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Marikiri au paradis des bêtes - Ouvrage inédit

De
178 pages
Après son retour définitif en Europe et son pactole dilapidé, Louis Charbonneau reprend ses carnets et décide d'en faire des récits. Celui-ci, agrémenté de ses photos et dessins inédits, parle bien plus du zoo qu'il a constitué que de son entreprise commerciale. Entourée des animaux qu'elle gâte, Marikiri, petite fille banziri, s'attache à son maître et vice versa. Mais il vit un paradoxe, non seulement celui d'un chasseur qui aime les bêtes, mais encore celui d'un paradis colonial pavé de bonnes intentions.
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Louis Charbonneau
MARIKIRI AU PARADIS DES BÊTES
Présentation de Roger Little
MARIKIRI AU PARADIS DES BÊTES
COLLECTIONAUTREMENT MÊMES conçue et dirigée par Roger Little Professeur émérite de Trinity College Dublin, Chevalier dans l’ordre national du mérite, Prix de l’Académie française, Grand Prix de la Francophonie en Irlande etc. Cette collection présente en réédition des textes introuvables en dehors des bibliothèques spécialisées, tombés dans le domaine public et qui traitent, dans des écrits de tous genres normalement rédigés par un écrivain blanc, des Noirs ou, plus généralement, de l’Autre. Exceptionnellement, avec le gracieux accord des ayants droit, elle accueille des textes protégés par copyright, voire inédits. Des textes étrangers traduits en français ne sont évidemment pas exclus. Il s’agit donc de mettre à la disposition du public un volet plutôt négligé du discours postcolonial (au sens large de ce terme : celui qui recouvre la période depuis l’installation des établisse-ments d’outre-mer). Le choix des textes se fait d’abord selon les qualités intrinsèques et historiques de l’ouvrage, mais tient compte aussi de l’importance à lui accorder dans la perspective contem-poraine. Chaque volume est présenté par un spécialiste qui, tout en privilégiant une optique libérale, met en valeur l’intérêt historique, sociologique, psychologique et littéraire du texte. « Tout se passe dedans, les autres, c’est notre dedans extérieur,les autres, c’est la prolongation de notre intérieur.»Sony Labou TansiTitres parus et en préparation : voir en fin de volume
Louis Charbonneau MARIKIRI AU PARADIS DES BÊTES ouvrage inédit accompagné de documents inédits Présentation de Roger Little L’HARMATTAN
En couverture : Frontispice dessiné par Louis Charbonneau pour le manuscrit d’auteur deMarikiri au paradis des bêtes(collection particulière)
© L’Harmattan, 20145-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02851-4 EAN : 9782343028514
INTRODUCTION par Roger Little
Du même auteur sur lareprésentation du NoirComme auteur : Between Totem and Taboo : Black Man, White Woman in Francographic Literature, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 2001 (texte anglais) Nègres blancs: représentations de l’autre autre, Paris: L’Harmattan, 1995Comme éditeur intellectuel : Louis Charbonneau,Jean Rouquier, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 99, Paris: L’Harmat-tan, 2014 Louis Charbonneau,L’Orchidée noire, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 98, Paris: L’Har-mattan, 2014 Louis Charbonneau,Azizé, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 97, Paris: L’Harmattan, 2014Louis Charbonneau,Fièvres d’Afrique, suivi de trois récits inédits :La Duchesse,La Recluse etMinne Water: Lac d’amour(extraits), présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 94, Paris: L’Harmat-tan, 2014 Louis Charbonneau,Contes d’A.