Manuel de la chirurgie et de la prothèse dentaire, par Lagrange aîné,...

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l'auteur (Meaux). 1865. In-18, 36 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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ET
DE LÀ PROTHÈSE DENTAIRE
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là fljWTHÈSE DENTAIRE
— iJï^ijhr lAGRANGE aîné
—-^ DENTISTE
de l'Hôpital général et du Collège de Meaux, du Collège de Juilly,
de Pensions, Maisons religieuses, Sociétés de Secours mutuels, etc.
SE TROUVE CHEZ L'AUTEUR.
MËAUX
IMPRIMERIE JULKS CARRO, RUE BU TRIBUNAL, 16
1865
MANUEL
DE LA CHIRURGIE
ET DE
LÀ PROTHÈSE DENTAIRE
CHIRURGIE DENTAIRE.
CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES.
Moins connu, moins apprécié que la médecine,
dont il est néanmoins une des branches importan-
tes, l'art dentaire, par son utilité, mérite de fixer
l'attention des hommes sérieux; le véritable chi-
rurgien-dentiste, s'il veut occuper le rang auquel
il a droit, élever en même temps le niveau de sa
profession, devra s'éclairer par la théorie, contrô-
ler celle-ci par la pratique et l'observation, pour
dégager la vérité scientifique des limbes où l'igno-
rance et le charlatanisme retiennent encore un art
qui, non moins que tout autre, aspire à la lumière.
Mon but dans cette courte notice est principale-
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ment de démontrer que des soins bien entendus
peuvent conserver les dents, et permettent d'éviter
les opérations, si redoutées, delà chirurgie dentaire ;
je ferai en outre l'histoire de la dentition, puis après
avoir indiqué les soins à donner aux dents perma-
nantes, je terminerai en cherchant à faire compren-
dre la nécessité des pièces artificielles ou prothé-
tiques sous le rapport de la santé générale à la-
quelle elles concourent plus qu'on ne le croit com-
munément.
PREMIÈRE DENTITION. — VIE FOETALE.
Vers la fin du troisième mois de la vie intra uté-
rine on distingue à la place que doivent occuper
les alvéoles une papille composée de filets nerveux
et de vaisseaux, c'est le point de départ de la pulpe
dentaire, qui se modifie selon la forme propre à
chaque dent.
Autour de cette papille se développe une mem-
brane à cellules prismatiques qui s'incrustant de
sels calcaires forme l'émail, destiné à recouvrir et
à protéger la portion libre de la dent qui n'est pas
reçue dans l'alvéole.
A la face interne de cette membrane la surface
du bulbe dentaire sécrète de son côté une matière
souple qui se durcit bientôt, c'est la dentine ou
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ivoire qui constitue la dent proprement dite ; les
derniers phénomènes que nous venons de décrire
n*ont lieu qu'après la naissance et au moment de
l'éruption des dents.
L'évolution dentaire se fait presque toujours
dans un ordre déterminé ; cette époque physiolo-
gique mérite toute la sollicitude et tous les soins
d'une bonne mère, mais si des accidents viennent
la traverser, les secours de la médecine deviennent
indispensables.
L'époque de l'évolution varie d'une manière sin-
gulière : des enfants naissent avec des dents, comme
Henri IV et Louis XIV ; tou.t récemment la femme
d'un brave ouvrier de la fonderie impériale de Ne-
vers est accouchée d'un garçon ayant toutes ses
dents {l'Abeille, journal des dentistes, 20 mai
186à.)
D'autres enfants, par contre, n'ont pas eu de dents
avant deux ans, ou, ce qui est très-rare, encore n'en
ont jamais eu.
Disons maintenant dans quel ordre se fait l'évo-
lution normale des dents.
Un peu avant l'apparition du premier groupe,
qui, en moyenne, a lieu vers le septième mois, les
gencives deviennent rouges, se gonflent, et présen-
tent des saillies plus ou moins prononcées sur leur
bord libre.
Les incisives médianes supérieures forment le
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premier groupe ; elles apparaissent d'ordinaire du
septième au dixième mois, en laissant un mois ou
six semaines d'intervalle entre la sortie des infé-
rieures et celle des supérieures ; les deux incisives
médianes inférieures poussent simultanément, les
supérieures sortent au contraire isolément, à huit
ou quinze jours, et quelquefois un mois de distance
l'une de l'autre.
