Maison de Fadate

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au bureau du Cabinet historique (Paris). 1868. Fadate. In-8 °. Pièce.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1868
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MAISON
DE FADATE
MAISON
DE FADATE
PARIS
AU BUREAU DU CABINET HISTORIQUE
RUE DES GRANDS AUGUSTINS 5
M.D.CCC.LXVIII
MAISON DE FADATE
SEIGNEURS DE SAINT-GEORGE-SUR-ARNON, SAINTE-SOLANGES
LE CHESNE, LA VARENNES, CHAMPEAUX, ETC. - "
Origtn. de Crémone : depuis' la naturalisation : — Berri, Champagne, Tonraine
ARMES. D'or., au chevron de gueules, accompagné de trois tourteaux
du même : au chef d'azur, chargé de deux fleurs de lis d'or du
champ. L'écu timbré d'un casque taré en front, orné de ses lambre-
quins, et sommé d'une couronne de marquis. ■.
La maison de Fadate, d'une origine fort ancienne, mais dont
les archives ont été complètement dispersées, lors de son émi-
gration en France, est venue de Crémone, au commencement du
XVIe siècle. Jean Fadati, le premier dont, en l'absence de titres
plus anciens, le nom puisse être positivement invoqué, faisoit
partie des gentilshommes et officiers de fortune qui suivirent ou
s'attachèrent au service de la fille de Laurent II, Catherine de Mé-
dicis, quand elle vint, en 1533, épouser le jeune duc d'Orléans,
depuis Henri II. Une tradition de famille veut qu'originairement
DATI de son nom, et par conséquent issue de cette graade maison
des Dati de Florence, elle avoit eu des alliances avec la maison
de Médicis elle-même, et que c'est à cette considération qu'elle
dut le crédit dont elle jouit près de la Reine mère, de qui elle au-
rait obtenu les deux fleurs de lys d'or qui chargent son écu.
I. JEAN FADATI, né à Crémone, en Italie, venu en France
sous François Ier, capitaine commandant d'une compagnie
de chevau-légers dans l'armée, d'environ dix mille Italiens,
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tant cavalerie qu'infanterie, que le duc de Nemours amena
au service de Charles IX (I). Il se signala dans les guerres
de ces temps malheureux^ entre autres à la bataille de
Dreux, en 1562, et à celle de Saint-Denis en 1567. C'est à
la journée de Dreux que sa conduite le fit remarquer du
duc de Guise, qui lui donna plusieurs témoignages de bien-
veillance et plaça son fils près de sa personne, en qualité
de page.
Jean Fadati, marié à Crémone, eut un fils nommé Bap-
tiste, qui fut élevé en France. Avant de retourner en
Italie, où l'appeloient des intérêts de famille et où il mou-
rut peu de temps après son arrivée, Jean Fadati avoit
confié son fils unique aux soins de son cousin germain Marc-
Antoine, sieur de Bouges en Berry, premier maître d'hôtel
de la reine Catherine de Médicis.
Marc-Antoine, sieur de Bouges, étoit lui même né en
Italie. C'est la reine Catherine de Médicis, à la suite de
laquelle il étoit venu en France, qui lui avoit fait don de la
terre de Bouges où il résidoit habituellement avec son cou-
sin et son neveu. Il y fut souvent visité par les gentils-
hommes Italiens venus en France en grand nombre sous ce
règne, et c'est de la bouche même de ceux-ci que les habi-
tants du Berry surent que cette famille étoit une des meil-
leures de Crémone et alliée à celle de Médicis. Le sei-
gneur de Bouges mourut sans postérité. Baptiste de Fadate
fut son héritier.
II. JEAN-BAPTISTE DE FADATE, écuyer, seigneur de Va-
rennes, paroisse de Bouges en Berry et de Saint-George-sur-
(1) Jacques de Savoye, due de Nemours, né en 1531 à l'abbaye de Vau-
luisant en Champagne, de,Philippe de Sayoie et de Charlotte d'Orléans-Lon-
gueville, rendit de grands services a la bataille de Saint-Denis.
Arnon, au sortir des pages de la maison de Guise se con-
sacra comme son père au service militaire; c'est à lui que
Charles IX accorda des lettres de naturalisation datées de
Fontainebleau du 6 février 1653 (1) Il fut pourvu de
l'office d'homme d'armes dans la compagnie (2) d'ordon-
nance de M. de Sennecterre, et quand elle passa dans la
suite à M. de La Châtre il continua à y servir.
