Manuel des maladies de la peau et de celles qui peuvent aussi affecter les cheveux, la barbe, les ongles, etc., par le Dr Bergmann, traduit de l'allemand par M. R..., médecin

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P. Dufart (Paris). 1827. In-12, 171 p..
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Publié le : lundi 1 janvier 1827
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MANUEL
DES
rx M: I:KU.I-:S <;II I'KI:VI:ST AUSSI Arru;Tt:r.
LES CHEVEUX, LA BARBE,
LES ONGLES, clc.
IMPRIMERIE D MIPFOI.YTE TULURD ,
jur de la Harpe, n» 7&.
MANUEL
DES
MALADIES DE LA PEAU,
ET DE CELLES QUI l'EDVEST ât'S5I .1 l'FECTEA
LES CHEVEUX, LA BARBE,
LES ONGZ.ES, ETC.
PAR LE DOCTEUR BERGMABIBI.
TRADUIT DE L'ALLEMAND PAU M. H MÉDEGIN.
A I.'vSACE 1>ES AI£DICI\S ET DES CESS DU HUXDE.
PARIS,
P: DU FART, LIBRAIRE,
QUAI VOLTAIRE, N° I().
?.i DCCC XXVII.
ESSAI
SUR
LES MALADIES
QUI l'EXiVEST AFFECTER
LA PEAU, LES CHEVEUX, LA BABBE, LES
ONGLES, etC.
CHAPITRE PREMIER.
DE L IMPORTANCE DE LA PEAU EN GENERAL.
LA PEAU est cette enveloppe exté-
rieure de notre corps qui nous met
en rapport avec les objets qui nous
environnent. Outre qu'elle est l'organe
spécial du tact, elle sert encore à absor-
ber, pour les porterau-dedans de nous,
beaucoup de matières étrangères, et en
même temps à éliminer de l'organisme
beaucoup de principes qui,. ne servant
plus à sa nutrition, lui sont inutiles,
ou pourraient même, par leur présence,
lui devenir nuisibles. La peau est faite
i
■2 DE X. IMPORTANCE
pour recevoir l'impression salutaire
d'un air frais etpur, celle d'un bain de ri-
vière àlafoisstimulantetforti fiant; elle
est sensible à l'effet vivifiant de la cha-
leurdusoleil, et communique toutes ces
influences bienfaisantes, d'une manière
uniforme, à tout notre être physique.
De même,parlaperspiration insensible
et la transpiration visible, elle débar-
rasse le corps de beaucoup de matières
devenues inutiles, en les excrétant sous
la forme de vapeur ou de sueur, et le
délivre ainsi du danger d'en être affecté
d'une manière fâcheuse. La peau est
plus active lorsqu'elle est chaude, tan-
dis que son action est moins vive lors-
qu'elle est froide et affaissée; son acti-
vité dépend, par conséquent, en partie,
de l'état de la température où elle se
trouve. C'est ainsi qu'en été la peau
transpire davantage, et que, par suite
de cette déperdition de liquide par la
sueur, l'on ressent moins souvent le
besoin d'uriner; tandis qu'en hiver on
uriitfe beaucoup plus,parce que la peau
cstalorsplus froide etne transpire point
ou peu. Quand notre peau est chaude
et convenablement excitée, nous nous
po rton s be'auco up mieux que 1 orsqu'el 1 e
est Froide, flasque et ioactive. Nous
DE LA PEAU. '3
pouvons donc admettre, avec raison,
que le premier de ces états est l'état
sain et naturel, et qu'il nous importe
beaucoup de le conserver, vu que l'état
contraire entraînerait à sa suite un état
maladif de la peau, et, consécutive-
ment, de tout le corps. Malheureuse-
ment, le devoir impos.é à tout homme
de veiller à sa santé , et surtout à celle
de la peau, est négligé par leplus grand
nombre; ce qui fait que nous vovons
tant de maladies de peau, qu'il seraitsou-
vent possible d'éviter, ouqui ne se mon-
treraient que fort rarement, et seulement
dans des circonstances particulières.
Nous croyons donc faire une chose
utile en exposant le mode de traite-
ment à suivre, pour conserver la peau
dans son état sain et naturel. 11 faut j
pour cela , qu'elle soit nettoyée et sti-
mulée tous les jours; il faut qu'on
l'expose souvent au contact de l'air at-
mosphérique, et que l'on cherche à
maintenir le jeu libre de sa fonction.
Le corps entier sera bien lavé et frotté,
autant que possible, tous lesjours, avec
de l'eau pure et fraîche, puis essuyée
avec du linge, jamais avec de la laine.
Ce procédé l'échauffé, en augmente la
transpiration, en accélère la circula-
4 DE L'IMPORTANCE
tien, et, par conséquent, élevé sa
chaleur et rend sa couleur plus vive.
L'eau chaude, au contraire, relâche la
peau; bien qu'elle paraisse l'échauffer
d'abord, son emploi ne tarde pas à être
suivi d'une diminution de la chaleur du
corps et d'une plus grande sensibilité
au froid : l'eau chaude ne convient donc
pas pour se laver. On se trouve aussi
très bien de l'usage fréquent des bains
de rivière : ici le bienfait d'un exercice
actif du corps', dans la natation, se
joint à l'effet salutaire du bain propre-
ment dit. Ces soins de propreté ne de-
vraient jamais être négligés, surtout en
été où l'on transpire beaucoup, parce
que la sueur, se desséchant à la surface
de la peau, en obstrue les pores, em-
pêche la libre transpiration, et donne
lieu, par suite de la nature acre des
produits retenus dans la peau, à des
éruptions ou à un prurit incommode,
quelquefois même à des maladies in-
ternes.
Il est bon de se servir d'un peu de
savon pour nettoyer la peau; on prend,
à cet effet, de bon savon ordinaire, ou
du savon de Venise, ou bien de la pâte
d'amandes; mais point de ces savons
odorants, que l'on vend dans les bou-
DE LA PEAU. 0
tiques, sous le prétendu nom de savons
dosante. Ceux-ci contenant des substan-
ces aromatiques et médicamenteuses,
quand on les emploie pour se laver, une
partie de ces .principes est absorbée par
la peau et introduite dans le corps, où
ils peuvent causer toutes sortes d'in-
commodités, et, particulièrement, des
maladies cutanées ou de la peau, dont
l'origine est souvent inexplicable. Ainsi,
les savons dans la composition des-
quels il entre du sel ammoniac, des
sulfures ou foies de soufre, du cam-
phre , etc., rendent très souvent la peau
rude, au point qu'elle se fendille, se
gerce, forme des crevasses, se couvre
de dartres, et est affectée, sous l'in-
fluence de la moindre cause, de suin-
tements, d'ulcères, de furoncles ou
clous, etc.