É.F. 1888-1910, ouvrage inédit accompagné de documents inédits, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 93, Paris: L’Harmattan, 2014Louis Charbonneau,Mambu et son amour, avec de nombreux documents inédits, présen-tation de R.L., coll. Autrement Mêmes 92, Paris: L’Harmattan, 2014Raymond Escholier,Mahmadou Fofana:, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 90, Paris L’Harmattan, 2013Alfred Séguin,Le Robinson noir, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 88, Paris: L’Harmattan, 2013 Pierre Mille,L’Illustre Partonneau, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 84, Paris :L’Harmattan, 2013 JulieGouraud,Les Deux Enfants de Saint-Domingue, suivi de Michel Möring,L’Esclave de Saint-Domingue, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 82, Paris : L’Harmattan, 2012Nouvelles du héros noir : anthologie 1769-1847. Textes réunis et présentés par R. L., Autrement Mêmes 50, Paris : L’Harmattan, 2009Lucie Cousturier, les tirailleurs sénégalais et la question coloniale : actes du colloque international tenu à Fréjus les 13 et 14 juin 2008, augmentés de lettres adressées à Paul Signac et à Léon Werth. Textes réunis et présentés par R. L.,Paris : L’Harmattan, 2008Gaspard Théodore Mollien,Voyage dans l’intérieur de l’Afrique, aux sources du Ségégal et de la Gambie, fait en 1818,présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 41, Paris : L’Harmattan, 2007Louise Faure-Favier,Blanche et Noir, présentation de R.L., avec la collaboration de Laurent de Freitas, coll. Autrement Mêmes 28, Paris : L’Harmattan, 2006Anonyme,Histoire de Moulay Abelmeula, présentation de R.L., coll. Autrement Mêmes 12, Paris : L’Harmattan, 2003Lucie Cousturier,Mes inconnus chez eux:, t. 1 Mon amie Fatou, citadine; t. 2 :Mon ami Soumaré, laptot, suivi d’un Rapport sur le milieu familial en Afrique occidentale, présentation de R.L., avec des textes de René Maran et de Léon Werth, coll. Autrement Mêmes 9, Paris : L’Harmattan, 2003Aperçus du Noir :regards blancs sur l’Autre, n° spécial d’Interculturel Francophonies[Lecce, Italie], 2 (juin-juillet 2002), éd. R.L. Lucie Cousturier,Des inconnus chez moi, présentation de R.L., préface de René Maran, coll. Autrement Mêmes 1, Paris : L’Harmattan, 2001Pigault-Lebrun,Le Blanc et le Noir, présentation de R.L., Autrement Mêmes 4, Paris : L’Harmattan, 2001 Anonyme,Histoire de Louis Anniaba, présentation de R.L., Textes littéraires CVIII, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 2000 Black Accents : Writing in French from Africa, Mauritius and the Caribbean.Actes du colloque ASCALF tenu à Dublin, 810 avril 1995, éd. J. P. Little et R.L., Londres : Grant et Cutler, 1997 (textes anglais et français) Jean-François de Saint-Lambert,Contes américains: L’Abenaki, Ziméo, Les Deux Amis, présentation de R.L., Textes littéraires XCIX, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1997Bernardin de Saint-Pierre,Empsaël et Zoraïde, ou les Blancs esclaves des Noirs à Maroc,présentation de R.L., Textes littéraires XCII, Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1995 Claire de Durfort, duchesse de Duras,Ourika, présentation et étude de R.L., Textes littéraires LXXXIV, e Exeter (G.-B.) : Presses universitaires, 1993 ; 2 tirage, 1993 ; nouvelle édition revue et augmentée, Textes littéraires CV, 1998 ; édition mise à jour, 2005
INTRODUCTIONParmi les manuscrits inédits remis par l’auteur à son proche ami Raymond Escholier, se trouve celui deMarikiri au paradis des bêtes. En effet, à moins d’un an de son décès le 15 janvier 1951, Louis Charbonneau le lui a envoyé de Bruxelles le 4 mars 1950 et dans la lettre qui accompagnait l’envoi, il écrit: Ce jour, pour votre agrément personnel et pour le mien, je vous adresse[…] un récit intitulé «Marikiri» qui n’est que la deuxième partie du séjour que j’ai fait en haut-Oubangui. Le commerce d’ivoire que je faisais avec mes ant[h]ropophages étant devenu très dan-gereux, je m’étais rabattu sur le grand fleuve non loin d’un poste militaire pour y planter de l’ireh, sorte d’hévéa propre au pays et m’y constituer une sorte de Zoo. C’est des animaux de ce Zoo que je tire généralement