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Mais qu'est devenue la langue des Belges ?

De
190 pages
A l'école, à côté de choses bien utiles, on nous a enseigné l'Histoire. Mais présentée comme l'Evangile et certainement pas de façon enthousiasmante. L'auteur, à l'aide de la linguistisque et, justement de sa culture générale, prétend avoir décrypté ce qui n'a jamais été raconté mais nous amenés là où nous sommes, tout en démystifiant les a priori boiteux. Pourquoi existe-t-il deux langues nationales en Belgique, le néerlandais et le français ? Surprenant, peut-être dérangeant, mais captivant !
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À l’école, à côté de choses bien utiles, on nous a enseigné Daniel Finet
l’Histoire. Mais présentée comme l’Évangile et certainement
pas de façon enthousiasmante.
Quant aux revues pour le bon peuple, elles rivalisent pour
présenter des pans d’Histoire de façon disparate, souvent
divergente, mais toujours non concrète. Mais qu’est devenue L’auteur, à l’aide de la linguistique et, justement de sa
culture générale, prétend avoir décrypté ce qui n’a jamais la langue des Belges ?été raconté mais nous a amenés là où nous sommes, tout en
démystifi ant les a priori boiteux.
Pourquoi existe-t-il deux langues nationales en Belgique, ou/of
le néerlandais et le français?
Surprenant, peut-être dérangeant, mais captivant ! Is de Belgische taal
echt verdwenen ?
Daniel Finet, 72 ans, pur belge hainuyer, secrétaire
de direction retraité, une culture générale importante,
une curiosité toujours en éveil, amateur d’histoire, Suite d’articlesde géographie, de linguistique... et surtout de bon
sens. Tel est l’auteur, aimant les questions intrigantes,
et totalement libre de toute obédience tant politique
que religieuse.
Les impliquésISBN : 978-2-343-05215-1
Éditeur19 €
Mais qu’est devenue la langue des Belges ?
Daniel Finet
Les impliqués
É di teu r ou/of Is de Belgische taal echt verdwenen ?



MAIS QU’EST DEVENUE
LA LANGUE DES BELGES ?

OU/OF

IS DE BELGISCHE
TAAL ECHT VERDWENEN ?














Les Impliqués Éditeur

Structure éditoriale récente fondée par L’Harmattan, Les
Impliqués Éditeur a pour ambition de proposer au public des
ouvrages de tous horizons, essentiellement dans les domaines
des sciences humaines et de la création littéraire.


Déjà parus

Schandeler (Christian), L’école en panne de sens, essai, 2015.
Cissé (El Hadji Samba Khary), De la fidélité tribale, essai, 2015.
Vilcosqui (Marcel Jean), Flaubert était-il sourd ?, essai, 2015.
Marmousez (Éric), Le « match Angleterre – France », essai, 2015.
Edzodzomo-Ela (Martin), Une « parole » pour un État républicain,
démocratique et social en Afrique noire, essais (3 tomes), 2015.
Donnelly (Marion), La rivière, roman, 2015.
Carrère (Pascal), Les tribulations d’un négociant en pierres précieuses,
roman, 2015.
Flohic (François), Michel (Bernard-François), Charles de Gaulle,
dernier roi des Francs, essai, 2015.
Gilles (Claude), Porteur d’espoir, récit, 2015.
Blaise (Mario), Histoires de migrants, récit, 2014.




Ces dix derniers titres de ce secteur sont classés par ordre
chronologique en commençant par le plus récent.
La liste complète des parutions, avec une courte présentation
du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site :
www.lesimpliques.fr Daniel FINET




Mais qu’est devenue la langue
des Belges ?

ou/of

Is de Belgische taal
echt verdwenen ?