Un autre objet, non moins impor-
tant que les soins de propreté journa-
liers, c'est l'exposition fréquente à
l'air libre et pur : nous nous sentons
beaucoup mieux dans l'air atmosphé-
rique que dans l'air renfermé de nos
maisons. Après un exercice convenable
pris en plein air, nous nous trouvons
beaucoup plus animés, plus gais, plus
dispos, et plus aptes au travail quenous
6 DE L'IMPORTANCE
ne l'étions auparavant; c'est même poul-
ies hommes qui vivent le plus confor-
mément à la nature, un besoin si impé-
rieux,qu'ilssetrouventmaladeslorsque,
par une circonstance quelconque, ils
sont privés de l'air libre. Son influence
produit en celapresque les mêmes effets
que l'eau froide; il stimule l'organe
cutané, l'anime,letraverse en pénétrant
tout le corps , et communique au sang
un principe nécessaire et indispensable
à la vie. L'exercice que l'on prend à
l'air libre favorise la circulation du
sang dans la peau; celle-ci transpire
davantage et rejette par là au dehors
les principes devenus inutiles à la nu-
trition du corps. Le contact de l'air,
alternativement augmenté et diminué,
mais renouvelé sans cesse, exerce en
outre une influence électrique bien-
faisante sur la peau. 11 excite et met
en action l'électricité animale, pro-
pre à chaque corps, et si nécessaire à
l'existence. Tout cela réuni concourt à
porter la santé au plus haut degré de
perfection possible.
L'air étant lemilieudanslequellapeau
se trouve plongée constamment, sans
jamaispouvoir en être isolée tout-à-fait,
il faut naturellementsongeràdétourner
DE LA PEAU. 7
de celle-ci tousles agents nuisibles con-
tenus et répandus dans ce fluide, et qui
pourraient agir sur elle d'une manière
plus ou moins fâcheuse. Lorsque ce
précepte ne peut pas être suivi à la
lettre, il faut au moins tâcher de placer
le corps dans des conditions telles qu'il
puisse résister à ces fâcheuses influences.
On évitera, par conséquent, le séjour
des lieux où l'air est vicié par des éma-
nations impures, par des principes dé-
létères, etc., tel qu'il est le plus sou-
vent dansles villes, dans les rues étroites,
dans les habitations basses, obscures et
humides. On cherchera donc à se pro-
curer une habitation sèche, élevée,
aérée et convenablement exposée aux
rayons du soleil. L'humidité est exces-
sivement nuisible à la peau; il faut,
par conséquent, la fuir autant que
possible; si la saison ou la contrée dans
laquelle on vit, est naturellement hu-
mide et nébuleuse, on cherchera à en-
durcir le corps et à le rendre réfractaire
aux effets nuisibles de l'atmosphère, en
ayant soin d'entretenir toujours la fonc-
tion de la peau dans un état tel qu'elle
ne puisse pas être supprimée par l'im-
pression de cet air froid et humide. On
peut porter, à cette fin , avec beaucoup
8 DE L'IMPORTANCE
d'avantage, des vêtements plus chauds,
surtout des chemises de coton, qui
conviennenttrèsbienpourcet effet. On
prendra des boissons un peu plus exci-
tantes que de coutume : car ces liquides
animent la circulation du sang dans la
peau, et maintiennent celle-ci dans une
douce transpiration .Les lits devront être
un peu plus chauds quedans les circons-
tances ordinaires. Il serabon de faire tous
les jours beaucoup d'exercice en plein
air, afin d'habituer peu àpeule corps à
l'action de cet air malsain. L'équilibre
entre la force du corps et l'influence
nuisible de l'atmosphère une fois éta-
bli , cet agent n'aura plus autant d'in-
fluence surl'organisme, qui sera capable
de résister à ses attaques continuelles,
et jouira d'une santé inaltérable, fruit
des soins et des précautions employés.
Les principes contagieux, dont l'air se
trouve imprégné accidentellement, ont
eux-mêmes moins de prise sur une
peau très saine, et dont les fonctions
s'exécutent d'une manière active; ils
l'affectent plus difficilement qu'une
peau dontla vitalité est moindre, parce
que la première travaille aussitôt, avec
toute la supériorité de ses forces, à
l'expulsion des principes délétères. Mais
DE LA PEAU. 9
la prudence exige d'éviter, autant que
faire se pourra, tout contact de la peau
avec de semblables virus contagieux,
parce qu'un grand nombre d'entre eux
sont extrêmement énergiques, et peu-
vent affecter les constitutions les plus
fortes.
La peau ne vit pas pour elle seule,
elle a encore des rapports très intimes
avec d'autres parties intérieures, notam-
ment avec les poumons, les viscères du
bas-ventre, et avec la vessie; il en ré-
sulte qu'elle peut, par ses propres mala-
dies, influer sur ces parties et les rendre
malades, comme nous en voyons des
exemples dans les différents refroidisse-
ments. Tout refroidissement agit d'a-
bord sur la peau, et secondairement^
par son intermédiaire, sur les organes
intérieurs; mais ceux-ci ne ressentent
pas cette influence funeste si la peau
possède en elle-même assez de force
et d'activité pour résister à cette attaque
subite..Que de rhumes, que de toux,
d'inflammations de poitrine, de diar-
rhées etd'autresaffectionsplusoumoins
dangereuses, l'homme pourrait éviter,
si sa peau était toujours conservée dans
l'état de santé! Nouvelle preuve de la
nécessité de s'occuper des soins qu'exige
10 DE L IMPORTANCE
la santé de la peau, et d'éviter tout ce
qui peut relâcher et débiliter l'action de
cette enveloppe de notre corps, et de
fuir tout ce qui pourrait troubler l'exer-
cice d'une fonction si utile à l'orga-
nisme entier.
Les deux fonctions confiées à la peau,
l'absorption ou l'introduction dans l'in-
térieur du corps dé matériaux utiles;
l'excrétion ou l'élimination en dehors
des matériaux devenus inutiles, peu-
vent devenir l'occasion des maladies de
cet organe. En effet, par la première de
ces fonctions, la peau peut puiser dans
l'air des principes contagieux, ou les
recevoir par le contact immédiat avec
des malades porteurs de ces virus, qui
sont alors transmis par elle à la masse
des humeurs, avec les autres matériaux
de la nutrition. La seconde fonction
peut fixer sur la peau, en les détour-
nant des organes intérieurs plus im-
portants, des maladies qui affectent
tout l'organisme, et par là enlever
à cet organe une partie de son exer-
cice; mais, en revanche, délivrer le
corps d'une maladie grave, qui se se-
rait peut-être jetée sans cela sur un or-
gane dont l'intégrité est absolument
indispensable pour la conservation de
DE LA PEAU. I I
la vie.' La nature a donc très sagement
établi une connexion intime entre la
peau et la plupart des parti es intérieures
du corps, afin de trouver dans la pre-
mière un point de dérivation pour les
maladies graves qui pourraient attaquer
les secondes. Cette circonstance donne à
la peau une haute importance, rarement
connuedespersonnes étrangères à la mé-
decine, et qui nous obligea considérer
les différentes maladies de la peau sous
un point de vuetout autreque celui sous
lequel on les considère ordinairement.
Toute maladie cutanée, déterminée,
soit par une contagion extérieure, soit
par une cause qui réside dans le corps
même, est une maladie interne, car les
principes contagieux venus du dehors,
sont eux-mêmes, avant de pouvoir pro-
duire un exanthème, obligés de péné-
trer dans le corps entier et d'y déve-
lopperla maladie.Cesaffections doivent,
par conséquent, être traitées avec toutes
les précautions convenables, c'est-à-dire
qu'elles ne doivent pas être envisagées
comme de simples affections locales de
lapeau, ni être combattues uniquement
par des moyens extérieurs, comme cela
arrive si fréquemment au détriment
des malades.
