Mémoire à l'appui d'une demande d'indemnité adressée à la ville de Paris, par le citoyen Glatz, ex-commandant du bataillon des volontaires bleus dits pupilles de la République

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impr. de E. Blot (Paris). 1871. In-4° , 14 p..
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Publié le : dimanche 1 janvier 1871
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MÉMOIRE
A L'APPUI D'UNE
DEMANDE D'INDEMNITÉ
ADRESSÉE
A LÀ VILLE DE PARIS
Par le citoyen GLATZ
EX-COMMANDANT DU BATAILLON DES VOLONTAIRES BLEUS
DITS PUPILLES DE LA RÉPUBLIQUE
PARIS
EDOUARD BLOT, IMPRIMEUR
7, RUE BLEUE, 7
1871
MÉMOIRE
A L'APPUI D'UNE
DEMANDE D'INDEMNITÉ
ADRESSEE
A LA VILLE DE PARIS
I
Le Bataillon des Volontaires bleus eut l'honneur insigne, entre tous les corps francs que
l'initiative privée organisa au début de la guerre actuelle, d'obtenir la consécration populaire
sous le titre généralement adopté aujourd'hui de Bataillon des Pupilles de la République.
L'idée qui présida à sa création comportait un double objet :
Assurer tout d'abord l'existence matérielle à de malheureux entants, orphelins pour la
plupart ou abandonnés de leurs proches ;
En second lieu, les plier aux exigences d'une discipline rigoureuse, les moraliser par une
éducation patriotique et les exercer aux manoeuvres militaires de façon que, soit en corps, soit
disséminés dans l'armée de ligne ou les bataillons mobilisés, ils pussent fournir un élément solide
et prêter un concours efficace à la grande oeuvre de la défense nationale.
— 4 —
Si ce dernier but ne fut pas atteint, ou plutôt s'il ne le fut qu'imparfaitement, la faute doit en
être imputée non au courageux citoyen,. au patriote éprouvé qui voulut y consacrer ses forces, son
ardeur patriotique, et jusqu'à la dernière obole d'une fortune assurée et laborieusement acquise,
mais au refus persistant de l'état-major général d'accorder au bataillon des Pupilles de la Répu-
blique la consécration officielle.
Quand ce refus se produisit, les quatre compagnies qui composaient le corps des Pupilles
étaient déjà organisées et complètement équipées; le bataillon accomplissait régulièrement à la
Mairie du IIIe arrondissement et aux ambulances un service d'ordre public ; de toutes parts les
encouragements, les témoignages de gratitude et les acclamations lui arrivaient; Paris tout entier
applaudissait à l'idée généreuse et patriotique qui avait présidé à sa création, et lui conférait mora-
lement le privilège d'une adoption populaire.
En de telles conditions, dissoudre ce corps, et par contre, rejeter aux hasards de la rue celle
multitude de jeunes gens déjà disciplinés, exercés en partie au maniement des armes et prêts à
concourir efficacement à la défense, eût été un crime de lèse-humanité et une honteuse désertion
de la cause nationale.
Son commandant l'a jugé ainsi, et fort de l'appui moral de tous les honnêtes gens et de tous
les vrais patriotes, il le maintint en activité.
Mais une dernière épreuve lui était réservée, qui devait porter le coup mortel à cette oeuvre
patriotique. La Mairie du IIIe arrondissement, qui avait jusqu'alors fourni quotidiennement au
bataillon des Pupilles un certain nombre de rations, se déclara dans l'impossibilité de les continuer.
Ce fut l'arrêt de mort du corps des Volontaires bleus. Le courageux citoyen qui l'avait organisé,
habillé et en partie équipé à ses frais ne put, à sa grande douleur, accepter cette nouvelle charge.
Sa fortune personnelle, rudement éprouvée déjà parles sacrifices qu'il s'était imposés, ne suffisait
plus aux exigences de la situation, et il dut, le coeur brisé, prononcer le licenciement de ses chers
Pupilles.
Toutefois, ce ne fut pas sans profit pour la défense ni sans avantages pour la Ville de Paris,
que s'opéra cette mesure douloureuse. Un grand nombre de Pupilles déjà exercés furent réclamés
par différents chefs de corps et incorporés dans lés bataillons de marche, ou dans la garde
mobile; d'autres continuèrent leur service d'ordre à la Mairie et aux ambulances; enfin, plusieurs
escouades furent détachées à l'Administration des ponts et chaussées, et contribuèrent puissamment
à préserver le bois de Vincennes d'une complète dévastation. Au témoignage du garde principal
qui les utilisa, la valeur du bois ainsi préservé par leurs soins ne peut être estimée à moins de
cent mille francs.
Aujourd'hui que le licenciement des Pupilles est un fait accompli, il ne resté plus de ce
corps d'élite que le souvenir des services qu'il a rendus à la Ville de Paris, et le douloureux spec-
tacle d'une grande infortune. Le courageux citoyen qui voulut s'imposer la lâche difficile de
l'organiser, de l'équiper et de le nourrir en partie de ses deniers, se trouve actuellement dans
l'impossibilité absolue de faire face aux nombreuses obligations qu'il a contractées pour mener
à bien son oeuvre patriotique. ■
Ainsi menacé non-seulement dans ses dernières ressources, mais encore dans son honneur
commercial, il se voit aujourd'hui dans la cruelle nécessité de réclamer de votre justice, plus
encore que de votre patriotisme, une indemnité qui le préserve d'une ruine complète.
Cette indemnité, il ne lui appartient pas d'en fixer le chiffre : c'est à votre esprit d'équité»
à votre sagesse, qu'il en confie le soin. La simple lecture de l'exposé suivant, qui forme la
deuxième partie de ce Mémoire, édifiera complètement votre religion sur ce point délicat.
Cette deuxième partie comporte elle-même deux subdivisions :
La première a pour objet d'établir, par l'examen des quinze pièces y annexées, que le batail-
lon des Pupilles fut toujours considéré et traité par la Ville et plus spécialement par la Mairie
du IIIe arrondissement comme corps légalement constitué, et qu'il accomplit constamment son
service d'ordre sur réquisition des autorités.
La deuxième partie résume en un seul tableau les factures des fournisseurs relatives à l'ha-
billement et à l'équipement des Pupilles, ainsi que la note des frais et dépenses personnelles faites
par le commandant desdits Pupilles pour leur alimentation.
Cette noie a été établie par le commandant Glatz avec un scrupuleux esprit de modération,
et le chiffre qui la solde est de beaucoup inférieur au chiffre des dépenses réellement effectuées.
Le commandant des Pupilles a pensé que, dans la situation difficile que les événements ont
faite à la Ville de Paris, il est du devoir de chaque citoyen d'alléger les charges qui pèsent sur
elle et de contribuer, dans la limite de ses moyens, à l'oeuvre patriotique de sa libération.

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