*

Suite d’articles










Les impliqués Éditeur






























© Les impliqués Éditeur, 2015
21 bis, rue des écoles, 75005 Paris

www.lesimpliques.fr
contact@lesimpliques.fr

ISBN : 978-2-343-05215-1
EAN : 9782343052151 Introduction
Ce livre que vous avez en main n’est pas à proprement
parler un livre ordinaire. Il a été conçu, article après article
depuis 2007, qui ont paru trimestriellement dans la revue
locale d’une association d’anciens professeurs. Des
collègues de travail auxquels je dois beaucoup.
Au bout d’un certain temps, je me suis aperçu que,
partant d’une réfexion originale, j’écrivais fnalement un vrai
livre, avec un thème qui, à ma connaissance, n’avait jamais
été exploré. Il me suffsait alors d’agencer mes articles de
façon à avoir une histoire logique. Ce que j’ai fait.
Et quand j’ai cru bon d’y mettre un point fnal, nous
étions en octobre 2012, j’y ai inclus des articles annexes
mais qui avaient un rapport avec mon thème central et j’ai
cherché un éditeur. Je remercie les Éditions « L’Harmattan »
et « Les Impliqués » d’avoir souscrit à mon projet.
Dans les pages qui vont suivre, je me suis attelé à deux de
mes dadas : la linguistique et l’histoire. Je vais m’en servir
pour faire de la recherche fondamentale. Aller à gauche,
aller à droite, et voir où ça mène. Ça ne mène parfois à
rien. Parfois à quelque chose qui s’avère erroné et qu’il faut revoir. Parfois à une découverte intéressante. Si cette
découverte est vraiment personnelle, alors on est content.
Mais pour faire ça, il faut avoir le temps et surtout ne rien
avoir à perdre. C’est mon cas, je suis retraité… mais je ne
suis qu’un amateur. N’ayant pour toute instruction qu’un
diplôme de secondaire supérieur classique (latin et grec),
je ne peux donc être qu’empirique et ne prétends pas tout
savoir, ni avoir toujours raison. Car je ne suis pas – vous
l’aurez compris – un universitaire spécialiste de la question,
ce en quoi je me verrais bloqué par des théories antérieures,
apprises, d’hommes qu’il est la plupart du temps
extrêmement diffcile de contester. Alors, le ridicule ne risquant pas
de me tuer, j’y vais, je fonce et je cherche.
Mon étude, fnalement, se veut surtout le refet du bon
sens. Ce qui m’intéresse, c’est d’avoir une vue générale de
la situation, parfois révolue comme ici en Histoire. Mais de
l’Histoire revue par la linguistique. Et surtout de celle que
l’on a précédemment présentée comme l’Évangile et qui
s’avère fnalement et infniment mal perçue, voire tronquée.
Les exemples sont malheureusement encore trop
nombreux de voir des professeurs et des médias s’entêter à faire
entrer dans le crâne des enfants et du public des choses
fausses qui sont pourtant parfaitement avérées depuis des
dizaines d’années. Exemple caricatural mais toujours assez
fréquents : Les Ménapiens sont des anciens Flamands assez
stupides de surcroît, avec lesquels nous, Wallons, n’avons
rien à voir ! Les simplismes ont la vie dure et à ce rythme
là, il faudra encore quatre ou cinq générations pour rétablir
des vérités qui deviennent incontournables… même si
elles dérangent !
En aucune manière, internet ne fut utilisé pour cet
ouvrage. Il est le fruit d’une longue et lente méditation.
Notons aussi que c’est à dessein que mes articles-chapitres
ne sont pas numérotés. Voyez plutôt la table des matières.
6Je remercie tout spécialement Monsieur le Professeur
émérite Michel De Coster, de l’Université de Liège, pour
son encouragement à continuer et Monsieur Louis De Lièvre
ed’Arlon, jeune étudiant de 3 secondaire qui, après avoir
incidemment pris connaissance de mes textes, m’a écrit :
« J’ai appris plus de l’histoire romaine en une semaine de
lecture qu’en six mois de cours d’histoire ». Voilà ce qui
m’a fait le plus plaisir.
