Mémoire au roi et aux états généraux, pour la communauté des maîtres fruitiers-orangers-graniers des ville [sic], fauxbourgs [sic] & banlieue [sic] de Paris ([Reprod.])

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[de l'Impr. de L. Jorry, Libraire-Impr.] (Paris). 1789. 1 microfiche ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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THE FRÈNCH REVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
A
M I R E
U R 0 I
ET
Communauté des Maîtres
? fauxbpurgs banlieue de.,Paris.
ï "̃̃̃̃̃̃̃ ï:
Orangers Grafeiers vait avec une refpeo'
titeufe'recônnoiflànce lés' foins pris par le
or pour réunir la Nation autour du Trône
« connbître par le concours des Jutniçres
mofens de faire lé bien.
-Ceft par un ect -de ces vues paternelles
(*̃).
qu'il a été permis à tout Corps, même à tout
Citoyenne préfentér (çs idées & fes réflexions
au] Souverain & la Nation affemblée &
qu'elles font favorablement reçues, lorfqu'eUes
font di&ées par l'équité & la modération.
]La Communauté des Maîtres Fruitiers-
Grainiers profite de cette liberté pbur pro-
pofer au Roi & à la Nation, des objets qu'elle
croit mériter, par leur importance, la peinè
d'un examen & d'une difculïion.
Au moment de l'ouverture des Etats-Gé-
néraux lè nom de libirU femble être le cri'
̃de bien des gens qui ne veulent plu* d'entra-
ves, & .fuppofent qu'une fociété peut être
bien organifée fans' Règlements.
Il ne faut cependant pas attribuer à cette
-effervefeence l'opinion que les Corporations
jd'Arts & Métiers font un mal politique, &
qu'il eil plus utile exercer librement
k chacun les talents qu'il que de
Cette opinion déjà ancienne elle s'eft
accréditée parle fui^rage d'hommes d'ailleurs
m& qui n'eu avoient pas
A%
afkz approfondi les conféquences & plus
encore par les loix que cctce opinion a fait
rendre.
Le nombre des Ouvriers efl plus grand que
celui des Maîtres. Lorfqu'en 1776 on a fup-
primé toutesr4es Communautés, il s'eft ren-
contré une foule de gens qui ont trouve fore
commode de s'établir, de travailler pour leur
compte d'enlever même les pratiques p!es
Maîtres chez lefquels ils avoient tr a v aillé &
c'eft ce qui a contribué encore à faire préco-
nifer la nouvelle opération.
Soit qu'on n'ait pas tardé à reconnaître
l'inconvénient de cettg ncuveauté fait par ci
tout autre motif*, cet état des chofes n'a pas
fubh'fté long-tempij une autre loi a paru j
mais quoique les Maîtrifes aient e'é rétablies
le choc qu'elles.avoient éprouvé étoit fi grand,
qu'il en fubfifte encore des traces. Les llatut*
des Communautés, qui -avoitîic cré fupprimés
avec elles, ne font pas encore enciçrcmenç
jemWacés.
O a cru pouvoir y Suppléer, en mutant
les rétablies fous la dirc&ioijN
d'un feul Magistrat, qui, étant d'ailleurs fur-
chargé d'occupations eft obligé lie fe repofet
fur quelques fubalternes, de radminiftration
de ces Communautés, enforte ,qu'un Corps
compofé de huit cents membres, fe trouve
quelquefois fous la dire&ion d'un feul homme,
ou de deux tout au plus. t
La 'Communauté des Maîtres Fruitiers-
Orangers-Grainiers des 5 Ville, fauxbourgs &
banlieue de Paris ie propofe de remontrer
au Roi & à la Nation âflemblée f°. que les
Corporations font nëceffaires dans l'Etat
2.0. que chacune d'elles doit avoir fes droit)
&̃ (es règlements particuliers enfin
qu'il eft irnpofTible dè laiffer leur aidminifira-
tion dans -l'état, où elle eft..
Elle propofera erifuite les règlements prin-
cipaux qu'elle croit -utiles pour le Public &
pour ejle. v
Une grande vérité qu'on femble mécon-
ndffire aujourd'hùi mais qu'il eft impoflîble
de révoquer e.n doute, c'eft qu'il n'eft pas
aux hommes de faire une loi fi fage,
-qu'elle nVntràîne ^ucun inconvénient. Ux loi
A3
fût-elte fagc en foi ce ferbicnt toujours des
hommes qui la feroient exécuter ce par-tout
où il y. a des hommes il fe gliffc des, abus.
Cette vérité ne doit pas jeter dans le dé-
couragement, il faut toujours tendre au bien
elle doit feulement apprendre qu'il eft auffi
peu pofïible d'atteindre' 3 la perfection que
de contenter tout le monde.
C'efi donc à .balancer les inconvénients
& à éviter les pius confidérables que les
'hommes doivent s'attacher & c'eft d'après
ces réflexions confirmées par l'expérience de
tous les temps, que la Communauté des
Maîtres Fruitiers Orangers Grainicrs va
difcuter un objet qui eft de nature à.iritéreffer
In Nation.
