que maints contes, maints récits évoqueront des siècles durant et que je vous conte par le menu dans mon ouvrage : « Manus Deï, l’épée du Seigneur de Carrouges » dont est tiré le résumé ci-après, sera la dernière autorisée en France.

Jean de Carrouges naquit dans les années 1340 au fort de Carrouges. C’était le fils aîné de Nicolette Bouchard et du noble chevalier Jean III de Carrouges, un homme influent dans le pays, vassal des comtes d’Alençon et du Perche.

En 1356 : le roi de France, Jean le bon est fait prisonnier par Édouard III d’Angleterre à la bataille de Poitiers sous les yeux de Jean de Carrouges père et au cours de laquelle le roi avait fait celui-ci chevalier sur le champ. Il reçut d’ailleurs la charge et l’insigne honneur de recueillir la rançon des Normands pour libérer le roi des geôles anglaises.

L’année d’après, le château fort de la famille et du village de Carrouges fut détruit par les soldats Anglo-Navarrais. Ainsi donc, après avoir grandi au sein du fief de son père à Carrouges en pays d’Houlme où la famille avait son honneur, le jeune « page » Jean entra à la cour du comte du Perche à Nogent-le-Rotrou pour y apprendre le maniement des armes, alors que son père devenait Capitaine et Vicomte de Bellême et continuait de servir dans plusieurs campagnes contre les Anglais en Normandie.

Le jeune Jean fit ses premières armes à la bataille de Cocherel en 1364 aux côtés de Du Guesclin qu’il suivra en service pour le comte Robert du Perche.

En 1367 le projet de reconstruction du château en contrebas de l’ancien fort de Carrouges voit le jour avec l’autorisation de Charles V de France. De sorte qu’au cours de l’année 1370, quand Jean IV de Carrouges épouse Jeanne de Tilly, le couple peut emménager dans un château flambant neuf. Cette jeune femme était la sœur du seigneur de Chambois dont le fort avait été pris par les Anglo-Navarrais et que Du Guesclin, après l’avoir délivré, reçut de Charles V. Il le rétrocéda plus tard à Tilly sur la requête de son beau-frère, Jean de Carrouges.

Peu de temps après, Jeanne donne naissance à une fille Jeannette puis à un petit Colin, à qui l’on donna pour parrain un voisin et ancien compagnon d’armes de Jean à la cour de Nogent-le-Rotrou, l’écuyer Jacques Le Gris. Sa vivacité d’esprit avait été décelée très tôt par le comte qui l’avait formé à la Cléricature. C’est pour cela que le couple avait tenu à ce qu’il porte leur fils sur les fonts baptismaux et qu’il assure son éducation religieuse.

Les deux gentilshommes avaient récemment été faits chambellans de la maison du comte Pierre d’Alençon, qui avait, jusque-là, vécu à la cour où son oncle le roi Jean le bon l’avait accueilli et élevé. Le comte Pierre venait de racheter la seigneurie d’Argentan à la « Maison de Chatillon » et d’acquérir le Vicomté d’Exmes où il nomma Le Gris « châtelain capitaine » en lieu et place de Messire Guillaume du Merle. Ce dernier, qui y commandait pour le Roi depuis 1364 soit 10 ans plus tôt, fut nommé capitaine de Falaise alors que notre sire de Carrouges était fait, par le dit seigneur comte, capitaine du château de Touques, à la suite de Baudran de la Heuse Seigneur de Quevilly, qui venait de trouver la mort au siège de Cognac avec l’Amiral son frère, en 1375. Ce poste le conduisait loin de son fief mais Jean ne s’en offusqua pas car la charge était plus qu’honorable et il ne désespérait pas d’hériter en son temps de celle de son père sur le Vicomté de Bellême.

A Bonneville-sur-Touques, il occupa le logis ordinaire des ducs de Normandie. Le séjour habituel qu’y fit Guillaume le Conquérant donne une certaine idée de l’importance de la ville, du château et du port de Touques, d’où le duc s’embarquait pour aller régulièrement rejoindre son royaume Grand-Breton.

C’était au gué de Trouville-sur-Mer, situé entre ledit port du même nom et le petit village de Deauville, que les plus grosses barques remontaient avec le reflux de la mer dans le chenal de la Touques avant de passer sous le pont de ce bourg et, plus en amont, sous celui de Roncheville, pour remonter vers Lisieux par Pont-l’Evêque. Elles y venaient chargées de bestiaux, de cidres, du bois à bâtir ou à brûler et de sel blanc fait aux environs dans quelques salines. C’était alors un château tenu pour imprenable ; il était bâti sur une éminence et ses murailles, flanquées de huit grosses tours, étaient accompagnées d’un fossé large et profond.

Quand Jean y fut nommé, les troupes navales anglaises y débarquaient habituellement à l’endroit du château qui dominait la côte en direction d’Harfleur où gouvernait Jean de Vienne. Depuis l’embouchure de la Seine, ledit Amiral pouvait tout à loisir surveiller les travaux d’aménagement et de fortification du port d’Honfleur financé par le roi, de même que ses chantiers du Clos des Galées de Rouen où il y pressait la construction de ses nefs. Il ne cacha guère à Jean de Carrouges sa hâte de reprendre la mer. Pourtant, il passera toute l’année 1379 à terre, ruminant ses hantises de raids, de poursuites et d’abordages.

C’est donc là que Jean fit sa connaissance et s’en fit apprécier. Il projetait de se mettre à son service quand le malheur vint frapper son fils Colin, le filleul de Jacques Le Gris qui veillait à son instruction de concert avec son épouse Jeanne de Tilly, qu’il perdit tout deux à quelques mois d’écart.

Alors qu’en maudissant le sort qui lui avait ôté toutes raisons de vivre, il pleurait les siens dans la solitude de son château, le destin lui donna une occasion d’évacuer sa peine et sa rancœur en lui offrant sur un plateau la possibilité d’aller servir l’Amiral. En effet, à la même époque, le comte Robert du Perche décédait et son frère Pierre d’Alençon hérita de son comté et avec lui du château de Bellême.

Pour l’occasion, tous les vassaux de feu son frère, dont Carrouges père et fils ainsi que Jacques Le Gris, furent tenus de venir renouveler leur serment de fidélité audit comte dont la cour était installée en la ville d’Argentan. A cette occasion, Carrouges retrouva Le Gris qu’il blâma de ne pas avoir porté secours à son fils, ni soutenu son épouse dans son malheur. Après la dernière visite du clerc qui était sensé l’aider à faire son deuil, Jean avait retrouvée son épouse totalement défaite. Elle avait fini par rendre l’âme sans lui dévoiler l’objet de cette dernière visite et Jean en voulait à son « soi-disant ami » de n’avoir même pas daigné paraitre à ses funérailles.

Le Gris se justifia en prétextant qu’il avait dû accomplir une mission de la plus haute importante pour le Comte Pierre dont il était devenu le favori depuis le départ de Jean pour Touques. Il vivait d’ailleurs à la Cour et dans l’intimité du comte qui n’estimait pas moins son esprit, ses connaissances que ses loyaux et plus que dévoués services. Ainsi, en plus de la seigneurie de son père et du château d’Exmes, il avait déjà été mis en possession des fiefs de Saint-Loyer-des-Champs, de Fontenay-sur-Orne, de Goulet, de Tanques, de Méhéran sur Francheville et Saint-Christophe, par ledit comte qui venait juste de lui octroyer un domaine nouvellement acheté par le comte à Aunou-le-Faucon et que Jehan...

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