Mémoire sur le commerce de la France et de ses colonies ([Reprod.]) / [par Tolozan]

De
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Moutard (Paris). 1789. Commerce -- France -- Ouvrages avant 1800. Commerce -- France -- Colonies -- Ouvrages avant 1800. 2 microfiches ; 105*148 mm.
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Publié le : jeudi 1 janvier 1789
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RESEARCH COLLECTION
LES ARCHIVES DE LA
REVOLUTION FRANÇAISE
MAXWELL
Headington Hill Hall, Oxford
MÉMOIRE
S U R
LÉ COMMERCE DE LA FRANCE
/'EtP'E SES COLONIES;*
Non ut doceam, fid ut doçcàK
A PARIS,*
De l'Imprimerie de Moutard Imprimeur-Libraire rue
des Mathurins Hôtel de Cluni.
M. DCC. LXXXIX.
AVERTISSEMENT.
,/V 0 U s croyons en publiant ce
voir annoncer qu'il n'eji pas entièrement notre ou-
1 'rage; nous avons été aidés dans nos recherches &
dan^ nos calculs par un ancien Négociant qui a
voyagé avec fruit dans la plus grande partie de
l Europe & qui joint à une grande jujlejfed'efprit
Jesxconnoijjances en tous genres ,Jur-tout dans
les marieres de Cnmmerce. Nous avons combiné
nos idées avec les pennes, pour évaluer les produits,
tant de notre Agriculture, que de nos richeJJ'es in-
dujlnelles 'pour en former le refultat général.
Non feulement notre amour-propre^ne fera point
bleffé qu'on relevé les erreurs dans lef quelles nous
aurions pu tomber, nous verrons au contraire, avec
le plus grand plaifir, toutes les obfervations qui
pourront conduire à la découverte de la vérité".
L'Epigraphe que nous avons mife à la tête du
Mémoire efl. l'expreffion bien finceré de nos
fentimens..
1
A
MlM 0 IR>E
SUR'
LE COMMERCE DE LA FRANCE
ET DE SES COLONIES.'
Non ut doceam fnd ut docear.
LE Commerce a dû exificr & a exil1é réellement dus (]ue
les Sociétés fe font formées, parce qu'à cette époque même
les hommes ont été obligés de fe répartir entre eux les
moyens qui pouvoient leur procurer les. befoins due pre-
miere néeeflité.
Dans cet état primitif les productions naturelles des
terres, desjkkrgs & des mers auroient pu à la rigueur,
fuffire'à leur fubfillance & les toifons des animaux leur
fournir des vètemens mais le défir des commodités en-
traîna bientôt avec lui le goût du luxe, l'induitric fut forcée
de multiplier & de perfectionner les productions de la
terre & d'en changer les formes; de là l'Agriculture, les
Manufactures Sa tous les autres Arts utiles & agréables. Ils
formèrent autant de branches différentes de commerce,
2
Etats &. du bonheur des Peuples. Ce ferait en effet s'abufer
de croire que le degré de la puilïance fe mefure pat l'éten-
due des Provinces, & que le bonheur des Sujets fe calcule
par les richcfTes du Souverain. Un. Etat n'ejl plus puisant
qu'un autre que par la plus grande population, 6c la plus
grande, population ne -peut fubfifler fans une fomme de
travail proportionnée au nombre des bras que l'Agriculture
ik rindtifirie doivent mettre en mouvement rune & l'autre
font l'énonce du Commerce. Sans l'induftrie, les fruits de la
terre.n'auroientpoint de valeur, fi l'Agriculture eft négligée,
lcs fources du Commerce font taries. L'union de ces deux
principes agens de la puilïance Se du bonheur publie, eH-
1 telle que iï l'un l'emporte fur l'autre, ils pcrdent infenfi-
blemcnt leurs forces réelles & relatives.
Ces idées préliminaires auroient peut-être befoin d'un
plus grand développement, pour être mieux lenties mais
comme ce Mémoire eil deftiné pour des perfonnes inf-
truites on a cru devoir fe borner à l'expofition des prin-
cipes généraux, pour les appliquer à l'état aduej de notre
Agriculture & de notre induftrie.
On croit devoir commencer par le tableau des produits
de notre Agriculture. On prefentera enfuitc celui de nos
Manufactures. Quoique ces tableaux ne [oient pas, il beau-
coup près, au ffi exads qu'on l'auroit déliré, cependant ils
l'uniront pour mettre l'Adminiitration à portée de juger fi
nous faifons tout 1*, commerce que nous pouvons faire eu
q;ard à h bonté de notre fol ,̃< a la pofition, à fon étendue,
la quotité de notre population a aux reffources du génie
national nous propoferons nos réflexions fur chaque efpece
de roduits ainfi que fur notre commerce intérieur &
extérieur & fur celui de nos Colonies nous indiquerons
en même temps les moyens que nous croyons les plus
propres à leur donner toute l'étendue & toute l'activité
dont ils font fufceptibl.es ( i ).
(i) Lorfti'i'oa a ixdifji; ce Mémoire, on ne coBiioilIoit ras encore les demandes
A
Aij
PREMIERE E P A R T I E.
Agriculture.
Perfonne n'ignore que les différentes Provinces de'
la France offrent à l'iiulullriede les habiuns prefque toutes
les efpeces de productions.
Les grains.
Les herbages propres il la nourriture des befliauxi
Les vins.
Les olives 8c- autres fruits & graines propres à faire de
l'huile.
Les fruits & légumes. h
Les bois.
La laine.
La foie.
Le lin & 'le chanvre. ^•
Les mouches produisent la cire & le miel.
Grains.
Le pain efl la nourriture la plus comimine des Peuples
de l'Europe par conféquent les grains iW| la partie la
que les trois Ordres des différentcs Provinces du Royaume ont charge leurs De-
putés à l'Aircniblce Nationale de faire. On a vu avec [ilaiïir qu'on .avoir prévenu
leurs délits fur prcfquc tous les points relatifs au Commerce du Royaume ,.cn forte
que ce Mémoire pourra fournir des éclaircilTcnicns pour leur décilion.
Plulîeurs Cahiers annoncent les voeux du Commerce pour la révifiun ou la ré-
formation de l'Ordonnance de Ce travail cfl fait depuis longtemps. Les mo-
tifs des cliangemens qu'on propofe de faire. y font expliqués. Mgr. le Garde de»
Sceaux a permis qu'il fur imprime, & il le fera bientôt. Comme ce n'eft encore
qu'un (impie projet les Chambres du Commerce & les Négociant' du Royaume
pourront propofer leurs obfcrvations elles feront reçues avec cmprcllemcnr.
Toutes celles contenues dans les dirrérens Cahiers des trois Ordres, tant fur les
Contraintes que fur les Ccllions de Biens les Lettres de Répit les Arrêts de Dcfcnfcs,
les Faillites & Banqueroutes les Revendication, les Demandes en Privilège &
Préférence enfin la Compétence des Juges qui doivent en connoitre font discutés
dans le Projet, & forment autant d'articles nouveaux qu'on propofc d'ajouter à
l'Ordonnance de i6y$.
4
plus nécenaire du produit des terres, 8c celle dont Iacon-v
iommation efl la plus conudérable.
Pour pouvoir déterminer la- quantité de grains que la
France confomme il faut connoître la fomme totale de fa
popuhif >n. Un Ouvrage fait depuis peu d'années, nous ap-
prend que la population actuelle du Royaume eu de vingt-
quatre millions fix cent mille individus de tous fexes & de
tout âge (i). Leur consommation en pain doit âtre calculée
cm ¡l'on' d'une livre & un quart de grains pour chaque in-
dividu. Le calcul ne paroîtra pas exagéré fi l'on conudere
que le plus grand nombre des habitans de la France n'a
d'autre aliment que le pain quelques fruits & quelques
légumes; que leur pain eit rarement fait avec du froment;
qu'ils ne boivenx point de vin qu'ils font expofés il toutes
les intempéries de l'air & a la chaleur du foleil depuis fon
lever jufqu'à fun coucher que les travaux les plus pé-
nibles leur font réfervés. Cette portion d'hommes mange
chacun plus de trois livres de grains par jour ainfi com-
penlation faite de ce que ceux-ci confomment de plus, avec
ce que les perfonnes aifées les femmes & les enfans con-
fomment de moins, on croit ne pas s'écarter delà vérité
en 1 que la confommation générale des vingt-quatre-
millions fix cent mille individus doit être de cent. treize
millions de quintaux, poids de marc. Il faut ajouter à cet
objet ce qui efl néceflaiie pour la nourriture des animaux,
de différentes efpfces, 8c ce qui eft employé pour les braf-
feries & les amidonneries, qu'on peut évaluer àvingt-fept
millions de quintaux. Plus, pour les Semences qu'on doit re-
̃ garder comme confommées toutes les années, puisqu'elles
font indifpenfables pour opérer une nouvelle reproduction
vingt-huit millions, ce qui fait montèr environ cent
SOIYANTE-HUIT MILLIONS la récolté néceflaire pour que
la France ne toit pas forcée d'avoir recours à l'Etranger.
Cet apperçu fuffit pour faire fentir de quelle importance efl
Ci) Ouvrage de M. Nsçkct fur radminiïhation des finances.
ment convaincu, 'fi on confidere qu'un
à cent vingt millions, tandis qu'un dixième de Yuperflu
fur les mêmes récoltes procureroit une augmentation an-
nuelle de ïoixante-dix à quatre-vingt millions dans notre
numéraire.
Beaucoup 'd'Auteurs Anglois ont donné à ce. lu jet dans
des exagérations qui nuifoient 4u fuccès
vouloient défendre ils n'ont pas craint d'atteler que
la France pouvoit recueillir &avoit recueilli dans une feule
année deux ou trois fois la quantité de grains néceiîaire
à fa confommation & que ces récoltes n'etoient pas rares.
Par une fuite de la même exagération ils
qu'en Anglôtetre une bonne recolte foùrniiîbit à U con-
fommation de cinq années.
Avant de faire de pareilles affermons ils auroient du.
confidérer qu'il n'étoit pas poffible que dans ces préten-
dues années d'abondance le prix des grains ne
beaucoup; qu'en- fuppbfant que leur valeur commune fût
tombée a quatre livres le quintal & que la France 'n'eût'
vendu que la moitié de fon fuperflu cette vente de quatre-
vingt-quatre millions de quintaux auroit procure trois,cent
trente-fix millions de numéraire par an. Nous hommes bien
-d'une pareille pontion. Depuis pluiieurs années, les
récoltes de la France ont à peu près égalé fa consomma-
tion. Comme elle a vendu des parties de grains elle a été
obligée d'en acheter.
