Mémoire sur l'agriculture ([Reprod.]) / [M. de Lormoy]

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[s.n.]. 1789. Agriculture -- France -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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20
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THE FRENCH RÉVOLUTION
RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRAISE
hIAXW'EI,L
Headington Hill Hall, Oxford OX3 OBVV, UK
Ai
donner aujourd'hui mon Mémoire, fur
l'Agriculture, que j'avois fait imprimer il
Y: a quinzc arw.
J'y joins ma Lettre fur les bêtes à laine,
avec la rêponfe de MM. les Phyficiens
auxquels je l'avois foumife j'y joins,
également les conteflations qu'elle effuya
delà part de MM. d'.Aubenton d'Yfon-
vul & le jugement de- MM. les Entre-
(4)
preneurs des manufactures des principal*
villes du royaume. On y verra que je n'ai
pas voulu ê(re juge dans ma propre caufe,
& que je n'ai ceflu d'être occupé de
TaméJiorjcion des troupeaux & de tout
ce qui pouvoit contribuer à l'avantage de
l'eut. Je viens de mettre à même la na.
lion d'être convaincue que l'on peut faire
en France ce que l'on (dit .avec fucces
dans le pays étranger. J'ai diflribué, le
le plus qu'il m'a été pofïible des béliers Se
des brebis de race étrangcre, & je conti.
nuerai toujours autant qu'il fera en mon
pouvoir. J'ai cru que c'étoit le feul moyen
d'eng,ager & d'encourager mes concitoyens
à n'élever que de belles cfpeces, à pouvoir
fe palier bientôt des laines étrangères
& conféquemment à rétablir le corn*
Je crois qu'il n'en pas inutile de joindre
ici l'extrait des regiftres de la Société d'A-
griculture avec la letcre de M. le Secré-
raire de la même Société, & celle de'la
ccMiimiUion intenfiitliaire de Rouen.
(O
A3
On a beaucoup écrit depuis quelques
années fur les haras lès personnes qui
en fopt chargées y ont fûrement donné
tous leurs foins cependant depuis dix
douze ans, le Irix des chevaux a aug-
menté d'un tiers. Tout le monde fait
qu'une denrée quelconque diminue tou-
jours à raifon de fon abondance il en Ce.
roit de même des chevaux s'ils «oient
plus communs ils feroient moins chers.
J'ai rendu compte de mes obfervations
& des expériences que j'ai faites chez moi
avec fuccès. J'ai tâché de démontrer, le
plus clairement qu'il m'a été p offible la
caufe de l'état de médiocrité dans lequel
fe trouvent les haras, & les moyens de
les porter a leur perfe&ion.
Si Ion a beaucoup écrit fur les haras,
on a fait des volumes entiers fur l'agri-
euhure niais la plupart des auteurs éco-
nomiques n'avoient aucune expérience
auflî ont-ils beaucoup induit en .erreur
ceux qui les ont fuivis, & dégoûté bien
des gens qui auroient travaillé utilement.
i*y
Je dirai plus plufieurs ont, o(é avancer
que les fumiers ëtoient abfolument inu-
tiles & que'c'étoit à la manière de la-
bourer que l'on étoit redevable des moif-
',ions abondantes. Ces mêmes écrivains
ofenr encore apurer qu'avec leurs char-
rues pour tcutes les espèces de (erres
il n'vll tu'cftion que d'y atteler deux va»
ches, pour ne pas dire deux boeufs de
Médiocre force.
Les autres aiTurent qu'il faut bien
donner de garde de détruite les taupes,
parce qu'elles (ertilifent les terres, &
,qu'en çreufant elles rapportent la bonne
terre fur la furface. Mon intention n'eft
,pas de combattre une pareille extrava-
gance: il fuflit de confultcr à ce fujet
les jardiniers & les cultivateurs mais,
comme je me fuis férieufement occupé
dc tout ce. qui pou volt avoir rapport ù
l'agriculture, je vais exposer mes idésS
fur un Qbjct auffi iotéreffant.
Lç$ taupes ne çreufent guère qu'ho-
ri?,ontalcmeat, i moins que cv ne fojt
<7)
A 4
pour faire leurs nids & leurs petits^ mais
c'eft ordinairement dans un talus de haye,
ou dans un endrait élwé.
On voit facilement leurs traces, qui
font un pouce, un pouce & demi, deux
pouces (bus terre. Encroûtant de cette'
manière fans même vouloir manger les
elles les coupent en dérangent le,
tuyau, & ramènent la mauvais terre
comme la bonne fur la furface i par-là
elles constituent les cultivateurs en dé.
pente; car, s'il. y en a beaucoup, elles
forment une grande quantité de mont!*
cules, que l'on nomme vulgairement tat^»
pin'urtiy & que. l'on ed oblige de détruira
pour pouvoir faucher..
Lortque les prairies font couvertes
d'eau ou fimpleraent humides, les taupe*-
!ci retirent dans les terres labourables},
quels dégâts ne font-elles point dans un,
champ nouvellement enfemencé? EU«s-
retournent la terre par -où- elles paffent y
& les grains » ou leurs racines qu'elle*
dont pas mangés,, relient à découvert >
(8)
& font perdus, s'il vient des gelées. Ceux;
qui échappent n'ont pas aflfez de force pour
s'empâter, ta terre d'ailleurs ne végétant
plus..Ceux qui ont ré Ci (kè à la premiere
ïechereflle font éteints & brûlés par les
grandes chaleurs. Tels font les faits que
tous tes cultivateurs particuliers' atteftç*
-IL c(ï encore d'autres agriculteurs
moderaes qui prétendent qu'il faut femer-
le feigle l'orge, l'avoine, &*
toutes -les efpeces de: graine, i commo. lu-
fernçs fatnfoin ,,&€•̃ par intervalles»
afio que les racines prennent plus de forte;
& donnent pji tuyau iplu's gros & plus
long. Il n'dl pas dv 'principes plus faux i
Lorfquc le bled
terne épais fans étfcto &: <Jiie tout a bietV
fcvi,il .-fç (butient bien mieux,
à tout > même à la cbâl&ur j la (iufàc^ étant
hka couverte, il confer toujours un peu
oirpi^d,:
(9)
en cft de même du fainfoin à^de là
Interne, & en général de toutes les plan*
les j'en excepte les légumes, & tout ce
qui eft jardinage. Je dirai plus c'eft un
vice dans le fainfoin la lufe/ne d'avoir
le brin trop gros, en ce que les animaux
ont'.1de la peine à le broyer, fur»tout dans
l'arriére faifon.