mes quelques maladroits dessins d’album. En général « Marikiri » est tiré de notes brutes et non développées comme il se 1 devrait . Rédigeant son texte à partir de ses carnets de route, il n’invente pour ainsi dire pas: la véracité de ses écrits n’est plus à démontrer, même si son témoignage est unique (et donc légalement nul et non avenu sans la corroboration d’un tiers). Ce sont des récits, parfois romancés certes, mais l’on sait qu’après avoir quitté l’Afrique il retravaille ses journaux pendant ses heures perdues, d’autant plus nombreuses que ses gagne-pain occupent peu son esprit. Aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que le manuscrit deMarikiri porte à la fin la date du 25 juillet 1944, alors queles entrées de son carnet er sont datées du 1 mai 1907 au 2 juin 1909. Entre 1888 et 1922, Charbonneau, Morvandiau d’origine –il est né à Moulins-Engilbert le 18 août 1865, avait en effet séjourné en Afrique équatoriale française en sa qualité de commerçant et de prospecteur minier. Ayant commencé dans la région de la Guinée équatoriale et du Gabon, il avait longuement travaillé dans celle du 1  Les lettres inédites que Charbonneau a adressées à Raymond Escholier ont été aimablement mises à notre disposition par les héritiers de ce dernier. La modestie de Charbonneau est parmi ses caractéristiques les plus attachantes.
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euve Congo, dans l’enclave alors portugaise du Cabinda, dans les Congo français et belge et en Angola, évoluant ainsi entre plusieurs administrations et plusieurs ethnies. Le critique belge Joseph-Marie Jadot, ayant eu accès aux papiers de Charbonneau peu après sa mort, explique comme suit la transition : À Bruxelles, en juillet 1906, il apprend l’enterrement de sonsyndicat minier et, si je comprends bien, certain aménagement du second syndicat auquel il s’est voué, se voit nommé directeur de certaine société franco-belge de la Mobaye dont [le capitaine, plus tard lieutenant-colonel] Vangele s’occupe et qui va l’envoyer en attendant que Paris agrée sa promotion, en missions de confiance, l’une dans 1 l’Angola, l’autre dans la Lobaye, affluent de droite de l’Ubangi [sic] . Hormis ses difficultés auprès des concessionnaires, on imagine sans peine que Charbonneau n’était pas mécontent de changer de situation et de perspective suite au décès, pendant son absence en Europe en 1906, de celle à qui il s’était durablement attaché au 2 Cabinda: l’héroïne éponyme deMambu et son amour. Il ne fait allusion à Mambu que dans le bref épilogue deMarikiri(p. 101 ci-dessous), alors qu’elle est omniprésente dans lesContes d’A.É.F.et dansFièvresd’Afrique. En changeant de secteur, le surnom de Charbonneau fait aussi la mue: à Mobaye, il devient N’Déko, voire «Bon l’ami N’Déko» («c’est le nom dont m’ont affublé les indigènes», p. 27), alors que parmi les M’Bas il avait été «Lici Libono » et, précédemment, au Gabon, «Tala N’Zavo» dansAzizé(1928) etL’OrchidéenoireJean Rouquier » dans le (1928), et « roman de ce nom (1930). En 1907 donc, il s’installe en Oubangui-Chari, sur la rivière Bandji, affluent de l’Oubangui, en tant que directeur d’un poste commercial dans un territoire géré par la compagnie concession-naire pour laquelle il travaille. Il est ainsi relativement proche à quelque25kmdelavilleuvialedeMobaye,actuellement en
1 J.-M. Jadot, « Louis Charbonneau (1865-1951), un romancier français du Mayum-be belge »,Bulletin des séances, Académie royale des sciences coloniales, n.s. III, 4 (1957), p. 778. 2  VoirMambu et son amourPrix de Littérature coloniale, 1925), pour (1924 ; lequel Raymond Escholier rédige un avant-propos, réédité par nos soins dans la collection Autrement Mêmes chez l’Harmattan en 2014. Jadot,loc. cit., p. 776-779, fournit une biographie de Charbonneau.
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