Il fût nommé le 20 septembre 1575 lieutenant pour le Roi
au pays et. duché de Berry, pour les quartiers de janvier,
février et mars. ~ _
Il se maria troistois : — l°.Le. 20 juillet 1561, il épousa
demoiselle Catherine Carré, fille de noble homme Balthazar
Carré, écuyer, seigneur de Charné, et de Louise de Boisé. Il
en eut deux filles : Camille, morte, sans, alliance, et Anne-
Louise, qui épousa, en 1578, noble homme René, de Poix,
écuyer, seigneur de Marécreux et de Varennes (Voir la gé-
néalogie des comtes de Voix). — Il y avoit pour témoins du
mariage du côté de l'épouse : noble homme François Carré,
écuyer, seigneur de Charnay, baron de Sommeterre, oncle
(1) Le dossier Fadate du Cabinet des titres de la Bibliothèque impériale
contient l'extrait suivant (1653) : « Lettres patentés du roy Charles, données
à Fontainebleau au mois de mars 1563, par. lesquelles Baptiste'Fadate, natif
de la ville de Crémone, en Italie, noble, est naturalisé, et lui _ permet d'a-
chepter et posséder terres nobles en son royaume, pour tenir noblement
comme s'il estoit originairement noble, et de jouir des mesmes honneurs, pri-
viléges, franchises et libertés dont jouissent les autres originaires et natif
noblement de France. Signé : CHARLES et ROBERTET, .— et sur le reply :
par le roy et son conseil; signé : ROBERTET, — Expédiées le 17 mai dernier,
et registrées à la Chambre des comptes an registre des Chartres, le 5 ■ oc-
tobre 1568; signé : DE FACODAS. et à costé est écrit : visa, et plusbas,
contentor. Signé : LE ROY, et scellé du grand sceau de cire verte sur las de
de soye vert et rouge »,
(2) Les compagnies d'ordonnance étoient de cent,' soixante-quinze ou cin-
quante hommes d'armes tous gentilshommes. Chaque homme d'armes avoit
sous lui quatre ou huit archers, aussi gentilshommes. C'est ce qu'on appeloit
une lance fournie. Ces cejmp^gnifes furent supprimées après la paix des Pyré-
nées, vers l'an 1660.
Daniel, Traité de la milice française.),
paternel ; noble homme Etienne Légault, écuyer, seigneur
de Cormier, cousin.
2° Le 19 février 1571, Baptiste de Fadate épousa en secon-
des noces demoiselle Françoise de Puygirault, veuve de Ro-
bert Hapuy, noble homme, écuyer, seigneur de Prodil-
lières. De ce mariage sont issus : Jacob, dont l'article suivra,
et Marguerite, mariée, en 1593, à noble homme Fiacre Esle-
vin, écuyer, seigneur du Clout.
3° Et en troisièmes noces demoiselle Françoise de Coquil-
leray, fille de Jean de Coquilleray et de Jacquette du Bois,
'seigneur et dame de Saint-George.
C'est elle qui apporta la seigneurie de Saint-George à son
mari. Elle mourut sans enfants.
, III. JACOB DE FADATE, écuyer, seigneur de Varennes,
de Saint-George-sùr-Arnon et du Chesne, prit comme ses'
ancêtres le parti des armes, et passa presque toute sa vie
dans les armées et dans les camps. Dès l'âge de douze ans,
il entra dans les compagnies d'ordonnance de M. de La Châ-
tre, où il remplaça son père en qualité d'homme d'armes. Il
fit partie ensuite d'une compagnie d'ordonnance de Mons. le
prince de Condé, et fut. pourvu peu de temps après d'une
compagnie de gens de pied, à la tête de laquelle il servit
dans l'armée commandée par M. de Joyeuse, et employée
contre les calvinistes dans le Languedoc et le Gévaudan.
Au retour de cette expédition, il fut fait enseigne dans la
compagnie colonelle (1) du régiment de M. de Vatan, et se
trouva en cette qualité au siège de Paris, qui avoit fermé ses
portes au roi Henri IV. Il reprit dans la suite la place de
gendarme dans la compagnie d'ordonnance où il avoit déjà
servi et laquelle venoit de passer à M. de Montigny.