Les quatre incisives latérales forment le second
groupe. D'ordinaire, un mois après l'éruption du
groupe qui précède, sortent les incisives latérales
supérieures, dont l'évolution est terminée au dou-
zième mois ; les inférieures les suivent, et vers le
quatorzième mois le groupe est complet.
Souvent les premières molaires quelquefois les
canines, mais celles-ci plus rarement, sont sorties
après les incisives latérales inférieures.
Le troisième groupe est constitué par les quatre
premières molaires donc l'éruption est terminée du
seizième au dix-huitième mois : l'enfant a douze
dents ; à cette époque il y a dans l'évolution den-
taire un temps d'arrêt de deux ou trois mois, quel-
quefois plus : on peut alors sevrer, il sera cepen-
dant préférable d'attendre l'éruption des canines
qui se fait du vingt au vingt-quatrième mois ; à ce
moment le quatrième groupe est terminé.
Il convient de mettre à profit les huit ou dix
mois de repos que l'évolution dentaire laisse encore
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aux enfants pour sevrer, afin de ne pas faire coïnci-
der le sevrage avec l'éruption d'un groupe, ce qui
est toujours dangereux ; l'enfant a des dent en nom-
bre suffisant pour subvenir aux besoins de sa nou-
velle alimentation.
Toutefois s'il y avait nécessité absolue de sevrer
en d'autre temps, on devra toujours autant que
possible choisir le moment de repos qui existe en-
tre deux groupes. Le cinquième groupe comprend
les quatre dernières molaires, elles apparaissent du
trentième au trente-sixième mois ; la première den-
tition se trouve plus complètement achevée.
RÉSUMÉ.
Premier groupe,
Du septième au dixième mois : quatre incisives
médianes.
Deuxième groupe.
Du dixième au douzième mois : quatre incisives
latérales.
. Troisième groupe.
Du seizième au dix-huitième mois : quatre pre-
mières molaires.
Quatrième groupe.
Du vingtième au vingt-quatrième mois : quatre
canines.
Cinquième groupe.
Du trentième au trente-sixième mois :'quatre der-
nières molaires.
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INCONVÉNIENTS ET DANGERS DE LA PREMIÈRE
DENTITION.
Dans le travail de la première dentition, presque
toujours l'enfant porte ses doigts à sa bouche, ainsi
que les objets dont il peut s'emparer ; il cherche de
cette manière à calmer les douleurs et les déman-
geaisons vives, dont les gencives sont alors le siège,
et qu'on nomme prurit de la dentition, à la suite
duquel surviennent parfois des vomissements, de la
diarrhée, des congestions, des convulsions même.
On peut prévenir, combattre même le prurit den-
taire, tant qu'il ne se complique pas d'accidents,
au moyen d'une préparation qu'on applique sur les
gencives plusieurs fois par jour selon le besoin,
avec le doigt ou un tampon chargé du médi-
cament, et qu'on promène légèrement sur le bord
alvéolaire.
Si des accidents apparaissent, au dentiste de s'ef-
facer ; le rôle du médecin commence.
DEUXIÈME DENTITION.
La seconde dentition n'est pas d'ordinaire accom-
pagnée d'accidents graves, comme ceux qu'on ob-
serve dansla première; néanmoins elle réclame des
soins particuliers, une direction éclairée, faute des-
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quels des faits graves aussi, mais à d'autres points
de vue, pourraient se produire ; c'est donc à cette
époque, nous ne craignons pas de le dire, qu'il
faut principalement surveiller la dentition des en-
fants, au moins sous le rapport de la forme exté-
rieure.
Les dents de lait tombent seules ; les dents per-
manentes, qui les remplacent, sont précédées d'un
bouton charnu, sorte de fongus qui dissout et
absorbe leurs racines ; c'est une erreur, accréditée
jusqu'à ce jour, de croire que la dent permanente
use par frottement la racine de la dent de lait; rien
de semblable ne se passe. La disparition des racines
a lieu de la manière que nous venons de dire,
lorsque les dents permanentes viennent occuper la
place qui leur est assignée, chassant devant elles
les dents de lait ; si la dent permanente ne se dé-
veloppe pas, ce qui arrive encore assez fréquem-
ment, la racine de la dent de première dentition
persiste tout entière, ainsi que le démontre l'avul-
sion de la dent, devenue parfois nécessaire.
