Maisons historiques de Gascogne, ou Galerie nobiliaire de cette province, par J. Noulens...

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J.-B. Dumoulin (Paris). 1863. 2 parties en 1 vol. gr. in-8°.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1863
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MAISONS HISTORIQUES
DE GASCOGNE
PARIS - IMPRIMERIE DE J. CLAYE,
7, RUE SAINT-BENOIT.
MAISONS HISTORIQUES
DE
GALERIE NOBILIAIRE
DE CETTE PROVINCE
PAR
J. NOULENS
NOTICE DU BOUZET
PARIS
J.-B. DUMOULIN
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ IMPÉRIALE DES ANTIQUAIRES DE FRANCE
13, QUAI DES AUGUSTINS
1863
AVERTISSEMENT.
L'histoire des dynasties seigneuriales est si intimement et si
solidement incorporée à celle de nos provinces, qu'il est, pour
ainsi dire, impossible de les isoler sans risque de mutilation
pour la vérité et l'esprit des temps. Voilà pourquoi elles res-
teront unies dans ce travail, où nous tâcherons de concilier
cette exigence avec la nécessité de la méthode. Les événe-
ments généraux, gravitant autour de nos figures particulières,
légitimeront leur notoriété. C'est, à notre avis, l'unique moyen
de rendre ce genre d'étude intéressant pour d'autres que pour
les intéressés, et de prouver à certains tempéraments ombrageux
et prévenus qu'ils ont tort de vouloir bannir la généalogie
de nos annales. Elle a pour mission de reconstituer et de
remettre debout le personnel d'une époque dont la vie sociale
fut tout entière enclose dans le fief, enfermée dans le castel,
résumée dans le seigneur. La science historique, qui examine
en détail les titres des rois à la reconnaissance des peuples, ne
peut refuser une justice analogue et relative à une classe que
II AVERTISSEMENT.
M. de Maistre appelle avec raison co - souveraine, puisque, dans
une proportion plus ou moins grande, elle fut en communauté
de droits avec la couronne et, partant, associée à sa puissance.
Il est donc essentiel de rechercher les hommes qui, à des titres
ou à des degrés divers, ont bien mérité du présent et de
l'avenir, soit au point de vue de la patrie, soit au point de
vue de la province, soit enfin sous le rapport restreint de la
famille. Dans les monographies de nos comtés et de nos villes
au moyen âge, supprimez ce brillant cortège, et notre histoire
devient non-seulement anonyme, mais encore inanimée et
déserte.
Jusqu'à présent, les historiographes de la noblesse n'ont
guère fait qu'aligner des noms sur des tablettes généalogiques
comme des momies dans un caveau. Le but que nous visons
est évidemment, d'après ce que nous annonçons, plus ambi-
tieux. Nous tenterons de lever la pierre des sépulcres, de faire
surgir la vie de la mort. Selon nous, le caractère des seigneurs
n'est autre que celui de leur temps; leurs gestes se rapportent
à l'esprit général de leurs siècles, et c'est à cette source vivi-
fiante qu'ils puisent l'intérêt dont ils sont revêtus. Quoi qu'on
puisse dire, s'ils ont les apparences de simples individualités,
au fond ils expriment et révèlent une pensée publique, des
usages, des moeurs et des institutions que l'on ne peut retrouver
qu'après leur réveil, en leur compagnie. Oui, leur existence
reflète même l'idée du peuple d'alors, car le pauvre monde,
n'agissant pas par lui-même, abandonnait à ses chefs l'hon-
neur et le péril du premier plan dans les événements ordi-
naires et extraordinaires. Grands ou petits feudataires s'ingèrent
AVERTISSEMENT. III
dans la fondation des bastides, dans l'affranchissement des com-
munes, dans l'administration de la justice, et, concentrant en
leurs mains le triple pouvoir politique, judiciaire et militaire,
ils dominent en plein dans les campagnes et à moitié dans les
villes. Leur action et leur prépondérance sont sensibles partout.
Si nous les considérons, pour tous ces motifs, comme les vrais
instruments de leur époque, c'est logiquement dans la notion
de leurs personnes que nous devons aller chercher la connais-
sance des choses. En partant de ce point de vue élevé, on
profite de l'expérience des âges, on donne en estime aux devan-
ciers qui l'ont méritée une récompense proportionnée à leurs
services, et on procède à une analyse historique qui multiplie
les éléments de l'histoire nationale.
Rétrécie au simple cadre de résurrection d'aïeux ou de com-
mémoration pieuse, la généalogie ne présente même aucun
danger. Elle n'est susceptible ni de faire rétrograder ni d'immo-
biliser la marche du progrès. Elle peut, tout au plus, la favo-
riser en l'éclairant de ses intimes exemples, de ses directes
leçons. Le large cerveau du siècle dix-neuvième se montrerait
déraisonnable et intolérant s'il revendiquait le droit d'oublier
que souhaitait un ancien. Qui sait si cet ancien lui-même eût
osé l'appliquer aux divinités domestiques, aux âmes des ancêtres,
aux dii manes?
Au reste, ceux qui semblent les plus hostiles aux notices
nobiliaires ne sont peut-être pas les moins soucieux de bio-
graphies personnelles. Il nous paraît cependant plus décent de
faire ou de laisser écrire la vie des siens que celle de soi.
Toute intelligence vraiment libérale sera jalouse non-seulement
IV AVERTISSEMENT.
de suivre le mouvement municipal, mais encore de connaître
l'action antérieurement émancipatrice des seigneurs par l'octroi
volontaire ou forcé des coutumes, les manifestations indépen-
dantes des vassaux envers le suzerain, l'impulsion donnée
par l'aristocratie, dans les derniers siècles, aux idées civiques
et généreuses, et la profondeur de cet amour pour la France
qui avait inspiré aux barons de s'approprier le champ de
bataille, le monopole de la mort.
Puisque la noblesse a versé à pleins casques son sang pour
le royaume, puisqu'elle a expié ses priviléges en portant une
charge d'épreuves, en mangeant le pain de cendre dans l'exil,
puisqu'enfin elle ne sera plus ce qu'elle a été, ne lui dispu-
tons pas le culte et le charme d'un souvenir utile à tous.
Avec d'augustes ossements, avec les débris de ses tours créne-
lées qui protégèrent un autre monde, mais qui gêneraient le
front du nôtre, qu'il lui soit permis d'élever en paix un
monument à des mémoires glorieuses et vénérées. Cette reli-
gion du foyer, représentée jadis par les Lares et les Pénates,
n'est pas, comme on l'a cru, une transmission de l'orgueil
féodal; elle remonte plus haut, elle provient des républiques
de l'antiquité.
J. NOULENS.
DU BOUZET.
MARQUIS DE POUDENAS, MARQUIS DE ROQUEPINE, MARQUIS DE MARIN,
COMTES DE CASTELNAU, BARONS DU CASTERA-BOUZET, DE CANDES, DE VIVES ET DAUREL,
SEIGNEURS DE SAINT-JEAN DU PIN, DE SAINT-PAUL DU BOUZET, DE LA MONTJOIE,
DE COTS, DE POUY-CARRÉGELARDT, DE LAGRAULET, DE SAINTE-COLOMBE,
DE MADIRAC, DE LIGARDES, DE BELMONT, DE MONS, ETC. 1.
LOMAGNE, CONDOMOIS, GIMOIS.
ARMES : d'argent, au lion d'azur armé et lampassé de gueules, couronné d'or.
— COURONNE DE MARQUIS.
Depuis quelques années, le ban et l'arrière-ban des
vieilles races sont convoqués par l'histoire, qui veut,
en plein XIXe siècle, les ranger en milices et les passer
1. La possession de ces terres et des trois marquisats ne formait pas
tout l'apanage féodal des du Bouzet, qui étaient en outre seigneurs ou
1
2 MAISONS DE GASCOGNE.
en revue. La Gascogne devait nécessairement suivre
l'exemple de ses soeurs du nord et de ses voisines du
midi, appeler ses gentilshommes, déployer leurs pen-
nons et faire aussi sa montre d'armes. Notre province
a trop participé à la gloire de la nation pour laisser,
dans les plis des parchemins et dans le silence des
collections manuscrites, le nom de ses chevaleresques
enfants. Elle eût été impardonnable de les tenir dans
l'obscurité, car la plupart de ses archives n'étant que
des nécropoles de sa noblesse, il lui était facile de
la rétablir à la lumière. C'est ce qu'elle entreprend
aujourd'hui par nos faibles mains.
Nous allons ajourner les grandes dynasties féodales,
privilégiées dans les livres héraldiques, et inaugurer
notre oeuvre par un acte de réparation et de justice
envers les familles qui, quoique dignes d'un haut rang,
n'ont obtenu que peu ou point de place dans les armo-
riaux du passé.
La maison du Bouzet, dont les longues générations
vont être remises sur pied, fut une des plus impor-
tantes et des plus imposantes de notre pays par la date
de son origine, la quantité de ses fiefs, la qualité de ses
coseigneurs de Peyrecave, de la Chapelle, d'Escamps, de Brats, de Bajis,
d'Aubas, de la Roche-Marin, de Montech, du Pergain, de Manleiche, de
Saint-Pesserre, de Poudenas, d'Andiran, de Cauderot, de Las-Bousigues,
de Doazan, de Montégut, de Mansonville, de Cazeaux, de Claris, de Saint-
André, de Lanauze, de Baragnes, de Saint-Aignan, de Villeneuve, etc.