Contact : fnetd@gmail.comPréambule
Les Belges : « Entre 250 et 150 av. J-C., deux siècles
environ après les Gaulois du centre, les Belges traversent
à leur tour le Rhin en deux vagues successives : d’abord le
groupe méridional (Bellovaques, Suessions, Rèmes, etc.),
ensuite celui du nord (e.a. les Ménapiens, les Nerviens,
les Éburons). Entre le nord et le sud s’étend comme une
barrière infranchissable : l’âpre forêt ardennaise. Quand
commença la guerre des Gaules, les derniers arrivés, ceux
du nord, ne s’étaient pas encore acclimatés depuis
longtemps. On les appelait encore des Germains, ce qui était
loin de leur déplaire, car la valeur guerrière des Germains
était légendaire.
Les Belges se distinguaient des autres Gaulois par leur
langage légèrement différent et leur civilisation moins
avancée. C’était surtout le cas pour ceux du nord ; car
les Belges du sud étaient devenus plus raffnés, grâce
au contact avec la Gaule centrale, alors que la forêt des
Ardennes était un obstacle naturel à la pénétration d’une
civilisation plus haute.
L’invasion des Belges a refoulé plus au sud d’autres
peuplades. C’est ainsi que les Séquanais, qui autrefois
9habitaient probablement les bords de la Sequana (Seine),
se trouvent au temps de César dans le Jura. »
Ce n’est pas moi qui le dis !
J’ai trouvé ceci dans un manuel scolaire de 1977 – ce
n’est pas si vieux que ça – peut-être encore en usage dans
nos écoles. Il s’agit de « César – Guerre des Gaules », textes
latins et commentaires français des pères S.J. Goossens et
Sprangers., édité chez Dessain, société aujourd’hui disparue.
Voyez sa page 10.Ô Belgique, Ô Mère Patrie,…
• Belgium : Tout le monde connaît maintenant : c’est
Belgique en anglais. Prononcez « Beldjeum ».
Curieusement – mais ce n’est peut-être pas anodin –
les Britanniques utilisent la même orthographe que…
• Belgium : si le mot est prononcé « Belguyoum »,
personne ne connaît vraiment.
C’est du latin. Le mot désignait le territoire
spécifque d’une tribu bien connue des Gaulois
et de Jules César : les Bellovaques.
• Bellovaques : donc tribu spécifquement belge, nom -
mément désignée et reconnue comme telle (autant que
très importante) par César, et qui occupait une vaste
région au nord de la Seine, dont le centre est l’actuelle
ville de Beauvais (département français de l’Oise).
Beau=Bel et Vais=Vaques.
Pas de contestation !
Bref, répétons-le, si les Latins avaient leur Latium, les
Bellovaques occupaient leur « Bel-gium ». Rien que
de très logique, même linguistiquement.
Les latins orthographiaient « BELLOVACI » ; nous
devons prononcer « Bell(o)waki ». Les sons « w »
11et « g (ue) » se sont souvent confondus. C’est à la
fois un fait et une théorie que je vous expliquerai un
temps venant.
Mais en attendant, notons déjà qu’il n’y avait donc de
Belgium que là et nulle part ailleurs ! Si pas mal d’autre
tribus reçurent le qualifcatif de « belges », c’est que très
vraisemblablement elles avaient les mêmes coutumes et
en gros la même langue que celles des Bellovaques. César
appelle tous ces gens des…
• Belgae : les Belges ! Là encore la prononciation va
se montrer révélatrice de la langue belge que César
reconnaît comme différente de celle des Gaulois ou
des Germains. Il faut prononcer « Belguê ».
• Belgica : la Belgique ! Le pays de tous ces Belges.
À prononcer « Belguika ».
Il est évident que la Belgica, tout comme la Gallia
ou la Germania sont des termes « inventés » par les
Romains pour situer et délimiter territorialement et
politiquement des peuples de culture différente.
1Peu de temps après la guerre de Gaule , nos contrées,
d’abord imaginées toutes belges, furent réparties en
quatre zones : le long du Rhin, les Germanie première et
seconde, à partir d’une ligne Anvers-Thuin (grosso modo)