La luferne & le fainfoin, étant femés
fuivant ce faux principe, efluient les mêmes
inconvéniens que le bled, par rapport à
la chaleur, & ont le même avantage dèi
qu'ils font femés épais. Examinez les
prairies naturellcs lorfque -{'herbe cft
clair, femée elté eft brûlée -par le folcil
avant d'arriver à la maturité: fi au con.
traire .l'herbe bien -pouffé dans le com*
menc-ernent du printemps quelle ait ac*
quis affez de force pour bien couvrir ld
fur face de la terre, malgré la chaleur, elle
viendra en maturité & d'une excellente
qualité: s'il vient de l'eau de temps eri
la récolte eft complette.
>\van«r qu'un teneiiv découvert
( io )
n'cft pays, plutôt briulé qu'un qui rie lVft
pas, c'eft aller contre toute raifon & toute
expérience.
En Afrique, ou il ne pleut. prefque
jamais pendant l'été, les récoltes (ont
abondantes comme par-tout ailleurs, lorf-
qu'il ne furvient point d'accidense Les
cultivateurs ont grand foin d'enfemencer
leur terre, & de la bien couvrir le plus
qu'ils peuvent par les raifons que j'ai
dites ci deflus. J'ai fait quelque féjour dans
cette partie du monde, je peux donc en
parler avec connoiflance de caufe.
Simplifions tout point de fyftéme.
Offrons au cultivateur des exemples frap-
pans, qu'il puiffe. voir concevoir, & exé»
cuter. N'embarraflbnï point fa tête d'écrits
qui ne font que induire en erreur & lui
faire perdre du temps en lifint ce qu'il
n'entend pas; des exemples valent bien
mieux pour le peuple en général & il c(ï
un peuple dans tous les étais.
Etudions la nature; écoutons.la, elle
nous donnera plus que nous lui deman*
( Il )
dons; mais croire qu'elle nous donnera
toujours, fans rien lui r«:ndre,c'eft s'abufer;
& le vouloir perfuader aux, autres c'eft
les tromper.
J'attefte donc encore que, fans fumier
Ou engrais, aucunes terres ne peuvent
produire il y a, à la vérité, dans le
royaume des terres fi admirables qu'il
nfeft befoin que d'y faire palfer quelques
heures les troupeaux de moutons pour les
préparer a recevoir la femence; mais je ne
parle ici que pour le général & j'a-
vançe que, fans engrais, il n'y a point
Si l'agriculcure en, l'amé d'un état
comnje on n'en doit pas douter, les cile.
vaux & les beftiaux font la bafe de l'agru
culture: fans eux, elle ne fait que languir;
fans eux, on ne peut rien faire de bien:
il faut donc s'attacher à les multiplier mais
d'une manière utile à tous égards; je
vais en donner les moyens, & la manière
d«s les nourrir abondamment & avec
( '1 )
Vu laboureur ou fermier qui tient
à bail une cenfe de quatre cents livres de
rente annuelle ( je commence par un pe-
tit objet, il fera aité dc jugera de feré-
gleren cohféqueiîce pour de plus gra'nds),
a ordinairement fbixahte arpens de terrer
labourables, .cinq à fix arpens de près
touchables & une petite pâture à bœutè.
Voila à-peu-près le terrein dont eft com-
pofé cette cenfe.
Pour 'l'exploiter, ce fermier a deux
jumens ou deux chevaux quatre boeufs
trois ou quatre vaches,une ou deux ge-
nifles, im ou deux cochons, & trente
bêtes, à laines. laboure & enfemence
vingt arpens en bled feigle & méteil
Suivant que la terre le permet vingt
pens. en orge, avoine, pois, &c. Les
autres vingt arpens fe repofent pendant
une année. Comment ce fermier avec
aufli peu de chevaux & de befliaux, peut*
it fumer vingt arpens, & comment peut-
;'il'nourrir (es chevaux & fei beftiaux avec
autu peu de fourrages? Il en refaite qu'il
ne recueille qu'une médiocre récotte;
& que fes chevaux & fes beftiaux qui ne
mangent prefque que de la paille font
maigres dans l'hiver n'ont pas la force
de fe porter, & presque toujours reftent
petits. Si au lieu de labourer vingt arpens
par faifonj il n'en labouroit que douze;
.qu'il prît hpit arpens fur chaque faifori
,ce qui fait vingt-quatre; qu'il enfemençâc
ces vingt- quatre arpens en prairie natu-
» relie, en fainfoin lufernev, rayrgraff, na-
vets pommas de terre treflle &c. en.
fin ce que la terre pourroit produire, il
recueilleroit une grande quantité de four-
rage & de nourriture pour l'hiver, jointe
à celle qu'il recueille déjà & par-là il
feroit en état 4'avoir quatre jumens ou
chevaux fix ou huit bœufs, autant de va.
ches geniffes, le double de co-
chons & de bêtes à iaine. Ses chevaux &
tous fes befliaux ne mangeroient de paille
que ce qui leur eft néceffaire pour leur don-
ner de l'appétit. La paille en France n'ayant
pas même qualité qu'en Afrique & en
( M)
Efpagne, la plusgrande partie feroît delà
litière, & retourneroit en engrais. Tous
fes chevaux & tous Ces befliaux fcroient
en bon état l'hiver comme l'été, coufé-
quemment cravailleroient mieux leurs
fumiers croient bien meilleurs & tous
fes animaux fe conferveroient plus grands.