(1) Les compagnies, colonelles étaient distinguées des- autres par le rang
et le drapeau blanc. (Daniel, Histoire de la milice française.)
Jacob de Fadate ayant été imposé au rôle des, taillés pour
la province de Berry, obtint de la Cour des aides de. Paris un
arrêt confirmant de sa noblesse et qui ordonna sa radiation
dudit rôle. L'enregistrement de cet arrêt à l'élection de Châ-
teauroux ayant soulevé difficulté, Jacob demanda convoca-
tion de témoins qui seraient entendus tant sur le fait de sa
noblesse de race que sur celui des services militaires de ses
ancêtres. '
Les principaux furent : 1° Pierre d'Orléans, écuyer, sei-
gneur du Breuil, de Bastarmé et de Puymorau.; François de
Douhault, écuyer, seigneur de Bossé, Ancoux et Chamous-
taux; Christophe d'Étables, écuyer, seigneur de Montche-
min ; François Carré, écuyer, baron de Sommeterre et de
Saint-Loup ; Jean Fournier, écuyer.
Après cette enquête, dont le résultat prouva les justes pré-
tentions qu'il avoit aux droits de la noblesse, il jouit tran-
quillement des privilèges de sa naissance. : . . .
Jacob de Fadate épousa le 1er. février 1581 Philiberte
Le Comte, fille de Simon, noble homme, écuyer, seigneur
de la Borde et des Agnès, dans le pays d'Urepoix., et d'Es-
mée de Coquilleray.
A ce contrat, Jacob fut assisté de son père, de dame Fran-
çoise de Coquilleray, sa belle-mère, troisième épouse de son
père: la future, de son père, de François.Le Comte, écuyer,
seigneur de la Borde et de Cuys, et de demoiselle Barbe Le
Comte, ses frère et soeur.
De cette, alliance sont nés :
1° Michel, dont l'article suivra.
2° Noël, seigneur du Chesne, marié le 30 novembre 1623 à
demoiselle Diane de Courault, fille de Jonathas de Cou-
rault, écuyer, seigneur de Bônnaigle de la Roche et de Lé-
voillière, et de dame Elisabeth de Francières. On ignore s'il
y eut postérité de ce mariage.
— 10 —
3° Marie, mariée à Pierre Arnault, écuyer, seigneur de
Beauvais.
4° Jeanne de Fadate, mariée en 1611 à Jean de Boisli-
nard, écuyer, seigneur d'Aché et de Mesle.
5° Marie-Anne, mariée en 1623 à Charles de Boislinard,
écuyer, seigneur du Chatellier et de Villeneuve.
6° Et Charlotte, qui, en 1669, étoit veuve de Charles de
Vouhet, écuyer, seigneur de Lestang et de Graslin en la
paroisse de Chezelles. -
Il y eut un partagé fait au bailliage. d'Issoudun, le 8 novembre ■
1624 entre Michel et Noël de Fadate, écuyers, seigneurs de Saint-
George en partie, et leurs soeurs, des biens de défunt Jacob de Fa-
date. leur père. Ce partage, signé Pierron, greffier, et eollatïonné
par Masson et Gervais, notaires au Châtelet de Paris, se trouvoit
entre les mains de M. Aubry, marquis de Castelnau, qui a acheté
la plus grande partie des biens énoncés audit partage.
IV. MICHEL DE FADATE, écuyer, seigneur de Saint-George-
sur-Arnon, fut marié deux fois.
Le 20 mai 1624, il épousa par contrat passé devant Diette,
notaire royal a Issoudun, demoiselle Louise de Trochet,
fille de Joachim de Trochet, écuyer, seigneur de Chavenay,
et de demoiselle Louise Bruigot.
Une maladie d'yeux l'empêcha de suivre, comme ses an-
cêtres, le métier des armes. Aveugle à trente-deux ans et
n'ayant pas d'enfants, il fit donation de tous ses biens au
neveu de sa femme, René de Trochet, à charge par ce der-
nier de prendre, à sa mort, son nom et ses armoiries.
Mais cette donation se trouva naturellement annulée par la
mort de Louise de Trochet, et le second mariage de Michel,
qui épousa le 22 avril 1652, par contrat passé devant Chas-
tain, notaire royal à Charost, demoiselle Marie Dallot du Port,
née en la paroisse de Cosne-sur-Loire, fille de défunt An-
toine Dallot, écuyer, seigneur du Port, et de demoiselle

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