Mémoire sur la nécessité d'établir une réforme dans les prisons et sur les moyens de l'opérer ; suivi de la conclusion d'un Rapport sur l'état actuel des prisons de Paris, lue à la séance publique de la Société royale de médecine, le 28 août 1791 ([Reprod.]) / par M. Doublet,...

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chez Méquignon (Paris). 1791. Prisons -- Droit -- France -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : samedi 1 janvier 1791
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FéJâf
actUe) Paris*, |ue
publique de la Société Royale efe Médecine
Août
'̃ A P A' M ï ',S
I 7 f I-,
la conclusion âhm
des Prisons de Paris
le a8 Août dernier, et qui a déjà été insérée
dans un 'Journal fort connu.
A
MÉMO R E
Sur la nécessité d'établir une réforme
dans les Prisons et sur les moyens
de l'opérer.
I es -Frisons sont», de tous les
publics, ceux dans'lestjuejs l'humanité réclame
le plus vivement une régénération salutaire»:
L'objet de ce Mémoire est de montrer, que
nulle partie de l'Administration, rie renferme
de vices plus ncttnbreux» et que, dans les cir-
constances actuelles* la réforme des Prisons est
une des opérations les plus nécessaires, .et
peut-être, une des moins difficiles à exécuter..
Pour faire sentir la vérité de cette assertion,'
je présenterai d'abord des considérations '.•gêné-,
ralenti: particulières sur les prisons de la France,
et j'exposerai ensuite les .changemens qu'il me-
LES Prisons de la France offrent l'image de
presque tous les maux, dont t'humanité peut
être affligée; d'un côté, elles rassemblent tous
les dangers qui peuvent naître d'un séjour où
l'air est vicié par les agences plus propres à le
corrompre de l'autre,elles réunissent toutes les
misères, choses
les plus nécessaires à la vie. Aces désordres phy*
dren t le défaut de
gieuse qui s'exalte en se communiquant d'un
individu 4 l'autre,, et la tyrannie, plus odieuse
encore, des Geôliers el de leurs subordonnés, i
En jetant les yeux sur ce triste. tableau, oft
me peut concevoir comment des Prisons, dont
^unique objet est de s-assurér des accusés et
qui peuvent renfermer l'innocent comme le
coupaMe, ont pu être éiaislies et subsister
pendant tant de siècles, dans un état aussi
oppoisé au but de leur institution le contraste
qui se trouve, k'cét égard entre la douceur de
m
A i
indiquer pour
de nos Prison^, il pourroit être utile de rap
-Ce jour.
L'origine des Prisons de la France,, ainsi
que celle de presque toutes les Prisons de
l'Europe paroît dater des premiers temps dé
l'anarchie féodale. Les grands et les petitsFeu-i-
datkires, pourafTeraiir leurs usurpations, avoienifc
fait élever des châteaux et des forteresses, qui,
en inspirant la crainte, sefvoient leurs projet
ambitieux, La multiplicité des serfs, fenchai^
nemmt qui les lia les uns aux autres, pair une
série de devoirs et de droits, qui tendoierit tous
opprimer le peuple, furent des sources per-
pétuelles de guerres et l'Europe fait bientôt;
hérissée détours et- de donjons, qui furent long-
temps lç siège delà tyrannie, ̃-
C'est une vérité démonuée, qu'un grand
nombre de faisoient
de leurs châteaux des forteresses d'ott ils soi-
toient pour saisir et emprisonner les voyageursî
jusqu'à ce qu'ils eussent payé de grosses ran-
'» (i) la chats -de. la inaifoi» de Charte*
Aagne, k régime féodal fuir là
m
Dans ce*
anciens châteaux, ces tours qui ont résisté à
France & for une grande partie de l'Europe plu-
fieurs des, Seigneur» de fiéfs
(dit laies, crurent avoir le droit de traiter leur»
yaflaux ou plutôt leurs ferfs comme les moi»» hu-
mains des Américains
Nôn
parer la mort du pécule qu'ils avoient ama/Té
pendant âne 'via de fatigue & de peine, ils les em-
prifonnoient avec toute leur famille pour les punir d'a-
voir manqu é à quelques unesdes
bizarres qu'ils arrogées ils alloiertt jtifqu'à
les faire corribattre en champ clos pour foutenir des
droits dont ils étoienc
trouve la preuve de ces faics dans les cflais hifîo-
rïques de Saiute-Foix, dans I'hiftoire du Diocèfe de
Paris de l'Abbé le dans, les Recherches de
l'Abbé de Mably fur l'hiftoire de France ,& dans les
ouvrages, de plusieurs autres Littérateurs qui fe font
occupés d'éclaircîr les points lés plus cbfcurs & les.
plus
auquel oh doit renvoyer, de préférence, ceux qui feroient
tentés de défendre encore le Même féodal c'eït
'introduclionàThifloirede Charles-Quint deRobertfon,
fuit parce que nul Ecrivain n'a mieux peint que
l'auteur de cet ouvrage l'injuflice & les abus de la
iéodaîité foit parce que la fatyre ou plutôt, la cri-
m
A 3
ï'injur* i dmtemps servent- encan!; de prisons
et- plus modernes, ont
les progrès' des
lumières ̃îet" M la ..civilisation •, les droits de
aussi
peu respectés que » dans les temps ou la plud
grande partie de la nation» -servilement attachée
k la gîèbp -,i languissoit sous, le'; jôug d'unT petit t
nombre, d'oppresseurs.