Il auroit d'ailleurs beaucoup de regain$_
dans l'automne pour les faire manger à fes
vaches, & fe procurer des proviftons pour
ion hiver.
En ne labourant que doute arpens', il
feroit à même de leur donner un labeur
de plus, ce dui rend la terre plus
& plus fulcepiibie de produire; ayant le
double de beftiaux & de chevaux, il fii-
meroit autant que la terre l'exigeroir. Par
5» cette manutention, j'anure que les douze
arpens rapporteroieiu plus que trente mal
cultivés. Je l'attefte, parce que j'en ai
l'expérience de!i beaucoup plus do
bled & de grains en tout genre; beaucoup
plus de beftiaux & de chevaux, & moins
de labours. Par ce moyen, enfin, les
( il )
fermiets & les cultivateurs fe trouverofent
bientôt en état d'avoir au moins une an-
née devant eux.
ta plupart des écrivains économises
ont imaginé d'ailleurs, qu'en augmentant
Je prix du bled on alloit encourager les
fermiers à défricher, & qu'il en réfulte-
roit un grand avantage je ne diflimulerai
pas qu'ils fe font trompés, & qu'ils ont
caufé bien des maux. Sans défricher un
pouce de terre, en cultivant celle qui eft
en valeur on fera des merveilles mais
en défrichant & en ne s'attachant point
à multiplier les chevaux & les beftiaux
comme je viens de le dire, c'eft bâtir fur
le fable car ces terres, nouvellement
défrichées, ne peuvent qu'être à charge
avec le temps fi on n'a pas de quoi les
fumer & les labourer. Un cultivateur fage
cV habile ne défriche qu'à mefure qu'il
peut avoir des beftiaux & du fourrage
pour les bien nourrir. Ceft donc à la ma-
niere de cultiver que l'on eft redevable des
récoltes abondances, & non à la grand©
.( 16)
«quantité Il ne faut d ailleurs Ja-
mais compter fur les fermiers pour le
défriche mène & pour l'augmentation de!
befliaux, à moins qu'ils n'y foient autori*
fés & aidés; la crainte que leurs voifins
ne les jaloufent, & ne leur, faffem aug«
.fnenter leurs cenfes fait qu'ils aiment
mieux amafler & cacher leur argent que
de rien entreprendre. Ce 'font des faits
avérés; & les fermiers qui ont le' plus
gagné par la cherté du bled l'ont prouvé.
Le vrai moyen d'amener les fermiers,
& même les propriétaires, au but que Tort
fepropofo eft qu'ils y trouvent un avan-
tage réel; & je vajs le démontrer. -Tous
les propriétaires exigeront par bail de,,
leurs fermiers, de cuivre cette méthode;
quand, d'un autre coté, les fermiers fe*
ront aflurés de trouver a leur proximité
des chevaux & des beftiaux bas prix
& c'eft ce qui fera très-aiféà faire, comme
je le dirai ci-après; tous concourront au
bien général par cette méthode de cul-
tiver j le bled augmentera en quantité
B
cV non de prix. Comme les moiffons fe.
font prefque toujours abondances, à moins
qu'il ne furvienne des temps absolument
contraires, il fera facile de permettre ou
de défendre l'exportation & çonféquem-
ment, de maintenir le prix du bled au
même taux par-là les propriétaires Ce.
ront toujours fûrs d'être bien payés, leurs
fermiers ayant d'ailleurs un gros mobi-
lier i & ces mêmes fermiers Ce trouveront
eux-mêmes dans l'aifance, payeront &
nourriront bien leurs domeftiques; ils
élèveront beaucoup de volailles, ce qui
marque toujours l'abondance, & eft d'un
grand fecours pour la douceur de,la vie,
ce qu'ils ne peuvent faire lorfque le bled
eft hors de prix, comme on Ta vu ces
dernières années. L'ouvrier, comme le
manœuvre, mangera le pain un prix
égal. Tout le monde fera travailler. Le
commerce fleurira, car il tombe toujours
dans les temps de calamités ;& les malheu-
reux ne trouvent prefqué nulle part d'ou-
vragesdans ce temps fàçneux.
( i8)
C'cil donc la grande quantité de toutes
efpeces de bled qui apporte l'abondance
en tout genre & non faugmentation du
prix.
Quant aux prairies naturelles (les arti-
ficielles exigent les mêmes opérations que
lorfqv'on feme de l'orge & du tréfile; au
Heu du tréfile c'eft dû fainfoin oti de la
luferne), je vais indiquer la manière de
les former & de les conduire. Voici ce
qui m'a le mieux réulli: j'ai donné à ma
terre plusieurs labours en tous fens, je l'ai
fumée & herfée, & j'ai uni le terrein le
plus qu'il a été poflible lori'que j'ai eu dé
1a graine de foin, je l'ai femée par un temps
humide; tous les mois de l'année font bons
lorfqu'il pleut horsnovembre, décembre,
janvier & fevrier. Dès la premiere an-
née j'ai joui, c'eft-à-dire que j'ai pu
faire faucher ou faire manger mais il
vaut mieux faucher la première année, &
bien laiffer mûrir l'herbe, afin que la
prairie fe refeme d'elle-même Ci elle en
a befoin: alors vous avez encore des re-
(
Bi
gains que vous faites manger fi'l'aDtomnô
n'eft pas trop humide, parce qu'err payant,
les animaux que vous y auriez mis pour-
roient arracher l'herbe, les racines rt'éta'rft
pas encore bien fortes; Lorfqua je n'ai pas
eu de graine de foin, j'ai toujours préparé
ïiia terre comme ie;viens.de le dire & j'ai
Cerné de forge ou de l'avoine & du tréfila.