DU BOUZET. 3
alliances, l'éclat de ses personnages et la confiance
dont ils furent honorés par divers souverains. Pourtant
La Chesnaye des Bois ne lui consacre que quelques
lignes, le père Anselme ne mentionne que cinq ou six
de ses mariages, Saint-Allais ne signale que le plus
petit de ses rameaux, et de Courcelles ne rapporte
qu'une de ses branches utérines. C'est peu et c'est
trop, à cause des erreurs dont ces généalogistes four-
millent.
Notre notice sera neuve, critique et étendue, mais
nous n'osons pas dire complète. Nous serons ample-
ment récompensés de nos efforts si on nous accorde le
double et modeste mérite de la conscience et de la
patience. Avec leur aide, nous avons redressé l'échelle
filiative jusqu'en 1198, consolidé l'identité de chaque
degré et de chaque membre par un étai authentique,
et enfin jeté la clarté sur une descendance avant nous
enchevêtrée et confuse comme ces tableaux de bataille
que l'on voit sur de frustes et d'anciens boucliers.
En remontant les divers étages de cette maison, on
rencontre, à chacun d'eux, des vertus héroïques 1 et
4. Le sang que les du Bouzet prodiguaient dans les combats, ils ne le
dispensaient qu'avec discernement et scrupule dans leurs alliances. Aussi le
trouve-t-on le plus souvent mêlé à celui des Preissac (deux fois), des
Roquelaure (deux fois), des Luppé, des Faudoas (cinq fois), des du Gout
(trois ou quatre fois), des Sérillac (deux fois), des Saint-Julien (deux
fois), des Cazilhac, des Fabas, des Vaillac, des Cassagnet (trois fois), des
Fimarcon. des de Pins, des Rochechouart, des Rebenac-Feuquières, des
4 MAISONS DE GASCOGNE.
civiques, des actes glorieux rémunérés par de hautes
dignités militaires et trois titres de marquis.
L'arbre généalogique dont nous allons suivre avec
attention la croissance et le développement poussa
ses premières racines (nous ignorons à quelle époque)
en la seigneurie du Castera-Bouzet 1. De ce tronc pri-
mitif, qui verdissait déjà au XIIe siècle, s'élancèrent
diverses branches qui ont produit un grand nombre
de personnalités élevées. L'ordre de notre travail ne
Galard (cinq ou six fois), des d'Esparbez de Lussan (trois fois), des
Barbotan, des Biran d'Armagnac (deux fois), des Noë, des Castelbajac, de
Patras de Campaigno, des Lary de la Tour, des du Faur, des Laurière, des
Polastron, des Castillon, des Bruslart, des Cugnac, des Carre de Brilly, des
Tascher, des Percin, des Caucabanne, des Barbeyrac, des de Mau. Le
nombre de leurs grandes unions est infini; aussi n'ajouterons-nous à la liste
précédente que les noms de Vicmont, de Bonnefont, de Bordes, de Mon-
lezun, de Loze, de Grossolles, de Léaumont, de Château-Verdun, de Cau-
bios, de Bézin, de Malvin, de Saint-Gresse-Séridos, de Maignaut, de Ver-
neuil, de Ferragut, de Castets, de Gavarret, de du Roy, de Puybersac, de
Durfort, de Pontac, de Marrens, de Saint-Lary de Bellegarde, de du Puy-
Cazeaux, de Baulac, de de Jean, de du Mesnil, d'Aslorg, de Guesnon-Bon-
neuil, de Begué, de Lartigue, de Melet de Fondelin, de Lacaze, de Madirac,
de Guichené, de Mons, de la Fitte, etc. Par suite de quelques-unes de ces
alliances, les du Bouzet furent apparentés avec les le Tellier, les Colbert, les
Beauville, les Louvois, les comtes des Escars, de Pardeillan-Gondrin, de
Clermont, avec les marquis de Rouillac et de Montesquieu, avec les ducs de
Choiseul-Praslin, d'Épernon, de Rohan, etc.
1. Cette terre avec son château, d'après un manuscrit du père Mont-
gaillard, conservé aux archives du département du Gers, avait rang et titre
de baronnie antérieurement au XVe siècle. Vers la moitié du XVIIIe, l'église
paroissiale du Castera-Bouzet, au dire de La Chesnaye des Bois, portait
encore gravé, à la clef de voûte de son porche, l'écusson de la famille qui va
nous occuper. Un collier de Saint-Michel servait d'enroulement à ces armes.
DU BOUZET. 5
nous permet pas de les étudier ici. Nous allons par
conséquent nous borner à la désignation sommaire de
quelques-unes.
Jean du Bouzet de Roquepine, par son intrépidité au
terrible siége de Nancy, en 1476, coopéra à la restau-
ration de la fortune du roi René, duc de Lorraine, et
à la destruction de celle de Charles le Téméraire.
Bernard du Bouzet de Roquepine, son petit-fils, fut
maréchal des camps et armées du roi, chevalier de
l'ordre de Saint-Michel, et successivement gouverneur
de Tonneins, Agen et Condom. Il eut le privilége de
jouer un rôle à la fois chevaleresque et bienfaisant.
Dans un temps où l'antagonisme religieux avait tout
converti à la violence, où l'exemple de Montluc et de
des Adrets permettait d'ajouter la furie du sectaire
à la brutalité du soldat, il ne fut pas toujours libre
de mesurer le nombre et la profondeur de ses coups
d'épée. Mais, en dehors des entraînements belliqueux,
il épargna et protégea le pauvre monde, les petites
gens, contrairement aux pratiques des autres barons,
ses contemporains. Bien mieux, il répara, autant qu'il
était en lui, par son abnégation au profit de l'intérêt
public, les ruines et les déprédations des esprits ou
des bras fanatiques. De plus, sa fidélité ne fit jamais
défaut à un souverain qui, ne pouvant payer ses gardes,
ne devait pas être très-généreux envers ses lieutenants
provinciaux. Bernard du Bouzet se dévoua pour lui,
6 MAISONS DE GASCOGNE.
en Gascogne, pendant qu'il était trahi et lié par les
Guise, ses cousins, et Catherine de Médicis, sa propre
mère. A la mort d'Henri III, on le vit se jeter un des
premiers dans le parti national d'Henri IV contre la
Ligue, qui voulait espagnoliser la France.
Jean du Bouzet, son frère, auteur de la branche des
marquis de Poudenas, fut son émule en vaillantise, en
désintéressement et en zèle monarchique. Ces deux
figures valeureuses nous semblent avoir assez de relief
et d'attrait pour être un jour juxtaposées dans notre
histoire provinciale, ainsi que les profils de deux
héros sur certaines médailles antiques. Elles furent en
effet unies par la fraternité du sang et des armes, par
la communauté des sacrifices et des honneurs, par la
constance de leurs efforts en faveur de la couronne,
par la libéralité de leurs mains, toujours prêtes à fer-
mer les plaies populaires. Jean du Bouzet de Poudenas
fut investi du commandement de la place de Jegun et
du gouvernement de Guienne, en l'absence du maré-
chal de Matignon. La noblesse du Condomois le députa
aux États de Blois en 1588, et à l'assemblée de Paris
en 1614.
Un des petits-neveux du précédent, Gilles du Bouzet
de Roquepine, devint lieutenant général des armées du
roi et gouverneur de la Capelle en Picardie. Les terres
de Pouy, de Roquelaure, de Belmont, de Ligardes et de
Roquepine furent sur sa tête érigées en marquisat par
DU BOUZET. 7
Louis XIV au mois de janvier.1671. Sa belle-mère,
Madeleine le Tellier, femme de Gabriel de Cassagnet,
capitaine aux gardes françaises, était fille de Michel le
Tellier, chancelier de France, pacificateur des troubles
de la régence, et soeur de Louvois. La femme de Gilles
du Bouzet était par conséquent petite-fille ou nièce de
ces deux célèbres ministres du grand roi.
Le fils de ce dernier, François du Bouzet de Roquepine,
eut la même dignité militaire que son père, et s'allia
à Louise Madeleine Bruslart, petite-fille d'Edouard Col-
bert, secrétaire du roi.
Dans la branche des du Bouzet, marquis de Marin,
les hommes de guerre ne sont pas rares non plus ; elle
compte les suivants parmi ses membres :
Michel du Bouzet, seigneur de Marin et de Sainte-
Colombe, capitaine de deux cents hommes d'armes,
chevalier de l'Ordre du Roi, conseiller et premier
maître d'hôtel de la reine Marguerite de Valois.
Son fils aîné, Jean du Bouzet, obtint la charge de
mestre de camp et celle de gouverneur du château de
Ham. Il eut pour enfants, entre autres :
Michel du Bouzet-Marin, qui fut l'un des hommes les
plus importants de son pays au temps de la Fronde.
Il fut récompensé de son habileté et de sa bravoure
par les fonctions de gentilhomme ordinaire de la
chambre du roi, de lieutenant général de ses armées,
de gouverneur du château Trompette de Bordeaux. Son
S MAISONS DE GASCOGNE.
frère Charles, et son fils, Jean-Charles, parvinrent, l'un
au poste de maréchal, et l'autre à celui de mestre de
camp. Au degré qui vient après, le titre de marquis
était le prix des services héréditaires de cette coura-
geuse lignée.
D'autres rameaux des du Bouzet ont fourni une
pléiade d'illustrations militaires, maritimes et diplo-
matiques, entre lesquelles nous citerons : — Charles-
Maurice, marquis du Bouzet, commandant des frégates
ou vaisseaux le Montréal, la Mignonne, l'Eveillé, la
Danaé; — le lieutenant général François du Bouzet,
promu à ce grade par la Restauration; — le vicomte du
Bouzet, naguère consul de France au Sénégal, et enfin
le contre-amiral du Bouzet, notre contemporain.