Les d^sordpes qui s'étofent introduits dans lés
Prisons, pendant que l'anarchie féodale exereoil;
toute sa rigueur, furent ensuite cimentes parl'in»
fluence duDroiltCanonûjuÇjquj défendoit encore
les usurpations de la féodalité, 'long-temps après
que, nos rois eurent entrepris de les détruire.
C'étoit, en effet, un exemple bien puissant
dans ces siècles d'ignorance, que celui des'
EvéqùeS et des Chapitres, quiavoient fait cons-
truire, sur leurs territoires, des prisons où ils X
traitoient leurs vassaux avec une inhumanité
révoltante;<des moines avoien^i'audace* de s'armer
tique la' plias complète du gouvernement féodal,
écrite par un hiftpriea' étranger eff une
fort fBpërifnhs i toutes celles 'que ron pour-
roit puifet aojourd'Eui '-parmi1 (es Eccitains Fran-
çois.
m
souverain,; four s'oppMïWr &
çbw&Mkeat de^ Commîmes et
des cachots, de malheureux ««rfil» dont tout le
triage, pas •psyé><tf«v léger
(1) Louis VJÏI éprouva -les pleas grande» difficultés1
pour affranchir les Communes de Veze-
|*y il d'Anxerfp qui traverfa
fon & les,
l:tj gtu employèrent les a;mes. En pendant
le premier voyagé de Saint-Loiii» le Chapitre de-Paris
avoit fait amener dans &èè prisons, fes ferfj
de îè'payenièat
de- quelques redevances;- & eon»
îrai;od;re il viftO). ËAVain- la
Iteine Blanche ijnterçéda-t-elle pour
loin ds céder à fes iraftances le Chapitre fit ..enlevés-
<& refTerrer dans les mêmes cachots les femmes. &.
les enfaiis & plufietlrs' furent étouffes par là chaîear &
par 'le défaut d'air. Eâ Reine, ouwéé 'ide' cette tpjgaèutl
yinr- aux prifoss^ h
armée, en frappa les portes de fon bâton, les fit
rompre mit les–prffoirBre-rs-
le temporel du Chapitre ,|«fqu'i entière fausf aflioss,
92 & L'HlSTOlït^ p,'B> .Saint^
Wl
A 4
II y avoit alors 'dans le
religieuses, un usager non moins
*preaqu'autsi
Dés le
quatorzième siècle, trouve d«S traces des
tentatives- que" firent
les
(î)'Des abbés non conteju de renfermer les reli-
gieux dans d'affreiiife» prisons les faîfoient ipuriSer
'wi faifint crever li;8 jreax. & le
en'
-par l'abbaye de .FiildegjJPierre le
vénérable dit que ..Mathieu prieur de Sa|nt-Martin-
.<îes>"Chamg$ à Paris, fit conduire Ha .foùterrain en
l'orme de fé pulcre où i2 renferma de la forte un
Le Roi Jean à qui on en port»
'des'' plaintes; ordbifitâ'qpc" les
les 'prMoBnîers deux lois par mois, & donne roianc
outre cela permiiîîon deux religieux, leur cfioïx»
Iles' :.aller vnir, & fit' expédier à cet effet des
'lërtres-patefftës, 'dont il commit l'effet au Sëraéchial
'de -'Fouloitifè <hi"Languedbc
bù il ikoït les frères Prè'cnevrs
̃ nîtiritiinré rent l'autorité, "èm
iM8!
aux
cature commencèrent à êjtre assez puissantes
pour combattre, avec un succès marqué la
double-tyrannie • de-la~puï*-
?fiiice ultramontaine ort chercha porter
quelque lemèfle au
de foi tir du Royaume, ils prirent 'If parti
fouir.iffion ce qui n'emaAcfia pas que»
,{i^ 1a\, |jn\ilf{'es apco^déiîj
vi.l en parant, que ?c* ffipuiss
pu
basses que
de' tenir quelqu'un et aux
Seigneurs d'avoir des prisons
dans et ce\ dit la loi, pour
empêcher l'abus que l'on pourrait en foire.
̃•̃: Les guerres civiles du seizième siècle, et les
"roubles qui les suivirent, jetaient pas propret
besoin du plus grand appui Richelieu qui
vint ensuite régir avec un égal despotisme
le irçonurque, et ses sujets étouffa- ce* premiers
germes de bienfaisance, et de philosophie,poli..
tique.: -n..V' •; ̃1,l)>!j.2i:)il.i
Sous Louis XïV, où^l'janiqtte but, du gou-
ICaulor.itéToyaîe, ;ôCi
tous les travaux publics et ïpartipuliers forent
dirigés vers l'éclat et le faste, plutôt que ver»
bonheur réel de la nation on ne devoit pasl
têts que ceux 'des prisons; :0n trq uvë cependant
de plusieurs articles
qui rappellefft.et amplifient .^ordonnance d'Or*»
®l:ûH la
salubrité de letira, dèiiqeujfesi* 'mais ces,
imparfaites -.qu'illes- fussent ^ne.fetait
sjtion un si grand' nombre de
rapport des Prisons
image mémoire est encore
frappée, de cette multitude d'emprisonnemens
des maisons «le force., en y multipliant la pie-
iftière et la plus paissante de toutes1 les causes
d'insalubrité qui est IVccumulatiora des renier»
més> Mu iafligeans dufdes<
€m )ifai-é(
le-s fussent
duit qu'u»; àmé-liioratkm 'ISgècc 9 îWï'LplMtot ;ua
peM de
Depuis
-réforme «
ment des pauvres' et des
Parmi
point été oubliés la destruction du Fort™
du petit Châtelet, qui rerraooient
encore il y a quelques années, au milieu de
Paris ,'fout
de plus la recons-
l'établissement des infirmeries dans cette prï-
grand Châtelet; la nouvelle
prison de Force
ses
est
telles sont les 'tentative? faites et
succès pour' établir l'ordre et la salubtité dans
les, prison» dties à
M:I Neckor mais les efforts de ce' ministre
étendre au-delà de réforme
qu'il- s.?rvi k faire
ctaririoîue la grandeur du mal, le guérir, Si
Juar l'effet par la coopération
magistrats et de
trateurs
des vices qu'il est
presque toutes les maisons
vinces sont dans un état pli\s f&cheux,
Dans l'ancien
sans. s'opposoient à la destruction des abus,?