La récolte d'orge ou d'avoine m'a rem-
bourfô de mes frai«. La récolte faite, j'ai
fait manger le tréfile;
des beft-aux dgalementi
maisj'ai obfcrvéqtnl ne fut pas bien grand,
patçeq'.rordinairemtnt lorfqu'il tft gi'diïd
les animaux qui le mangent avec voracité
fe glonflcnc enflem & meurent; fa
rite, dès qu'on s'en apperçoit, le rtfmede
eft prompt: des feuilles de choux que
yousfaitcs mangera l'animal, ledévoyenf
& le gaériffent fur le champ. J'ai
couper des tréfiles mais je ne' fais j>35
grand-cas de ce fourrage, furtout cri'
f«c, en ce que,. non- feulement il frfl
à cecu'eillir dans Ira apnées pîu
(
vreufes, mais encore parce qu'il échauffe
les beRiaux au point de leur faire piffer le
fang. Comme il ne dure que deux ans en
mettant des befliaux pour le manger,
l'herbe prend le deffus & la prairie fe
trouve formée.
Je dois ce fujet faire connoîtfe le.
danger de s'en rapporter à des cultivateurs
fans expérience. Un gentilhomme de
Normandie m'aflura il y a quelques an·
nées, que la vraie manière de faire des pâ-
tures, étoit de préparer la terre à-peu-prè»
comme je viens de l'indiquer mais de n'y
rien femer que cette terre s'herboit d'elle-*
même & qu'alors il n'y croiflbit que
de rherhe excellente. J'eus la (implicite
de.Je croire, cV fur fa parole, de l'indiquer
aux autres mais, dès que j'eus opéré je
vis clairement que j'étois trompé ma pâ«
ture fut au moins deux ans à s'herber, en-
core me fallut-il femer beaucoup de graine
de foin dans des temps de pluies; mais,
comme la terre n'étôit plus nouvellement
labourée la graine eut bien dé la peine
(Il )
B3
prendre & 1 s'empâter on ne fait donc
homme fenfé fera de mon avis.
Je reviens à la manière de conduire les
prairies & pâtures il faut fumer les pre-
mières tous les cinq ans, parc\*que tous
les ans on les fauche; on en tire la fubf.
tance; les pâtures étant mangées par les
befliaux n'ont pas befoin d'être fi fou vent
fumées, parce que les animaux rengrament
la terre par leur fiente cependant, s'il
y a des cadrons qui pouffent moins it
faut y parquer des bêtes laine, & l'année
d'après les recouvrir de terreau alors en
voilà pour long-temps. Ce terreau fe forme
de la manière fuivante vous tranfportez
vos fumiers le plus à portée de vos prairies
Se de vos pâjufes, même dans vos pâtures f
& dans l'enàroit le plus élevé, afin d'avoir
enfuite moms de peine à les couvrir. D'à*
bord vous étendez votre fumier de l*épaif-
feurde fix pouces, & de douze pieds de
large; vous recouvrez ces fix pouces de
fumier de fix pouces de terre une féconde
( r« )•
(Puche de
une fccoi^lç couche de terre pareille à
la première; quant à la longueur, c'eft.la
quantité de fumier & de, terre que vpus'
avez qui vous rcglç. Vous
berge, ou amas de fumier & de terre un an
Ans y toucher il feroit mieux de le re-
muer quoique tetnps avant de le répande
fur vos prairies & pâtures mais, (ouvent
on n'en a pas le temps & alors comme,
alors.
Si vous n'avez point de terre 3 mê|er.
avec votre fumier lâi%-le bien confu-
mer avant d'en couvrir vos pâtures Si
prairies. Le fumier qui ne l'eft pas, s ny fait
pas grand bien; & celui qui eft abîment
nouveau, ç'eft-àdire, quand la paille n'eft
parce qu'il ne pénètre point dans la. tçrre
qu'il donne mauvais goût à l'herbe &
au foin 6i dégoûte tes an maux. Il faut
avoir bien attention de détruire les tau->
pinieres dçs pmirio comme des
parce que elles e.mpc>
( lî )
B 4
cneroient de .faucher, comme je lai dit
plus haut, mais encore parce que lés four-
mis qu'elles renferment infefteroient
t'herbe. On fait à ces monticules l'opéra-
tion cruciale avec une pelle; vous levez
chaque lèvre de gazon fans le détacher
tput-àofait; alors vous ôtezles fourmis, &
la terre dans laquelle elles font, puis vous
de gazon, voùivmar-
chez deflus & il neparoît pas qu'il y ait
eu la plus petite élévation; cela fe fait à
la fin de mars ou dans les premiers jours
d'avril, par un temps humide alors on a
plus de facilité.
Je pourrois faire un autre détail fur la
manière de herfer les prairies, avec des
herfes d'épines lorfque dans le printemps
les vers commencent à fouir de terre cela
fait, on y paiera le cylindre mais il
n'y a que les cultivateurs riches & qui
cf\ ont le loifu qui peuvent le pratiquer
Le plus grand avantage eu: ce que je viens
de dire, & d'unir le terrein le plus qu'il
,.afin que l'eau ne Ruine point
(M)
ajourner plus dans un endroit que dan*
l'autre; ce qui feroit très-JTÛïfiWe, eh ce
que la grande humidité fait croître de mau-
vaifes herbes très -préjudiciables, fur-tout
aux bêtes à laine. Il n'eft queftion que de
tirer des nieaux & faire dès foffés, s'il y
a moyen & fi vous en avez les facilités,
vous rerripliflez ces petits fotfis de une
loutages, ou de trois morceaux de boi$
d'aune, que vous liez enremble dans trois
endroits, & vous y en ajoutez d'autres, c*eft-
â-dire; dans toute la longueur ;des fofîés;
alors vous les recouvrez de terre, vous
femez également deilus, ce qui fait quô
vous ne perdez point de fuperficie; on fait
aboutir ccs tolTés h un plus grand dans les
fonds, qui vous fait fouvent un foflfé dô
clôture rien n'eft ptus aifé à exécuter.