Chacun de ces personnages sera envisagé et traité,
en temps opportun, sous tous les aspects. Aussi, sans
nous attarder plus longtemps dans ce coup d'oeil syn-
thétique, nous allons passer au recensement des géné-
rations de la maison du Bouzet. Nous aurons soin
d'appuyer et d'éclairer de sa preuve immédiate chaque
fait avancé.
DU BOUZET. 9
I.
GUILLAUME-ARNAUD DEL OU DEU BOSET figure
parmi les témoins de la cession accomplie en 1198
par Vézian, vicomte de Lomagne, en faveur de l'abbé
de Sainte-Marie de la Grand'Selve 1.
II.
RAYMOND et son frère GAUTHIER (damoiseaux), fils
de celui qui ouvre la marche de cette filiation loin-
taine, assistèrent aussi à l'acte de largesse de 1198 2.
Le manuscrit des archives de Tarbes, qui constate leur
existence, ne relate rien de leur destinée, si ce n'est
que le premier fut l'auteur de celui qui personnifie
le degré suivant.
III.
ARNAUD-GUILLAUME DEL BOSET 3 fut présent au
pacte d'alliance, signé le 14 janvier 1264, entre Odon,
1. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem.
3. Les actes les plus anciens portaient aussi l'orthographe de BOSEQ.
10 MAISONS DE GASCOGNE.
vicomte de Lomagne 1, et le comte de Toulouse. II
s'était uni à BRAYDE DE LÉVIGNAC, fille de Pierre de
Lévignac. Celle-ci, après son veuvage, advenu avant le
11 août 1280, consentit un bail à nouveau fief devant
Etienne Gastin, notaire public 2. Le 6 octobre 1284,
elle opéra la vente des terres de Cornabarieu et de
Pibrac, ainsi que de leurs appartenances et dépen-
dances, au prix de 80 livres tournois. D'accord avec
son fils Gauthier, elle donna, en 1288, investiture
à noble Destrol de l'héritage qu'il tenait de Pierre
Claver. Les enfants d'Arnaud-Guillaume 3 et de dame
Brayde furent les trois qui suivent :
1. — GAUTHIER DEL BOSET, damoiseau.
2. — BARRAU DEL BOSET, coopérateur de son aîné
dans les statuts accordés aux citadins de Castera-Bouzet
en 1300. Il favorisa des mêmes franchises les com-
munautés de Saint-Jean du Pin et de Saint-Paul du
Bouzet 4.
L'histoire de Gascogne cite en outre Barrau du
Bouzet à propos du fait que voici : Philippe, vicom-
tesse de Lomagne, n'avait eu de son époux, Élie de
4. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem.
3. Bon du Bouzet, qui reçut en 1285 la place de Peyrecave de la
libéralité du vicomte de Lomagne, est présumé frère d'Arnaud-Guil-
laume ; dans le doute, nous n'avons pas pu lui donner rang.
4. Coutumes du Castera-Bouzet. — Histoire de Gascogne, par
M. l'abbé Monlezun, t. III, p. 480.
DU BOUZET. Il
Taleyrand VII, que deux filles, dont une seule, Mar-
quésie, vécut après elle. La mère, à sa dernière
heure, légua à son mari (4 avril 1286) la vicomte
d'Auvillars et de grandes étendues territoriales dans
le Comminges. De plus, elle reconnut être débitrice
envers lui de 20,000 marcs d'argent garantis sur ses
domaines. Marquésie, attirée par la vie monastique,
renonça au monde et à ses vastes possessions, enga-
gées en partie pour la somme ci-dessus. Ne pouvant
ou ne voulant peut-être pas les dégager, elle se
désista en faveur de son père de tous ses droits
maternels, et ne réserva pour elle que La Chapelle
et Poupas. Libre dès lors de prononcer ses voeux,
elle prit la robe de Clariste. En mai 1294, la noblesse
de Lomagne fut convoquée dans l'église du Castera
lectourois, et confirma la cession faite à Élie. Au
nombre des seigneurs présents, l'abbé Monlezun men-
tionne 1 : Sans Garcie de Manas, seigneur d'Avensac,
Arnaud de Preissac, Bernard de Sérillac, Boson de
Vicmont, Bernard de Vives, Géraud de Galard et Bar-
rau du Bouzet 2.
3. — ARNAUD DEL BOSET. Son nom nous est par-
venu à travers les âges, inscrit sur un inventaire
dressé en 1494 3.
1. Histoire de Gascogne, t. III, p. 55 et 06.
2. Il arrondit ses possessions par des acquisitions nouvelles en août 1323.
3. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
12 MAISONS DE GASCOGNE.
IV.
GAUTHIER DU BOUZET, damoiseau, qui, dans une
reconnaissance féodale, datée du 5 septembre 1305,
rappela le nom vénéré de son père, le senhor Guilhem
Arnaud del Boset, cavaer (chevalier). De concert avec
Barrau, son cadet, stipulant pour lui et pour noble
Arnaud del Boset, leur troisième frère, il octroya
des coutumes aux habitants du Castera-Bouzet 1. En
septembre 1305, il comparut devant Jean Codeuls et
déclara sa châtellenie mouvante de l'autorité de Vic-
mont, seigneur de Tournecoupe. En mai 1309, il
renouvela un compromis devant le notaire Radice 2.
Ses deux fils furent :
1. — BARRAU DU BOUZET, que nous allons reprendre 3.
2. — PIERRE, qui se rangea avec son aîné, en 1372,
sous la bannière du comte d'Armagnac 4.
V.
BARRAU DU BOUZET, chevalier, seigneur du Cas-
tellar-Bouzet 5, reçut en 1340 et en 1341 les hommages
1. Archives départementales des Hautes-Pyrénées.
2. Idem.
3. Idem.
4. Histoire de Gascogne, par l'abbé Monlezun, t. III, p. 800.
5. Ou Castera-Bouzet.
DU BOUZET. 13
qui lui étaient dus ainsi qu'à BREME DE PREISSAC,
sa femme 1. Trois ans plus tard, il jura fidélité au
comte d'Armagnac, redevenu souverain de Lomagne,
par suite des événements de 1337. A la cour plénière
de Windsor, Robert d'Artois, irrité par l'exil, repro-
cha à Edouard III de s'être laissé déshériter du beau
royaume de France, et lui dit que sa couardise éga-
lait celle du héron, qui avait peur de son ombre. Le
roi d'Angleterre approuva cette sanglante remontrance
et fit serment par saint Georges et saint Denis d'aller
détrôner le Philippe qui portait fleurs de lis. Celui-ci,
pour toute réponse, écrivit à Pierre de Marmande de
confisquer le duché de Guienne. Le prince anglais,
avant de commencer ses chevauchées à travers la
Gascogne, voulut s'assurer le concours du comte d'Ar-
magnac, et, pour l'attirer dans son parti, lui promit
la restitution des vicomtés de Lomagne et d'Auvil-
lars, accaparées par le Valois. Philippe, désireux de
conserver un si brave lieutenant, lui rendit les fiefs
ajoutés à sa couronne. Alors tous les hommes liges
du pays s'empressèrent de venir reconnaître leur suze-
rain restauré (1343). Dans ce groupe le rôle indique,
pour le Castera-Bouzet, Barrau du Bouzet 2. Ce der-
nier donna à Vicmont, seigneur de Tournecoupe, la
\. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Histoire de Gascogne, par l'abbé Monlezun, t. III, p. 247.
14 MAISONS DE GASCOGNE.
main de sa fille Esclaramonde avec une dot de deux
mille florins d'or, sur lesquels quatre-vingts furent
comptés le jour de la solennité nuptiale 1. Son gendre
lui délivra quittance de cette somme, le 27 mai 1376,
en présence de Mollinerie, notaire. Quinze ans plus
tard, nous retrouvons Barrau du Bouzet associé aux
gentilshommes de Lomagne pour souscrire un com-
promis qui déterminât les droits mutuels du vicomte
et de ses vassaux 2. En 1393, il s'affranchit d'une
rente qu'il servait depuis longtemps à Pierre de Lafoga,
habitant d'Auvillars. Dans les actes de foi offerts au
comte d'Armagnac, cette même année 1393, Barrau
du Bouzet se présenta pour le Castera et son fils
Jeannet pour les autres possessions de Lomagne 3.
Brême de Preissac 4 lui avait donné :
1. — JEAN OU JEANNET DU BOUZET, qui vient ci-
après.
2. — ESCLARAMONDE, qui entra, comme nous l'avons
dit, dans la maison de Vicmont 5.
3. — BRUNE DU BOUZET, qui abandonna, au profit
de son frère Ayssin, tous ses biens, sis en le diocèse
4. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem.
3. Histoire de Gascogne, par l'abbé Monlezun, t. III, p. 489.
4 DE PREISSAC: d'argent, au lion de gueules lampassé, armé et
couronné d'or.
5. DE VICMONT : d'or, à trois corneilles de sable.
DU BOUZET. 5
de Lectoure et dans les juridictions de la Montjoie
et de Lauzerte 1.