Si l'on extrait prématurément une dent de lait,
la gencive se cicatrise en s'enfonçant dans l'alvéole
qui, vidée trop tôt, s'oblitère ; de là, un obstacle à
la libre évolution de la seconde dentition, de là ces
déviations auxquelles l'art, n'est que trop souvent
appelé à remédier.
On ne doit donc, et cela résulte de ce qui pré-
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cède, extraire les dents temporaires, qu'alors que
les dents permanentes apparaissent, ou menacent
de prendre une mauvaise direction ; parfois la dou-
leur, l'absence de sommeil chez l'enfant qui ne se
nourrit pas et s'affaiblit, rendent nécessaire une
opération que le dentiste ne fera jamais qu'après
avoir inutilement employé les moyens que la science
met à sa disposition.
De quatre à six ans, en arrière des vingt dents
de lait, apparaissent les quatre premières grosses
molaires, le fait est à noter ; bien des praticiens
l'ignorent ou l'oublient, croyant que les dernières
venues appartiennent à la première dentition, qui,
en réalité, n'est constituée que par les vingt dents
temporaires.
De six à sept ans les dents de lait commencent à
disparaître en suivant l'ordre de leur sortie, pour
faire place aux dents permanentes ; presque tou-
jours les canines tombent les dernières.
La seconde dentition est alors commencée pour
être complètement terminée à quatorze ans.
Les quatre dernières grosses molaires apparais-
sent communément vers seize ans, parfois beaucoup
plus tard, vers trente ans au plus; il arrive qu'une,
deux ou trois seulement sortent de l'alvéole, et
même que toutes font défaut.
L'irrégularité de leur éruption, la compression
qu'elles subissent entre la dent qui les précède et
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l'apophyse coronoïde du maxillaire inférieur, peu-
vent amener des accidents graves, fistule dentaire,
occlusion de la bouche, névralgie dentaire faciale,
etc. Ici l'intervention de l'art est de rigueur.
Orfila, dans sa chimie organique, établit ainsi
qu'il suit la composition chimique des dents.
1™ dents enf. Adultes Racines Email
Phosphate chaux. . . 62 64 58 78
Carbonate chaux. . . 6 6 h 6
Tissu cellulaire ... 20 20 28 0
Perte 12 10 10 16
ORTHODONPEDIE.
Il peut arriver, comme nous venons de le dire
dans l'exposé de la seconde dentition, que les dents
permanentes aient et conservent une mauvaise di-
rection; cela tient à ce que les dents de lait qu'elles
doivent remplacer ne sont pas tombées d'elles-
mêmes, ou n'ont pas été enlevées en temps utile.
Ainsi déviées, ces dents nuisent à la prononcia-
tion, à la mastication, en un mot, à toutes les fonc-
tions auxquelles les dents sont appelées à concou-
rir; elles altèrent, en outre, la régularité des traits ;
il faut donc les redresser et les ramener à leur di-
rection normale.
u
On arrive à ce résultat au moyen d'appareils ap-
propriés destinés à exercer une pression continue,
mais modérée sur les dents déviées; les personnes
qui portent une pièce artificielle ont pu remarquer
la déviation que subissent les dents servant de
point d'appui à la pièce artificielle, pour peu que
celle-ci n'ait pas toute la précision voulue; ce fait
suffit à rendre compte du mécanisme de l'opération
du redressement des dents ou orthodonpédie.
Les vices de conformation des dents, dont nous
allons nous occuper, sont :
La déviation ;
L'inversion ;
La proéminence ;
La rétroïtion.
DÉVIATION.
Plusieurs causes, entre lesquelles le plus ordi-
nairement l'extraction tardive ou prématurée des
dents de lait amène la déviation des dents perma-
nentes et à sa suite la déformation de l'arcade den-
taire; les modes suivant lesquels elle a eu lieu sont
si multipliés et si variés que je ne saurais les énu-
mérer clans celte courte notice, encore moins les
décrire.

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