Je viens à la manière de procurer de$
chevaux & des beftiaux à bas prix c'eft
de former des. établiffemens dans les pro-
vinces où il y a des domaines du roi; de
les donner, comme je l'ai annoncé dans
mes observations fur les haras de pro-
( il.)
vînce en province par-U le royaume
feroit bientôt peuplé & bien cultivé. Je
me fuis fait fort d'en donner un exemple
frappant Ci le gouvernement veut mes
conter un de ces domaines, & s'il veut
m'aider d'ailleurs je lui donnerai les
moyens de le faire, fans qu'il (bit à charge
ni au roi ni à l'état; ils lui feront, au
contraire, très-avantageux. J'ofe répondre
du fuccès.
Je n'entreprendrai point de définir les
différentes maladies auxquels les che-
vaux & les befliaux font fuiets, & encore
moins d'indiquer des remèdes. L'Ecole
Vétérinaire, qui travaille cet objet Ci
important, avec le plus grand foin •& le
plus grand zèle* en rendra. compte, &
indiquera les remedes jn^éceffaires. C'eft à
élle qui l'on doit s'adreffer s'en rap-
porter ou à ceux qui en ont fait une
étude particuliere, & non à dcs écrivains
fans expérience, qui ramaffent des remedes
de bonnes femmes ou de bergers igno-
X )
fans, dépourvus de tout feris
Je repréfenterai feulement au ministre
que la plupart des maladies de ces animaux,
même epidcmiques, viennent de mau-
vaifes nourritures qui, jointes à la mal-
propre ivëc laquelle ils font tenus les
infèrent, les confument, &finiffent par
les faire périr par ma méthode dp cultiver
& de les gouverner, ils ne tombent point
dans ce», inconvéniens. 'Je ne veux pas
n'effuiera jamais de
pertes iK-eft de* cas où toute h prudence,
rous lès foios, & toute la Science poflibî©
ne peuvent apporter aucunes remèdes;
mais il eft> des précautions prendre
contre les maladies coniagiéufes; en parfum
mant lts écuries, les étables & les berge-
ries avec <îes. herbes aromatiques en):
joignant du.vinaigre, s'il ca
en ne faifant' point com^muntquer ces ani-
maux avec ceux qui en font attaqués on
oft prcfque fûrde «en point perdre: j'af-
(;*7h
qu'il y en ait
les jour?, le*,
ne craignent point les loqps.;
çherdejiors leurs troupeaux tome ,1'gryiée}
niais, comrne i]s en pe^dojent dans l'hiver
par.les, neiges;
pliuees .coiitimueJUs ils
ont fait courtruire des hatigards, où .ce»
vont @Ce mettre où
donne à ep fe»
feulement ils confervent fajijfr leuri tfoa-j
peaux» mais encore parce que là laine en
eft meilleure je
Toute b&e à laine qui. eft trwfpef-
la
qui n'a point d'abri ne peut
plus fe fécfier dès que les p^uïe* coniinuent j
?lors .elfe tombe en pourriture,; 6V qqelw
quç$ remèdes que l'on puiffe y appot-
(
ter, rien ne peut la feu ver clic meurt;
Au contrainre, dès que cet animal a !a
liberté de fe mettre à couvert, il n'efV
jamais tranfpercé; il fort & rentre quand
cela lui plaft, c'eft la nature même; par*
Jà il conferve fa chaleur naturelle qui
fait pouffer le (uint depuis fa naHTancc
jufqu'à l'extrémité, & qui empêche con"
féquerament que le bout de la laine ne
devienne dur comme du poil de chien,
qui ne prendroit alors que médiocrement
la teinture; ce font des faits inconfortables.
Comme il y a des loups en France, au lieu
d'y construire des hangards les bergeries
y conviendroient mieux parce qu'elles
cauferont moins de dépenfe au cultiva,
teur. qui fera difpenfé de faire coucha
dehors des bergers & d'avoir des chiens
aflei forts pour en éloigner les loups.
Je ne prefcrirai point la grandeur des
bergeries cela dépend des troupeaux plus
ou moins nombreux, mais autant que faire
fe pourra, il faut tâcher que le troupeau
y fbit a l'aife,& qu'il y ait le plus d'où-.
(̃̃)
vertures poflible, afin que l'air, y joue
continuellement, comme je l'ai dit plus
haut, & observer que ces ouvertures ou
fenêtres foient aflez hautes pour que les
loùps n'y puiflent pas faucer. Alors le cul-
tivateur fera tranquille dans tous les
points. •
LETTRE DE M. DE LORMOY.
Paris, ce 8 Juillet 178 j.
On ne peut donner trop déloge au zètc
patriotique de M. Quatremere d Isjonval
utiles qui ont guidé fes expé-
riences fur les bêtes à laine & fur l'amé-
lioration des prairies avec de tehfentU
mens Je me fitfuade qu'il verra fans peine
imprimées dans voire journal quelques ré*
flexions fur les deux mémoires qu'il y
La première qui fe préfente efl que
fisy txpérienrcs nom pas encore eu la
durée, néceffdire pour çonflaier les faites
i,*° )
qit.il mit en ayant & qu'il croit avoir
.établis,
Le but de
5 éclairer fes. concitoyens %il aurcit eu à de-
pre qu'il n'eût rien manqué à/es épreuves}
puis diffimuler qu'elles ne font pas
ajfîi comptent
résultats.
Les expériences exigent
d'autres précautions, & une fuite beaucoup-
plus longue, V
M. Quatremere d'Isjonval a fait venir,
:4o décembre 1781 des montons du Berry,
qui avoienteu une ma uvai/t nourriture
6 en petite 'quantité. Ce troupeau a été
établi ^darts un clos près faris où il a été
oûurri abondamment avec du-foin & de la
la paille» couché à toit,
mais renfermé dans un petit efpace le
long d'un mur, à l'abri des- vents du nord
& nord-oueft & entouré de palifladee. ̃
ck en 1784 M. d'Ivjonval a
la même l'expérience qui, à, la bien
apprécier ne cpnfifte qu'à açljo.ter des
c ̃>*>̃'
Moutons maigres pour .les èngraifler &
les vendre enfuite au marché de^Sceaux.