-Le^. grain acheté coûtant plus cher à SEtat ( i ) que
ne lui rapporte celui qu'il vend la France a été obli-
gée de payer à l'Etranger une foldé en argent pour la
balance de cet article. Cette perte de numéraire eH le
(ji) Les achats*Snnoncectt des befoms & la vente fnppofe du fuperflu jamais-
le: frais étant picfquc tous contre l'acheteur l'achat des grains, emporte plus Je
auméiaiic clue la vente n'en produit, en fuppofant le» quantités égaks»
6
• ~> moindre mal; il én-èïl réfultû un bien pins grand de ce qu'e
les grains s'étant Retenus depuis quelques années un prix;
très-haut '& le. Peuple ayant manque plufieurs fois de
"• travail", une grande partie de la Nation a moins conlbm-
^frné. Q'cl\ 1111e trille vérité bien connue de tous ceux qui
leurs regards de deiïus la partie fouf-
frante .de la Nation.
» Nourriture des bejiiaux. t
La nourriture des animaux qui fervent au labourage Se
qui fournilïent des engrais pour les terres, tient eucntiel-
lement à l'agriculture 6c on peut dire que fajft une grande
nourriture debertiaux, on n'aura jamais qu'une agriculture'
languiflante. Cette nourriture, confidérée dans fes rapport^
avec l'agriculture, "mérite donc la plus grande attention.
Elle n'en exige pas 'moins, fi on l'erwifage comme four-
nijrant une partit de la fubfiftance des hommes.
Ii leroit diiHcile d'établir des calculs qui puflfent faire
connoître exactement quelle eit la confommation que la
France fait en beftiaux pour la nourriture de fes habitans.
La connoilïance de la population du Royaume rie peut
plus nous guider ici comme pour la confommation des-
grains. Toutes les claies des Citoyens ne mangent pas
également de la viande il n'efl que trop de malheureux
fujnr qui c'eft une nourriture prefque inconnue quand
'mèmjp 'on lauroit exadement le nombre des hommes qui
en cpnfomment,on n'auroit encore rien de certain chaque
homme ne mange du pain que ce qu'il. lui en faut mais
le riche a. trouvé le moyen de multiplier étonnamment fes
'befoins en viande il en prodigue une partie pour affai-
i'onner l'autre. Cependant on peut donner un apperçu,de
notre confommation en prenant, d'une part, pour bafe
celle de.Earis qui en. allez connue (i) & en n'évaluant
;O Cn s'ift rc«! pour évaluer la cotifommation de Paris fur Jet états annexés
ju Ccmftc rcJidrTpîrt M. VAbW Terfay, «in;74-
7
d'autre part ta
vinces ou des quVn
d'un
D'apiès ces obferfations,on peut conjecturer que lacou-
fommation de
Un million fix
Un million
Quelque incertain qu«^bit Ce calcul icpendant une
note reçue du Buteau
bable jufques a un certai^MMmit.
par cette note, qu'il fe en 1 rince''
douze de Rc^iflcurs
du droit dirent qu'il faut ajouter a cette -quantité
un qua'rt en fus pour les cuirs qu'on ne fait pas marquer,
&dont on fraude le droit ils dirent de plus, qu'on' compte
douze peaux de veaux pour un cuir de bœuf. I.es'.douzc
cent quatre-vingt mille cuirs fuppolent. dong la coniumT,
mation de dix-fept cent fix mille, qui approcha aiririimcnr
de celle de dix-fept cent douze mille cinq cents L la'«j,u{.lle
nous avons arbitre dans le calcul précédent un million ùx
cent mille bœufs ou vaches, & les treize cent cinquante
mille veaux qui, divifés par douze forment une augmen-
tation de cent douze mille cinq cents. Cette confominatîôh
eit très-bornée, on envifage la population de la France;{(
livres par;tête. Cependant !a nourriture de
peut y fuffire, & nous payons annuellement une balance à
l'Etranger pour les viandes,, ainfi que pour le beurra le
Danslcsciiujann&sdc 1777a la îraece .1 p^J année conîiimnç
8
par
fromage le fuif (1).
combien on- négligé en France. les moyens d'y multi-
plier les befîiaux quoique, ce foit une des branches les plus
importantes de notre agriculture.
On ai'roit défiré pouvoir donner une évaluation du pro-
duit de nos prairies, fuit naturelles foit artificielles mais
outre que nous n'avons aucune notion poiîr faire cette éva-
luation, c'elt que, dans le cas même ou nous aurions des
rcnleignemens certains de nos récoltes en fourrages de
toute efpece, nous ne pourrions pas en faire entrer la to7
tali'té dans la malle des revenus; il faudroit en dillraire
i°. la partie qui i'ert nourrir les chevaux deftinés au la-
*bourage dont la dépenfe eft comprife dans le produit dés
terres. ̃
2?. Celle qui fert pour la nourriture des animaux en-
graifles pour les boucheries car ce feroit faire un double
emploi que de compter leur produit & enfuite leurnour-
riture.
il ne relie donc qn'à évaluer la partie des
fourrages ^employés à nourrir ;,favoir, les che-
vaux des troupes, à raifon de
Ceux de felle carroffes & autres voitures
appartenantes à des particuliers & dellinés,
uniquement à leur commodité ou agrément; on
peut en fixer la quantité à 60,000.̃ 6o,000
Les polies, relais & voitures publiques doi-
vent en; employer au moins 40,000
La quantité de ceux dellinés à tranfporter
l'x millions à l'Etranger pour la balance de ces différens articles Se près de onze
millions en
Comme nofis citerons Couvent la balance de nous croyons dcvoir dire
tjuc la manière dont elle eit rédigée fait honneur à ceux qui font à la tête de ce
travail. Nous ne doutions point qu'il ne devienne de jour cn jour plus inftruflif &
plus utile, fur-tout d'après un Mémoire quittons a été communiqué & qui
nous a paru contenir les vues les plus (aines fur le Commerce.
9.
B
que les autres, & n'ont pas la' relîburce des pâtures en
celle qui paroit mériter le plus l'attention du
Presque toutes les Provinces de France produifent le
vin néceffaire à leur consommation; elles «e'ti fourniroient
même au Commerce étranger, fi la qualité médiocre des
vins de plufieurs de ces Provinces n'y mettoit un obfia-
cle & fi cet obllicle n'étoit encore augmente par les fin-
vguliercs difpoluions de nos tarifs fur les droits des Aides
(les Traites. On a fouvent multiplié les droits fur des
vins qu'on ne pouvoit efpérer de vendre qu'a bas prix on
en détruifoit néceffairemënt la vente par cette furcharge
que la valeur de la denrée ne pouvoit pas fupporter, tan-
dis que la diminution des droits en auroit facilité le çom-
10
merce. Auffi les Provinces qui ne donnent que des 'v'.ns
médiocres, ont été réduites la consommation intérieure.
Les vins de plufeurs autres contrées, tels que ceux de
Champagne, de la Bourgogne, &. fur-tout\de la Guienne,
forment une branche confidérable d'exportation d'autres
Provinces fourniffent des eaux-de-vie au Commerce exté-
rieur en forte que ces deux branches de not Agricul-
ture malgré les gènes qu'elles éprouvent, fc^nt cepen-
dant celles qui contribuent le plus augmenter îa riclyeffe
Nationale en effet, notre exportation à l'Etranger, en eaux-
de-vie, ou en vin, s'élève chaque année à plus de 3o
Quant à la fomme à laquelle monte notre consomma-
tion intérieure nous ne pouvons avoir que des notions
imparfaites & incertaines. Le vin n'eft pas, comme le pain,
un premier befoin de ,l'homme par conféquent la con-
noiffance de la population du Royaume ne peut nous être
que d'un foible fecours les Régules de la Rigie des Aides
ne nous donneroient pas des lumières plus grandes, puif-
que toutes les Provinces ne font pas affujetties aux droits
d'Aides.
Le feul renseignement que nous ayons pu nous procu-
rer pour évaluer la confommation générale du Royaume,
a été l'es déclarations faites aux entrées de Paris. Suivant
les états inférés dans le Compte déjà cité de M. l'Abbé
Terray il y entre toutes les années 240 mille muids de
vin, &io mille muids d'eau-de-vie; il faut au moins ajouter,
pour les parties non déclarées un fixieme fur le vin &
un quart fur l'eau-de-vie ce qui donnerait en raifon de
la population pour la confommation du Royaume plus
de 10 millions de muids de vin, qu'on réduira à fept mil-
lions, attendu que s'il y a des Provinces ou il ît con-
fomme plus de vin à proportion qu'à Paris, il y en a auffi
ou il s'en confomme beaucoup moins. La confommation
de l'eau-de-vie eft à peu près la même par-tout. Comme
celle de Paxis en raifon de 680 mille habitans, etl de
11
Bij
12,500 mifids, y compris le quart non déclaré, nous trou»
vons environ muids d'éau-de-vie pour la conibm-
mation du Royaume.
En portant livres le muid de vin la bouteille ne
revient qu'à i fous 10 deniers & cependant forme un
objet de j.80 millions de livres tournois.
L'call-de-vie à livres le muid forme up fécond ob-
jet de 52 millions. On peut eflimer les autres boirons,
telles que la bière, le cidre, le poirée, &c. au moins
millions. La totalité de la confommation intérieure peut
donc être évaluée 350 millions.
Indépendamment de cette maffe de richeffes, cette bran-
che doit être envifagée comme très importante par fa
nature.
1°. La vigne peut fe cultiver fur des terreins qui ne
rapporteroicnt que peu ou point de grains. Cette cul-
ture occupe beaucoup plus de bras que celle des graines, 8c
par-la elle efl une précieufe reflburce pour fournir de l'occu-
pation au peuple. Les productions de cette branche d'A-
griculture peuvent plus facilement fe vendre au dehors
parce que tous les climats n'étant pas propres il la culture
de la vigne, on trouve muins de concurrence à la fente.
Les vins & eau-de-vie étant à volume & poids égaux
d'une valeur bien plus confidérable que les grains
les frais de tranfport n'en augmentent pas autant le prix.
On doit donc regarder comme très-etlcntiel à la profpérité
de l'Etat d'animer cette branche d'Agriculture, & de le-
ver les obfkcles qui s'oppofent à fon accroifîement.
Oliviers & graines propres.ci faire de l'huile.