12 DE L IMPORTANCE
La plupartdeshommes sont dans l'er-
reur sur cepoint;ils croient que,puisque
la maladie se manifeste surtout par un
signe extérieur, l'exanthème, elle n'a
rien de commun avec les parties inté-
rieures, et que son traitement rentre
dans les attributions du chirurgien,
qui n'emploie alors, le plus ordinaire-
ment, que des topiques, ou moyens
extérieurs locaux, et produit par là
souvent une maladie beaucoup plus
grave que celle qu'il était appelé à gué-
rir. Combien ne voit-on pas d'enfants
être affectés d'hydrocéphalie, d'épilep-
sie, de convulsions, uniquement parce
qu'on leur a fait passer dés gourmes !
Combien de personnesn'a-t-on pas vues
rester languissantes et misérables pen-
dant toute leur vie, après une gale ré-
percutée, ou être prises de fluxions de
poitrine et d'asthme, de phthisie et de
consomption, etc. ! Combien de fois la
guérison inconsidérée d'un ulcère in-
vétéré de la peau, des jambes no-
tamment, n'a-t-elle pas été suivie d'une
cécité incurable, d'une hydropisie,
de la paralysie de tel ou tel mem-
bre, etc.! Qued'érysipèles répercutés se
sont jetés sur unepartie interne impor-
tante, et ont compromis l'existence
DE LA PEAU. l3
en déterminant une 'affection beau-
coup plus violente que n'eût été la
première! Mais, en revanche, combien
de maladies internes, qui avaient résisté
à tous les moyens employés, ontété gué-
ries par l'apparition d'unemaladie delà
peau ! Nous avons des exemples qui
prouvent que des cas d'épilepsieet d'hy-
drocéphalie ont été guéris par la forma-
tion de gourmes à la tête; que des alié-
nés ont repris l'usage de la raison après
avoir contracté la gale; que des endur-
cissements du foie et des obstructions
d'autres viscères importants ont été at-
ténués par le développement spontané
d'ulcéresau bas-ventre, aux jambes, etc.
Tous ces exemples, que nous pourrions
multiplier à l'infini, confirment la vé-
rité de ce que nous avons avancé.
Mais quoique toutes les maladies de
l'organe du tact ne servent pas préci-
sément chaque fois à la guérison d'une
affection interne, elles doivent pour-
tant être regardées comme des maladies
internes, se distinguant principalement
desautres en cequ'ellesontunetendance
particulière à se porter au dehors, et à
ne se terminer heureusement et sans
danger ultérieur pour la santé, que
lorsqu'elles parviennent à développer
2
l4 DE L'IMPORTANCE
l'éruptionqui leur est propre. Celase voit
par exemple dans la i-ougeole,lapeti te vé-
role, la scarlatine, qui onttoujoursune
marche bénigne quand l'exanthème se
montre facilement, tandis que, dans le
cas contraire, ellesoccasionnentdesacci-
dents graves et quelquefois même mor-
tels. C'est surcelaqu'estfondéela propo-
sition qui établit qu'il est extrêmement
hasardeux et dangereux d'attaquer une
maladie cutanée quelconque, unique-
ment par des moyens extérieurs, et de
la faire disparaître ainsi de la peau. Et
pourtant, rien de plus commun que de
voir des médecins et des gens qui ne
sont pas médecins, employer seulement
des moyens extérieurs. La plupart de ces
praticiens , ou ignorent absolument le
danger qu'ils font courir au malade, ou,
séduits par quelques succès, ne veulent
pas renoncera une méthode marquée,
pour eux, au coin de l'efficacité. Mais
ces cas heureux sont rares, etle seraient
encore davantage, si l'on n'adminis-
trait en même temps des médicaments
intérieurs, qui sont les moyens curatifs
proprement dits; tandis que l'on attri-
bue la guérison aux moyens externes,
qui furent peut-être tout à fait nuls.
D'ailleurs le nombre de ces cas heu-
DE LA PEAU. 10
reux est si petit, qu'il ne prouve abso-
lument rien, quand ou les compare
avecles cas malheureux, bienautrement
nombreux, où l'on a vu la réper-
cussion imprudente d'une éruption à
la peau, devenir la cause d'aliénations
mentales, de maladies organiques du
coeur, de phthisies pulmonaires, de cé-
cité, de surdité, d'épilepsie et de tant
d'autres affections les plus terribles. On
ne saurait donc trop recommander aux
médecins de renoncer à ce genre de-
médication, et d'adopter en principe,
que toute maladie de la peau ne doit
être traitée qu'avec des médicaments
internes, d'autant plus que ces moyens
ne nous manquent pas, et qu'il s'en
découvre encore journellement de nou-
veaux. Même alors que le médica-
ment interne pourrait être employé
avec succès extérieurement, on î-is-
querait encore de nuire au malade.
En effet, la tendance de la peau à dé-
velopper l'éruption étant arrêtée avant
l'élimination de la cause qui réside
dans tout le corps, l'organisme peut
être forcé de diriger la matière morbi-
fique qu'il contient encore, sur une
partie plus importante, et amener de la
sorte un mal beaucoup plus grave que
i6 DE L'IMPORTANCE
l'éruption. D'autres médecins prescri-
vent de n'employer les topiques dessic-
catifs que lorsque l'éruption commence
à se guérir par l'influence des médica-
ments internes. L'observation de ce
précepte n'offrirait aucun avantage,
parce que, d'un côté, le médicament ne
rieut pas agir sur un corps sans vie,
comme l'est une éruption qui se des-
sèche et que, de l'autre, le médicament
externe pourrait être absorbé par la
peau, et modifier l'état maladif de ma-
nière à faire naître une éruption sem-
blable ou d'une autre nature. On n'a
pas à craindre tous ces inconvénients
en faisant usage des médicaments in-
ternes; aussi leur emploi doit être con-
seillé d'autant plus fortement, qu'ils
préviennent les récidives si fréquentes
et si désagréables de ces maladies, aux-
quelles on est toujours exposé après
l'usage des seuls moyens externes.
Dans toutes les maladies de la peau,
l'éruption n'est que le signe extérieur
visible du malaise intérieur; c'est,
par conséquent, la partie la moins im-
portante et la moins dangereuse de la
maladie, contre laquellenousnesomm es
ordinairement pas plus à même de faire
quelque chose, qu'il serait peu couve-
DE LA PEAU. 1T
nable de s'eii occuper spécialement. Car
lors même qu'on réussit à faire dispa-
raître l'éruption, la maladie interne
n'en persiste pas moins, et finit par se
faire reconnaître d'une manière ou" de
l'autre. Quelque désagréable donc que
soit l'aspect de l'éruption, celle-ci ne
sera jamais dangereuse en elle-même,
et, partant, n'exigera pas non plus de
soins immédiats, comme le prouve suf-
fisamment la marche entièrement inno-
cente et heureuse de ces maladies, qui
s'observent sifréquemmen t,lorsque l'in-
tervention de l'art est nulle; il suffit,
par conséquent, d'éloigner les autres
accidents qui accompagnent l'éruption,
et menacent de plus ou moins de dan-
ger; cela fait, on peut être certain que
l'éruption disparaîtra d'elle-même.