4. — AYSSIN OU EYSSEN DU BOUZET, coseigneur du
Bouzet et de Saint-Jean du Bouzet. Jean II, comte
d'Armagnac, avait inauguré dans son testament une
jurisprudence nouvelle qui annihilait les traditions
observées par ses ascendants. La loi salique était intro-
duite dans sa descendance et, par suite, les femmes
se trouvaient exclues de sa succession. La fin tragique
de Jean III, qui était venu en Lombardie avec le des-
sein de détrôner Jean Galéas, fit, en vertu de cette
volonté de l'aïeul, tomber son héritage dans les mains
de son frère Bernard VII au détriment de ses nièces.
Impatient de faire consacrer cette législation insolite,
l'oncle fit appel aux États de Fezensac et de Rhodez
qui, plus confiants dans une épée que dans des bras
débiles, légitimèrent la revendication du tuteur et
repoussèrent la demande des orphelines. Le pays de
Lomagne, consulté pour le même objet, répondit de
la même manière (6 janvier 1393); mais il exigea,
en retour, de son nouveau maître la confirmation des
franchises anciennes et l'addition de nouvelles. Parmi
les signataires de cette double requête apparaît Ayssin
du Bouzet 2. Celui-ci légua la totalité de ses biens à
4. Histoire héraldique et généalogique des pairs de France, par de
Courcelles; article DU GOUT, p. 35, t. VI.
2. Histoire de Gascogne, par l'abbé Monlezun, t. IV, p. 89.
16 MAISONS DE GASCOGNE.
Odet du Gout ou de Goth 1, époux de sa fille Com-
bélie 2. Il laissa toutefois ceux de la Chapelle à sa
femme, COMTESSE DE VILLEBEUF, dans le cas où elle ne
pourrait pas vivre en bonne intelligence avec son
gendre. Diverses donations 3 furent réparties par Ayssin
entre ses petites-filles Jeannette et Brunette (nées de
Jeannot) et ses neveux Gassion de Manas et Gaillard
de Mondenard. Le 8 février 1424, il vendit les rentes
dont les juridictions de Moncuq et de Castelsagrat,
dans le diocèse de Cahors, étaient tributaires envers
lui. Les emphytéotes de sa circonscription seigneu-
riale lui souscrivirent des reconnaissances les 7, 8 et
22 janvier 1427. Dans un document du 22 août 1497,
Comtesse de Villebeuf est désignée comme bienfaitrice
du monastère d'Auvillars. Ayssin eut d'elle : Guillaume,
— Jeannot, — Raimond - Bernard (tous trois victimes
d'une mort précoce), et enfin Combélie ou Beliette, dont
le nom sera de nouveau relevé à la branche du Gout
du Bouzet 4.
1. Troisième fils de Raymond du Gout, seigneur de Rouillac, et de Rousse
d'Astarac. Cette union amena la fusion des deux familles.
2. Celle-ci était alors veuve de Sanche-Gassion de Manas dont elle avait
eu deux enfants.
3. Ayssin du Bouzet fit son testament le 1er décembre 1424. Il reconnut
avoir reçu de sa femme une dot de onze cent cinquante florins d'or. C'est
dans cet acte qu'il constate la perte de tous ses enfants mâles.
4. Histoire héraldique et généalogique, etc., de Courcelles; article DU
GOUT, p. 53, t. VI.
DU BOUZET. 17
VI.
JEAN Ier DU BOUZET, damoiseau, seigneur du
Castera-Bouzet et d'autres lieux, participa au protocole
arrêté avec le comte d'Armagnac le 6 janvier 1391.
Il maria sa nièce, Brune de Vicmont, à noble Pela-
gous de Montlezun. L'oncle, après versement de la
dot, retira un récépissé 1, le 6 juin 1393. Les consuls
des communautés dont il avait ratifié les priviléges
lui apportèrent leur hommage le 3 janvier 1405. Jean
du Bouzet, qui tenait en fief de la munificence du
comte d'Armagnac les leudes de la Garonne, donna
délégation à Bertrand du Gout pour porter à son bien-
faiteur un aveu relatif au péage du fleuve 2.
Deux femmes se succédèrent dans sa couche; la
première, LUGANETTE DE BONNEFONT 3 (fille d'Othon
de Bonnefont, coseigneur de Saint-Avit et de Longue
de Galard), lui laissa un enfant en bas âge qui fut :
MEYNADIN OU MEYNADIER DU BOUZET. Celui-ci aliéna,
le 18 juillet 1418, contre une indemnité de deux cent
quatre-vingts florins d'or, ses perspectives sur les biens
1. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Collection des manuscrits de M. Benjamin de Moncade. — Cahier AA.
Château de Malliac.
3. DE BONNEFONT : de gueules à une bordure d'or.
1. 2
18 MAISONS DE GASCOGNE.
de ses aïeuls maternels, en faveur de son cousin noble
Jean de Galard, coseigneur de l'Isle-Bouzon, au dio-
cèse de Lectoure 1. La renonciation eut lieu, dit un
document des archives de Tarbes, devant prévoyant et
sage homme Bernard d'Aymerii, lieutenant du vénérable et
circonspect Messire Jean-Guillaume d'Aymerii, licencié ès
lois, juge d'Auvillars. Meynadier céda, en 1433 et en
1436, à Faré et Arnaud de Pots deux terres, sur les-
quelles il retint les droits seigneuriaux. La cession
fut opérée devant Riccardi, notaire. On ignore s'il
mourut dans le célibat 2.
Le deuxième lit que Jean partagea avec MON-
DETTE DE CASTETS donna naissance à :
1. — RAYMOND DU BOUZET 3, qui restera au berceau
de ses ancêtres et qui trouvera sa place à la branche
des barons du Castera, seigneurs de Candes ;
2. — HUGUES DU BOUZET , damoiseau, qui poursui-
vra directement notre ligne et viendra se fixer dans
les seigneuries de Cots et de Lagraulet en la vicomté
de Gimois 4.
1. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem.
3. Ce fut lui qui fit exécuter, par Pierre de Caze, notaire de la Chapelle
(en Lomagne), la copie des coutumes du Castera-Bouzet parvenue jusqu'à
nous. Ce document sera reproduit in extenso aux Notes et preuves sup-
plémentaires.
4. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Histoire de Gas-
cogne, par l'abbé Monlezun.
DU BOUZET. 19
VII.
HUGUES DU BOUZET, damoiseau, seigneur de
Cots et de Lagraulet, était possesseur de la justice
haute, mixte et basse de ses terres. C'est en cette
qualité qu'il rendit, le 27 septembre 1422, hommage
à Jean, comte d'Armagnac et de Fezensac, vicomte
de Lomagne et de Gimois 1. Les deux seigneuries sus-
dites étaient enclavées dans cette dernière circon-
scription féodale. Cet acte de vasselage est établi par
une expédition du bureau des finances de Montauban,
pièce légalisée par les signatures de Combettes, pré-
sident, et Delfieu, greffier. Hugues contracta alliance
avec NAVARRINE DE SÉAILHES, qui avait pour père
Noble Bernard de Séailhes, seigneur de ce lieu et
de Lagraulet, et pour mère Jeanne de Verglus 2.
Celle-ci institua son gendre légataire universel le
10 avril 1442. Les dispositions de cette dame furent
reçues par Savin de Noalhac, notaire d'Aubiac 3.
L'esprit d'équité de Hugues lui mérita la confiance
de tous ses parents. Noble Anglaise de Galard, qui
résidait à Flamarens, lui donna procuration le 27 octo-
4. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem.
3. Idem,
20 MAISONS DE GASCOGNE.
bre pour le règlement de la succession de son mari,
Honorat de Marrens, et pour déterminer les droits
de ses enfants dont elle était tutrice. Hugues du
Bouzet et ses fils inscrivirent leurs noms, en 1460,
sur le contrat de mariage d'Arnaud de Sérillac et de
Marguerite de l'Isle, fille de Gaspard de l'Isle et d'Isa-
belle de Comminges. Navarrine de Séailhes lui laissa 1 :
1. — MANAUD DU BOUZET, privé de postérité ;
2. — JEAN DU BOUZET, dont nous allons parler.
VIII.
JEAN II DU BOUZET, seigneur de Cote et de
Lagraulet, acquit, le 27 septembre 1472, la seigneurie
de Roquepine 2 par son union avec CATHERINE DE
BORDES 3, fille de Jean de Bordes, seigneur de cette
1. Archives départementales des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Selon que l'on adopte telle ou telle étymologie, on doit écrire
ROQUEPINE avec ou sans accent sur l'E médial. Or, ce nom de lieu dérive
visiblement de l'italien ROCCA ou ROCCO (lesquels viennent de rupes) et de
PENNA ou PINNA, flèche, dentelure; c'est-à-dire rocher pointu, ou forte-
resse crénelée, car ROCCA veut dire tour aussi bien que roc; Dans ce cas,
il faut orthographier avec un E muet. Si, au contraire, on fait découler
ROQUEPINE de ROCCA et de SPINA, roche épineuse, il faut employer l'É aigu.
Nous avons opté pour la première leçon.
3. Fonds de d'Hozier; chevaliers de Malte, prieuré de Toulouse,
fol. 445. — Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
— Archives du château de Malliac, etc.
DU BOUZET. 21
terre 1. Catherine avait déjà subi une épreuve conju-
gale. Son premier mari, Pierre de Montlezun, seigneur
d'Aigues-Mortes, en Fezensaguet, descendit prématu-
rément dans la tombe. Restée seule avec une fille en
bas âge, elle opta entre plusieurs compétiteurs pour
Jean du Bouzet. L'enfant issue des premières noces,
devenue nubile, fut donnée à Exterce d'Augeroux. A
la cérémonie nuptiale, célébrée le 3 avril 1490, con-
coururent la mère et son deuxième époux 2.