L'huile eH devenue un objet de conf'ommation bien
confidérable; elle entre dans beaucoup d'alimens; les Arts,
les Manufactures en ont un befoin continuel & il s'en
confomme beaucoup dans les lampes pour éclairer. Les
huiles fe tirent principalement des olives, des noix, de
I
diverfes graines & de différens poiffons. Nous ne faifons
-point entrer dans cette article cet .dernière fource de
les oliviers ne rêuiîilïerit bien que dans deux de nos
Provinces ils les enrichiffent, & leur procurent les moyens
de te pourvoir due frt-ains dont pluiieurs de leurs cantons.
ne' recueillent pas aiTez pour leur confommation.
Différentes autres Provinces cultivent les graines pro-
pres, fournir de l'huile; mais il en cil beaucoup dans
Lùjuelles cette culture eft totalement ignorée. Cependant
elle s'allie très-bien avec celle. des grains, & elle fournit
des moyens d'engraiffer le bétail delUné aux boucheries.
Il eft d'autant plus intéreffant d'animer cette culture
que jufqu'à prêtent le fol de la France n'en n'a pas produit
uva quantité furfifante pour fournir à fa conlbmmation.
l.iie pave annuellement une balance confidérablc l'E-
tranger pour cet objet (i)..
Par le calcul des droits que le Roi en retire on peut
évaluer la confommation annuelle de la France* i mil-
lion de quintaux. Les droits impolis fur cette production,
&. la manière onéreule dont ils ont été perçus lors de
leur établilïerrient en ont empêché la culturc. Ils ont
été modérés depuis, on a fimplifié leur perception; mais
ces douceurs n'ont pas fuffi pour ranimer cette branche
d'induftrie elle ne profpérera parfaitement, que lorfqu'elle
fera affranchie de toute perception de droits, ou au moins
(t) De 1777 a 1781 la France a payé, année commune, 8 millions ;oo mille
livres pour la balance de cet objet & 14 millions mille livres en
Le droit fur les huile; fut établi en pou: ft procurer la foiblê n-flburre
d'une Comme de 750, coo liv. avancée par la Compagnie à laquelle on l'avoitalié-
ne. Il rapporte à préfent plus de 2. millions. La feptieme partie dz la France ne
paye pas de droits pour les huiles qu; s'y fabriquent & s'y r<«nfommcnt & par;»i les
Provinces qui payent les droits il yen a la moitié qui font a' onnees. Ces obCer-
vationv.ont été faites lorsqu'on a_ évalué la production de cette denrée, à i million
de quintaux.
m--
qu'elle ne fera àffuicttre
efpeces de productions payent..
Ces objets ne font pas une partie ('le ta ih.)i.:t-
u:i or/et indifférent. Les légumes ont ii>uve::t etc d'un
ttuit on a à à tourner l'attention d<.s Cultivateurs'
vers les différentes eipeees de pommes de 'terr^; on ne
peut que louer ce zdc. Les pommes de terre viennent
aiiez bien d:u;s des terrems c]tu |)i\)dinH)iOiit peu en grains;
quand ce LV^ime Il':1
trop Mais ù dema.iue bien plus
de précaution que celle desgrr.ins." IXs qu'il a été
qué de la il s'altère. A rapproehe'du prii-remps, il
commence a germer fit devient miinble' à la fanté un
ne doit plus à à la nourriture des hommes: cet.
inconvénient grave auquel on paroît avoir fait trop peu
d'attention ^empêchera toujours que, ritalgré fes avanta-
ges, la culture de cette efpeee de légume ne devienne
une branche principale d'Agriculture. Différons autres lé-
gumes, tels que les navets de toutes efpeccs, &c. &c. for-
ment encore un objet important dans'TAgriculture, par
le fecours qu'ils procurent pour la nourriture des trou-'
peaux de toute efpeee dans la faiion où les pâturages
font inabordables. Cette culture n'a pas été aufii animée
en France qu'il auroit été à délirer qu'elle le fût.
Les fruits communs font une grande douceur pour
l'homme qui vit de fon travail & on doit délirer qu'il
n'en manque pas. Cet aliment contribue foavent au fou-
14
t:cn de Ct ùnù. Les fruits plus recherchés font regnvdés
comme néceifaires ïur la table des riches; ii le Royaume
ne leur en ̃fourni (Toit ils les payeroient
On en tire en effet quelques parties mais qui font com-
penses par d'autres que l'on exporte. En général les fruits
Se les légumes ne coûtent ni na rapportent rien à la
France.
Il efl des Provinces ou la culture de la vigne a été
remplacée par celle des pommiers & des poiriers dont
le fruit fert il faire le cidre & le poiré cette boiffon en:
affez faine la France (n'en produit que la quantité nécei-
faire pour fa confommation.
Bois..
On affure que la France étoit autrefois couverte de fo-
rêts. Cette affertion paroît contredite par une autre qui
fe trouve dans le même Auteur. Il prétend qu'alors la France
étoit beaucoup plus peuplée qu'elle ne l'en: à prêtent. Ce-
pendant jamais pays couvert de bois ne put nourrir un
peuple nombreux ce qui a pu induire, en erreur fur l'é-
tendue que pouvoient a^oir autrefois les forêts de,la France,
c'cil le bas prix auquel étoit le bois de toute efpece. C'ell
moins la diminution dans l'étendue des forêts qui a caufé
cette révolution dans le prix que l'augmentation de la
confommatioa, en tout genre, par rétablilfement d'ufines
& manufactures, & par le grand luxe dans le chauffage
des particuliers. Malgré cet accroiffement de confomma-
tion, la France ne peut pas encore être regardée comme
tributaire des Etrangers pour cet article. Si elle eft obligée
d'avoir recours a eux pour les bois propres il la Manne
d'autre part elle leur en fournit pour les cpnvertir en
planches; mais il faut obferver quelle n'eft parvenue â fe
1'til-Fi;e à elle-même, qu'en confommant fes anciennes éco-
nomies. On a mis en coupe des réferves, on a abrégé le
temps ixé autrefois pour les coupes ordinaires, on a épuife
̃»v
les mâgafins qui étoient abondamment
I- •>•>̃<;̃ ics années-, des bois défîmes aux
-V.L1.1. Hcurcuieinent que la
1.iT,,i./js de charbon de terre, une refiui.'rce Coairv lu,
C .ju. u'ii iiuv-i menace, i\\p!oitat:oi: de çtS
n:i,u.>, *̃: régler en même temps l'aménagement des bois
c-: i\ji.t a'Tuivr a moyens de le p.ilL-r des
l T^en; j>our les c.oiUirucliuns l'entretien des aimes Se
i! i'liailf.l.l.C1'.
'vous îiu qi/un ieul Auteur qui ait donne
'.iluat'i.Mi du prudutt torctsdu Hoyaumr.
II le fait monter nous p;c:idions cette/
libation pour règle julqu'a ce que non; a\ ons pu ne
procuier des états des bois de chaque Province., ikifotis
en a étë déjà remis plulicuis {lui ne laiiieut rien tie-
fker.
Laine.
Le mouton en un des plus beaux prêtons que la Nature
ait faits il l'homme il fe nourrit de l'a t/liair, fa dépouille
l'habille; il n'ell pas même obl'gé d'attendre la mort de
cet animal pour jouir de la toifon: /ous les ans il lui en
fournit une nouvelle; {on fumier et un des meilleurs en-
grais pour les terres. Sous tous es rapports, la multi-
plication des troupeaux de moutons eft une des branches
les plus lucratives de rirvdultriede'li campagne atifu peut-
on dire que tout Agriculteur q/ii s'appliquera avec foin à
l'éducation des moutons acquerra une aifance qui lui
procurera les moyens d'augmenter & de perfectionner la
culture de fes terres car /tout ce qui enrichit le La-
boureur, en une fource dé nouveaux produits pour la
terre; & on doit attribuer en partie la médiocrité de
Feu M. de Miubcau.
curer
notre ci: Lire, à l'état il.1
leur ôducation ccp,ddQt il y en a peu où elle l'.ilfe
un o!t principal à i..du!iric uulii
iohn.icut de laine iuponine nous avons très-peu de
laine fine, & nous n'avons pas allez Je laine commune
pour 'noue confommatiou.
Les deux premières parties de cette aflertion font a fiez
connues la troifieme n'eu" pas moins vraie. Noiis n'en-
voyons pas des laines à l'Etranger, on au moins nous en
exportons de fi petites quantités qu'elles ne peuvent
être d'aucune confidération nous en tirons des parties
çonfidéfables qui nous coûtent annuellement plusieurs
millions (i).
On dira peut-être que fi nous tirons des laines de l'E-
tranger, nous y envoyons des draperies & des lainages,
& que fi nos Manufactures en ce genre étoient bornées
à notre propre confommation nos récoltes en laines
feroient Tuffifantes pour y fournir. Cette objection cil dé-
truite par des relevés dont les résultats prouvent, qu'en fup-
poJant même que la France ne fît aucune exportation de
draps <kde lainage elle fruit toujours obligée de tirer des
Limes pour fournir à fa-propre confommation. La difette
Ses laines en France fe prouve encore par leur haut prix.
A qualité égale, elles font beaucoup plus chères que dans
aucun autre pays. Le prix de nos laines médiocres eH même
plus haut que celui auquel on vend chez nos voifins des
laines fuperieures à tous égards aux nôtres.
Ce n'eu pas tout non feulement nous n'avons pas affez
de laine mais encore l'efpece que nous avons eft bien in-
férieure en qualité à celle que nous pourrions nous pro-
De 1777 à 17S1 l'importation des laincs étrangères a coûte à la Franc*,
an 11 ci; commune fçizc millions quatre cent mille livres, & un, peu plus en
17S7'
A
rurer. Cett<? infériorité cil une fuite
tenir & peuVctionuer les faces de nos moutons, mu.! s
que les fuccès à cet égard des Nations nos ri\.ile>, bk.i
loin dexciter notre émulation n'aient iervi qu'à nous porter
au défefpoir de pouvoir les égaler. Cependant, des eliais
tentés depuis quelques années, ont du nous rafurer lur
cet article; quoique ces épreuves n'aient pas été îuivcs
comme il auroit été à délirer qu'elles le tulkn: tlles
ful'riléiit pour prouver que nous jjuuvoiis nous procurer
co:nniiu;s &. denii-hns, & que !on peut même cl|><ii.r
de parvenir à fe procurer des laines fupernnes.