çt à l'introduction des principes d'ordre et
d'humaoité dans l'administration et le service
des prisons. L'examen du, local éloit attribué
quefois aux Municipalité» tandis que îles
Chefs des tribunaux ou leurs, substituts «se pari
limites étoien,^ mal fixées, la
souvent aux geôliers, tous
de leqr devoir
la vérit é depuis des'
finances les maisons
de force, on ayc't magistrat,, poun
diriger, tout'Ce qui
decoianoîtlre, et qui lui permettoiént encore
moins de combattre les abus des prisons, a
bottàé tous ses soins à recueillir des' renseigne-
mens, qui dévoient, tôt ou tard, opérer leur des-
truction.
Il n'est personne, sans doute, qui nereconnoisse
la vérité du tableau général que je; viens de faire
dés prisons de la France; mains, pour mieux
peindre les maux qu'elles renferment, je vais
rapporter ce que j'ai vu moi-même, en visitant
plusieurs de ces tristes denieura.
Ayant été attaché, pendant plusieurs années
â un département qui avoit pour objet de tra-
vailler à l'amélioration des hôpitaux civils et
des, maisons de Force j'ai eu des occasions
répétées de corme! tre les abus qui régnent dans
les prisons, et les causes qui les font naitre
ainsi, à toutes les autorités que je vîerisd'avancer,
je puis joindre une autorité plus frappante,
celle des faits la plupart de ceux que je vais
présenter offrent la description exacte et
abrégée de quelques prisons dans l'état où
je les ai trouvées en une époque très-voi-
sine de la révolution.
A Melun près de Paris, les prisons sont des
voûtes souterraines, placées près de la jurisdic-
lion et situées 'sous -un grand bâtiment qui
sert de régiment de
C c'est, a
l'entrée de laquelle
femmes, et l'autre pour les
prisonniers malades quand
pour s'y faire traiter. Au milieu de
rain,est un couloir
à la droite et à la gauche duquel sont des
plu£
bas que le sol larges de huit pieds quarrés
environ,, et qu^ne reçoivent l'air que par yne
petite ouverture pratiquée à l'extérieur»
l'extrémité de ce
autres cachots plus profonds et deux fois plus
grands que les premiers; ils
jour d'un passage étroit et obscur, qui existe;
entre les casernes de
de refend élevé pour la sûreté de la prison
mais 14 position de ce
de distance de l'ouverture extérieure des cachots
empêche l'air du préau,
pénétrer celui que,les prisonniers renfermés
dans ce cachot, sont obligés de respirer, a non?'
seulement, l'inconvénient d'être pris idéns Ja
partie la plus étroite et Ui pjus basse de ce
passage, est encore altéré parce que çe.tte
petite casernes qui sont
I «5]
placées dans les étage; Le 19
le jrnoins éclairé de Cts cachots reofcr-
moit là hommes, dont 6 avoifnjt le scorbut.