Les maladies delà peau sont très dif-
férentes les unes des autres, tant sous-
le rapport de la forme, que sous celui
du danger plus ou moins grand auquel
elles exposent ; elles diffèrent enfin ,
encore, sous le rapport du plus ou
moins de temps qu'elles mettent à par-
courir leurs périodes. La manière la
plus convenable de les diviser, est de les
partager en maladies aiguës et chroni-
ques. On entend par maladies aiguës
l8 DE L'iMPOIlTAKCE
celles dont la marche est plus rapide et
plus dangereuse, et par maladies chro-
niques, celles qui, suivant une marche
plus lenteetmoins dangereuse, ont une
durée indéterminée. C'est d'après ces
considérations que nous allons traiter
des maladies de la peau, en commençant
par celles qui ont Une marche aiguë.
DE LA PEAU. 19
PARAGRAPHE PREMIER.
Maladies aiguës de la Peau.
Ces maladies sont naturellement ac-
compagnées d'une fièvre qui a cela de
particulier qu'elle existe avant la ma-
nifestation de la maladie, et la pré-
cède de quelques jours, puis toiube ou
disparaît tout-à-fait à l'apparition de
l'éruption. L'invasion de ces maladies
est très souvent annoncée par des signés
précurseurs très violents, comme les
convulsions, les lipothymies ou défail-
lances , la somnolence, les vomisse-
ments , les hémorrhagies nasales , les
douleurs dans les membres, etc. Ces
phénomènes accompagnent aussi quel-
quefois la maladie dans sa marche, mais
sont rarement d'un danger réel, et dis-
paraissent ordinairement tout-à-fait
après l'invasion. Bientôt après la mani-
festation de la maladie cutanée et la
diminution de la fièvre, la peau com-
mence à entrer en transpiration et à
produire dé fortes sueurs; il faut alors
avoir le plus grand soin d'éviter
tout ce qui pourrait arrêter ou sup-
primer cette sueur; car sa suppression
20 MALADIES AIGUËS.
aurait les suites les plus fâcheuses;
en déterminant la rétrocession ou la
rentrée de l'éruption, elle amènerait
une autre maladie plus dangereuse
pour la vie, par exemple, l'inflam-
mation du cerveau, l'hydropisie, etc.;
c'est pourquoi on fait garder le lit
aux malades atteints d'affections érup-
tives jusqu'à ce que la plupart des
accidents disparaissent, que les taches
commencent à pâlir et à s'effacer, et les
sueurs à cesser. Mais c ela n'empêchera
pas de rafraîchir tous les jours l'air de
la chambre du malade, et de chercher
à éloigner les mauvaises émanations qui
doivent s'y accumuler nécessairement;
pourvu que le lit du malade soit placé
de manière à ue pas être exposé aux
vents coulis, on n'a pas de refroidisse-
ment à craindre. Le renouvellement
de l'air, au contraire, ne peut agir sur
le malade que d'une manière favorable;
il est même indispensablement néces-
saire de renouveler l'air tous les jours,
sinon le malade serait privé d'une in-
fluence salutaire habituelle, qui est
surtout un véritable bienfait pour les
yeux et les poumons.
Vers la fin de ces maladies, l'épiderme
se détache sur tout le corps. Cette pc-
DE LA PEAU. 21
riode réclame la plus grande attention,
d'autant plus qu'alors les malades se
croient sauvés età l'abri de tout danger;
mais c'est à cette époque que les refroi-
dissements sontle plus à craindre, parce
que l'épidémie régénéré est très suscep-
tible, non encore accoutumé à l'action
de l'air, et très sensible aux variations
de la température. On se gardera donc
bien de laisser aller les malades en plein
air, si l'on ne veut les exposer au dan-
ger de contracter l'hydropisie, la phthi-
sie pulmonaire et autres maladies non
moins graves; on s'abstiendra également,
dans cette période, de se laver avec de
l'eau froide.
Lorsque les accidents qui précèdent
et accompagnent l'invasion de la mala-
die ne sont pas considérables, on peut
l'abandonner sans hésiter à la nature,
attendu que celle-ci possède le moyen
curatif le plus sûr, dans les efforts
qu'elle fait pour opérer la sortie de l'é-
ruption.Mais, lorsqueles accidents sont
très intenses, on cherchera à détourner
le danger imminent par les moyens
convenables que je vais indiquer. Les
sudorifiques légers conviennent pour
calmer les phénomènes spasmodiques
violents , les accès épileptiformes, les
22 MALADIES AIGUËS
violents maux de tête, les oppressions dé
poitrine, et pour faire cesser.; les vomis-
sements immodérés, le refroidissement
général, les tranchées, etc. Ce sont en-
core les meilleursmoyenspour faciliter
la marche de la maladie, et lui tracer,
en quelque sorte, la route qu'elle doit
prendre vers la peau, en même temps
qu'ils se recommandent pour apaiser
l'irritation du système nerveux. On
donnera, par conséquent, au malade,
une tasse d'infusion théiforme de ca-
momille ou de fleurs de sureau, et on
lui ordonnera de garder le lit ; on peut
aussi ajouter à chaque tasse d'infusion
de camomille une cuillerée à café de
jus de citron, qui pousse à la sueur
encore davantage. Si ce moyen ne ré-
pond pas à l'attente du médecin; on a
recours au suivant :
if, Opium, demi-grain,
Ipécacuanha, ) de chacun quart de
Tartre stibié, j gvam>
Sucre, deux grains.
Mêlez et faites une poudre.
Les personnes adultes prennent cette
poudre en une fois ; les enfants seule-
ment la moitié. On la fait dissoudre
dans une petite quantité d'eau. Ce mé-
DE LA PEAU. 23
dicament calme plus particulièrement
le système nerveux, et provoque inçes^
samment une sueur légère;
Ou l'on fait prendre le mélange sui-
vant :
7f Esprit de Mindererus, trois gros,
Sel ammoniac épuré, dix g-rains.
Mêlez.
A prendre en une fois; après quoi l'on
mange un peu de sucre. Si la sueur,
produite de la sorte, ou existant avant
l'invasion des accidents , ne fait pas
cesser ceux-ci, on emploiera des anti-
spasmodiques encore plus énergiques j
par exemple :
■y. Fleurs de zinc, un grain,
Sucre, un grain.
Divisez en six paqutes-égaux.
On commence par donner une pre-
mière dose, que l'on répète, si elle ne
fait pas assez d'effet; cette poudre est
bonne pour arrêter les vomissements
violents ; ou bien :
if Extrait de jusquianie, demi-grain.
Sucre, huit grains.
Huit paquets égaux, à prendre en
autant de fois.
24 MALADIES AIGUËS.
Lorsque la tête est prise, que le ma-
lade délire et ne peut pas dormir, on
prescrit le moyen suivant :
if Esprit de corne de cerf,demi-gros,
Émulsion de pavot, deux onces.
Mêlez.