Ce n'c11 pas ici le lieu de développer les moyens d'y
réunir. Nous avons remis il y a déjà long-temps au. Gou-
vernement differens Mémoires, dans lesquels on fait fentir
la nécefiîté de s'occuper de cet objet, & l'on détaille les
méthodes convenables pour procurer à la France les races les
plus parfaites, Mes multiplier en proportion de nos beioins,
qui font très-étendus. Nous faifons des vœux pour qu'on
prenne en confidération les moyens contenus dans ce Mé-
moire. Quoique notre confommation ibit très-inférieure
ce qu'elle devroit étre, nous croyons cependant pouvoir.,
aflurer que nous recueillons année commune envirun
trente nzillions de livres pefant de laine. Ce calcul eu .fondé
fur la même bafe dont nous fommes partis pour eftimer la
quantité de belliaux qui fe confomment, année commune, en
France. Il en encore fondé fur l'état général des différentes'
efpeces de fabrications en laines & lainages du'Royaume.
Ces deux remi-preuves s'étayent motitellement 8c forment
quelque clrofe de plus qu'une fimple probabilité.
Soee.
La foie eft la matière première de beaucoup d'objets de
manufactures. Le mûrier, dont les feuilles fervent de nour»
I&
par-tout;
il paroit cependant .que les pays chauds font les plus propres
& du Nord n'ont pas jufqu'à
la qualité approchât de celles de nos provinces rnéridio-
nales. Sans blâmer la culture du mûrier dans les Pro-
vinces du Nord on croit qu'il convient de l'animer de
préférence dans celles où il réuffit le mieux.
Quoique la France recueille à peu près une quantité de
foies égale à colle dont elle auroit bfefoin pour les dif-
férentes efpcces de fabrication en foierie nécefîaires h.
tv confommation cependant il neû pas moins vrai quelle
eft tributaire de l'Etranger (i) pour cette matière pre-
mière en raifon de la quantité d'étoffes & de bonnete-
ne en foie qu'elle exporte. Elle le feroit beaucoup moins
ii ceux qui récoltent des foies, vouloient fe. départir de
feur ancienne routine dans les premières opérations du tirage
& de la filature, & fe fervir de* moulins plus parfaits pour
organciner leur foie. Plufieurs etabliffemena formés en grand,
ont prouvé que nous pouvions leur donner un degré de per-
fection égal à celui que leur donnent les Piémontois mais
en général on eH fort éloigné en France de cette perfection.
Quoiqu'il en foït; d'après les renfeignernens que nous nous
fommes procurés, nous croyons qu'on peut évaluer à vingt-
cinq millions la totalité des foies que nous récoltons en
France.
Le Lin le Chanvre.
Il eft peu de Provinces de France qui n'aient beaucoup
de terreins propres a la culture de ces deux plantes pré-
cieufes. Plulieurs en foumiflent d'une quantité fupérieure.
Ci) La balance rayée à l'Etranger pour cet article, a mlTè vingt- fort million';
d*ns anpt« 4 ,7«i fc i peu pw* eu;
Cij
On peut cependant apurer
ture tout le parti
ir.ùiic dans
près; aulli pivons-r.ous un tribut
pour alimenter nos fabriques de ces deux produirions.
Quelque négligées qu'elles l'oient elles fournifïent néan-
moins à nos Manufactures pour pï lis de cinquante' millions
de matière première. Quelle malle de licheiïes n'en devn/t-
on pas attendre ii elle étoit aufli aminée qu'elle devunt
l'être ?
EJu:anon des Abeilles.
Cette branche d'induitrie tient il l'Agriculture elle ne
peut s'exercer que dans la campagne. Elle y il d'auu'it plus
avpntageufe que tout eil bénéfice. En. ei'kf, cet imeûv;
prccieux n'exige • [lie quelques fouis i:;i
très-petit local il s'alimente fans rien retrancher fur la
nourriture des hommes & des animaux. Son éducation
très-facile eft beaucoup trop négligée en Frauce, o'i cite
pourroit être une renburce pour les cantons moins Lv >r\l":s
de la Nature, 6c auxquels la vente de la cire & du miel
procureroit une forte d'aifance qu'ils ne peuvent cfpérjr
d'autres productions que leur fol leur réfute. Notre 1 i\e,
qui augmente journellement la cônfommation delà cire,
feroit ainfi refluer dans les campagnes les plus miférables,
l'aisance qu'il prodigue aujourd'hui à l'injuflice étfan-
gère (i).
En rapprochant les différens objets dont nous venons
de parler on voit que la France produit, année commune,
cent foixante-huit millions de quibtaux de grains de toute
efpece, d'où défalquant vingt-huit millions pour les Se-
mences, il refte, pour fournir aux confommations, cent
De à la France a payé m^ie commune, douze cent niil'c
livres pour balance, ca.u( de la cke que du miel, & pics de quinze «lit mille
4iïi*s e* ifSS.
Huiles, à peu près un million de quin-
taux à foiyante livres.
Bois 146.000,000
'aine pour environ 35,000,000
|î'jit ci. iron
M tant déduire îur cette fomme les
On ne peut pas les éuiiuec ¡\ une lbmme moindre que
la moitié du produit, eu égard aux avances en argent
qu'exigent pluiieurs objets notamment l'achat des bef-
tiaux pour la culture; ainii le produit net ne feroit que
d'environ neuf cents millions (1;,
A la venté les fruits, légumes cire, miel, charbon
de terre, & les différens. minéraux dont on parlera parla
fuite, ne font point compris dans la fournie totale de nos
prodiguons. Au premier afpecl, une malle de
d'un milliard huit'unt vingt-fix millions, pa-
proche de l'étendue de la France (2), & de la popula-
tu:: on tera étonné qu'elle ne un produit
U) _t.c ictMi:hrnKnt des fr.js dt cultnrti ne dbitavüir lieu que pour la fixa-
f:a:< ̃ uc caiturc j comme K-s Fioprictaires vivent fur le revenu net. On aiiroit pu
':̃•; s d;i:;i u;nc clafTe a part le pioilait des b«is lx celui des prairies quine font
•i.tilcepnhles <;m- d un retniiiciicment pour les frais <W culture mais comme
o; scl,- F:oFn' de ne prtfenr, que d»s Piaffes, on a pcnlc qu'on pouvoit fe
oiiucnlcr de faire ecttr .difKr.iTtion.
(1) DaM un Ouvrage-intitulé, Telle au Territorial 'de la Fiance on articule,
10, que M. de Yaub.aa évalue tuiv.1
2f
r chaque habitant. Ou lira alors frappe
qui paffe alïez généralemcT.t pour
renie pofition entre les froids
chaleurs du Midi lui
toutes les cfpeces de
propre confoinma'.ii)!! qui pas de ce qu'elle
pourrit & durcit être. Ce n\i'. jvs
Telles 'que l'on per.t (le ce d.'i'uit <
les privations de la -.1 CI-tire noiiibruife
vent que de leur tiv.wul. On ne peu);
iuflii'ince des pn.-t'uiis de notre fol, que dans ks pi vi<~>;
\ijlts & dans les ca:v paires où le ptuple nuù noui.j t;t
Peuvent réduit a ne confohimer que eu qu'il lui faut 'pour:
ne pas mourir de befoin & cil oblige de le priver &
de refuièr à lès enbns ce qui feroit ntceffaire au loutien
& l'accroiiieir.ent de leurs forces. C'eà cependant dans
la force & dans la multitude des bras (les
que réfîdent la puiffance & les richeffes de l'Etat. Co;a-
ment des corps énervés par la difette pourront-ils le dé-
feadré contre fes ennemis, s'il efi attaqué,? Comment for-
ceront-ils la terre par leur travail a renouveler faut;
(elfe fes productions? Ne nous abufons l,as l'cipece hu-
iéc9 ce qui lUiiinc cint quarante cci:r im.iriiric raille a roc us
i°. Que l'Auteur «le l'Apoiegic fur ltJit Je Ka;r.:s porte l'en .'•̃.i!;ùVi:c:i
ccnctrcntc-cinn millions i\x cent mille :i\ i,, dont ii.ii.autc- Jix iii:ji(i.i-.uLi:c
cent ioixante-dix mille arpens fculen:cin en culture.
39. Que nd. de Vcltairc, daM V Homme aux faar.ir.u cens, évalue les tctUS
de la France à cent trenec millions d'arpens, qu'il réduit a -c.no iv.iU-
lions en culture.
4°. Que M. Ncckcr porte fon évaluation vinçi-lix mille reuf ce`.
une lieues «juarréct ce qui donne cent vingt- millions tiu; n i.ic
cent quatre Vu:gt-dix-)v.fit arpens. M. Necker ne y.n (yr la <)u •nt'iuS-
dc terre en culture. Nous nous foniuics antiis il l'cianuiio» fane rît
plongé & à la corruption
les termes productifs
font étouffés le plus fouvent dans leur
Je développent ne forment que
font bientôt déniches, & manquent de la
faire pour fe reproduire. Les années abondantes en grain»
ne laiffent à la France qu'un léger
années de récoltes médiocres elle feroit privée du necef-
faire, fans le retranchement des consommations, auquel
fe réduit la claffe indigente. Le plus grand nombre de
ceux qui compofcnt cette claffe eu dans l'impoifibilite
de contommer des viandes," ou ne cônfomme que des
viandes falées & encore rarement.- Nous fommes obliges
d'avoir recours à l'Etranger pour les huiles la lame,
le -fin', le chanvre & la cire en forte que, parmi les dif-
férentes branches de notre Agriculture, il n y a réelle-
ment que la vente de nos vins a l'Etranger, qui augmente
nos richeffes nationales, jufques à. concurrence d'une jornme
d'environ trente millions par année. Ce produit eft précieux
fans doute mais il ne fçauroit nous .dédommager de la
perte que nous éprouvons par Tengourdiffement dans le-
quel font plongées les autres narfits de la culture; elle
en a la terre ce que l'aifance/tlt au Cultivateur. Peut-être
que iufqu'à patent on n'a as affez confidéré combien
l'une influe fur l'autre peut-être auffi que la miiere des
sens de la campagne n'a pas été afles calculée. On ne
Fciuroù trop fixer fes regards fur cet objet, fur-tout au-
iburdïun que le Commerce ne préfente a aucune Nation
de l'Europe des moyens légitimes d'acquérir de grandes
ikheffes hors-de fon territoire. Les richefles^ territoriales
feront, plus que jamais, les vraies riche!Tes de l'Etat; &
le Gouvernement, qui appliquera l'induftne- nationale à
leur donner toute leur valeur fera celui qui procurer
à. la Nation la puiifance la plus folide.