A Provins' j les prisons son* situées dans
l'ancien château des Comptes, édifice antique
qui tombe en 'ruines, et dont J'entretien est
très-coûteux le mauvais état des murs empêche
les prisonniers de jouir du préau mais la
crainte que l'on a eu de l'évasion des renfermés,
a fait
dinaires. Dans une grande salle où, l'on entre,
en sortant de la chambre du geolier on trouve
trois cages de bois revêtues de plaques de fer
et ayant ,à-peu-près, dix pieds s de long sur huit
de large et autant de haut^ avec une ouverture
grillée d'un demi pied en quarré. On y ren-
ferme pendant la nuit depuis 4 jusqu'à 6
prisonniers, quelquefois plus sans qu'ils puis-
sent sortir pour leurs nécessités, et l'ony gardc,
en plein jour, ceux qui parbissent difficiles h
maintenir. Dans -un souterrain inférieur» on
trouve une cage semblable aux trois de la pre-
mière salle dons un caveau voisin, s'ouvrent
quatre cachots de 8 à to pieds quarrés,, qm
n'ont chacun d'autre jour, qu'une ouverture d'un
demie pied pratiquée la porte. On arrive
ensuite, par un escalier dégradé, à deux autres
f,6]
noirs de 9- pieds de haut et de long sur 6
de large, qui ne reçoivent de l'air d'aucun
côté, et dont les murailles sont toujours mouillées
par une eau fétide qui y transudé. Il y avoit
un homme dans cet horrible séjour .1 sur le
cri d'indignation, que l'aspect
reux me fit
l'avoit enseveli dans ce lieu de ténèbres que
parce qu'il avoit tenté plusieurs fois de s'évader
des cages'de bois. Ce cachot n'est pas le plus'
affreux qui se trouve dans cette prison au
milieu de l'escalier, qui conduit de la salle supé-
rieure au souterrain on trouve une espèce de
tombeau, de huit pieds de long sur trois et demi-
de large et quatre de haut, et qui n'a d'autre
ouverture pour l'air, que les interstices, qui se
trouvent entre les madriers énormes qui for-
ment un des cotés de' ce sépulcre il a été
plusieurs fois occupé. Il y avoit dans les prisons
de Provins, le 20 mai, i5 hommes et a femmes
qui étoient tous enfermés pendant la nuit
dans des cages eu dans !es cachots. J
Les prisons de Dôle, placées sur le penchant
d'un coteau- rapide ont une construction' fort
extraordinaire c'est une espèce idëcarfièré
en forme de puits quarré, au fond duquel se
trouve
r «7]
B
trouve une cour, entourée de quatre murs qui
Boni: élevés de deux étages: Un escalier pris
dans le flanc, delà colline conduit au re2-de-
chausiiêe de la cour, autour de laquelle sont
les portes de plusieurs cachots. Le même esca-
lier mène à deux galeries intérieures placées
l'une au-dessus de l'autre et par lesquelles
on parvient à deux autres rangs de cachots
ainsi la prison est formée de trois rangs de
cachots taillés, pour' la plupart, dans le roc
avec une distance de 12 ou iB pieds entre chaque
rang, et une cour au centre. Le long de la
galerie supérieure on trouve la chapelle, et
deux grands cachots, dont l'un sert pour les
militaires; dans la galerie inférieure s'ouvrent
huit cachots, dont les moins mauvais ont huit
pieds de hauteur et neuf de long, sur six ou
sept de large. Plusieurs de ces cachots n'ont
aucune ouverture extérieure, et les autres n'ont
d'autre communication avec -Pair de la cour,
qu'une très-petite issue pratiquée il. la porte.
Les cachots du rez-de-chaussée de la courront
encore plus dangereux que ceux des étages su-
périeurs, soit parce que l'air qui y parvient
est moins pur, soit parce que l'odeur méphi-
tique qui s'exhale des latrines y est très-domi-
nante. Sur %y cette prison
[ »8]
des hommes, 3 étoient abandonnés comme
inhabitables: II y avoit dans les 14 autres 411
prisonniers, dont plusieurs étoient pléiades
j'en ai vu trois, affectés
qui étoient couchée, sur de la paille a demi
pourrie dans les cachets les plus infectés par
les latrines.- L'air renfermé entre les quatre
murs, qui forment les côtés de ce puits quarré»
ou plutôt de cette caverne est stagnant, et ne
peut pass^renouvellcr sur-tout dans les parties
inférieures, et les funestes effets de cet air
inaslubre m'ont paru encore beaucoup augmen-
tés par le défaut de soins et la malpropreté.
La prison des femmes, voisine de celle des
hommes maisplacée sur le haut de la colline,
consiste en un seul cachot qui est précédé d'une
petite cour. Ce cachot, qui est d'une grandeur
fort médiocre, est plus bas que le rez-de-chaussée,
n'est acre que par une ouverture très-petite,
pratiquée à la porte; çé qui le rend encore plus
dangereuA c'est que dans le fond se trouvent
le», latrines. Il y avoit le 26 Mai, 8 femmes
(lui y étoient mal l'aise mais il s'en trouve
quelquefois le double, et alors elles ne peuvent
pas se coucher.
Un jeunae magistrat qui m'accompagnoit et
dont je suis bien fâché de n'avoir pas retenu le
[iS>F
B a
des séntimens d'humanité qu'il
m'a fait voir, m'a assuré en présence du Geo-
lier y 'ïjuï4 Tétàt 'où se trôuvoient les «pfisb'&s de
Dôley au moment de ma visite, ne pouvoient
encore raé donner une idée juste de la négli-
gence et *dd désordre, qui yrégnoient habituel-
lement.
A Vés0td, la prison est un bâtiment élevé
près Cet édifice n'est pas ancien
et auroit pu faire une prison saine, si onavoit
pris les précautions nécessaires. Mais, d'un côté,
une partie de ce bâtiment n'est pas habitée
parce qu'on ne trouye~pas les murs assez forts'
de l'autre le geôlier s'ç'&t. emparé d'un grand
nombre de pièces soit 'pour son logement,
soit pour y placer- des pensionnaires. II-résulte
de-là que, daïte une prison qui ne paroît pas
extérieurement présenter de défaut remarqua-
ble, les prisonniers y sont entassés et vexés,
comme dans la prison la plus défectueuse
44.hommcsétoient renfermés dans cinq cachots,
fermés double porte, et qui n'avoient d'autre
ouverture que des trous de tanière, pratiqués
à la porte intérieure. Il s'exhalait de ces cachots
une odeur infecte; la paille étoit vieille et à
demi pourrie. La plupart desprisoitniers étoient
4 et les vagabonds:
de long sur 9. de large
sont quelquefois entassés au nombre de vingt
et plus; ily a
des extrémités. Au deuxième, dans un local
semblable au premier est une
merie,où it y. a deux lits pour les femmes qui
tombent^malades au troisième, au quatrième
et au cinquième, on a formé, par le moyen
de plusieurs madriers, des cachots qui ne reçoi-
vent le jour et l'air que par des ouvertures
pratiquées à la porte. Le sixième est un espace
vide aéré par une fenêtre c'est-là, où l'on
conduit, à des heures différentes les prisonniers
de l'un et l'autre sexe, pour leur faire prendre
l'air, et ils ne jouissant pas d'un autre préau,
Il y a quelquefois plus de cent renfermés dans
une prison aussi étroite et aussi insalubre; dans
ces cas, on est obligé d'employer un cachot
voûté, de 1 5 pied» quarrés, qui ne reçoit l'àiç
d'aucun côté. Au milieu de ce cachot, s'ouvre
une trappe par laquelle on descend, avec une
échelle, dans une bajise-fosse profonde de ï a
̃̃{. ]
pieds» et quia, à^peu-près, i3â 14 pieds quarrés;
F«itr nrest introduit dans ce souterrain que par
un petit soupirail ,1 mais il, a, au milieu de
cette fosse des latrines dont l'odeur est «Jotni-
nante. J'ai trouvé dans ce cachot un hdïmne
malade couché sur de la paille à demi pourrie.