A prendre de temps eu temps, par
cuillerées à café, jusqu'à ce que les acci-
dents cessent.
On peut faire en même temps, avec
avantage, des applications chaudes
aux pieds, et poser des sinapismes sur
quelques parties du corps. Lorsque les
maux de tête, le délire, le bourdon-
nement d'oreilles, etc., sont surtout
fort intenses, on appliqueles sinapismes
à la nuque ou aux mollets. Lorsque, au
contraire, le symptôme prédominant
consiste en une oppression de poitrine,
en une cardialgie ou crampe d'estomac,
on place le sinapisme à la fossette du
coeur. Si les accidents résistaient à ces
moyens, on se hâterait de consulter un
médecin, surtout lorsque leur intensité
et leur longue durée deviennent inquié-
tantes. L'homme del'art emploiera alors,
suivant les circonstances, des moyens
plus héroïques, tels que le musc, l'acide
prussique, le castoréum. Souvent un
DE LA PEAU. 25
bain chaud contribue extraordinàire-
ment à calmer les spasmes les plus.vio-
lents, lors même qu'il existe une forte
fièvre; mais il faut les plus grandes pré-
cautions, dans la crainte du refroidisse-
ment. L'hémorrhagie nasale estle plus
souvent un accident favorable, qui
soulage ordinairement beaucoup, et se
montre surtout lorsque l'afflux du sang
vers la tête est fort considérable. On ne
fera, par conséquent, rien pour l'arrê-
ter, à moins, toutefois, qu'elle ne de-
vienne alarmante, ce qui est assez rare.
Il est incroyable combien un malade
peut perdre de sang, à cet état, sans le
moindre inconvénient; preuve évidente
que la nature est poussée à cette éva-
cuation par un besoin impérieux. J'ai
vu, plus d'une fois, pratiquer la saignée,
à ces sortes de maladies, dausl'intention
de Calmer les accidents , et le soulage-
ment ne survenir qu'après une hémor-
rhagie nasale abondante. Ordinairement
le flux de sang s'arrête de lui-même,
lorsque la quantité évacuée est suffi-
sante, et que la nature a atteint son but.
Si cependant' le saignement était par
trop fort, au point de faire perdre con-
naissance au malade et de menacer sa
vie, on aviseraitincontinenl aux moyens
3 "
Ti6 MALADIES AIGUËS
propres à arrêter cet écoulement. On
ferait des applications d'eau et de vi-
naigre sur la racine du nez, sur le front,
autour des parties génitales, si le sujet
est du sexe masculin ; on plongerait les
pieds dans de l'eau chaude, et le malade
serait astreint à un repos absolu. Ou
peut aussi faire aspirer un peu de vi-
naigre, et en faire boire au malade
à différentes reprises; ou l'on fait des
boules de charpie , qu'on humecte
avec du vinaigre; puis les ayant atta-
chées par un fil, on les introduit et
les maintient dans les fosses nasales
jusqu'à ce quel'hémorrhagie cesse, en
ayant soin de laisser pendre les fils hors
du nez, afin dé pouvoir retirer promp-
;tement les boules de charpie, dans-le
cas où elles tomberaient dans l'arrière-
iouçhe. Si le vinaigre n'est pas assez
fort, on prend une solution d'un gros
.dé sulfate de cuivre dans huit onces
d'eau, Ou un mélange d'un gros d'acide
sulfurique et dix onces d'eau. A l'inté-
rieur, on peut faire prendre une cuille-
rée à café de teinture de cannelle,, ou
une cuillerée abouche d'émulsion de
graines de chenevis. On prépare cette
dernière en prenant une cuillerée dès-
dites graines, qu'on concasse et broie
DE LA PEAU. 2T
dans un mortier, avec une Certaine quan-
tité d'éàUj de manière à obtenir une es-
pèce de lait.
La fièvre entraîne presque toujours Je
plus dé danger, et mérite, par consé-
quent, Une grande attention, aussi bien
pendant qu'après l'invasion de la mala^
die. Si la fièvre est modérée ^ elle est
suffisante pour faire sortir l'éruption ,
et n'a pas besoin de traitement; lés mé- '
dicaments administrés dans cette inten^
tion pourraient même être nuisibles,
en entravant l'éruption des taches. Mais
si elle dépassé l'unér Ou l'autre ligne de
démarcation, c'est-à-dire, si elle est trop
i ntensè,trop aiguë, elle menace d'épuiser
les forces vitales ; ou bien, si elle est
trop faible pour opérer l'éruption, Où
qu'elle revête un caractère nerveux, il
est temps de recourir aux moyens qui •
sont propres à rétablir l'équilibre dans
l'un ou. l'autre cas. Le premier cas est,
erï général, plus favorable, parce qu'il
est plus, aisé de soustraire au corps le
superflu des forcés, que de lui donner
celles qui lui manquent. On reconnaît
cet étatj-eir ce que les malades ont beau-
coup de chaleur sans sueur, que leur
peau est très rouge, leurs veines gon-
flées , que les artères et le coeur battent
28 MALADIES AIGUËS
très vite, et en même temps avec force ,
que les malades sont très vifs, et irri-
tables, sans être faibles, . qu'ils ont
une grande agitation, des délires vio-
lents, etc. Lorsque ces accidents sont
parvenus au plus haut degré d'inten-
sité, que le visage se colore en violet,
que la tête est prise, qu'il y a des bour-
donnements d'oreilles, on doit craindre
une apoplexie, qu'il faut se hâter de
prévenir, par une évacuation san-
guine; on applique, à cet effet, douze
à seize sangsues derrière les oreil-
les, à l'occiput et à la nuque, ou six à
huit ventouses scarifiées derrière le
cou, pour tirer environ dix onces de
sang. Si cela ne suffit pas, on fera une
saignée au bras, de dix à douze onces.
Le malade sera tenu dans un apparte-
ment frais, dont l'air sera toujours re-
nouvelé; on ne lui donnera que des
aliments légers, point de viande, mais
une panade claire de pain blanc, et des
tisanes rafraîchissantes, soitl'eau pure,
soit l'eau d'orge avec du miel ou du su-
cre, ou une limonade étendue, pu de
l'eau panée, etc. On administrera à
l'intérieur le médicament suivant :
DE LA PEAU. 29
if Sel de nitre épuré, uu gros,
Miel scillitique, une once,
Mêlez.
Les sujets adultes prendront de cette
mixture une cuillerée à bouche toutes
les heures, les enfants une cuillerée à
café seulement. S'il y a constipation ,
ou la combat avantageusement avec le
moyen suivant :
if Sel de nitre épuré, deux scrupules,
Calomel, deux grains,
Sucre, deux gros.
Formez une poudre.
Toutes les heures une petite prise jus-
qu'à ce que l'on obtienne quelque éva-
cuation.
On se gardera surtout bien de sur-
charger le malade de couvertures, dans
l'intention de favoriser la sueur; car
on ne ferait qu'aggraver le mal, eu
augmentant la chaleur et la fièvre. Au
contraire, le malade sera couvert aussi
légèrement que possible, et un peu plus
seulement lorsquelasueur commencera
à se manifester. A mesure que la fièvre
se modère, on diminue la dose du mé-
dicament, d'une manière graduelle.