23
DEUXIEME
bans le nombre des moyens qui peuvent contribuer
donner le plus de valeur aux produits de notre Agricul-
ture, les Manufactures doivent inconteûableincnt tenir le
premier rang, puifqu'elles lui procurent l'avantage indti-
mable d'employer les bras d'un nombre confidurablc de
fujets, qui fans elle refteroient oiiifs ijt feroient livres aux
h,orreurs d la miiere. v
De ce premier avantage en réfulte un fecond, qui n'c-iT:
pas moins important c'eft que plus le goût du tcavail
eft répandu moins eft cher le prix de la main-d'œuvre:
cette cherté moindre opère à fon tour un débit plus
facile des productions de l'induftrie & à égalité de prix
des matières premières, elle affure à une Nation la pré-
férence fur cege où la main-d'œuvre coûte davantage.
Ces principes préfuppofés nous allons expofer le tableau
général de nos différentes efpeces de fabrications. Il a
eté drefle d'après des états, particuliers de chaque Pro-
vince. Malgré cela nous ne le regardons que comme
approximatif de la véxité; il pourra, dans la fuite des temps,
devenir plus parfait, & par conféquent plus inflru&if.
Nous commencerons par l'efpece de fabrication dont le
pauvre, comme le riche, fait ufage.
Toiles <k Mil ôt
(k'ciuiUYtbV
On peut en diftinguer deux claies principales.
iQ. Les toileries en lin Se-en chanvre.
2Q. Les toileries cn coton, ou mélangées de coton, de
lin ou chanvre..
Nos Manuiadures cil toilcries de lin & de chanvre fer-.
çft
Toile; .en coton
pur oiimcUi'gç.
ÈioufTcIincs.
ment une branche bien
Nous avions autrefois une fupériorité bien inarquée fur
toutes les Fabriques étrangères dans
toiles. Auffi le débouche de nos Fabriques n'étoit pas borné
à la confommation intérieure; nous en exportions des par-
ties confidérables l'E'fpagne & fes Colonies en .Amérique
s'approvifionnoient prefqué uniquement de nos toiles. Nous
partageons aéluellement cette fourniture avec beaucoup
d'autres Nations,' notamment avec la Siléfie la Flandre
Autrichienne, & l'Irlande. D'un autre côte ^'Efpagnc a
cherché ranimer chez elle la fabrication. Ce M'en: pas
tout notre confonimatipn intérieure fouffre par l'effet de
l'importation des parties coniidérables de toileries étran-
gères de tout genre, & entre autres des toileries en, coton,
ou mélangées de coton de lin & de chanvre..Le goût pour
les habillemens en blanc cil devenu fi dominant, que nos
Manufactures en ce genre auroient dû ce femble, prendre
de l'accroiffement cependant elles languinent nos Ou-
vriers font défoeuvrés la raifon n'elî pas difficile à trouver,
les Manufactures étrangères peuvent donner leurs toiles à
meilleur marché que nous; elles fpnt'fàres delà .préfé-
renée. Quant aux moulfelines on peut. a peine regarder
leur fabrica'tion comme exiftante en France. Nous n'en,
fommes encore qu'à des effais au moins en ce qui con-
cerne les mouffelines d'une certaine fineffe. En attendant
que nous ayons réuffi à en fabriquer de cette efpece à un
prix modéré nous confommons celle de l'Inde & de la
SuiiTe. Comme cette confommation s'étend tous les jours,
il paroit digne de l'attention du Gouvernement de ne pas
négliger lus moyens de naturalifer cette fabrication chez
nous. Nous y avons double intérêt celui de procurer le
débouché d'une production de nos Colonies, & celui de
donner de l'occupation an Peuple fur-tout aux femmes &
aux enfans. La foiblefle de leur fexe ou de leur âge ne
leur permettant pas de le livrer aux travaux de l'Agricul-
i&re, ni d'exejeer des métiers qui exigent de la force, il
25
D
\eft bien intéreffant de leur adirer du travail, qui, étant à
leur portée leur donne les moyens de
Fabriques peuvent mieux remplir cet objet, ,_que celles des
toileries en général ? Puifque dans les mouffelines prefqilé
tout eft main-d'œuvre & que dans les autres efpeces due
toiles, on peut regarder que la matière ne fait que le quart
de la valeur, le refte eH pour les frais & pour le bénéfice
de l'a fabrication.
Nous tirons de l'Etranger une partie des matieres pre-
mières qui alimentent nos toileries de toute eipece (i).
Nous pourrions facilement nous les procurer chez nous
j'y comprend même le coton, puisque nos Colonies pour-
roient en alimenter nos Fabriques. La'.culture de ce pré-.
deux végétal ne fçauroit être trop encouragée .dans nos
poffeffions en Amérique non feulement parce qu'elles ne
nous fourniflent pas la quantité dont nous avons befoin
mais encore parce que'les cotons qu'on y récolte font eu
général fuperieurs en qualité à ceux du-Levant. Ils ne
peuvent, a la vérité convenir aux cotonnades communes
& nous ferions toujours obligés d'avoir recours aux cotons
du Levant pour ces étoffes ordinaires mais nous* vendrions
une plus grande quantité de ceux que produiroient nos
Colonies & bien loin d'être tributaires pour cet objet des
Puiflances rivales nous aurions l'avantage fur elles. Dans
l'état actuel des chofes, la quantité des cotons fins que
nous exportons n'équivaut pas à celle que nous importons,
& cependant il s'en faut de beaucoup que nos Fabriques
en confomment autant qu'elles le pourroient. Ce fait eft
prouvé par les achats que nous faifons des cotonnades
étrangeres & par l'inaftion de plufieurs de nos Manufac-
tu/és. Nous devons ajouter qu-'un grand nombre de celles
qui font en activité tirent de l'Etranger des parties confi-
(i) Les fils de .lin & de chanvre ont coûté année commune de 1777 à
jjo mille livres, 4c près de ) millions ;00 mille livres en
dérapes de cotons filés & privent le Peuple du falaire que
la filature de ce coton devroitlui procurer; & comme cette
façon eft la greffe d jpenfe de la fabrication dans ce genre
nous, perdons une grande partie de l'avantage que nous
pourrions en retirer. Ce mal cil; encore plus, grand que le
premier, & exige que le Gouvernement faffe tous fes efforts
pour y remédier.
Quoi qu'il en foit, on peut évaluer environ 200 millions,
année commune, toutes nos différentes efpeces de
cations en toiles & toileries.
Nos Manufactures de bonneterie en fil & en coton fe
reflentent encore plus que les toileries, de la langueur
caufée par la concurrence étrangère, foit au dedans, foit
hors du Rovaume. On voit avec douleur d'anciens Entre-
preneurs de Fabriques dans ce genre. renoncer à la fübri-
cation, pour fe livrer au Commerce des productions des
Manufactures étrangères. Il ne fe forme presque plus
d'Ouvriers dans nos ateliers, qui bientôt feront déferts.
Notre bonneterie en fil peut aller, année commune,
6,000,000
Celle en coton, â.
Ces deux fomines jointes à celle de
à laquelle nous évaluons le montant de nos
fabrications en toiles de lin, chanvre &
coton, nous donnent un total de 215,000,000
Bonneterie en
fil & cocon.
Mais la totalité de cette fomme ne peut "être regardée
comme faifant partie de la richefle nationale. La valeur
des matieres premières doit en être diftraite.
En effet, ou elles proviennent de notre fol, ou bien
nous les tirons de l'Etranger. Dans le premier cas, ce feroit
faire un double emploi que de les comprendre dans le
produit de notre induftrie puifqu'elles font partie des
productions de notre territoire. Dans le fecond cas,, leur
valeur diminue d'autant celle des étbffes fabriquées.
Cette observation doit' s'appliquer à toutes les efpeces
Di
de fabrications. On ne la répétera plus on fe contentera
de défalquer le montant des matières premières de la valeur
de chaque efpece fabriquée.
La main-d'œuvre pour les fabrications en lin Se chanvre,
fait plus des quatre cinquièmes du prix des toiles & elle
monte environ aux deux troifiemes fur les cotonnades. On
peut regarder comme un rtfuhat approchant de la vérité,
que la main-d'œuvre fur ces objets entre pour les trois qua-
triemes dans leur valeur, & la matière première pour un
quart. Les productions de notre fabrication étant un objet
de 21 millions, nous devons porter le montant de la main-
d'oeuvre a 161 millions 250 mille livres.
Dentales.
La matière première peut à peine être comptée pour
quelque chofe dans la fabrique des dentelles. On peut dire
que tout y eft main-d'oeuvre & que ces Fabriques créent
les ouvrages qu'elles produifent. Les révolutions de la mode
ont beaucoup ralenti la consommation des dentelles. Mais
quoique cette branche ne foit pas aum animée qu'elle l'a
été autrefois, nous ne profitons qu'en partie du bénéficc
de la petite quantité que nous failons, puifque nous tirons
de l'Etranger une partie du. fil qui fert a la fabrication des
dentelles.
Nous n'avons rien découvert qui ait pu nous faire con-
noître à combien monte leur produits mais après avoir
beaucoup confidéré la quantité de petites dentelles qui fe
fabriquent dans les campagnes ^notamment dans le Ve!ay,
nous croyons qu'on peut en évaluer la main-d'œuvre à
IO millions.
Pour traiter de toutes les Fabriques qui emploient le lin
& le chanvre, nous aurions déliré de pouvoir donner un
apperçu des rubans de fil, lacets, fils a coudre, cordes,
cordages & filets qui fe font & fe confomment en France;
la quantité en # eft considérable mais les renfeignemens
nous manquent également fur cet
rons la main-d'oeuvre la 10 millions,
Lainages.
Draperies fines.
Les Manufactures de lainages comprennent les draperies,
fergeteries, came-loteries & autres Fabriques de toute
espèce qui emploient la laine.