jusqu’à la mer, la Belgique seconde, et, très bizarrement,
1. On parle de la « campagne de Russie », ou de la « Guerre d’Angleterre »,… César
a exactement intitulé ses écrits – peu de gens le savent : « Commentarii. Belllum
gallicum ». Ce qui se traduira très littéralement par : Communiqués (encore plus
littéral que « commentaires »). La guerre relative à la Gaule (« relative à » : c’est le
sens du suffxe « icum »). Parfois intitulé : « De bello gallico » n’est donc pas exact.
Et toujours traduit : « La guerre des Gaules » encore moins. Gallicum est bien un
singulier. Il n’y avait qu’une Gaule. Quant à parler de la « guerre gauloise », c’est
faire f de la valeur du suffxe de l’adjectif et, dans notre français, laisser entendre
qu’il s’agissait d’une guerre entre Gaulois. Je préconise donc, pour une meilleure
compréhension et traduction : « La guerre de Gaule ».
12la Gaume, la Lorraine et le pays de Trèves, deviennent la
Belgique première.
On ne sait pourquoi les Romains assimilèrent soudain
les Trévires et leurs vassaux à des Belges. Mais ils n’étaient
pas fous et devaient au contraire savoir très bien ce qu’ils
2disaient et ce qu’ils faisaient . Alors ?
• Belgicus : homme belge ! À prononcer « belguikous ».
C’est un adjectif formé d’un radical « belg » et
d’unsuffxe « icus », il signife littéralement « Homme qui a
un rapport (suffxe “icus”) avec le Belge (Belga) ».
• Belgi (les Belges ?) : voilà bien un nom qui n’existe
pas, même dans le vocabulaire latin. Et c’est curieux !
Tout aussi inexistant et curieux que celui de Celti (les
Celtes ?). Ceux-ci, tout comme les « Belgae », étaient
appelés « Celtae » (à prononcer Keltê). La chose m’a
paru suffsamment intéressante pour que je l’examine
de plus près.
En règle très générale, pour les Romains, tout homme
ou peuple parfaitement identifés portaient un nom à fnale
masculine (en général « us », parfois « es »). D’autres,
beaucoup moins nombreux, portaient un nom à fnale féminine
en « a ». Ainsi, a-t-il existé des Gaulois : Galli (pluriel de
Gallus) ; ou des Germains : Germani (pluriel de Germanus) ;
mais ni Belgi, ni Celti, il n’y avait que des Belgae et des
Celtae (« ae » = pluriel des noms en « a »).
Parfois cependant on trouve les deux. Ainsi les Héduens,
tribu gauloise du centre de la France, pouvaient s’appeler
2. Il reste des traces linguistiques de ce tracé frontalier. Il est notoire qu’en région
francophone du pays, de part et d’autre de cette même ligne qui va d’Enghien,
passe par Anderlues, va vers Thuin et l’Avesnois français, les patois sont nettement
différenciés : à l’ouest (Belgique seconde), les dialectes de type « picard », à l’est
(Germanie seconde), les dialectes sont d’un autre type. Bref, un pur Montois
comprendra plus vite un Tournaisien qu’un Carolorégien (Charleroi).
13Haedui ou Haeduae selon les cas. Les Perses du
MoyenOrient étaient « Perses (prononcez « èss ») ou Persae.
Mais si on prend la liste des peuples en « ae », on s’aperçoit
que la plupart faisaient partie de tribus mal connues,
géographiquement plus ou moins bien localisées. Ou qu’ils étaient
désignés en raison d’une certaine appartenance culturelle
plutôt que par rapport à une identité politiquement admise.
Parlons des plus connus : les Sarmates (Sarmatae), peuple
en Ukraine, les Numides (Numidae), peuple au Maroc, les
Dalmates (Dalmatae), peuple en Illyrie. Et bien sûr les
Galates (Galatae), assemblage de Gaulois et Belges divers
qui fondèrent une communauté en Asie mineure. J’ai ainsi
trouvé près de 35 peuples (pas plus !) qui se distingueraient
par leur culture plutôt que par une notion de nation, de
coalition, ou de localisation géographique ou politique précise.
Si cette supposition s’avère un jour, elle viendrait
conforter ce que je crois avoir compris depuis un certain