Il y avoit été jette pour avoir cherché à
s'évader.
Dans ces différentes prisons, ainsi que dans
toutes celles de la France, les renfermés n'ont
d'autre nourriture qu'une livre et demie de
pain par jour, et dans quelques endroits deux
livres. On leur donne aussi, pour leur servir de
lit, une botte de paille, tousles iÔ jours. Mai»
j'ai eu des preuves répétées que plusieurs geo-
liers cherchoient encore à gagner sur ces four-
nitures, soit en ne les donnant pas Il la quantité
prescrite, soit en les donnant de mauvaise qua-
lité. Feu M. Colombier, attaché au département.
des hôpitaux civils et des maisons de force en
qualité d'inspecteur-général a mis bien des
fois sous les yeux des ministres des tableaux
pareils à ceux-ci ill a rencontré dans une de
ces prisons, des insensées enfermés pour tou-
jours dans des cages roulantes,. et il y a trouvé
on homme bien plus malheureux encore, puis-
que, jouissait de toute sa "raison, il avoit été
f «]
scellé pour sa vie, entre quatre murs de .plâtrer
élevés autour de lui au
Ainsi, la plupart des prisons delà France ont
une construction vicieuse ou des distributions
intérieures absolument opposés à la salubrité; v
la subsistance et l'entretien dés prisonniers n'y
sont point assurées, et il n'est aucune règle
qui veille pour eux :.au lieu d'objets ^d'encou-
ragement et de consolation ïls ne sont environ-
nés que de ce qui peut favoriser leur inertie
ou augmentez °leur dépravation. En un mot,
consumés de chagrins etfle misère, ou flétris
par la débauche la plus crapuleuse, ils puisent
dans leurs cachots les germes des maladies les
plus dangereuses, ou ceux d'une corruption qui
n'est pas moins funeste.Je finirai parunexemple
frappant du danger, qui résulte d'en tasser les
ihornrr.es dans des cachots étroits, non seule-
ment pour les malheureux qui y sont renfermés,
mais pour tous ceux qui sont appelles auprès
d'eux par la loi du devoir, ou par le sentiment
de la commisération.
Au mois de Mai 1787 la Société Royale de
Médecine, ayant été requise. d'envoyer deux de
«es Membres à l'Orient, pour prendre connois»
sance d'une maladie épidémique qui régnpit
B 4
choisi
pour
remplir cette mission.
L'endroit, ou l'on renferme à l'Orient ceux
.que la loi- prive point été.
'i construit pour servir de'prison; c'est un taâti-
ment très-simple, entouré de maisons et pré-
cède d'une cour ou se trouve un puits, dont
l'eau est, le plus souvent, saumâtre. Nous y trou-
vâmes 66 renfermés mais nous apprîmes du
Sénéchal et des Officiers Municipaux devant
qui nous dressâmes procès-verbal de l'état- de
cette prison, que, peu de temps auparavant, il
y en avoit eu plus de cent.
Dix prisonniers, payant pension occupoient
deux pièces grandes et aérées. Tous les autres,,
hommes ou femmes étoient resserrés très-
étroitenjent, les femmes dans des cejiules froides
et humides, «ouvrant sur des côtés, de la cour,
et les hommes dans^des cachots bien plus mal-
situés. Ces cachots, au nombre de quatre, formés
dans remplacement d'une soupente, avoit 13
pieds de long sur 6 de large, et ne ,recevaient
l'air que par une ouverture de pouces de
haut sur 6 de hauteur. Nous trouvâmes
hommes, contrebandiers- pour la plupart dis-
tributs inégalement dans ces quatre cachots
temps 'où la prison avait été
remplie, chacun
seize.
l'époque de cet engorgement que
la maladie contagieuse, pour laquelle nous avion»
été appelles avoit pris Avant noire
arrivée 6 prisonniers étaient morts sur leur
lit' de paille, sans aucun sfcottrs et 8 autres
étoient allés périr à l'hôpital Dix personnes
du dehors, que leur devoir Qu leurs affaires
a voient appel lées dans l'intérieur de la prison,/
avoient aussi, puisé le germe de la contagion, »
est sept d'entre ellesy avoicnt succombé ("i). Le
jour de notre première visite aucun des dix
prisonniers, placés dans les deux grandes cham-
bres, n'était malade; la plupart des femmes».