Dans les cas très graves, où les accidents
ne cèdent pas à la saignée, ou s'exaspè-
30 MALADIES AIGUËS
l'eut bientôt de nouveau, après avoir
été atténués, il peut être nécessaire de
pratiquer une seconde saignée, ou au
moins de faire succéder une application
de sangsues à la première phlébotomie.
La seconde espèce de fièvre, avec le ca-
ractère nerveux, estbeaucoupplusgrave
et plus dangereuse ; elle réclamele plus
souvent les secours de l'homme de l'art,
attendu que le traitement en est difficile
etcompliqué. On reconnaît la fièvre ner-
veuse aux signes suivants : la chaleur est
excessive, tant à l'intérieur qu'à l'exté-
rieur du corps; là soif est intense, la
langue et lés lèvres sont sèches; les bat-
tements du pouls sont très rapides,
mais petits , faibles , souvent trem-
blotants, inégaux j le malade est extrê-
mement débile et caduc, très sensible au
moindre bruit, au moindre attouche-
ment; il a des accès de défaillance, de
légères convulsions j du déliré, des
bourdonnements d'oreilles; il voit dés
étincelles et dés fantômes en fermant
les yeux, il est souvent éveillé en sur-
saut^ se montre extrêmement agité. Il
est quelquefois couvert d'une sueur
froide, visqueuse, qui n'apporte aucune
diminution à la fièvre, et l'éruption ne
se manifeste-pas du tout à l'époque où
rc
DE LA PEAU. 3l
elle devrait paraître , ou se fait très
tard, et prend le plus souvent une
teinte violette, ou même noire, dans
les cas les plus fâcheux, au lieu de la
couleur vermeille qu'on lui observe
dans le cas oùla maladie suit une marche
plus bénigne. Quoique le manque de
forces et la débilité, paraissent prédomi-
ner ici, et qu'on pût croireque les forti-
fiants seuls devraient être appliqués, il
arrive néanmoins des circonstances qui
restreignent considérablement cette in-
dication , ou s'y opposent tout - à - fait
pour le moment. Ainsi il survient quel-
quefois de violentes congestions de sang
vers la tête, la poitrine, etc.; qui déter-
minent assez souvent l'inflammation des
viscères contenus dans ces cavités, bu du
moins leur impriment une très grande
disposition à s'enflammer. On est forcé
alors d'employer d'abord les moyens
débilitants, et de ne passer aux forti-
fiants qu'après l'usage de ceux-là, dont
on n'exclut pas même les évacuations
sanguines, avec la seule restriction
qu'on n'aime pas à faire des saignées
générales, mais qu'on leur préfère les
saignées locales par les sangsues ou les
ventouses. A l'intérieur, on fait prendre
avec avantage la poudre suivante :
32 MALADIES AIGUËS
if Sel de nitre épuré, un scrupule,
Calomel, deux grains,
Extrait de Jusquiame, un grain,
Sucre, un gros,
Mêlez.
Une pincée toutes les deux heures.
Mais si cet état inflammatoire n'existe
pas, et que la fièvre soit simplement
nerveuse, oubien qu'il ait cédé au trai-
tement que nous venons d'indiquer, on
commence le traitement tonique et for-
tifiant, dans toute son extension. Parmi
les principaux toniques, il faut placer
un bon vin vieux et généreux. Une cuil-
lerée à café de vin d'Espagne, de vin de
Hongrie ou de vin du Rhin, donnée
toutes les deux heures, suffit quelque-
fois pour enlever à cette fièvre ce
qu'elle a de malin, et pour la transfor-
mer en une fièvre ordinaire. On peut, en
outre, faire usagedespotionssuivantes :
if Elixir acide de Haller, un gros,
Eau distillée de valériane, une
once,
Mêlez.
Ou:
if Esprit de corne de cerf, un gros,
DE LA PEAU. j.}
Sel ammoniac épuré, un scrupule.
Eau de fleurs de sureau, deux
onces.
Mêlez.
Une cuillerée à café, toutes les deux
heures.
Ce moyen convient surtout lorsque
la peau est très sèche et brûlante.
Si les accidents sont rebelles à l'em-
ploi de ces médicaments, on adminis-
trera le suivant :
if Essence de musc, un gros.
Dont on prendra, toutes les heures,
troisgouttes sur du sucreou dansun peu
d'eau.
Mais alors il est urgent d'appeler le
médecin, car si l'état devient plus dan-
gereux , et que là maladie s'aggrave,
bientôt les efforts de l'art pourraient
devenir impuissants. On fera, extérieu-
rement, des applications chaudes à la
plante des pieds ; on posera des sina-
pismes aux mollets, à la nuque et sur
les épaules; on cherchera à tenir le
ventre libre par des lavements, en évi-
tant tout ce qui pourrait affecter Je
malade désagréablement, tels sont les
accès de colère, de frayeur, etc. On
34 MALADIES AIGUËS
n'emploiera les toniques amers qu'après
la cessation de ïa fièvre, lorsqu'il reste
un état de faiblesse qui incommode le
malade. Alors on fera usage de la recette
suivante :
if Teinture de quinquina, un gros,
Sirop de framboise, une once.
Mêlez.
Aussitôt que la fièvre est abattue, et
que la sueur vient la remplacer, il faut
modifier lé traitement. Si le malade se
trouve dans un état assez satisfaisant,
si la sueur est modérée, chaude, et
qu'elle n'épuise pas, ou n'a pas besoin
de donner des médicaments. Ce qu'il y
a de mieux à faire alors, c'est d'aban-
donner la maladie à la nature, pour ne
pas troubler son action salutaire. Lors-
qu'au contraire la sueur n'est pas assez
abondante, qu'elle est froide, vi squeuse;
que la peau est en même-temps inac-
tive, affaissée, flasqueetlâche, on donne
la potion suivante :
if Liqueur d'Hoffmann, un gros,
Eau distillée de calamus aroma-
ticus.
Mêlez.
Une cuillerée à café toutes les heures
DE LA PEAU. 35
On ■■
Of Sel ammoniac épuré, un scrup.
Esprit de corne de cerf, un scru-
pule.
Eau de fleurs de sureau, une
demi-once.
Mêlez.
Toutes les heures, soixante gouttes
sur du sucre ou avec de l'eau. Si la
sueur était trop abondante, si elle épui-
sait au lieu de soulager, si lé malade
perdait ses forces, il faudrait recourir
aux moyens ci-après :
if Teinture.de quinquina, quinze
gouttes.
Vinaigre de framboise;, une once.
Mêlez.
Toutes les deux heures vingt gouttes,
jusqu'à ce que la sueur diminue.
Ou :
jf. Acide muriatique, dix gouttes.
Sirop de cerises, une once.
Mêlez.
Toutes les heures vingt à trente goût
^tès, dans un peu d'eau-
Si, dans quelques cas malheureux,
l'éruption de la peau disparaît, ;ouque
«ans cela, il se fasse un grand afflux
36 MALADIES AIGUËS
vers la tête, par la seule intensité de la
fièvre, il s'allume facilement une in-
flammation du cerveau, dont l'invasion
peut être reconnue aux signes suivants.