temps des Belges et surtout des Celtes : il n’y a jamais eu
de peuple belge à proprement parler (sinon sans doute les
Bellovaques !) ; et il n’y a jamais eu non plus de peuple
véritablement celte. Il y a eu des peuples qui ont vécu avec
un degré de civilisation et des coutumes spécifques, quelle
qu’ait été leur langue.
Ainsi, les Gaulois pouvaient être à la fois gaulois et
celtes. Certains Germains de même : pensons aux Boïens
(de Bohême en Tchéquie) qui étaient qualifés de Celtes
(mais sûrement pas de « Gaulois » !). Et les Belges censés
être de Gaule mais qui ne se disaient pas celtes.
Ce qui signiferait donc bien que l’on commet une erreur
een parlant d’invasion celte à partir du V S. avant J-C. et
d’invasion belge à partir de 250 avant J-C.
14Il est généralement admis que « des Celtes sont entrés »
en France. Les plus gros vestiges trouvés à ce jour sont
surtout en Champagne. Pas si loin que cela fnalement de
La Tène, lieu celtique et historique par excellence (au nord
edu lac suisse de Neuchâtel – daté du VII S. avant J-C.).
À l’époque de César, c’est le pays des Hel(vè)tes (?),
reconnus comme gaulois et celtes. Bref, des « Cel-tes » sont-ils
réellement arrivés ou est-ce une nouvelle civilisation qui
s’est répandue, du fait de contacts fréquents – amicaux ou
non – entre tribus voisines ?
Mais revenons à nos Belges pour d’abord nous rappeler
qu’ils n’étaient pas de culture celtique (?) et qu’ils avaient
une langue bien à eux. Quelle était-elle ?
N.B. Cette assertion, de ma part trop hâtive à coup
sûr, mérita une correction ultérieure. Voir l’article sur les
Belges celtes.
Elle n’était pas celle des Gaulois. Ces Gaulois qui
préféraient qu’on les appelle du nom de la haute civilisation
(relative bien entendu) qu’ils avaient acquise, il n’y a pas
si longtemps tout compte fait : la civilisation celtique.
Des Gaulois qui ont donc, malgré leurs nouvelles coutumes,
gardé leur langue. Une langue originelle qui devait, je le
pense foncièrement, être assez proche de celle des Italiotes,
des Latins, des Romains. Finalement, un peu comme encore
maintenant entre le français et l’italien. Exemple typique :
les Héduens du centre de la France étaient considérés par
les Romains comme « consanguinei ». Qu’en déduire ?
Et cela expliquera-t-il que l’on ne trouve de nos jours
que très peu de mots que l’on admette d’origine
véritablement celtique ?
15Et si c’était du pur gaulois ? Mâtiné de latin ? Plus tard,
le gaulois et le latin se sont – me semble-t-il – si facilement
mélangés pour créer un gallo-romain de base !
Quant à la pseudo langue celte… ?
Le celtique, très à la mode, redécouvert (?), sympathique
mais assez folklorique au bout du compte, doit être repensé.
Nous devrons y revenir.
Mais bon ! Les Belges, quant à eux, sont sensés faire
leur apparition vers 250 avant J-C. Et on parle d’invasion
de la Gaule. N’a-t-on pas toujours en mémoire la poussée
constante des Germains de l’époque, et surtout celle, plus
récente, des Ambres, Cimbres et Teutons ?
Il y a eu, pense-t-on, deux poussées belges vers la
Gaule. La première vers –250, Bellovaques en tête, Rèmes
(Reims), Suessions (Soissons), etc. Une deuxième vers
–150, Nerviens en tête, Morins, Calètes, Ménapiens.
Et l’on explique ainsi que les premiers se seraient «
gallicisés » (mieux que « celtisés » !) plus tôt que les seconds.
Je pense, bien du contraire, que les Belges étaient déjà là
(au nord de la Seine) lorsque les Gaulois frent une poussée,
tant vers le sud et l’est que manifestement vers le nord.
Pensons à la conquête par les Gaulois de la Gaule cisalpine
(en –537 déjà), à la prise de Rome en –388, de leurs
nombreuses tentatives d’expansion vers le nord : comment a-t-il
pu y avoir des Boïens celtes en Tchéquie, dans une région à