Ce procédé n'ejl pas nouveau la plupart
des fermiers qui n'ont
pre à f lire des élevés éga-
lement. Il ri*ejl pas nouveau non plus du
faire coucher les bêtes Mini, à l'air
l'année; tout le monde fait que ,les an*
glois font coucher la plupart' de
troupeaux dehors; & il y a trente années-
que j'en ai auffî fait lejfai.
II auroit fallu pour donner à l'expé:
M. d'Isjonval toute l'utilité dc-
ilrable, prendre un troupeau de jeunes
moutons le garder au moins quatre an-
nées., fans trop le pouffe r. de. nourriture
procurer un troupeau de brebis
(ivec des béliers en fufftfante quantité le
fept tins ne tirer race que de,
beau en beau en fuivre Us productions,
Voilà les vrais moyens d'améliorer, l'efpece
ou de connoître Us raifonl
qui s'y oppofent} parce que., dans cet efr
temps
lions on efl àporïée d'en étudier Us cm*
fes & les effets.
L'expérience m'a appris que les laines
des troupeaux cxpofés au froid & aux in-
tempéries de C air font dures & fiches parcs
que les pluies continues & les frimais
etnptchoient le fuint de monier; 0 dans U
fait celles du troupeau que j'ai vu dans le
clos de M. Quauemere d'Isjonval, qu'il
qualifie de furperfine dans fort mémoire
lu à l'Académie des Sciencts le
avril dernier yrfefl rien moins que telle qu'il
t annonce pûifqxtelle e(l dure & feche 3 0 «
fans aucune apparence de fuint.
CeflauJ/i, d'après mon expérience que
/ai foutenu ̃ dans ma lettre fur les
laine, & dans mon
en en \jj9t
que le moyen d'obtenir des laines fuper-
fines efl de taiffer les troupeaux à Cairy
m^is en f liberté avec des abris de <5if=
tances en.diftances où ces animaux peu-
vent s'aller refugier quand il leur plaît,
en obfervant de nettoyer tous les jours
̃(.)) )
c
ces abris, la propreté étant cflentidle à U
faniô de toutes efpeces d'animaux.
Je Jais néanmoins forcé de convenir
que cette méthode ne peut être mife en
pratique que por des cultivateurs richîsx
0 que le défaut d'aijance empêchera tou-
jours Us fermiers (cette c'ajfe d'hommes
fi utile) de la fuivre. En lJIi, qui don'
/fera à ces cultivateurs indig^ns les moyens
de former de vajles enceintes pour y lai
leurs troupeaux en liberté pendant la nuit
ou de. faire de grands étabUJJlmens. dans,
on fait eouclrer des bir»;r$ fi des
chiens afin d'en éenner les loups?
l'égard de cette clajft de citoy(ns
tiidigens qui n'a pas lts
pour former de grands
indiqué dans mon mémoire un autre, ntoyen^
portée, cefl de conflruiie des
bergeries plus vafles que celles d m fa ge ordi-
naire & percées de beaucoup d'ouvertures
afin que l'air puijfe y entrer $ circule
éprouve lis
avantages fans être cxpojé aux
(34)
dites réfultantes des intempéries qui lui
jeroient mnfiblts. J'obfene néanmoins que
ces ouvertures doivent être à une hauteur
fui les rendent inacctffibles aux loups,
Il pàroît que AI. d'isjonval a oublie ce
chapitre Ji important', ou ffi plufleurs pet-
fonnes ont lu avec la plus
taffenion contenue dans le mémoire- de
on (en tir oit (inutilité des bergeries, &
que dans cent ans il n'y en auroit plus
en France il falloit donc qu il donnât les
moyens de détruire totalement les loups
6' d'empêcher pour jamais ceux des pays
étrangers d'y entrer.-
Quant à la gale opiniâtredont M. Qua·
(réméré d'hjonyal annonce que fon trou-
peau étoit attaqué, il a vraifemblablemcnt
été induit en erreur. Tout indique que
ce n'étoit qu'une maladie de peau caufée
par la mifere, puifqu'elle a été guérie par
des fripions avec de l'huile & du tartre; au
lieu q'uefi c'eût été une gale farcineufe ou
provenant d'un vice dans le fang, non-'
(3O
C i
feulement ce pansement ne fauroit pas
guérie, mais les froids & intempéries,
eh interceptant la tranfpirafiort de ces
animaux, les auroient tous fait périr.
On fou/net cette obfervation MM. les
̃ La découverte de NI: Qjiatre'metc (fis-
jonval fur {amélioration des pf ai ries ri à
tncore rien Je nouveau. Ce procédé e(l
longtemps par- Us
On fait généralement qu'il n'y a point
d'engrais plus parfait que celui des bêtes
k laihe même fur les hauteurs quand
le fol n'en e(l pas trop fec.
II faut feulement obferver de ne jamais
feire parquer les prairies & les pâtures
dans 'le printemps parce que le goût
que l'herbe auroit confervé empêcheroit
les autres beftiaux & les chevaux &
même les brebis de la manger. Il ne faut
.faire parquer qu'en automne parce qoo
les pluies lés neiges & la longueur de
.<•)«>
foliil du printemps ù,
l'hiver font pinitfer tn
point à M. d'isjonva) qui reconnaît^
plus d'uiiljt^
j'ai acquits par trente
[• .̃ Lqrmoy.
de Paris, du
KPppfy .̃<!?
•£x
'(
C 3
de ti'mof-
gnage de ces fo^U jfc
crois être en droit de
tour qu'un plus grand
pouf ne pas dire même le corps entier des
manufacturiers prononce fur cette tjucf-
'tion qui mérite l'examen le plus ajténtif
foit plus intereffaiite
pour la rich'efïé & la profptrite -de l'état.