On convient que les Corporations, peuvent
mettre des obftaclcs à l'induftne de quelques
Particuliers, à qui leur fortune ne permet pas
de fe faire recevoir Maîtres mais il faut
obferver que le nombre. n'en eft pas grande
Car fi un homme a du talent il gagne à
proportion, & s'il eft- économe & rangé il
peut amaîTer la fomme qui lui eft nécenaire y
maïs enfin il s'ery trouve qui malgré fcuf.
talent & leur économie ne peuvent parvenir
à la Maitrife foit parce qu'elle eft trop chère
foit parce que des maladies ou quelqu'autre
accident dérangent leurs affaires & c'eft
pour cela que les anciens réglements des
Corporations permettoient d'obtenir la Maî-
trife gratis en faifant un chef-d'œuvre.
Mais fuppofons que c'eft là un inconvénient
des Corporations, ajoutons encore tout ce
qu'oh a écrit contre les privileges excltififs,
enfin tous les raifonnements.q\ii ont entraîné
l'opinion pulliqie contre les Communautés
d'Arts & Métiers.
^i ceux qui ont raifonné contre ces éta-
blifl^ments euffent conçu & cxpofé les in-
convénients, le mal qui fuivent néceffaire-
ment leur deftrucTrion & même leur affoiblif-
fement l'opinion eût fans doute été différente.
On ne fçauroit nier que la confiance ne
foic l'àme du commerce. Ceft elle qui l'étend,
qui 1'grandit la quantité de numéraire qu'elle
Supplée eft immenfe & pour s'en convaincre,
il fuffit de faire attention aux effets d'une
(7)
A*
lettre-de-change qui a fouvent repréfenté dix
fois fa valeur numéraire dans les opérations
de commerce.
On peut donc être certain que tout ce qui
tend à apurer à augmenter la confiance dans
le commerce, eft un bien politique, &
que tout ce qui cend à la diminuer eft un
mal.
Ajoutonsque des avantages particuliers ne
peuvent jamais compenfer l'altération de la
confiance dans le commerce comme fon
accroiffement eft infiniment plus utile à un
Etat en général, que quelques inconvénients
particuliers ne lui font contraires.
S'il eft démontré que les Corporations font
feules capables d'établir & cimenter la'con-
fiance, & que leur defiruétion ou leur afFoi-
bliflement la détruit, il eft conilant qu'elles
font utiles qu'clles doivent non feulement
ctre confervées mais même confolidées
qu'on doit s'appliquer à leur donner copte la
çonfiftance dont elles font fufceptibles.
Pour fe décider à ce fujet il n'eft pas
^éceffaire d'entrer dans une longue difcuffion;
̃{»}
il fàifit de faire attention aux faits & aux
confëquenccs qui en résultent.
Un Particulier veut s'établir n'importe
daïis qud commerce oa dans quelle profef-
fion. Il ne poffede que ce qu'il lui faut pouf
fe faire recevoir Maître; il fe fait recevoir,
Se ïi a un état.
Parce qu'il a un état il trouve des per-
sonnes qui lui confient des marchandifes a
crédit il les vend on les met en oeuvre il,
gagne, 6c il étend fes affaires.
La fource de la fortnne vient de la confiance
qu'on a eue en lui; & cette confiance eft
fondée fur ce qu'on ne préfume pas qu'un
homme abandonne fon état & s'enfuie, pour
aller ailleurs mener une vie errante.
Suppofons qu'au contraire les Corporations
n'exigent pas & qu'un homme puifle s'établir
dans telle Ville du Royaume qu'il voudra,
fans éprouver de difficulté il eft impoflîble
que la confiance foit la même*, parce que l'on
confidere qu'un homme qui n'a pas plus d'état
à Paris, qu'il n'en auroit à Grenoble, qui en
peut avoir un à Grenoble comme à
X 9 )̃"
peut, d'un moment a l'autre, vendre les ma r-
chandifes qu'on lui auroit confiées, difparokre,"
daller s'établir dans une Ville éloignée; qu'in-
dépendamment du danger où l'on eft de ne
jamais, découvrir fa retraite il peut aller dans
un endroit où il fera difficile de fe procurer
une correfpondance sûre & active.
Il réfultera de ce défaut de confiance que
beaucoup de gens ne pourront s'établir, faute
de fonds ou qu'au moyen d'emprunts qui
leur feront onéceux ce qui forcera le commerce
au comptant, & ce genre de négoce n'eft
propre qu'à appauvrir l'Etat pour enrichir les
Capitalises, qui n'ont déjà que trop d'avan-
tages fur les autres Citoyens.
La conféquence qu'il faut tirer de ces ré-
flexions, c'eff que l'impoffibilité où peinent
k trouver quelques Particuliers de parvenir
aux Maîtrifes & de s'établir, ne peut opérer
un mal qui foit à mettre en parallele avec
l'affoibliffement de la confiance, en général,
dans le commerce dont rétablissement des
Corporations qui donne un état aux Citoyens
& les fixe, eft la feule bafe folide.

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