priori essentiellement germanique ?
16Alors ? Sont-ce les Belges… ou les Gaulois celtes qui
3ont poussé ?
Mais je n’en ai pas fni avec la Belgique :
• Belgia : à prononcer sans doute « Belguia ». Eh non,
ce n’est pas du latin. C’est une invention typiquement
belge. Peu connue il est vrai. Mais si je m’en réfère
à l’« Histoire de Belgique » de F.E. Stevens (nous
esommes au XVI S.) : « Charles-Quint… n’avait pas
de couronne pour l’ensemble. L’usage, toutefois,
introduisait de plus en plus couramment un seul nom
pour désigner notre pays. Celui de “XVII Provinces”
devint offciellement le plus répandu… ceux de
“Pays-Bas” » furent très populaire. Les humanistes
réintroduisirent celui de « Belgia », renouant ainsi
avec la tradition pré-romaine.
• België : ça, c’est du famand. Pardon : du «
néerlandais », un terme qui n’évoque rien, sinon une
collusion plus géopolitique que culturelle avec nos
voisins des Pays-Bas. Le croiriez-vous, le terme
devait pourtant exister, mais je ne l’ai pas trouvé
dans mon dictionnaire « famand » daté de 1782 et
imprimé à Anvers. Nos voisins du nord parlaient alors
le « vlaemsch ». Un Belge était un « Nederlander ».
Leurs érudits prétendaient parler une langue dite
« nederduytsch » (soit le bas-allemand) pendant que
3. Ce sont bien les Grecs qui ont parlé les premiers des Keltoï. Oï Keltoï : les Celtes.
Ce terme, contrairement au latin, a bien une racine masculine. Ce qui pourrait
signifer que les Celtes ont jadis formé un vrai peuple, mais sans doute et uniquement
en Europe centrale (Hallstatt est en Autriche). Il ne m’étonnerait pas, quant à moi,
que les Achéens, chers aux Grecs, aient été les précurseurs de ces Celtes-là. Ce qui
pourrait expliquer certaines similitudes, rares mais frappantes, entre l’Allemand et
le Grec. furent très populaires… les Humanistes réintroduisirent celui de « Belgia »,
renouant ainsi avec la tradition pré-romaine ».
17leurs homologues de l’est parlaient le « hoogduytsch »
4(= haut-allemand, ou allemand tout court) .
Mais bref, België existe bel et bien maintenant. Ses
habitants sont les « Belgen » (« Belg » au singulier). Et un homme
belge est « een Belgische man ». À retenir : les termes se
5prononcent « Belguî (e) », « Belguenn », « Belguiche » .
• Belgien : c’est un peu comme ci avant, mais cette
fois c’est de l’allemand. Belgien, Belgieren, belgisch,
qu’il faut prononcer « Belguî (e) n », « Belguî (e)
renn », « belguich ». Important tout ça.
Important d’accord. Mais important pourquoi ?
Parce que, si vous ne vous en êtes pas encore rendu
compte, les prononciations de type germanique sont plus
proches de la prononciation du latin, que notre français qui
est pourtant sensé en découler en droite ligne. Et ça, c’est
une information capitale dont il faut tenir compte si on veut
bien comprendre nos antiques aïeux.
La prochaine fois, je vous parlerai des voisins des
Belges : les Gaulois et les Germains. Ce n’est que par eux
que l’on pourra se faire une idée encore plus précise.
Et pour commencer, je vous parlerai de notre bonne
vieille ville de Tournai. C’est peut-être surprenant mais
vous ne pouvez pas savoir ce qu’il est intéressant de se
pencher sur Tournai !
4. À cette époque, nos voisins français et nous-mêmes parlions encore le « françois »
(au Moyen-Âge le « franchois », pendant que nous prétendions que nos congénères
du nord parlaient le « famen »).
5. On n’est évidemment pas forcé de me croire sur parole. Mais ces terminaisons en
(ich) expliqueront que dans notre patois belge occidental de type picard (le borain est
une variété de picard !) on ne dira certes pas « belchique », mais on n’aura pas peur de
déclarer « qu’in Beljiq’ on est belch’ ». Le son « ch » prend le pas sur le son « ge ».
18

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