Cette branche d'induflrie cil
cependant il s'en faut de beaucoup
de profpérité que l'onjpeèrruit lui procurer. Les Manufac-
turcs les plus rloriiïa«fes en ce genre font celles des dra-
peries fines; elles fourniffcnt à prefque toute la conibm-
mation intérieure, elles forment une branche d'expor-
tation. Mais cette Iprofpérité n'eit pas tout a l'avantage
de l'Etat. Les matières premières, qui font l'aliment d<* ces
Manufactures, fe tirtnt de l'Etranger, Pt le montant de
ce qui fe vend au dehors en draperies' fines ne fuffitpas
pour folder l'achat des matières premières qu'elles con-
ibmment. Maigre cela, elles font très-pr^c eufes puif-
qu'elles iou.rniilent de l'occupation à un grand nombre
d'Ouvriers fi elles n'exiiloic.t pas, onconfo.nmeroit tou-
jours en France à peu près autant de draperies fines & an
payeroit un tribut de plus à l'induitric étrangère, IL eft
donc enentiel de veiller a la confervation de ces Mana-
factures, en procurant toutes les facilités pof'iibles pour
l'importation des Lumières premières qui les alimenten t;
fans cependant négliger les moyens qui pourraient en
naturalii'cr la production en France. Pour faire fentir
combien il eft important 'de n'avoir plus recours l'Etran-
ger pour cet objet, il fiufnde rérléchir que tant que nous
ferons forcés de nous adreuer au dehors pour alimenter
nos Fabriques elles feront toujours dans un état précaire
& dépendant. Si. TEipagne prenoitp.our fes laines le même
parti que l'Angleterre a pris & foutenu pour les fiennes
nos Manufactures de draperies fines toir/uvroicnt de fuite t
faute d'aliment. Dan:, l'état a.el. le
Si on ne confidéroit que b
draperies communes, des
pourroit les croire pi m que II-, (ILS
draperies fines, En effet, les ^\J\ il.'it'h» i.e *.». t'iipoi\s
font en petit nombre, au ]jeu que d.i:s toutes Ls ]' .>-
vin ces on fabrique des draperies Ton:
envifage l'étendue dont l'iiiie Lv l'autre br.-îju lu: font lui-
ceptibles, on fe convaincra que ks drapoiL-s: fines ̃ itiu-
prévue atteint le degré ̃d'accro'.iî'cment' ..ii')ui.'I. J!is peu-
vent arriver; au lieu que les Fakuuies tic ̃draperie-- coni-
munesfont infiniment .moins actives o: moins parlain-s
qu'elles ne devraient l'être. Quoique j.i confumiiution
générale des draperies coininuiu-s U de^ ferjfeteriws. ioit
beaucoup hlus conlidcTable ilue celle de.. draperies hius,
nous n'envoyons pas Ilus dcs unes que des autres i'i'.rran-
ger. Notre confommation intérieure eit b-e.au:«)iip au .de lîoivs
de ce qu'elle devroit être, vu la popularion du P.ovaunu?.
La milere du Peuple, fur-tout dans cuit. lins caiituiis. le
met hors d'état de s'habiller neuf. Des haillons de toiles
groffieres dans toutes les faifons', compilent l'habillement
des Payfans dans pluiieurs de nos Provinces.
Quelle ^différence à cet égard &
celle de l'Angleterre l.i.e Peunle ci] en général b-en vêtu
en Angleterre, aufii li consommation intérieure y cil
très-cojiiidérable; ix cependant !̃̃; 'suglois /ournii.Vei.it "pref-
que excluiivemçntles grands ma.vhésde l'iùirope en dra-
perie commune, fergeterie, c ;,rn.!oterie. Leur exporta-
tion en ce genre eft ;;u moir.s triple de celle que nous
fanons en toute efpece de lainage. La qualité particulière
h le bas prix de leurs laines leur vaudront la iupérioritc
f.ir leurs concurrens, -juiqu'à ce que, par des précautions
fages & fuivies, nous nous {oyons procuré les- mèines avan-
tages, ou au moins juù]u'a ce (]ue nous ayons chercher
30.;
les compenser par l'économie Sur la fabrication & par des
attentions fuivies fur fa perfeftion.
Les draperies communes & les fergeteries font une bran*
che précieufe d'indulïrie, i°. parce qu'elles confommentnos
matieres premières. i°. Parce qu'exigeant moins d'induf-
trie, & moins de fonds d'avance que les draperies fines,
elles peuvent fe fabriquer par-tout, & procuref de l'occu-
pation à toutes les claffes des habitans de la campagne
qui ne font pas occupés aux travaux de l'Agriculture; Se
ceux même qui s'y livrent habituellement, peuvent s'occu-
per de ces fabriques quand les travaux-de la campagne
font interrompus.
Leur consommation étant prefque générale les
Manufacturiers en trouveront toujours le débouché, à moins
qu'ils ne foient gênés par des importations de marchan-
difes étrangères de même efpece.
Les camelots les étamines, font une partie intérefiante
pour les Manufactures de lainage, en ce qu'elles confom-
ment peu de matières en raiibn de leur valeur qui eft
en plus grande partie pour le prix de la main-d'œuvre
il en réfulte qu'elles procurent une maffe de travail beau-
coup plus confidérable que ne fembleroit l'indiquer, au
premier apperçu, leur valeur numéraire. Leur conferva-
tion & leur accroiuement font donc bien à défirer chez
une Nation qui manque de matieres premieres, & qui a
des bras oififs.
Notre fabrication en tous ces différens articles peut faire
un objet de ioo millions.
Chapellerie.
Notre Chapellerie autrefois fi floritfante efl actuelle-
ment prefque réduite à la confommation intérieure. L'é-
tabliiïement des Fabriques de chapeaux dans différons pays'
de l'Europe, que la France fournitToit autrefois, & le ren-
chérisfement des matieres premieres, ont été les caufes de
cette diminution. On ne fçauroit efpérer de voir ce com-
merce reprendre l'aftiviti d'exportation qui l'enrichiffoit
autrefois. Il n'a pas été polïible de fe procurer des ren.^
̃p.
fcignemens affez furs pour établir une
valeur numéraire de notre fabrication
pendant, en confiderant qu'il peut y avoir ci a
de perfonnes en France (llll coDl^imncnf
en évaluant la contamination i;u!e de ih..i.jn à
livres on auroit environ 20 n:i!iio> pour le n;o- 1 -r.t
de notre frlaricatiun en chapellerie calcul que
adopter, en réfléchiffànt que le montant des csportji.i.iis
compenfe bien ce qu'il pourroit y avoir d'exa^ie dans
l'évaluation de la confomination iTitéricnre.
La bonneterie en laine déchoit ̃̃journellement elle ne
peut foutenir la concurrence des Angiois, qui ont fur
nous l'avantage du bas prix de la bonne qualité i\ d'un
emploi plus induilrieux de la matière première. Cette
branche, d'induilrie cil précieufe par les mêmes motif
qui doivent faire eftinier les draperies communes. Des
obfervations fuivies fur les avantages du Coin 1 n yrc 0 ̃ tv fur
fa marche, ont du faire reconnoitre depuis lonç-temps',
combien les Fabriques communes contribuent plus ;i la
profpérité de l'Etat que celles de luxe. On doit bien re-
gretter que cette vérité ait été long-temps méconnue. On
a été trop ébloui par l'éclat des Manufactures en drape-
ries fines & en foieries & dorures.
Les productions de notre fabrication en bonneteries de
laine peuvent aller à 25 millions.
Ainfi, en réfilmant les différentes branches de nos Fa-
briques de lainage on voit que le montant des drape-
ries unes eft un objet de millions, ci
Celui des draperies communes, fergete-
rie, cameloterie cent millions, ci 100,000,000
Chapellerié, vingt millions, ci 20,000,000
Bonneterie, vingt-cinq millions, ci
Tous les genres de fabrication en lainages rapprochés,
on peut efiimer que le prix de la main-d'œuvre fait moi-
(3O
les
tié du montant total de
porter pour cet objet la
Soierie.
TrofiLS (Je fois
brochets ca or 6c
a.cut.
Nos Manufafl nrcs en ce genre, ont été pendant long-
temps très-rloriflantcs. Le talent de nos Deffinaqeurs dont
le goût produiibit continuellement des nouveautés agréa-
bles afiuroit a nos Manufactures une fiipériorité décidée
fur toutes ceHes que l'on tentoit d'établir à l'Etranger.
Nous avons bien perdu de ces avantages. Il eft peu de pays
en état de confommer'des étoffes de foie qui n'aient
formé des établiffemens confidérables dans ce genre. Aul'fi
nos Fabriques de foierie déclinent-t-elles plutôt qu'elles
n'augmement quoique le luxe de la foierie ait gagné
bien des claffes de Citoyens auxquels il étoit inconnu au-
trefois. On ne peut guère avoir l'efpérancc de leur voir
reprendre leur ancienne activité à moins que la confom-
mation intérieure ne fe ranime par un changement géné-
ral dans -la manière de penfer des femmes fur la parure.
Les toiles & toileries peintes & enfuite celles^ en blanc
les plus belles étoffes de foie. Ce changement de go't
n'auroit porté aucun préjudice au Royaume, til y auroit
même gagné, fi nos toiles euffent égalé en finefle & en
beauté celles étrangères mais comme elles ne pou-
voient, à aucuns égards, foutenir la concurrence, la perte
que nous avons faite, quant au défaut de confommation
des étoffes riches a été d'autant plus grande que toutes
les Cours étrangères fe modelant affez généralement pour
les modes fur celles de France n'ont plus été auffi
empreffées qu'autrefois d'avoir tout ce qui fd faifoit de
plus beau dans ce genre pour vètemens & pour meubles
il efl fort à craindre que ce goût ne reprenne pas. Ce-
pendant, malgré la perte que nous avons faite de article
des étoffes riches,, & quoiqu'il foit vrai en gênerai que
E
importâmes
qu'on feroit tenté de lu croire en ne «'arrêtant la
malle de leur produit il n'efl pas moins vrai d'un au-
tre côté, qu'elles fourniflent encore
confidérable_aiix Ouvriers pour la fabrication des étoffes
unies & ini-rkhes & que li nous ne veillons pas avec la
plus'grande attention à conferver ces trilles
induilirie, nous deviendrons même à cet égard, tributaires
de 1 étranger qui a la matière première à
compte que nous. Nous ne le fouîmes
cet objet; il feroit poùible de ne pas en fivoWi mt
la culture de nos mûriers, & en adoptant pour le tirage'
des foies les réglemens' fages de nos voilîns.
Dans l'état aciuel des chofes, on peut
évaluer le montant de notre fabrication en
étoffes de foie à environ 70 millions ci.
A quoi il faut ajouter pour le montant
des productions de notre bonneterie en
foie, 25 millions ci 25,000,000
Il faut encore y joindre la valeur des ru-
bans gazes, blondes, & des ouvrages de paf-
fementerie,qu'on peut évaluer ^o millions ^i.
125,On!>,0i>O
La main-d'oeuvre fur 'les ouvrages- en foie
ne va pas au delà du tiers' de la valeur des
̃productions ainh le montant de toute notre
fabrication en iewerie étant de 125 millions,
on a pour la valeur de la main-d'œuvre un
peu plus de 41 millions 600 mille livres, ci.
Nous n'achetons rien l'Etranger pour cette branche
d'induftrie. Depuis long-temps il paye un tribut affez con-
fidérable au goût de nos Artiiles en ce genre cependant
femens fe font
La facilité que nous
ou poupées habillées a la
le même mal que l'envoi des échantillons. Les Etrangers
ont copie ceux-ci pour la fabrication &.