L'instinct belliqueux qui avait emporté Xaintrailles
et Lahire loin du sol natal avait conduit Jean du
Bouzet en Lorraine. Avant son mariage, après diverses
pérégrinations guerrières, il s'était attaché au roi
René et il vint le rejoindre cinq ans après pour coopé-
rer à sa restauration.
1. La famille de Bordes était d'une origine fort reculée dans les temps.
L'un de ses membres, Petrus de Bordis, figure parmi les signataires de la
coutume de Barran, en 1279; deux autres, les frères Bertrand et Guillaume
de Bordes, eurent l'insigne honneur, de 1300 à 4311, le premier, de
monter sur le siége archiépiscopal d'Alby et de revêtir la pourpre; le
second, d'être appelé à l'évêché de Lectoure. Les seigneurs de Roquepine
sur lesquels les de Bordes avaient dû se greffer à une époque ignorée,
avaient aussi une existence fort ancienne. On les trouve, en 14 58, parmi
les témoins de la donation du bois d'Artigebert, souscrite par Forton Duthil
en faveur de l'abbaye de Flaran. L'an 1283, ils participèrent à une enquête
ordonnée par le roi au sujet d'une compétition de justice qui avait amené
un différend entre les seigneurs de Fimarcon et Othon de Lomagne. Collec-
tion Bréquigny, — t. VII. — Acte de fondation du couvent de Flaran,
publié par la feuille de Condom, n° 801. — 3 septembre 4 839.
2. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
22 MAISONS DE GASCOGNE.
A l'instar du duc de Gueldre et du Sanglier des
Ardennes, qui tinrent en échec les Flandres et l'Alle-
magne avec leurs bandes noires presque entièrement
formées de Gascons, les ducs de Lorraine affection-
naient les enfants du midi. Barbazan, le type le plus
pur du vrai chevalier 1, si légitimement glorifié par
les chroniqueurs et les troubadours, et avec lequel
Charles VII partagea les armes de France, Barbazan,
dont la tombe est à Saint-Denis, seule rivale de celle
de Duguesclin, avait aidé de ses conseils et de son
bras René d'Anjou, excellent roi et charmant poëte.
Le fils de ce prince, à la poursuite d'un royaume
perdu, n'avait qu'une petite garde composée de quel-
ques serviteurs lorrains et de quelques gentilshommes
accourus du pied des Pyrénées au pied des Vosges
pour lui faire rendre sa couronne. Montluc nomme
parmi ces derniers Gratian, Daguerre, Gaïan, Pons et
Roquepine. Héroïque fut le rôle de ces cadets au
siége de Nancy (1476 et 1477). Pendant que le duc
de Lorraine, en compagnie d'un ours apprivoisé, par-
4. Après la délivrance de Barbazan (qui était, comme on sait, de la comté
de Bigorre), le roi accueillit son retour avec une joie infinie, échangea avec
lui son épée, et, dans des lettres patentes du 28 juillet 1431 lui accorda le
privilége de porter les armes pleines de France réunies à la croix d'or sur
champ d'azur. Le même souverain, voyant son fidèle serviteur privé d'héri-
tier mâle, reporta cette prérogative sur la tête de Louis de Faudoas, premier
baron de Gascogne, qui avait épousé Oudine de Barbazan, fille de ce modèle
des chevaliers et de Cibelle de Montaut.
DU BOUZET. 23
courait la Suisse, implorant et pressant des levées et
qu'il les ramenait, jaquette aux reins et hallebarde
à l'épaule, comme un simple piquier, nos guerriers
gascons firent merveille. Leur élan stimulait l'inertie
naturelle des Lorrains et les entraînait, soit à la
défense des murs, soit dans des sorties meurtrières
pour le camp ennemi. Les premiers ils donnèrent
l'exemple de la fidélité et du dévouement à une cause
juste en mangeant les chats et les rats, seules res-
sources des assiégés. Les premiers à l'attaque et au
péril, ils contribuèrent infiniment au salut de la
place 1. C'est grâce à leur bravoure et à leur zèle
qu'elle put attendre et entendre enfin le cri de la déli-
vrance, le mugissement du cor d'Underwald et d'Uri.
Ce son la fit tressaillir de joie et glaça le coeur des
Bourguignons en leur rappelant Morat. Sur la neige
glissante, où l'on combattit, vint s'abattre la fortune
expirante de la maison de Bourgogne. Jean du Bouzet
de Roquepine 2 fut donc un de ceux qui portèrent un
1. Montluc leur attribue tout l'honneur de cette belle défense : « Les
« autres moururent au siége, et firent si vaillamment, ces braves Gascons,
« qu'avec quelques gens ramassés du pays qui se jetèrent dedans et quelques
« gentilshommes dudit pays, ils deffendirent la ville et endurèrent la faim
« jusques à l'extrémité, et donnèrent loisir au roi Réné d'aller lui-mesme
« en Suisse chercher son secours... Et comme le duc vil arriver les Suisses
« et cette gendarmerie, il se voulut lever et là perdit la bataille, et y
« mourut, » ( Commentaires, t. IV, p. 271 et 272. )
2. L'auteur de la table des noms d'hommes et des noms de lieux qui
accompagne les Commentaires de Montluc donne le prénom de Bernard au
24 MAISONS DE GASCOGNE.
coup mortel au dernier effort, au dernier espoir,
et au dernier jour de Charles le Téméraire.
La progéniture de Jean du Bouzet et de Catherine
de Bordes fut :
1. — JEAN III DU BOUZET, continuateur de la branche
de Roquepine;
2. — ARNAUD, auteur de celle des marquis de Marin ;
3. — MARGUERITE 1, qui dut épouser en premier
lieu le seigneur DE TILLADET, dans la juridiction de
Gondrin. Nous la trouvons en possession de cette
salle à la fin du xve siècle, époque à laquelle elle se
remaria avec Bertrand de Cassagnet 2. Le Dictionnaire
membre de la famille du Bouzet qui porta son épée au secours du duc de
Lorraine en 1477, et il constate que c'était un de Roquepine; or, Jean II du
Bouzet est le premier de sa race qui ait pris le nom de Roquepine par suite
de son mariage avec Catherine de Bordes, dame de ce lieu, en 1472. Lui seul
pouvait donc être présent au siége de Nancy. Son fils, le seul avec lequel il
pût être confondu, en l'absence de contrôle chronologique, n'avait alors que
quatre ans. L'erreur provient de l'illustration de Bernard de Roquepine!
gouverneur de Condom, qui vivait cent ans plus tard. La célébrité de
celui-ci aura déterminé la préférence de l'éditeur peu attentif aux anachro-
nismes.
1. Nous avons également trouvé dans des papiers ayant appartenu à
Mme de la Mazelière une Madeleine du Bouzet, dite soeur du seigneur de
Roquepine, qui contracta union en 1532 avec Guillaume de Patras, seigneur
de Laurencin. Mais comme nous ignorons si elle était fille de Jean II du
Bouzet et de Catherine de Bordes ou de leur aîné Jean III, époux de Ber-
nardine de Montlezun, ce qui est également admissible sous le rapport chro-
nologique, nous nous abstiendrons de la mettre en ligne.
2. Bertrand était fils de Manaud, seigneur de Cassagnet, et d'Agnès de
Lasseran de Massencome. — DE CASSAGNET : d'azur à la bande d'or.
DU BOUZET. 25
de la noblesse, édité en 1771 par la veuve Duchesne,
tome III, page 532, mentionne Marguerite du Bouzet
en lui attribuant pour mère Catherine de Bordes, et
pour père Antoine du Bouzet, ce qui est une erreur,
puisque celui-ci s'appelait Jean. Le généalogiste, peu
soucieux de la vérité, aura trouvé Antoine, fils de Ber-
trand du Bouzet et de Catherine de Sérillac, inoc-
cupé, et il l'aura hasardeusement donné pour mari
à Catherine de Bordes. Le fonds de d'Hozier, le Nobi-
liaire de Montauban, les archives de Tarbes, des
documents examinés par Chérin, les notes de M. Ben-
jamin de Moncade, scrupuleux chercheur, divers titres
originaux que nous avons dépouillés, ne laissent aucun
doute sur l'identité du petit nom de Jean. Après ces
réflexions critiques, rentrons en matière. Marguerite
du Bouzet, dame de Cassagnet 1, donna le jour à
Antoine de Cassagnet, seigneur de Tilladet, gouver-
neur de la Verrue en 1555 et plus tard de Bordeaux 2,
ainsi qu'à François, seigneur de Saint-Orens et de la
Roque, chevalier de l'Ordre du Roi, sénéchal de Baza-
daiss. Elle eut également deux filles, dont l'une,
1. Elle testa le 2 novembre 1523. Une de ses petites-filles rentrera dans
la famille du Bouzet par son mariage (1653) avec Gilles du Bouzet, marquis
de Roquepine, lieutenant général des armées du roi, etc.
2. Il se distingua aussi dans l'expédition de Piémont, servit en Guienne
sous Montluc, et reçut une blessure devant Mont-de-Marsan. Sa femme était
Jeanne de Bezolles.
3. Il fut enseveli dans l'église cathédrale de Condom. L'auteur des Com-
26 MAISONS DE GASCOGNE.
Paule-Louise de Cassagnet, devint la femme de Bertrand
de Baylens, baron de Poyanne 1.
IX.