très-récemment amenées n'avoientpaç iboïi plus
été frappées notablement de la maladie «îaiis
sur les 24 hommes qui étoient presque 'tous
renfermés depuis long-temps dans les quatre
(r) Cette mortalité, effrayante par elle-même avoit
infpirë des allumes d'amant plus vives qu'il régnoit
«lors dans ce comtat! 'de la Bretagne une maladie
«̃pidémitjoe que l'on avoir regardée comme analogue
à celle de la prifon quoiqu'elle fût tont«infiltdiâ>é«
cachots jet affectés
sueur aigre et fétide., trop
faibles pur pouvoir se tenir.sur ïeups jambes
et plusieurs éprouvoient, à l'air, Un tremblement
général. Il n'entre point dans le plan de ce
mémoire, de tracer, même en abrogé, le carac-
tère de cette maladie et d'écrire le traitement
que nous avons mis en usage pour la combattre
et pour en prévenir le retour il suffit de dire
que nos soins ont eu tout le succès que nous
pouvions désirer ce que nous avons attribué
sur-tout, au zèle) avec lequel nota$ avouas été
secondés par la Municipalité de V Orient et par
tous les Médecins et Chirurgiens, qui se trou-
voient alors dans cette ville. Xt
Ce qu'il est essentiel de remarquer, c'est i°.,
que cette fièvaw des prisons est du même genre
que celle qui s'observe dans les hôpitaux,
dans les vaisseaux, dans les dépôts, de mendicité
ct dans les lieux où l'oq accumule un plus grand
nombre d'hommes, que l'espace ne le permet;
s, que cette fièvre se développe d'autant plus
vite, ou est d'autant plus redoutable, qu'il y
l 1 ̃
a jrlus de causes propres k faire naître ou à
̃' fomenter l'altération de l'air, en y répandant
des émanations méphytiques et contagieuses.
L'Angleterre est le premier endroit où cette
fièvre fatale ait été remarquée parce que c'est
plus meurtriers, et qu'elle a le plus souvent
ailarmê la tranquillité publique. Dès les der-
nières années du quinzième siècle elle fit
tant de ravage k Newgate, Ludgate, et dans
les prisons *du Banc du Roi qu'elle attira
l'attention générale.' Depuis cette époque,'
cette fièvre dangereuse s'est manifestée sou-
vent dans les prisons d'Angleterre elt a
même, plusieurs' fois, étendu sa contagion au
dehors ce qu'il faut attribuer à deux choses
la première» k ce que leur forme de jugement
criminel, lcs Assises, les met dans le cas de
rassembler dans une espace étroit, un' grand
nombre de renfermés, parmi lesquels là conta-
gion peut naître et se propager avec la plus
grande promptitude; la seconde, à ce que les
Angloisont encore pris moins de soin que nous
de leurs prisons ( i).
(i) Il n'y a paa long-temps qu'il y a une loi en
Angleterre, pour.i/iurer xm morceau de pain aux pri-
3,,
la physique et
les prisons de ce pays si
différentes, de' celles des autres contrées de
l'Europe il y a tout lieu de croire que nous'
sommes arrivés/au moment de jouir d'un pareil
bienfait.
N'est-ce pas en effet réclamer un des pre-
miers un des plus sacrés droits de l'homme,
fonniers & leurs
déferle fous tous tes rapports. Pour en donner la
preu've il fuffit d'e_ citer te paflage fuivaAt de M.
Howard. «Quand je fu« nommé Shérif d!1 Comté da
Bedford S', que je voulus introduire le changement
faluraire de donner des ('alaires au Geôlier, au lieu
de lui hrifer prendre df:i droits ou des taxe* arbi-
traires fur les prifonniers, Ie Juge du Comté me
répondit qu'il vouloir "en avoir un exemple, mais en
citant des recherches dans le voiïînage je trouvai
la même injuftice établie p;tr At » ( Vol. i. pug. 2. ).
que de dt mander que les prisons ornent a'étre
desliVux rie est
d'exiger .^ellessoient
destination qui e«t de maintenir, sous la sauve»
garde de la loi les individus qui sont accuses
de l'avoir enfreinte « jusqu'à, ce qu'ils puissent
i î'tre publiquement: justifiés ou punis Carcer, aâ
non ad puniendos f
haberi débet.
Si ce tableau de l'intérieur des Prisons de
la FVanoï paroissoit exagère, c'est-à-dire, si
lie hasard n'eût offert â mes yeux et à ceux de
t Feu M. Colombier que les plus hideuses et'
les plus insalubres de ces demeures, si, comme
)*aune il le croire et comme j'en connais
quelques exemples le sort des prisonniers
commence à s'adoucir la réforme que je Sol-
licite n'en sera que plus aisée. Au reste quel-
que différence que présentent les Prisons
relativement, «IL leur local, à leur salubrité et
a le ur discipline elles ont toutes besoin d'une
loi qui assure la nourriture, l'entretien la
santé et les mœurs des renfermés et qui les
garantisse des vexations arbitraires auxquelles
ils sont exposés.
Déjà en traitant des
Prisons et des d'arrêt, a décrété qu®
f*l
les Prisons seraient propres rhùi
ki siiluhntè des Maisons &;̃ Force j ainsi -q
la' Hourrittre et l'entretien des prisonniers,
la wrveillainoe1
nicipalités. Mais ces dispositions généra! es ne
peuvent être regardées que comme acrïia expres-
sion des intentions du Corps Légistatîf, .et une
annonce de la réforme complète que la justice
doit opérer dans ces tristes demeures. Ce
n'est que par des loix positives et détaillées,
qu'on peutextirperdesabus anciens etenracinés
et après avoir manifesté son voeu sur l'ordre
à établir dans les Prisons, il reste à rassemblée
Nationale de faire cpnnoftre quels sont les
changemens qui doivent les régénérer ainsi
que les moyens propres à les exécuter et à les
rendre fixes et perniamens (i ).