étoffes de même qu'ils ont imité nos modes pour les vè-
temens. Mais comme les modes & les
le produit de Tefprit inventif & même de
du bon goût, nous aurons
pour toutes les nouveautés; auili notre conforrunation in-
tjrieure en chofes de modes, eft-elle auffi forte que l'on
puifie le dJhi-er. Cette branche
prifer, puif':]!.iuk; fournit du travail au peuple; mais .ce
n'cfi pus celle que les bons Citoyens fouhaiteroicrit le plus
de voir s'accroître. Heurtuiemcnt la main-d'œuvre, pour
lui donner toute l'élégance & la perfection nécefiaire &
cnn-HodL'féduire, ne peut réuiîïr que dans la capitale, ou
!>;•'̃ /• vr-s c ":t:ibïition au luxe c'elt
de l'a (j -e i. ks de ce genre refluent dans les Provin-
ces, eil: moins prochaine, par coniéquent
Comme toutes les chofes néceffaires pour les modes nou-
velles font partie de nos différentes fabrications qui ont
déjà été eftimées on ne doit faire entrer dans le calcul
des produits généraux de notre induftrie, que la main-d'œu-
vre nous croyons qu'elle peut être évaluée à 5 millions.
Nous ne comprenons dans cet article que les tentures
pour tapifTeries & les étoff'es neceffaires pour couvrir les
meubles mcublans.
Avant que les toiles & les papiers peints aient eu la
vogue qu'ils ont au jourd'hui nous étions fondés à dire
que nos, tentutes de foie en damas de trois couleurs, ou
Eli
tions fur elle par la &. la \.iriit d< i,>
La de la conk'inm mon du ce
tures en a opéré une coniidérable dans la
étoffes de ibie qui fe faifoienr 11 Tours Lv«n;();v::y::
fabrique encore une certaine quantité d'ctofiV-;
& nuées pour meubles; leur valeur 'fait partie de: la
à laquelle nous avons fixé le 'produit des étoiles ̃en-'frnêi-
Ainfi nous ne le comprendrons point ici, & nousr.e
lerons que des tentures faites en tapiflene.
Nous avons entendu dire qu'il s'en 'fabrique dans ks d.v
Manufaciures du ftoi des Gobelnis h de la
année commune, pour environ un mi.Uon n,%sra.ài:>;
tons considération faite de la tomme l;]m::e o:i p, '?
porter la fabrication des tentures de Btam'a's. cct/cV;
ti'Aubuflbn & Fenilletin.On n'en Fabriqua p;.s. ̃••̃:̃ .Je -i •;
m une, dans les trois .Manufactura, pour plu-: '̃•
y compris même les tapis de pied cependant' t ;i^ f.V.t t
intilieur marché que celles des (iobelins qui ;(̃ p:i ur-
toutes dénuées, ain.il que les beaux topi.: tic pit_d <L-.H
Savonnerie -à faire des préiens aux So ivcrai;^ I:trap.*t."rs
ou leurs Ambaffadeurs., Sous ce point de v-ue
telle qu'elle puille être cil de l'argent bien.
parce que, d'une part, elle, occupe des :•:><, que ^ûirrc
part, elle perfectionne l'Art de la ou'I:iiTn
elle donne aux Etrangers une jufte idée (!̃_ rinduftr:l> l'ran-
çoife, lorfqu'elle veut atteindre au hlrrs l:ut
tous les genres.
que ccile des Gobelins &: que celle due L Savoni/eric a
fait cependant des- progrès confidérab'les depuis (;uel<jues
années; elle tient le îr.iïieu entrc celles-ci &. ct'llus d'Au-
buffon, qui ont également acquis beaucoup de perfection
mais ces branches de Commerce ne feront jamais bien
attendu la cherté de la fabrication.
Il le fabrique aulïï
l'.ié Nancy, & d'autres en Flandre un
à celles de Lorraine. Toutes ces
brication ne forment pas un objet de 800 mille livres, (ni
kïquclles, déduction faite d'une moitié pour la valeur des
matières premières & de la teinture, il refte à peine pour
la main d'oeuvre 400 mille
Gobelins & la Savonnerie donnent un produit égal le total
ne fera que de 800 mille hvres ci 800,000 liv.
Mercerie & Quincaillerie.
La mercerie & la quincaillerie-, en tous genres, poar-
roient être une fource intariffable d'occupation pour le
peuple leurs travaux multipliés & variés à l'infini le prè-
) tent à tous les degrés poffibles d'indultrie d'adreffe & de
force. La confommation en eH confidérable, puifque tou-
• tes les claffes'de la Société ont un befoin continuel deleufs
productions. Nous en fourniiTons quelques parties à l'Etran-
gel' mais elles n'approchent pas de la maiïe de nos im-
portations. Cet objet. a paru mériter depuis quelque temps
l'attention du Gouvernement, principalement en ce qui
concerne la partie.de la quincaillerie proprement dite qui
peut-être avoit été trop négligée. La mauvaife qualité de
nos aciers. avoit contribué notre affoupifi'ement il faut
efpérer qu'avant peu nous en Sortirons
La variété des produirions de la mercerie & de la
(1) Il a été forme depuis quelque temps deux érablilTeincns alfa, c©> (î féraMes 4
au(Ti ia-f..ucn-il- <]ii en A^'ciltk l'antr; placé a Hô.c! de IWa.ne rue de
la Vmw.c ikllinc à plaquer l'or & l'argent fur Ici nutaux. Ces deux étaW.lU-
niciis ont rc^u du des cucourageniuis affci «oniiaêiabKS.
quincaillerie aihd que de
ne permet guère de faire
>tant. Il faudroit pour cela des relevés qu'il fera toujours
très-difficile de fe procurer. Cependant on pourroit penfer
que chaque perfonne consomme pour environ par an
des différentes efpeces de marchandises que lourniflcnt la
Mercerie & Quincaillerie, ce qui donneroit une fournie
d'environ cent millions pour le montant de ces productions;
Se comme dans beaucoup de ces productions la matière
première eft d'une très-petite valeur, on pourroit jugerque
le prix de la main-d'œuvre en fait les ¡rois quatiiemes
ainlî on pourroit porter le montant de la main-d'œuvre
de ces objets à millions.
Tannerie Pelleterie.
Ces Fabriques Úoient autrefois très-floriffantes Les im-
pots dont on les a Surchargés, &. fur-tout la manière dont
ils font perçus les ont fait déchoir. Mais la consommation
en étant générale elles forment toujours une branche con-
fidérable de notre Commerce intérieur.
Si on confidere les i annwries fous le point de vue
unique de leur utilité il paro'.tra bien important de les
conserver; i°. en ce qu'en employant nos matières pre-
mières ell:s en encouragent la reproduction & par-là
elles font une Source de richeffes pour la campagne
parce qu'elles fournilfent de l'occupation au Peuple. Mais
fous ces deux mêmes points de vue les Tanneries Sont
bien moins précieuses que les Toileries &. les Fabriques
de lainage; car d'abord ce n'en pas précisément l'activité
des Tanneries mais c'eft la gratzde confomination des
boucheries qui encourage la nourriture des befiiaux; en
fécond lieu, les Tanneries procurent peu d'occupation au
Peuple, en raifon de la valeur de leur production puifque"'
la main-d'œuvre forme a peine un huitième de cette va
'leur, &-que fur les cuirs forts la inain-rd'œuvre ne va guère
,8-
dant rien n'ell plus vrai que la feule fabrication des gmtj
<le Grenoble occupe
̃*clc bras que toutes les
rence en plus n'eh pas d'un tiers pour les Tanneries.
doit cependant obferver que tous les Ouvriers employés
dans les Tanneries font des hommes faits & vigoureux
leurs falaires répandent plus d'aifance dans le Peuple que-
le gain modique des Ouvriers en gants de Grenoble.
On peut porter à cinquanté millions la valeur des cuirs
forts & autres.
Quantaux produ&ions des Mégifferies&Parçhemineries,
nous n'avons pas encore pu nous procurer des renfeigné-
mens. auffi certains que fur les Tanneries & Corroieries
mais on peut croire que la valeur annuelle de leurs produc-
tions eH un objet d'environ dix millions.
D'après les obfervations que l'on vient dé faire fur la
main-d'œuvre de ces différentes efpeçes de Fabriques on
croit que l'une dans l'autre elle ne va qu'au dixième du
montant de la valeur des objets fabriques ainú, comme
nous avons évalué le total de la fabrication à foixante mil-
lions, la main-d'oeuvre eît un objet de fix millions.
Elles fe font multipliées et. France depuis un ïiccle &
quoiqu'elles, n'aient pas encore atteint la perfection ds
celles de Hollande elles onj cependant fait depuis quel-
que temps des progrès fenfibles. Il y a dans la plupart des
grandes villes du Royaume des Manufactures de papiers
peints pour des am'eublemens & malgré cela nous four-
niffoas à prefque toute notre confomination en papiers
qui eft beaucoup augmentée dans ce fiecle & encore nous
en exportons quelques foibles parties pour l'Imprimerie. On
ne peut que défiferde voir profperer & augmenter les Pa-
peteries-, prefque toute la valeur de leurs productions eft
39
donnent le
les
La valeur du :.p;er fabriqué eu
/io/zs au ce qu'il huit en pour lo ou-
tils, la olie, l'azur, ikc. formant au plus un il
relie donc en bénéfice Je
Ces deux objets forment uhe branche afiez ricle de
Commerce; mais comme la matière première, toute tirée
de l'Etranger en eit la partie la plus conluiénible elles
ne procurent pas autant d'aisance au Peuple que d'autres
branches d'induftric moins brillantes & moins riches en ap-
parence. 11 feroit difficile d'apprécier la valeur numéraire
des produclions de ces deux Arts. L'Auteur le plus ini.iruit
deja lltuation de nos Finances & de nos richeûes(i), penfe
gu'on emploie tous les ans environ dix millions d'or 6c
d'argent provenant du bénéfice de notre Commerce avec
^Etranger tant pour les 'ouvrages d'orfév rerie & de bi-
jouterie, que pour les galons & les tiffus. Cette valeur n'cll
pas toute celle de la matiere première qui entre dans ces
différens ouvrages; il faut y ajouter encore le inontantdes
refontes des anciens ouvrages, & les pierreries de toute ef-
pece. Les notions nous manquent pour évaluer tous ces
objets qui au furplus ne nous feroient connoître que très-
imparfaitement combien cette branche procure d'occupa.-
tion au Peuple. Malgré la célébrité de nos Artilles en ce
genre, nous n'exportons qu'une petite quantité d'orfèvrerie
& de bijouterie. On peut évaluer un huitième la main-
d'œuvre ainfi elle eft au moins de deux millions cin,q cènt
mille livres.