Uferoit encore également important d'avoir
la d^citîondes manufafturiers aftglois, qui
emploient feulement pour 'leur draps
ïuperfijis ainfi que les Hollandois des
fufceptibles de prendre
tous les apprêts, quoiqu'avec beaucoup
de fuint. Enfîh, on devroif avoir le fen-
• tihient des tèiivtufiers lequel ne doit pas
être 'indifférent puifque les- belles tein-
teintures, comme celles des Gobelins ne
Te font qu'avec des laines d'Efpagrie.'
Voici la copie d'une lettre écrite par
"lirii manufa^urier à M. de LOfmôy .-elle
p«ut déjà jetter quelque lumière fur la
"difp:ute qui's'efl élevée, conccrnantjes bètes
U* )
à laine, entre ce dernier & les partions de
M. d'Aubçnion.
Monteur je viens d'obtenir à l'inftjnt
un peu de laine provenant du troupeau
de M. d'Aybenton. Dans l'incertitude ofr
je fuis fi vous en avez vu, je m'empreflè
de vous en faire pafler un dchantillen.
Cette lainc me paroît airez fine'Wtn3Îs
«lie n'a p*s aflej de corps) & je doute
qu'elle puifle foutenir Us opérations mul-
tipliées que nous faifons fubir aux laines
d'Efpagne qui avec autant & plus de
fineffe, ont plus de nerf & font plus
longues. Cependant M. d'Aubenton par'
vient à élever des troupeaux qui donnent
de pareilles laines) le gouvernement lui
.fa;:ra toujours gré, parce que fi ces laines
ne peuvent fervir à nos manufa&ures, elles
ferviront du moins à le*
ginre de celles de Reims, pour le(quelles
.)! n'eu pas befoin d'une laine qui ait
coup de.,Corps & ne demandent que de
finelTe.
Sur les cchantillons que j'ai vus de ?
< J9 )
Ci
votre bine, elle me paroit plus forte que
celle de M. d'Aubehton. Je defire que
h longueur & la finefle s'y trouvent réu-
nies, & fut- tout qu'elfes portent un peu
defuint.. Avec ces qualités nous ferons
fûrs de réuffir parfaitement. Je vous avoue
que le temps qui va fo oafler jiifqu'à ce
que ce que vos laines" me parviennent
me femblcra bien long. Je dilue bien tin-
cérement que les effais que nous ferons
tournent entièrement à votre avantage.
Sans faire autant de bruit que M. d'Au*
benton je me flatte que nous aurons un.
certain.
Tout ce qui concerne l'écor-omie rurale
cft aujourd'hui d'un intérêt Ci général que
nous croyons nous rendre aux voeux de
en leur faifant connoîire
ce qui peut y être relatif. C/eiVce qui nous
engage à donner un fupplément pour
publier divers morceaux fur les Mces à
Ja;ne, obj<;t des plus importais [jourl'eeu:
ilsn^us om éi\i adr«lï;soar M. de Lormoy.
(
LUire fur fcsï&s ci laine,
Vous avez fans doute été auffi fur ris
que je l'ai été moi-même d'une action
inférée dans le mémoire de Ni. d'Auben-
ton lu à Id rentrée de l'académie royale
des Sciences, le 21 avril
« Les bêtes à laine étrangères ne font
» pas néceffa ires pour multiplier en France
les laines fuperfines & les laines longues;
» dw beliers choifis dans le. UouîTillon
» dans la Flandre en produiront bieniôt, fi
̃» nous prenons de l'émulation comma
les Anglois pour faire valoir nos trou-
peaux, & fi le gouvernement la favp-.
rite*.
Ce peu de mots contient plufieurserreu,r|
dont les fuit-espourroient être dangertufes9
Ci on ne fe hâtoit de détromper les culti-»
vateurs; & il çft même inconcevable que
M. d'Aùbemon ait pu fe permeitrç. de
hafarder de telles aliénions, aprèi av.oîr
tenu un langage tout oppofé dans un aut.e
<Je fe$ ouvrages ( Education pour les Ber-
il dit « on ne pourra de long-
acquérir la perfe&ion des efpeces
» de bècês à laine, à moins que de s'en
» procurer des races des pays étrangers
cela deviendroit coûteux, à-ta- vérité,
» mais on regagneroit bien cette dé;
que l'on en retire-
» roit ».
,n'eG difficile de comprendre quel motif
a pu opérer un changement fi fubit dans
fur-tout
^près que lesexp^riences faites fur les laines
des brebis d'Eipagne ont eu de fon aveu
mêjnfcï Je fuccèsie plus complet & le mieu*
Je me croisdonc fondé à percer
dansais prem%r (entitnent de M; d'Aubcirfc
:ton.jrfur l'utilité & même la oécellîté de
rintroduftion en France des bêtes à laine
des pays étrangers. Tout ce que j'ai va
,ch?i/noi, & dans les différens voyages que
j'aj faits, ,me confirme cette vérité, que
d'expérience in'autorif«m
& me mettent en état de foiitenir & de
défendra.
Les Adglois dont cet académicien nous
cite l'exemple, ont fi bien reconnu la
néceflité d'introduire chez eux des bêtes à
laine des pays étrangers, pour changer &
améliorer les productions de leur pays
qu'ils ont commence par (e procurer trois
mille bêtes à laine d'Efpagne, avec lefquel-
les ils formèrent des établiffemens. Il fut
même défendu pendant feptans, par un
bill du parlement, d'envoyer aucune de
leurs productions à la boucherie. S'ils
avoient fu ce qts'ils ont éprouvé depuis,
ils auroient permis d'y envoyer les mâle*,
& n'en
bout de fept ans mais ils réparèrent bien-
tôt cette faute. Il eft démontré qu'en ne
gardant les màles qu'après plusieurs géné-
rations, on parvient à remonter les races
au lieu qu'en s'en fervant dès !a première an-
née, on les fait retomber dans. la médio^
crue; ainfi, lorfqu'un belier de pure race
aura couvert i} a 10 brebis du pays il
faudra couper tous les rnâles qui. en vifn*-
dront, garder fculement les femelle* & le-»
( 4) )
faire couvrir par un bélier de pure race:
en fuivanc ce procédé exactement, oncftà
fur de bien faire..