Les malades sont pris tout à coup d'un
frisson nouveau, très violent, suivi de
chaleur, laquelle est surtout intense à
la tête, tandis que les pieds et les mains
restent froids. Le pouls est très vite,
mais faible et petit, quelquefois irré-
gulier; les malades délirent, ont parfois
beaucoup de loquacité, mais sont le
plus souvent assoupis dans un demi-
sommeil , ayant, dans quelques cas, un
oeil ouvert et l'autre fermé. Il est diffi-
cile de les éveiller; ils ne peuvent ou-
vrir les yeux, se plaignent d'une vive
douleur gravative dans l'intérieur de la
tête, portent souvent les mains vers
le siège de la douleur; la langue est
sèche, les lèvres arides, la peau brû-
lante et sans moiteur, la soif intense,
envies de vomir chaque fois qu'ils se
redressent dans leurs lits. A cet état
extrêmement dangereux, il convient
d'appeler le médecin, sans tarder, parce
que chaque minute de perdue rend le
danger de plus en plus imminent, et
que les soins nécessaires ne peuvent pas
■être confiés aux personnes étrangères à
DE LA TEAU. 3"]
la médecine. Mais, avant l'arrivée du
médecin, ou enveloppera les pieds du
malade de topiques chauds, on lui met-
tra de forts sinapismes aux mollets ou
à la nuque, et dix ou douze sangsues
à l'occiput et derrière les oreilles.
Passons maintenant aux maladies
éruptives aiguës, considérées en parti-
culier.
De la scarlatine, oujièvrc scarlatine.
Cette maladie est ordinairement le
produit'de la contagion, mais elle naît
aussi quelquefois spontanément, sous
l'influence d'une constitution particu-
lière de l'air ; c'est une des affections
de la peau les plus dangereuses, sur-
tout dans le nord. Son invasion est
précédée souvent d'accès de froid,
suivis d'une chaleur très intense, avec
un pouls extraordinairement vite; ces
accès de fièvre ont toujours lieu le
soir, et avec eux surviennent des dou-
leurs dans la gorge, des difficultés
dans la déglutition, l'inflammation de
la surface de la langue,, et de toute
la face interne de la cavité buccale,
avec gonflement et inflammation des
4
38 MALADIES AIGUËS
amygdales; la langue est blanche,
souvent chargée d'un enduit épais ;
mais l'éruption faite, elle se nettoie
promptement, et prend une couleur
rouge vive. L'appétit est perdu pres-
qu'entièrement dès le début delà ma-
ladie. Les taches de la scarlatine ont
coutume de sortir au troisième accès de
fièvre, et se multiplient avec le qua-
trième et le cinquième accès; elles se
montrent d'abord à la face et au cou ,
puis à la poitrine, aux bras , à l'abdo-
men et aux jambes. L'exanthème est le
plus prononcé, et persiste le plus long-
temps dans la région lombaire ou aux
flancs, et aux articulations. On voit pa-
raître d'abord de petits points rouges,
îargetnentespacés,qui,clairs et unis dans
le principe, grossissent et se multiplient
■ensuite de manière à répandre une rou-
p-eur générale sur tout le corps. La
peau située au - dessous se boursoufle
un peu, les articulations des doigts
deviennent roides, et la sueur manque
aussi long-temps que dure l'éruption ;
mais aussitôt l'éruption terminée, la
transpiration reparaît.
L'exanthème subsiste ordinairement
trois, rarement cinq ou six jours, pâlit
ensuite, et disparaît peu à peu; alors
. DE LA PEAU. 39
l'épiderme se détache, soit immédiate-
ment après, soit seulement au bout
d'une ou deux semaines. Au cou, l'é-
piderme se soulève sous forme de pe-
tites vésicules blanches et vides, qui
se crèvent et tombent; sur les autres-
parties, ce tégument se détache par
lambeaux.
Souvent la maladie se passe heureu-
sement, sans le secours de l'art; aussi,
lorsqu'elle est légère et qu'elle ne pré-
sente pas d'accidents dangereux, il con-
vient de ne rien faire, si ce n'est de
préserver le malade des influences con-
traires à son état. On lui fera donc gar-
der le lit, ne lui permettant que des
aliments légers et simples. L'éruption,
en elle-même, n'exige point de médi-
cameut; seulement lorsque la fièvre et
les autres accidents le réclament, on a
reco urs àl'un des moyens précédemment
indiqués. La scarlatine se distingue par
la circonstance qu'elle amène une in-
flammation violente de la gorge, la-
quelle demande des soins particuliers.
Est-elle légère, il suffit d'un garga-
risme tiède de décoction de figues, ou
de bouillon-blanc, ou de fleurs de su-
reau avec des fleurs de mauve, dont on
fait garder quelques cuillerées dans la
40 MALADIES AIGUËS.
bouche, toutes les demi-heures. Mais
lorsqu'elle est fort intense, au' point
que le malade.péut à peine avaler, que
les douleurs sont considérables, que les
glandes sont fortement engorgées, les
veines du cou comprimées et gonflées,
il est temps d'appliquer huit à dix sang-
sues au cou, puis de recouvrir cette
partie d'applications tièdes et émol-
lientes. On doit craindre, en outre,
dans la scarlatine, plus que toute autre
chose, l'inflammation du cerveau; c'est
pourquoi, il faut toujours avoir soin de
tenir le ventre libre et de favoiiser la
transpiration.. Aussitôt qu'il se mani-
feste des maux de tête, on doit couvrir
les pieds d'applications chaudes, et po-
ser des sinapismes à la nuque.
Il est rare que les yeux se prennent
dans la scarlatine; mais si la chose avait
lieu, il faudrait soustraire le malade à
l'impression de la lumière, et bassiner
les yeux plusieurs fois dans la journée
avec du lait ou une infusion de fleurs
de sureau tiède. On est obligé, dans
quelques cas, d'appliquer un vésica-
toire à la nuque.
Pendant la période de la desquama-
tion ou chute de l'épiderme, il faut la
plus grande attention pour empêcher
DÉ LA PEAU. 4' 1
les refroidissements, qui causent si
souvent, après cette maladie, des hy-
dropisies dangereuses. Il est, par con-
séquent, prudent de ne laisser sor-
tir le malade que trois ou quatre se-
maines après que la desquamation aura
eu lieu, surtout si le temps est froid.
Traitement pre'servatif de la scarlatine.