(i) En le Parlement d'Angleterre rendit fur
1a motion «le M. Fojshim, deux Bills en faveur des
prifonniers l'un pour les délivrer des vexations
arbitraires l'autre conferver leur fanté. Comme
les maifosîss de correétions, nommées Bridewell n'a-
voient point été fpécialeaient déngnées dan ce Bill
le bienfait de la loi ne s'eit' pas étendu jufqu'aus
malheureux renfermés dans ces priions. [[la eoJttttia
auparavant y meurent de faim al.. de.tnifére.
rsoi
d'établir dans les Prisons pûur y
faire régner l'ordre et la
M. Howard, cet illwstre Anglois qui a
conçu et exécuté le généreux projet d'éclairer
toutes les nations de l'Europe sur l'état insa-
lubre et inhumain de leurs Maisons de Force,
raconte qu'il doit l'idée de sa bienfaisante entre-
prise, aux détresses qu'il éprouva, étant pri-
sonnier de guerre en France. C'est en effet
la marche d'un cœur sensible et d'un esprit
éclairé, de ne pouvoir être témoin des maux
de ses semblables, sans rechercher les moyens
de les soulager. Ainsi, la connaissance desabus
qui rognent dans les Prisons, conduit directe-
tement à examiner les moyens de les détruire.
Les changemeris qu'il est nécessaire d'établir
dans les Prisons pour y faire régner l'ordre et
la salubrité, se réduisent a deux choses i°o
à des dispositions relatives au local, qui peu-
vent être modifiées'd'une manière différente'
suivant les différera emplacements Il des
règles sur la nourriture, l'entretien. et le genre
de vie ders prisonniers, qui doivent être fixes et
En examinant: quelles sont les conditions
nécessaires, pour que le local puisse être par-
faitement convenable à sa destination ..il ne
sera question que de celles qui sont essentielles
à la, salubrité. Ainsi, -au lieu de rechercher lies-
plans qui pourroient d'abord séduire, mais qui
affligeraient ensuite par l'impossibilité qu'ilspré-
senteroient dans leur exécution, je me bornerai
à considérer quellles doivent être la situation,
la grandeur et les distributions des Maisons de
Force, tracer les dispositions qui leur sont
absolument nécessaires et qui peuvent, avec
une régularité plus ou moins grande, s'exécuter
dans chacune d'elles..
Les Prisons les mieux situées sont celles
qui sont sur un terrein sec et élevé, et au bas
desquelles coule une rivière ou un ruisseau.
Le principal avantage que présente cette situa"
tion, est la facilité d'avoir de l'eau pure et en
quantité suffisante. Dans les lieux où cette
disposition favorable "ne se rencontre pas un
puits ou une fontaine peuvent y suppléer; mais»
pour que les prisonniers- puissent en jouir libre-
ment, il faut; qu'il y ait dans le| cour$, un
t 3»
'réservoir ,,ou chaque renfermé
ceitai»»
Le libre accès de l'air est une 'Condition non
mains essentielle. Toutes les Prisons étouffées
par lesécUfices qui le* environnent, ou placées
dans des souterrains » comme celles de Melun,
ont à cet égard urte disposition si vicieuse
qu'on rie peut espérer de ta détruire autrement
qu'en changeant de focal., Mais, quelque bien
situées que soient plusieurs Prisons vil en est
peu dans lesquelles il ne soit nécessaire de faire
des changemens multipliés si l'on veuf y
favoriser convenablement l'introduction et la
circulation de l'air. En effet, pour que ces
changemens soient véritablement utiles, il -ne
suff pas de donner à l'air un accès libre dans
la prison, il faut encore que, par des ouver-
tures ménagées avec art, on lui permette due
circuler dans toutes les parties intérieures. Un
des moyens les plus efficaces pour favoriser la
dépuration de l'air des salles et des chambres
occupées par les prisonniers, c'est de ne pas
y intercepter l'entrée du jour. En effet, la
lumière ne sert pas seulement & recréer nos
sens c'est .une substance vivifiante qui agit
physiquement sur nos organes, et dont on ,ne
peut skis «danger, nous dérober la jouissance.