tinrent pas là ils
.firent venir d'Afrique, d'Afie & de tous les
pays des bêtes à bine de la plus belle
efpece; c'cft par des dépenfes, par des ex-
périences réitérées & par une fuite de foins,
qu'ils neceflent d'avoir encore aujourd'hui,
qu'ils fe font formé ces races, fi utiles à
leur commerce.
ont pente, & fe font con-
vaincus par une fuite d'expériences, qu'ils
ne pouvoient avoir rien de trop beau &
de trop bon pour exécuter leurs projets:
3ufFui'ont-ils rien négligé pour y parvenir,
lâchant que d?s établiforaens bien rondes
& bien dirigés valoient mieux que tous
les écrits du monde. En effet» pourquoi
les bêtes à lair\e d'Efpagne & de Maroc ne
dégénèrent elles point cheveux? c'eft
parce qu'on a foin qu'eUes ne fc manient
jamais, A plus forte raifon devons. nous
clurc!i?r nous procurer ces belles racef
Çc à les conserver pures dès 'cfue nous ert
aurons^ Comment donc peut-on prétende
qu'avec d<s efpeces trè?-rnédiôcres eii
comparaifon de celles -qVe je viens ds
parfaites?, 11 faut convenir que les Efpa-
gnols ainfi que les Angloiî feroient bien'
ridicules de défendre la fortie de leurs bétes
à laine, Ci dès la première année, avec desr
bêtes communes on pouvoir les égaler.
Les Anglois ca'culent, n'en doutez pas,
cV ils appiofondiilenttout ilsontde vraies
raifôns pour défendre, fous peine de là
vie, la fort ic de leurs bêtes à laine; & ce*'
raifons font fondées fur l'expérience des
avantages qu'ils ont trouves dans l'cduca^
tion a laine, qu'ils ont fu fe prof
curer des pays étrangers. Les précaution'^
qu'ils prennent pour nous priver de ces
avantages font la meilleure preuve de leur1
façon de:pcrïfer à cet égard & s'i! m'e(t
permis d'y ajouter le réfultat de mon
je-dirai affirmative-
nunt que par tout ce que j'ai fait chîi
#oi » je n>e ftf ÎS. convaincu qu'il n'eft pas
pofllblc d'obtenir des productions parfaites
J'ai vu, kh :vérité, arriver des jeux de
la. nature m^is on no peut pas Jc$ citer
ordinaire 8:: confiante; j'ai
d^i pays, couvertes par un
race,
j'ai vu aufli que do
s'étoit Tervi
couv/ir- des brebis du pays, la
plupart des leurs retombèrent dans la md4
dioçrité;.c< c'çfl; ce qu'on verra toujours
fervira 'de ces produc-
tions mâles à la première
lajntr comme en chevaur
j'ai fait toutes les ex«
depuis plus de trente
& ÇQnftamoaenj j'ai obiervé qu'eii
pr,odu£lions', toutes
|os fois qu'on n'«n dérange point l'ordre,
fepc races que M.'d'Auben-
dans h bergerie ,6V
(46)
qu'il a lailfées àTair toute l'année jour &
nmt, j'avois fait la même chofe
je revins d'Angleterre en 1760, d'oii j'ai ois
fait pafier une aflez grande qtwntitéde bê<es
à laine. Je les mis en liberté dans la pârure,
ainii que cela fe praciquoit alors en Angle-
terre pendant trois ans je ne perdis pas
une feule bête mais la quatrième année
l'hy ver ayant été pluvieu^, je perdis les
trois quarts de mon troupeau, qui étoié
compofé d'environ trois cet:les bêtes. Alor$
je fis. un Iiangard à ma méthode & je n'eri
perdis plus j'eus l'occafion de me procu-
rer des bêtes laine de Maroc. M, le comte
de Breugnon qui alloit figner la paix entre,
le roi de France & le roi de Maroc, me
l'hohneur de paffer. chez moi, & permit k
mon neveu, qui étoir du voyage, d'em-
barquer des bêtes à laine elles arrivèrent
à bon port; j'en donnai à M. le duc de
Choifeul, à iM. le duc de Praflin S: à
M. de Buffon; il ne m'en que peu
mais âflez 'pour connoître que c'eft une
priciéufe efpece. J'ai fait avec ces bêtes â
( 47 )
Jakie desexpériences bien utiles, & qui ont
réufii parfaitement.
Mon frère fe chargera d'un troupeau
d'environ Cent Soixante bêtes à laine d'An-
gleterre il !ui étoit prefcrit de les laid'er
'coucher dehors il fuivit exaûement cette
méthode dès le même hiver tout le trou-
peau moiiîut fans qu'il en réchappât une
feule. M. de Buffon perdit aufll tous les
liens,, une année après dans fa terre, en
Bourgogne. Les Angloisen perdent fou.
vent des quântjtê's prodigteufes; mais ils
ont de quoi réparer ces pertes prompte-'
ment & nous n'avons pas cette ref-
Les plus belles races viennent des pays
chauds perfonne rie peut conteftér cette.
vérité En Ruflîe, comme en Danemarck
& en Suéde, la laine eft médiocre dure
& feche. Il eft donc néceffaire de procurer
aux b£tes à laine qui viennent des pays
chauds, une température autant qu'il eft
poflîble approchant de celle des pays d'où
«Iles fortent par des procédés qui n'em-
puis la
continuelle» empêchant
Nous avons tous l'expérience que, dans
il faut
point de fA eft à
trente-deux degrés. A plus forte 'râiion
faut-il ménager un abri aux Isinp
qu'iT' faut
qu'elles ;befoin qui
leur conviendra^ le
peu-
vent

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