JEAN III DU BOUZET, seigneur de Roquepine et
de Pouycarrégelard 2, devint l'époux (2 avril 1504) de
BERNARDINE DE MONTLEZUN 3, dame en partie du
Pouy. Il fit la répartition de ses biens, le 13 juin 1549,
légua la majeure part à son aîné Pons, accorda un sup-
plément de droits à son frère Arnaud de Marin, et confia
l'exécution de ses derniers voeux à son petit-fils Ber-
nard de Lary, seigneur de la Tour, et à Jean de Cour-
rensan 4. Il fut père de tous ceux que nous allons
dénombrer ci-après :
1. — PONS DU BOUZET, auteur de la branche de
mentaires le loue presque à chaque page et l'associe à presque toutes ses
entreprises.
1. Dictionnaire de la noblesse, tome III, p. 532.
2. Ce nom de CARRÉGELARD qui accompagne celui de POUY, d'après une
tradition du pays, pourrait être ainsi expliqué : le village de Pouy avait
autrefois des foires spéciales de porcs, lesquelles étaient fort en vogue. On y
venait de loin acheter ces animaux engraissés; de là ce qualificatif mérité de
carrege lard, mots gascons qui signifient : charriage de lard.
3. Archives des Hautes-Pyrénées. — Série EE. — Les Montlezun avaient :
d'argent, au lion couronné de gueules, accompagné de neuf corneilles
de sable, becquées et membrées de gueules.
4. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
DU BOUZET. 27
Madirac, qui produira celles de Vives, de Las Bou-
sigues et de Ligardes ;
2. — BERNARD DU BOUZET DE ROQUEPINE, gouverneur
de Tonneins, d'Agen, de Condom, maréchal de camp,
devancier des marquis de Roquepine ;
3. — JEAN DU BOUZET DE ROQUEPINE, fondateur de
la branche marquisale de Poudenas : c'est lui que
nous allons ramener au prochain degré ;
4. — PIERRE, coseigneur de Roquepine, appelé le
chevalier d'Ancas, surnom qui resta aux derniers nés
de la famille 1;
5. — JEANNE DU BOUZET DE ROQUEPINE, mariée à
JEAN DE LARY, seigneur de la Tour, en 15532. Leur fils
Bernard de Lary est déclaré neveu de Pons dans une
transaction signée entre eux pour exercer une pour-
suite judiciaire contre Gaston, baron de Poudenas, et
la dame de Maignaut 3;
6. — ISABELLE DU BOUZET DE ROQUEPINE, femme de
GUIRAUD DE CASTILLON 4, fut dotée de douze cents livres
1. En 1630, ce surnom de d'Ancas fut porté par Jean du Bouzet, frère
cadet de Pons de Roquepine; en 1674, par François du Bouzet, curé dans
la seigneurie de ses pères. Dénombrement et état civil de la commune
de Roquepine.
2. Fonds d'Hozier, chevaliers de Malte, prieuré de Toulouse, fol. 445.
— De LARY DE LA TOUR : d'azur, à six cotices d'or en barres ; au chef
d'or, chargé de trois merlettes de sable. — Devise : DURUM PATIENTIA
FRANGO.
3. Archives du séminaire d'Auch. — J 3. 28-5.
4. Guiraud de Castillon, seigneur de Mauvezin, de Carboste, de Lescoul
28 MAISONS DE GASCOGNE.
tournois. La cérémonie nuptiale (9 juillet 1527) fut
rehaussée par la présence d'Arnaud du Bouzet, sei-
gneur de Marin, de Sainte-Colombe, et par celle de
plusieurs autres gentilshommes tels que les seigneurs
de Berrac et de Cadreils 1 ;
7. — CATHERINE DU BOUZET DE ROQUEPINE, qui épousa,
le 10 mai 1551, le haut et puissant seigneur BERNARD DE
PATRAS, seigneur de Campaigno ; celui-ci ayant perdu
sa première femme, lui substitua sa cousine Catherine
du Bouzet de Marin 2 ;
8. — JEANNE DU BOUZET DE ROQUEPINE, qui eut pour
mari noble JEAN DE CARRÈRE ;
9. — ROSE, qui adopta la profession religieuse et
vint se cloîtrer dans le couvent de Sainte-Claire, à
Nérac 3;
10. — BLASIE DU BOUZET, mariée en 1540 à JEAN DE
et de la Coucutsaute, apparaît dans une revue passée à Layrac le 15 juillet
4565. Il avait le commandement d'une compagnie et le brevet de capitaine le
20 juin 1569. Son fils, Michel de Castillon, nommé dans les tomes IV et V de
l'Histoire de France de Scipion Dupleix, dans la Notice sur Nérac de M. de
Villeneuve-Bargemont, et ailleurs, monta l'un des premiers à l'assaut de
Mont-de-Marsan, à la grande admiration de Montluc, et accourut au secours
de Mézin, cerné par Fabas, l'implacable chef religionnaire. Montgomery
tira représailles de cette résistance en rasant le château de Mauvezin qui
appartenait au guerrier catholique. — Les Castillon portent : de gueules au
château d'argent, sommé de trois tours crénelées de même.
1. DE COURCELLES. — Tome III, Généalogie de Castillon, pages 37
et 38. — SAINT-ALLAIS. — Nobiliaire universel, t. X.
2. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
3. Idem.
DU BOUZET. 29
LARTIGUE, chef de la branche des Lartigue, seigneurs
de Caseaux et du Petit-Goalard et barons de Goueytes.
Jean, d'abord gendarme clans les cornettes du maré-
chal de Bellegarde, fut appelé, le 7 octobre 1598, en
qualité de gentilhomme servant de la reine Marguerite,
au château d'Usson, en Auvergne. Son serment fut
reçu par l'oncle de sa femme, Michel du Bouzet
de Marin, seigneur de Roquepine et de Sainte-Colombe
et premier maître d'hôtel de la princesse.
Jean III, seigneur de Roquepine et de Pouycarré-
gelard, père de la rangée qui précède, dota en outre
plusieurs fils et plusieurs filles nés en dehors du noeud
légitime, tels que :
11. — GUILHEM DU BOUZET DE ROQUEPINE;
12. — MARIE DU BOUZET DE ROQUEPINE 1;
13. — JEHANNE, qui accompagna au monastère sa
soeur Rose. A ces derniers il faut encore ajouter :
14. — OLIVIER DE ROQUEPINE, qui fit fort jeune les
guerres de Piémont 2. Le maréchal de Matignon, qui
l'avait sous ses ordres en 1589, le dépêcha avec une
compagnie pour couvrir Condom, menacé par Fabas,
et l'établit ensuite dans la forteresse de Montcrabeau.
De ce nid d'aigle, Olivier faisait des descentes sur les
villes des entours et leur imposait péage ou bataille,
1. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem,
30 MAISONS DE GASCOGNE.
selon la mode d'alors. Le but le plus fréquent de ses
courses était Nérac, la cité huguenote 1. L'alarme de
ses habitants amena le combat raconté par de Thou,
d'Aubigné, Berger de Xivrey, Saint-Amans, etc. Ces
auteurs diffèrent quant à la date, mais concordent
pour le récit, dont les uns font remonter l'action en
1580, les autres en 1586 ou 1587. Voici la narration de
Scipion Dupleix (Histoire de France, tome IV, page 210) :
« D'autre part le sieur de Gondrin, sortant de Condom
" pour aller joindre le maréchal de Matignon à Fran-
« cescas, à deux lieues de là, se destourna vers Mont-
« crabeau, entre Condom et Nérac, sur l'advis qu'il
« eut que les comtes de Gurson, du Flex, et un de leurs
« frères, tous trois fils du marquis de Tran, de l'illustre
« maison de Foix, avoient attaqué la tour qui servoit
« de citadelle audit lieu de Montcrabeau, où Olivier
« de Roquepine s'estoit logé avec une compagnie de
« gens de pied : dont ceux de Nérac estaient souvent
« visités. Les trois frères (quoyque d'Aubigné en compte
« sept à huit cens) n'avoient pas plus de trois cens
« cinquante hommes de pied et vingt-cinq mais très.
« Gondrin avoit en sa compagnie quarante-deux gen-
« darmes, outre cinq cavalliers de Condom qui l'ac-
« compagnèrent. Ses coureurs, conduits par le marquis
1. Histoire ancienne et moderne du département de Lot-et-Garonne,
par BOUDON DE SAINT-AMANS. — Histoire du Condomois, de l'Agenais et
du Bazadais, par SAMAZEUILH, tome II, pages 290 et 291.
DU BOUZET. 31
« de Montespan, ayant paru, les trois frères leur
« allèrent au devant, et combatirent avec tant d'obsti-
" nation que tous trois y furent occis avec neuf ou
« dix de leur troupe. Vignoles ayant rallié les autres,
« se retira à la faveur de l'infanterie néraquoise qui
« le vint secourir; et Gondrin se retira laissant deux
« des siens entre les morts, Avansac, son enseigne
« et neveu, et Ardennes. Montespan y fut blessé au
« visage, n'aïant pas d'habillement de teste; et quoi-
« qu'il ne fust asgé que de vingt-deux ans, se monstra
« en cette occasion hardi cavallier et sage capitaine. »
Olivier de Roquepine eût été un homme d'armes
fort distingué 1 si son rôle n'eût été éclipsé par les
exploits de ses deux aînés : Bernard de Roquepine et
Jean du Bouzet, baron de Poudenas, auquel nous pas-
sons immédiatement.
X.