C'est surtout depui s une dixaine d'an-
nées que le traitement prophylactique
de cette maladie, si redoutable dans le
nord, a fixé l'attention des médecins
de l'Allemagne septentrionale. 11 a été
constaté, par des expériences nombreu-
ses, que ^belladone, indiquée en 1801,
par le docteur Hahnemann, comme un
moyen prophylactique de la scarlatine,
possède, eu effet, la propriété de pré-
server de cette maladie éruptive. Aussi,
dès qu'il se manifeste aujourd'hui une
épidémie de scarlatine, dans les dif-
férents états de la confédération ger-
manique, on a aussitôt recours à ce mé-
dicament. Dans quelques endroits , on
a même la précaution de le faire admi-
nistrer par les instituteurs à tous les en-
fants qui fréquentent leur école. Les dif-
férents gouvernements se sont empressés
t\1 MALADIES AIGUËS
de porter à la connaissance du public
le mode d'administration de ce préser-
vatif, et d'en recommander l'emploi
aux médecins dans le ressort pratique
desquels se manifesterait une épidé-
mie de scarlatine. Ces intentions bien-
faisantes ont été comprises , et les
expériences provoquées ont été cou-
ronnées duplusheureuxsuccès.En effet,
les différentes autorités médicales de
l'Allemagne reçoivent journellement de
chaque point de ce pays, des rapports
qui tous s'accordent à confirmer les pré-
cieuses propriétés de la belladone, soit
pour prévenir la contagion de la scarla-
tine , quand elle n'a pas encore eu lieu ,
soit pour rendre pi us bénignelamaladie,
dans les cas où la contagion serait déjà
opérée.
Mode d'administration.
Ce moyen peut être administré in-
différemment sous les deux formes sui-
vantes :
Première forme,
IL Extrait de belladone récemment pré-
paré; deux à trois grains,
Eau distillée de cannelle (ou eau com-
mune) une once.
Mêlez.
DE LA PEAU. 43
On donne aux enfants d'un an et au-
dessous, matin et soir, deux à trois gout-
tes de ce mélange; aux enfants de deux
ans, trois à quatre gouttes, et ainsi de
suite, en augmentant la dose d'autant
de gouttes que le sujet a d'années au-
dessus de cet âge, sans cependant jamais
dépasser le nombre de douze à quinze
gouttes, même chez les adultes.
Deuxième forme ,
if Racine de belladone en poudre,
deux à trois grains,
Sucre blanc en poudre, deux gros,
Mêlez etfaites soixantepaquets égaux.
Ces paquets doivent êtreprescrits dans
la même proportion que les gouttes de
la solution, savoir : deux à trois pa-
quets, matin et soir, pour les enfants
d'un an et au-dessous; trois à quatre
pour les enfants de deux ans; quatre à
cinq pour ceux de trois ans; cinq à six
pour ceux de quatre ans, et ainsi de
suite.
11 suffit, en général, que l'usage de
la belladone soit continué pendant un
mois ou six semaines dans chaque épi-
démie.
44 MALADIES AIGUËS.
De la rougeole.
Cette maladie éruptive, presque tou-
jours produite par la contagion, a quel-
que analogie avec la scarlatine.Elle com-
mence également par un accès de froid et
dechaud,qui revient troisfois avant l'in-
vasion définitive;mais elle s'en distin-
gue par les caractères suivants : l'érup-
tion se montre avec le troisième accès
de fièvre, d'abord au front, au menton
et au cou, ensuite au nez, aux joues,
à la bouche; avec le quatrième accès,
au troncetaux bras; aveclecinquième,
enfin, aux jambes. Cet exanthème se
présente d'abord sous la forme d'uuepe-
tite élevure grosse comme un grain de.
millet , et traversée par un poil de la
peau ; les taches de la scarlatine sont,
au contraire, parfaitement unies sans
élévation. Autour de chaque petite
élevure, la peau est rouge et rugueuse ;
il en résulte des taches qui ressem-
blent à des piqûres de puces, avec
cette différence qu'elles n'ont pas de
point plus rouge au centre; elles ne
confluent pas aussi parfaitement les
unes dans les autres que cela a lieu dans
la scarlatine, mais- elles laissent tou-
jours entre elles des espaces blancs, ce
DE LA PEAU. 45
qui donne à la peau du corps un aspect
marbré. Dans la rougeole; la peau qui
recouvre les taches n'est pas aussi bour-
souflée que dans la scarlatine. Au vi-
sage, l'exanthème offre plus de relief
que sur le reste du corps, et la sueur
du malade a une odeur acidulé parti-
culière. L'éruption se maintient en
cet état pendant trois jours ; dans des
cas-rares, pendant cinq jours : ensuite
elle pâlit et disparaît jusqu'au septième
ou huitième jour, que commence la
desquamation , qui est furfu racée;'
c'est-à-dire que l'épiderme mort et des-
séché tombe par petites portions iné-
gales semblables à du son, tandis que,
dans la scarlatine, la desquamation
se fait par de larges lambeaux.
La rougeole est, à la vérité , aussi ac-
compagnée d'un mal de gorge; cepen-
dant, il n'est jamais aussi intense que
dans la scarlatine, et peut être enlevé
par les mêmes moyens; mais deux affec-
tions concomitantes, beaucoup plus
fréquentes, sont l'ophthalmie ou l'in-
flammation des yeux avec larmoiement
abondant, et le catarrhe pulmonaire.
Ces phénomènes méritent une grande
attention, car l'ophthalmie peut donner
lieu à la formation de petits abcès sur
le globe oculaire, qui laissent ordinaire-
46 MALADIES AIGUËS.
ment des taies après eux; et le catarrhe
peut dégénérer en phthisie pulmonaire.
Il convient par conséquent, dans les épi-
démies de rougeole, et dès qu'un sujet,
susceptible de prendre cette maladie, se
plaint d'avoir les yeux trop sensibles à
la lumière etd'être fortement enrhumé,
ce qui a lieu ordinairement trois ou
quatre jours avant l'invasion de la rou-
geole, de le placer dans un appartement
obscur, et d'agir en même temps contre
le catarrhe. Siï'infianimation augmente,
on applique des sangsues aux tempes,
puis on met des vésicatoires derrière
les oreilles ou à la nuque, en fai-
sant laver les yeux plusieurs fois dans
la journée avec du lait ou une infusion
de fleurs de sureau tiède. La poitrine
s'affecte beaucoup plus dans la rougeole
que dans la scarlatine, commeleprouve
la toux violente, sèche ou accompagnée
de beaucoup d'expectoration, qu'on ob-
serve dans la rougeole , etqui dégénère
très facilement en unevéritablepéripneu-
monieouinflammation du poumon.
Rien ne se montre plus efficace
contre cette toux, que la tisane de
graine de lin, que l'on prépare en fai-
sant bouillir de ces graines dans une
quantité suffisante d'eau, pour quela dé-
coction ne soit pas trop mucilagineuse.
DE LA PEAU. 47
Elle soulage souvent en peu de temps
la toux la plus forte. Mais il est encore
d'autres moyens fort efficaces; ce sont
les suivants :
if Extrait de jusquiame, un grain ,
Sucre, un gros.
Mêlez exactement.
Ce médicament est très "salutaire et
sert surtout lorsque la toux se montre
plus intense pendant la nuit que dans
le jour, et cause une commotion dou-
loureuse dans le bas-ventre. On en pren-
dra deux à trois prises par jour.
Ou:
if Opium, Un grain ,
Sucre, un gros.
Mêlez exactement.
Une petite prise, deux fois par jour.
Mais si les signes de la péripneumonie
surviennent, savoir : une douleur vio-
lente eu toussant, gêne dans la respira-
tion , fièvre intense, toux avec expecto-
lation sanguine et autres accidents de
cette nature, il faut faire une saignée
du bras ou appliquer une quantité suf-
fisante de sangsues à la poitrine; par
exemple quinze ou vingt; et donner à
l'intérieur le médicament suivant.

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