Voyez
t
c
Voyez trouvé un homme qui',»
plongé darssi
des lieux où les rayons du soleil ne pénètrent
et décolorés qui croissent en
souterrains iL.aime couleur. blafarde et- livide.-
c|ui indique une circulation faible t ,us sang
h demi formé, et une vie pour ainsi dire
végétative»-
La Prison la mieux située devieridroit vicieuse, 1
si elle n'avait pas une grandeur proportionnée
au nombre de renfermés qu'elle doit contenir*
Dans une prison trdp.<étrQiî&4.bane peutét^blic
aucune règle efficace sur le
sonnierSjSur, la discipline qui'doitJes oTiainte*
nir, 'et ,sur les soins qui doivent présider1 àleur
entretien età 1 eu rsanté.. C'est ou I,'é-
ti-oitesse 'des Prisons, q»i^
lieux, a servi de prétexte à la ty-,
rannie des Geôliers: c'est parJedé&utd'emplaCe-
ment, qu'on a réuni ou mal sépafé les prisonnier»
de différent sexe,qu'ona confondu, les uns avec
les autres, des prisonniers de différente classe. et
qu'on a resserre dans, des cachots, ou renfermé
dans des cages, » dans une ¡prison
plus étendue placés
avec humanité, Il est donc de ,ka -.plus :graind«
ini
nécessité;* '.que les Pinsons, '-soient proportioptteeii
au.: nombre 'des indivMÎias «fu'elles doivent,: ce«-
HStbeaoeottpdë Prisons
cément' suffisant f il soiént/doH-
êfc à eét
absolument nécessaire' Rétablir des -régîtes ,fixes
et ïiivarîabtes. ̃̃̃̃;̃•̃ .t ;̃:
Il est convenable que le Geôliers îaient uh
logement situé à l'entrée de la prison. Ce loge-
ment doit être proportionné à leurs besoins,
ruais ihùut les empêcher d'avoir des chambres
superflues, et qu'il*- louent à leur-profit. ''D'un
côté-, et -sur.- la. même ligne que le logement du
Geôlier,1 -doivent' se .trouver la chambre* des
Juges 'et un parloir. autre- côté peuvent
être placés des magasins» le dépôt des' hardis»
et l'endroit destiné à servir de salle de bain
Du guichet servant éè vestibule à la prison
et -entrée au logement du Geôlier on doit
aller par deux couloirs séparés, au département
des hommes et h celui des femmes, qui auront»
comme pièces une salle commune
de jour, une salle commune': -de nuit» -des ca-
binets ou préau et
des -infirmerie». -.̃< • :̃'̃ -;̃ .«>
rC 35
G a
d'iw poêle
ou ,<f«(p ou les prisonniers
se réuniront; soi t pour
des injures de l'air» .S
La salle commune de nuit est le dortoir,
où sei*©nl;> dressés des lits pour y coucher- les
Dans les Prisons trqp,petitçs pour qii!on puisse
y établir ces deux salles de jour et, de nuit,
on pourraen disposer une, de manière à remplir
ces deux objets ce qui se fera, en attachant
la 'muraille de la sj%He de jour, des hts mo-
biles,, qui'^e relèvent le matin et qui s'abaissent
Ces Jits ne sont pas dispendieux; ils peuvent
être composa d'un jC^dre, fond. sanglée de
deux piedçi et demi de large, 4'un matelas de
lainjK et de bourre r-, d'une grande couverture,
fait,,que ces précautions simples doivent appor-
ter dans les Prisons, il faut cansidérer daps
quel état sont, les prisonniers, dans les cachots
où on les tient renfermés) pour ta .plupart pen-
dantla nuit. Étendus sur ujne- paille trop .rare.
ment repouvelléejtoiirmentés par mille insectes
'•(&$
et plongée dans une
demi inéphyîique, ils se livrent, par de courts
un repos fatigant et l'heure du
sommeiP, -âpres leqjiiel tous les
pirent, est, le plus souvent, pour eus vu temps
de douleur et de supplice.
Le préau est le seul plaisir, ou plutôt la
seule consolation, à laquelle lea prisonniers
dont les Maisons de Force sont si salubres et
si bien réglées, ne permettent jamais au? ren-
fermés de Sortir de leurs chambres, qui, la
vérité, sont grandes, saines et aérées mais cette
sévérité deviendrait un suppliée dans nos Pri-
sons étroites, et sur-tout pour des François, dont
le caractère est aussi vifetaussi irnta'We ,'que
celui des Holïandois est
De quelque nature que soient lesfd5stni>tf fions,
intérieures des Maisons de- Force la promenade
au préau est absolurhent/ nécessaire, pour con-
server la santé des' renfermés c'est "un 'bain
d'air, qui les dépouille de toutes les impuretés
qui sont la suite du séjour contiouel dans un
même lieu et de la. stagnation des humeurs,
produite par le -défaut' 'de -mouvement. M.
Howard dont l'expérience est si décisive
regarde, comme une des premières loli k établir
C 3
dans Ses Prisons, l'obligation de faire sortir, tous
il finit qu'ils
jouir pendant la plus grande partie du jour, et,
-par conséquent il est absolument nécessaire
autre pour les femmes.
Quand la cour qui sert de préau est grande.»
voisins eptre-
du levant on du,, midi
a la .position la plus favorable qu'on puisse
C'est encore un avantage précieux que d'avoir
des tirhr<\3 qui fournissent quelque ombrage
plusieurs Prisons de
mais elles ne sont, lorsqu'elles
f 38 J
àônt placées le long des murs
ailleurs; elles jeter de
l'obscurité
seront W préau,' des auvents propres^ servir
d'abri 'pendant les grandes chaleurs et pendant

endroits, sont encore des dispositions' simples
que l'humanité dicW'eri faveur des faveur' des
vieillards et des malades qui ont besoin d'aller
Priions, qui
lalrines, leur mauvaise
propreté. En 'communes
preté, et en faisant Construire,
de nuit, un cabinet que l'on puisse facilement
et proniptemenf net loyer et le
j^ui on ôtera des
des émanationa eu
'i
C4
de$ invalidas
desirtspns1
il dans

«te
J ïl paroîtroit chaque
Forte l'une
tontine*1 maison
aussi servir pour
Nationale et
se
sa destination
doit étro
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i'iè
̃
&it fu' -hs
sdlctms oU îtjiiit'soïit tk à
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