JEAN DU BOUZET 2 DE ROQUEPINE avait connu,
par les rapports antérieurs de sa famille 3, Françoise
1. Duvigneau, dans son Éloge historique d'Armand de Gontaut-Biron,
dit que de Roquepine était à la bataille de Cerisoles ainsi que ses compa-
triotes Marin, Mons et Pomès.
2. Quatrième du nom de Jean dans la ligne filiative.
3. Son père, Jean du Bouzet, seigneur de Roquepine et de Pouycarrégelard,
était l'un des signataires au contrat de Jean III de Poudenas et de Jeanne de
32 MAISONS DE GASCOGNE.
de Caubios, nièce de Françoise de Barrau. Gaston de
Poudenas, baron de ce lieu et seigneur d'Andiran.
mari de cette dernière, l'avait laissée, en 1577,
enceinte d'un enfant sur la tête duquel reposait une
immense succession. Tous les biens devaient revenir
à la mère dans le cas de mort de ce rejeton post-
hume qui ne fit qu'apparaître en la vie. Alors les
nombreux fiefs de la tante passèrent a FRANÇOISE
DE CAUBIOS 1 qui, veuve de son premier mari, Fran-
çois de Marrast, contracta une deuxième union, le
10 avril 1581, avec Jean du Bouzet de Roquepine,
et lui apporta les titres attachés à la possession du
château et de la terre de Poudenas 2. C'est ainsi que
s'opéra l'identification de ces deux anciennes familles
et qu'un cadet de la maison de Roquepine 3 fut chargé
de perpétuer le lignage de la branche aînée de Pou-
denas.
Françoise de Caubios traînait à sa suite un long
cortège d'ancêtres qui commençait à Odon de Pou-
denas, en 1070, et venait se raccorder graduellement,
en traversant les siècles, à son second époux Jean du
Montlezun, auteurs de Gaston, qui légua toutes ses possessions à sa femme,
Françoise de Barrau, fille de Pierre de Barrau, seigneur d'Andiran et de
Jeanne de Bezolles.
4. Archives du département des Hautes-Pyrénées. — Série EE.
2. Idem. — Archives du séminaire d'Auch. — J5-28. — N3-6-4.
3. C'est de lui, ajoute le dictionnaire manuscrit de Larcher (tome II,
lettre B), que descendent les marquis de Poudenas-Bouzet.
DU BOUZET. 33
Bouzet, désormais leur légitime continuateur. Sans
vouloir remettre sur pied toutes les générations des
Poudenas antérieures à 1581, nous jetterons, à l'ar-
ticle (A) des notes et preuves supplémentaires, un
coup d'oeil rétrospectif sur l'ancienneté de cette
famille.
Jean du Bouzet de Roquepine, seigneur de Pou-
denas, avait fait son entrée à la cour d'Henri III en
qualité de page. En 1579 il avait déjà laissé le pour-
point pour la cuirasse et s'était distingué dans les
camps.
En août 1588, les États ayant été convoqués, la
lutte électorale fut frénétique. Partout les partisans
les plus emportés de la ligue triomphèrent. Bien que
Jean de Poudenas n'eût pas adopté le programme
des Guisards, il n'en fut pas moins député à l'as-
semblée de Blois par la noblesse condomoise. Le
seigneur gascon fut un des rares clients de la royauté
qui parurent à la cour solitaire du dernier des Valois.
Opiniâtre dans sa conviction monarchique, il s'indi-
gna de voir que l'on imposait la guerre à Henri III
et qu'on lui refusait le moyen, c'est-à-dire, l'impôt;
il s'indigna de l'attitude de la pluralité de ses col-
lègues qui se résignaient à la confiscation du petit
marquisat de Saluces, grande injure pour la nation.
La complicité des Guise était soupçonnée parce que
cette bravade était l'oeuvre de l'un d'eux. Le duc de
I. 3
34 MAISONS DE GASCOGNE.
Savoie, au profit duquel elle avait été opérée, venait de
faire frapper une médaille qui représentait le Centaure
broyant sous son pied la couronne de France. Cet outrage
fut amer à tous les coeurs véritablement français.
Le roi qui n'avait pu laver ses affronts directs pou-
vait moins encore venger cette humiliation lointaine,
car il était plus pauvre que Charles VI à Chinon, car
sur lui régnaient la ruse et la violence. Dédaigneux
du pouvoir suprême usurpé par les princes lorrains,
Jean de Poudenas défendit les prérogatives royales
intimement liées à la dignité du royaume. En récom-
pense de son zèle désintéressé et de ses talents,
Henri III l'élevait au grade de capitaine de chevau-
légers, le 26 février 1589.
Les coups de dague et de poignard qui percèrent
les reins du duc de Guise à l'assemblée de Blois eurent
un sinistre écho dans le Languedoc. Deux fougueux
agitateurs catholiques, Urbain de Saint-Gelais, évêque
de Comminges, et Tournier, avocat, étaient revenus
précipitamment des états généraux où ils avaient été
envoyés par le clergé et les capitouls. Dès leur arrivée
à Toulouse ils avaient déclaré tous leurs concitoyens
déliés de leur serment d'obéissance envers l'assassin cou-
ronné, envers l'Hérode qui s'était souillé du sang des martyrs.
Un conseil souverain de dix-huit membres concentra
tous les pouvoirs. La foule en colère frémissait chaque
jour dans les rues tendues de chaînes et coupées de
DU BOUZET. 35
barricades. Un jour le portrait d'Henri III fut enlevé
du Capitole, et un héraut qui précédait la multitude
criait en le désignant : A cinq sols l'effigie du tyran pour
lui acheter un licou qui serve à le pendre! Le roi, ayant
appris que le président Duranti (dont le cadavre
devait être quelque temps après traîné dans la boue
et accroché à la grille du pilori) était le seul qui
tînt tête à l'orage, donna ordre à M. de Matignon
d'aller à grandes journées châtier les manifestations
séditieuses. En même temps il adressa, de sa main,
à Jean de Poudenas, la prière de seconder le maré-
chal clans cette répression 1. L'habileté et la bravoure
du jeune guerrier lui valurent des témoignages d'es-
time et de gratitude royales. Le maréchal de Mati-
gnon, au nom de Sa Majesté, les lui transmit dans
un certificat daté du 12 mai 1589 2.
Le gouverneur de Guienne, pénétré des mêmes
sentiments, remerciait dans le message son lieute-
nant gascon des salutaires avis qu'il lui avait donnés
relativement à un assaut, et le priait d'accourir à
Langon pour opérer une diversion pendant que lui-
même effectuerait avec ses forces le passage de la
Garonne.
A l'exemple de son frère Bernard de Roquepine,
4. Archives du séminaire d'Auch. — N 3.
2. Idem.
36 MAISONS DE GASCOGNE.
gouverneur de Condom , Jean de Poudenas s'empressa
d'adhérer à la politique du vainqueur d'Ivry.
M. le vicomte de Turenne, qui faisait grand état
des mérites militaires de celui qui nous occupe, lui
écrivit de Nérac, à l'ouverture d'une campagne, dans
le but d'obtenir le renfort de son conseil et de son
bras (29 juillet 1589) 1.
Henri IV, ayant mandé auprès de lui une grande
partie de la noblesse, fait savoir à Jean de Poudenas
qu'il ne doit pas retirer son assistance au maréchal
de Matignon, pour la lui apporter. Le prince béarnais
lui marque, à cette occasion, dans une lettre du 28
décembre 1589, son regret de le tenir éloigné de sa
personne 2. Cette nécessité lui est imposée par la situa-
tion des affaires, qui réclame la permanence du gen-
tilhomme condomois en Guienne. Toutefois, dans sa
reconnaissance souveraine, le maître veut assortir la
charge de son serviteur à ses qualités; c'est pour cela
qu'il lui confie la haute dignité de sous-gouverneur
de la province 3.
Sur un ordre de M. de Matignon, Jean de Poudenas
dirigea de grandes forces sur le Port Sainte-Marie,
4. Archives du séminaire d'Auch. — N 3.
2. Idem, N3-6-4. - Le 11 décembre il lui avait également dépêché
une missive flatteuse avec ordre de se disposer à répondre à son premier
appel.
3. Idem. — N8-6-4.
DU BOUZET. 37
19 mars 15911. Quelque temps après, le roi l'investit
du commandement de la place de Jegun, avec la faculté
de faire à sa convenance la guerre aux ennemis du
trône 2. Le maréchal de Soussure, ayant détaché M. de
Thémines au secours de Lectoure, le fit appuyer des
compagnies de M. de Poudenas. Celui-ci entretint une
correspondance intime non-seulement avec les hauts
personnages dont il partagea les entreprises, mais
encore avec plusieurs autres, tels que le maréchal de
Biron 3. La noblesse du Condomois, qui lui avait donné
un premier mandat pour les Etats de Blois, en 1588,
lui en remit un second pour l'assemblée de Paris.
(12 août 1614) 4.
Louis XIII appela Jean de Poudenas auprès de lui
pour le féliciter de son zèle et pour lui confier une
mission importante qui intéressait le bien de l'État.
La charge du capitaine gascon devenue vacante fut
remplie par le marquis d'Opt 5.
Le double mariage de l'Infante avec Louis XIII et
celui de sa soeur avec l'Infant avaient réveillé les
alarmes et les haines des protestants. Ceux-ci considé-
raient cette négociation de Concini comme un sacrilége,
4. Archives du séminaire d'Auch. — N3-6-4.
2. Idem.
3. Idem.
4. Anquetil, Intrigue du cabinet.
8. Archives du séminaire d'Auch. — N3-6-4.
38 MAISONS DE GASCOGNE.
d'abord parce qu'elle était le renversement de la poli-
tique d'Henri IV et surtout parce que la princesse était
la petite-fille de Philippe II, l'inspirateur de la Saint-
Barthélemy et le pourvoyeur de la Ligue. Aussi jetèrent-
ils l'anathème à cette alliance du fils avec une nation
qui avait tant de fois visé de ses arquebusades le
panache blanc du père. Ils durent d'autant mieux res-
sentir l'offense et la menace contenues dans cette union
qu'elle fut scellée pour ainsi dire sous leurs yeux.
Le 7 octobre 1615. une maison navale, remorquée par
soixante marins, vêtus de livrées aux armes de Bor-
deaux, embarqua à Guitres le fiancé royal et imberbe
et le débarqua à Salinières. Ce n'était pas, d'ailleurs,
la seule cause de leur irritation, ni le seul symptôme
qui leur conseillât une attitude défensive. Le renvoi de
Sully et de la Force de leurs commandements res-
pectifs, les plaintes des évêques de Béarn, la conver-
sion du gouverneur de Lectoure 1, oeuvre des jésuites,
l'acharnement du parlement de Toulouse contre les
leurs, le retour du Saint-Sacrement et la restauration
de ce qu'ils appelaient la superstition romaine dans
leurs temples redevenus églises, étaient autant de
signes précurseurs des périls que courait leur liberté
civile et religieuse. On ne dissimulait plus nulle part
l'imminence d'un armement général et la nécessité
1. Mémoires de Bassompierre, t. XIX, p. 207, de la collection Petitot.
DU BOUZET. 39
d'affecter aux frais les biens du clergé et les deniers
royaux qui seraient surpris chez les agents du fisc.
La reprise de boucliers avait même commencé sur
quelques points. Dès l'année 1614, le duc de Rohan,
le plus fervent des huguenots, avait emporté Saint-
Jean-d'Angely, descendu le cours de la Garonne, ral-
lumé de son souffle et de ses secours les foyers de
Nérac et de Montcrabeau. Il était venu escarmoucher
devant Condom, d'où il ne put déloger Jean de Pou-
denas qui s'y était jeté avec une poignée de gentils-
hommes, ses amis ou ses parents. En 1616, le chef
religionnaire avait repris son campement le long de
la Garonne et veillait avec sollicitude, quoiqu'à dis-
tance, sur les deux cités fidèles. Pour les protéger
plus effectivement encore que par un voisinage tuté-
laire, il envoya un détachement à Montcrabeau où les
citoyens étaient tenus en éveil par le chant des psaumes
qui retentissaient dans les rues et sur les bastions.
Les protestants du lieu, enhardis par la présence
de cette garnison amie, criaient bien fort qu'ils sau-
raient , puisque Dieu était expulsé de la plupart des
villes, bannir les idoles de la leur. Ils ne dissimulaient
pas qu'ils étendraient ce bienfait religieux aux cités
circonvoisines. Ils nouèrent des intelligences dans
Condom avec le chanoine Dupuy, qui, après avoir été
soldat du pape, était devenu partisan de Calvin. Celui-ci
devait livrer aux conjurés quelques-unes des tours de
40 MAISONS DE GASCOGNE.
sa localité. Le complot fut éventé et le parlement
décréta l'arrestation du traître. Jean du Bouzet de Pou-
denas, dont la cour de Bordeaux avait pu apprécier
le caractère énergique et le dévouement à la cause
royale, pendant qu'il était sous-gouverneur de Guienne,
fut chargé de suivre les fils de ces menées et de sur-
veiller l'incarcération de Dupuy. Le maréchal de camp
arrive à l'improviste 1. Assisté de deux consuls 2 et
escorté de plusieurs gentilshommes, entre autres de
ses deux parents, MM. de Marin et d'Ancas, il court au
domicile du prétendu affilié. Celui-ci est pris et livré
aux magistrats municipaux qui avaient prêté main
forte. Après interrogatoire, la culpabilité de l'accusé
ne paraissant pas d'une évidence complète, de Pou-
denas, mû par un sentiment de justice et de généro-
sité, au lieu de le faire écrouer à la citadelle, lui
assigna la ville pour prison. Toutefois, il exigea du
ci-devant chanoine la promesse de ne pas tenter l'éva-
sion. Le serment reçu, Jean du Bouzet se fit répon-
dant à l'égard de l'autorité communale, et le captif
fut rendu à une demi-liberté. Infidèle à sa parole, le
complice des huguenots décampa nuitamment de Con-
dom. De Poudenas, qui s'était porté garant, fut
déclaré responsable de cette fuite. Les consuls venaient
1. Archives communales de Condom. — Série BB-26.
2. Ces consuls étaient Chambelier et Condom. Celui-ci portait le même
nom que la ville.
DU BOUZET. 41
de lui intenter des poursuites pour éviter eux-mêmes
celles du parlement, lorsque l'evêque de Cous vint
prendre sa défense devant la jurade tenue le 19
décembre 16161. Le prélat invoqua les bons offices
de celui qui avait été dans toutes les circonstances le
protecteur de la ville, et il obtint le désistement des
conseillers urbains. Nous copions textuellement les
quelques lignes finales de cette allocution : « Il a
« voullu représenter à une assemblée publique, telle
« que celle cy, qu'il est raisonnable de traitter hon-
« nestement et convenablement le dit seigneur de
« Poudenas comme ayant toujours esté bon voysin et
« bon amy à la ville, ce qu'il a tesmoigné en toutes
« occasions, et naguères lorsque les troupes de M. de
« Rohan estaient aux portes de la ville, il se rendit
« avecq ses enfants et aulcunqs de ses amys pour le
« service du roy. Qu'il est plus honorable à la ville
« de s'en despartir liberalement et luy donner occa-
« sion de continuer sa bonne vollonté et affection à
« la ville et tesmoigner que icelle sçait traiter cour-
« toysement ceulx qui l'obligent 2. »
Henri IV avait favorisé Jean du Bouzet du titre
de gentilhomme de sa chambre et du collier de l'ordre
de Saint-Michel 3.
1. Archives communales de Condom. — Série BB-26.
2. Idem.
3. Archives du séminaire d'Auch. — N3-6-4.
42 MAISONS DE GASCOGNE.
L'abnégation qu'il avait montrée à Henri III et à
son successeur se reproduisit sous Louis XIII. Une
pièce manuscrite du séminaire d'Auch nous apprend
qu'il eut beaucoup de biens et d'argent de Françoise de
Caubios. Il les mangea au service de son roi et il emprunta
beaucoup; aussi Jean Olivier son fils et Jean son petit-fils
ne purent faire ce qu'ils auraient voulu dans la carrière
militaire 1.
Jean du Bouzet et Françoise de Caubios, par l'en-
tremise de Guillaume Baradet, gentilhomme servant
de la reine, réclamèrent du grand conseil la saisie
et la restitution des titres de la branche aînée des
Poudenas, qu'un membre de la cadette s'était appro-
priés par surprise 2.
Le seigneur de Poudenas dicta ses dernières
volontés le 22 octobre 1628.
La progéniture de Jean du Bouzet et de Françoise
de Caubios était représentée en 1623 par :
1. — JEAN OLIVIER DU BOUZET DE POUDENAS, que son
droit d'aînesse fit investir de presque tous les biens
seigneuriaux de sa maison;
2. — PONS DU BOUZET DE POUDENAS, chevalier de
Malte. Par son testament, sa mère lui assura une pen-
sion de six cents livres, à laquelle devait être ajoutée
4. Archives du séminaire d'Auch. — Le roi avait déjà donné sa sanction
royale à la fusion des noms de du Bouzet et de Poudenas.
2. Idem. — J-28-8. Ce document ne porte aucune date.
DU BOUZET. 43
une somme de trois mille écus, dans le cas où il se
résoudrait à la rupture de ses voeux et à l'abandon de
son ordre. Françoise de Caubios stipula encore, dans
son dernier écrit, que s'il venait à tomber aux mains
des infidèles, il pourrait exiger quatre mille livres
pour sa rançon 1 ;
3. — BRANDELISE DU BOUZET DE POUDENAS, qui épousa
noble JACQUES DE MAIGNAUT, seigneur de Castillon, eut
un legs de quatre mille livres dans la succession
maternelle 2. Elle tint avec son mari sur les fonts
baptismaux, dans l'église paroissiale de Saint-Germain
de Vespian, Jean-Jacques d'Aux qui fut dixième patron
lai de la collégiale de la Roumieu et seigneur de
Lescout, de Begadan, du Barrail, de la Bernède, de
Meillan, de Vensac, de Notre-Dame de Lesparre et de
Poiriguès 3. Brandelise donna le jour à Jeanne-Fran-
çoise et à Brandelise de Maignaut, ainsi qu'à Brandelis
de Maignaut, filleul de Françoise de Caubios;
4. — N... DU BOUZET DE POUDENAS, qui épousa BER-
NARD DE LARTIGUE, capitaine de cinquante lances, qua-
trième fils de Jean-Bertrand de Lartigue 4, seigneur
4. Testament de Françoise de Caubios; Archives du séminaire
d'Auch. — J5-28.
2. Idem.
3. Mémoire généalogique de la maison d'Aux de Lescout. — In-8°,
p. 26.
4. Jean-Bertrand de Lartigue vint de la Chalosse se fixer, par suite
de son mariage, dans le Condomois, où il fonda une branche qui se ramifia

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