(i) M. Nccku dans fon Ouvrage fui l'adminifiration det Finances.
4o
dans
Ces Manufa&iircs peuvent fe
cipales qui demandent c!k;ci!j une conduire particu-
lière, parce qu'elles n'ont de conrnuri e:itri.'i.!le.i que le feu,
qui cil leur principal
compofée des forges fer & de leurs dépendances.
La féconde comprend les fonderies d'argent celles de
cuivre ̃&. leurs batteries les fonderies de plomb celles
d'antimoines & d'autres demi-métaux.
La troiû'eme clafle cil formée des verreries, qui fe fub-
divifent en glaceries, criiklleries & verreries communes 8c
a bouteilles. On peut y joindre les Manufactures de faïence
celles de porcelaine. Quant aux poteries proprement
dites oir fe tourne & façonne' la terre brute elles font,
ainfi que les briqueries & les tuileries, des ateliers d'Ar-
tifans plutôt que de Manufacturiers.
Nous allons parcourir les produits de ces trois clafles, &
nous commençons par les forges. Ce font des établiffiemens
précieux qui méritent de fixer les regards du Souverain &
l'attention du Gouvernement puifqu'elles n'emploient dans
leurs opérations que des matières premières du cru du
Royaume qu'elles occupent une multitude d'Ouvriers, &
qu'elles préparent à l'Agriculture & à tous les Arts fecon-*
daires les inftrumens propres à leurs travaux.
L'Hil1oire naturelle de la France noifrs démontre que
toutes fes Provinces recèlent des quantités immenfes de
mines de fer que ces minieres qui ont été traitées de tout'
temps en fourniffent encore, & que celles que l'on croiroit
épuifées eh produiront pendant une nombreufe fuite de
iiecles foit parce que leurs différentes couches font féra-
rées par des lits de fables & des pierres intermédiaires qu on
n'avoit pas ofé approfondir dans des temps moins éclairés
foit parce que les mines de fer fe régénerent. Le fer contenu
4i
F
exigent le nerf, la louplefTe Se la for.e. Maigre cette
prévention contre 'nos fers nous
que nous en fabriquons dans pluficurs Piovince-s de 1 iviice
qui égalent la qualité' des fers de Suéde
Daunhiné,du Co:nté de Foix de la
ft de la Coiïe. ïou< ces fers
fupérieure dans le genre des fers doux ÎSc forts ce
rend propres au ferviee de Li marine f; cL J'arriieiie, à
tous les ouvrages (lui le ier le j^l r* l'ro-
vinces de Franche-Comte du Berry, de l'^lùcc, iL" h
Haute-Lorraine, & du Limoufm, fourniffent des 1er
féconde qualité qui ont une foupleffe propre a i-1- s
fils de fers et des, fers blancs aùiïiypar.aiis que ccu. d .VI-
lemagne; ils peuvent également fèrvir fane des c:'u"
des affûts d'artillerie, & des voitures ordinaires. Les k i- > .la
Champagne, de la Bourgogne d'une partie du N \tri-
joii font de la troineme qualité, qui cil propre au 1::ï.i-
dage des voitures Se autres emplois de ce genre pour Te t-
quels il eH néceffaire due le fer léuniile la dureté avec U
ténacité. Le'furpîus des autres Provinces fourniiVent les iers
propres il la Serrurerie à la Taillanderie, à la Clouterie, 6c
aux bâti mens qui ne demandent que les deux iortes inté-
rieures;, carlesfers qui font tendres & Cillons ont
aflez de qualité pour faire des clous à aid-jifc, &. autres ou-
vrages de pareille nature.
Nous fabriquons des tôles de
toit des batteries dans nos Provinces méridionales, les tôles
qui s'y fabriqueroient furpafleroient en qualité cdlcs de la
Suéde. Les martinets de Champagne de &
du Berry n'ont rien ou prefque rien il acquérir pour h
Icauté & la qualité pas
formé,
tité égale à celle que nous
été faits fous les yeux de
prouve que nous pouvions même faire de
fait que celui d'Angleterre mais
cédés pour faire de l'acier, par la
pour faire de l'acier fondu, font plus
gleterre & nosaciers naturels, faits par la
mande font inférieurs en qualité â ceux d'Allemagne & de
Styrie.
Acier*
Charbon de terre.
Quoique nous n'ayons, pas pu nous procurer jufqu'à pré-
fent des états exacts Je la quantité de grottes forges qu'il y
a d: ns toutes les Provinces du Royaume, & de leur produit,
cependant nous gommes à conjecturer, d'après ceux
qui nous. ont été remis, qu'u y a fix cents grofles 'forges en
France qui fabriquent au
mirons a'j fer brut cette quantité doit luffire à la conïom-
mat:on atiuelle du Royaume. Si elle ne pouvoit pas rem-
menSi4j par l'intelligence & l'économie dans les opéra-
tiens; car il faut convenir que nos Rivaux & fur-tout les
Puiffances du N'ont ontvà cet égaîd une grande iupériorité
fur nous.
2°. Par l'emploi du charbon de terre fubfiitué à celui du
bois dans une grande partie des opérations des forges fur-
tout de celles qui ont à proximité des charbonnières ou
des canaux dis rivières qui les transportent. Il y a des mines
dtclixibons dç terre dans presque toutes les Provinces du.
Royaume: fi elles ne font pas encore exploitées, c'ellque,
d'unepart,rabond;mce du bois a rendu le bci'^in du charbon
moins urgent nous avons trouve beaucoup plus commode
de couper kr$ombuft;ble fur la terre, que de l'arracher de
ion fein. D'autre part,c'efi parce due les particuliers ne font
41
Fij
grande étei'.due, & qui exigent de
miel' ol iuicle les rebute
hommes fort inl'.ruits
diriger les travaux nous
cutcr & enfin notre Légiflation fur cate
été faite avec le même foin que dans ks diff.rer.s Etats via
Nord. Ils regardent avec rai.on le produises mmes comme
un des objets les plus dignes de leur attention. Les bome-
rains ne croient pas s'abailïer en s'aiiocuntavcc les Entre-
preneurs ils les encouragent de toutes Ic^mamcrcs poi-
fibles. Nous ne rcuffirons dans l'exploitation dx nos mines
qu'en fuivantleursmodeles,& en attirant en France des Ou-
vriers capables de former des Elevés. Quelque confidcrable
que puiffe être la première d^ciifc le Royaume en fera
bientôt dédommagé s'il s'occupe féneuiement des moyens
de mettre en valeur cette partie de la ncheffe nationale.
Nous ne craignons point de dire qu'elle en a peine connue,
& que cependant elle peut devenir une des plus grandes ref-
fourecs de l'Etat. Ce n'eft pas pour les feules mmes de char-
bon de terre que nous le difons la France recelé dans fon
fein des mines de toutes les eipeces & cependant elle cil
tributaire de l'Etranger (1) pour tous les métaux & demi-
métaux dont elle a befoin pour fa confommation elle l'eu:
fur-tout pour le plumb, le cuivre 8t l'étain. Nous parlerons
dans un moment de ces objets après avoir fini de traiter de
tout ce qui eil relatif au fer.
Nous avons porté à cent quatre-vingt-feixe millions de
livres pefant, la quantité de fer qui le fabrique dans nos
ufines.
Nous croyons pouvoir évaluer a ccntfoixante livres tour-
nois le prix moyen de chaque millier. La totalité de fer de la
h) De 1777 à 178T les moraux, autres que V r & l'arpert ont conté
année commure à la France, f tc$ de wue miluoi». & dix-hun tm.liei» c.mj
cent iiiillc livres en
•u
i."l!e- li\rc^. il faut d Iduire Air prix du
us eu (!u c il.Jii de Kfre1
qualité-,1. 1 ^iVu îcjdc
» i i i H _-< r .•; T i'oiulj leurs alflftions fur ce qu'un
di.ii!i-a'j ,et d'j I i -f. duit commiiivjinent quatre mille
cinq tenu ce qui donne quatre livres 6c
demie par li\ îv de ier, (UM.itité
du minerai en fer. Le demi-arpent de bois peut être évalue
prix commun*1, à foixante livres ce qui f;iit un peu plus du
tiers de la valeur du fer déduction faite de ce tiers,il reliera
pourlamain-d'œuvreScles bénéfices de l'Entrepreneur, 00
pour chaque millier de fer & le produit annuel des cent
quatre-vin^t-feize millions pefant, fera di dix-neuf millions
(ix cent mille livres en numéraire..
Nous n'avons pas porté dans cet ént les fabrications
fécondai res de fer tels que les fers Mancs tréiîleries,,
clouteries, Manufactures d'armes, &̃ iabriqr.es de tôle-
La main-d'œuvre de ces objets peut être portée à quatre
millions.
fc-
d< fcr.
Piuii.b.
Le produit des plombs n'eft pas, à beaucoup près, aufii
conlidérable nous tommes tributaires de Tiitrangcr, pour
cet objet de tommes très-fortes; nous le femmes également
pour la cérufe do^t le plomb ell le principal ingrédient;,
nuus pourrions en fabriquer à tncilleuccomptc que nos Ri-
vaux puifque le vinaigre, qui entre pour beaucoup dans
cette fabrication ne nous revient qu'a très-bas prix c'efi
partonféquent un double motif de mettre, le plus tôt poffible
en' valeur nos mines due plomb, qui font tiès-multipîices ont
France mais nous aurons beau fairedes vieux cet égard
fi les Provinces on elles exigent ne s'affocient pas avec les
Entrepreneurs & ne font pas une partie des avances nécef-
{¡tires pour leur exploitation, elle continuera a être abandon-
née. Dans l'ctat actuel, le produit de nos mines de plomb ell
d'environ deux millions cinq cent quinze mille livres pefant.
̃4S7
qui^à
.jet (ic .'èiT tv/i; tv:7tov/v:v:L'$v>v-fi^
Vciti ci^iîzi^nvu à ded'iirJ :ilir la
•̃̃̃> '̃
moins confidérable:;elK: monte àpeiue à quatre cents
par année (1); en ibue.que lIon ne asfondoit \\m iuecei-
iîvcinent quelques portions de nos anciens cuivres nous ie-
riods pour le fur plus, de ee que nous
consommons. Cette
grande que ii iiouï a\ or.s rei'ireint l'ukige du cuivre pour nos
batteries de cuiline d'autre part nous 1 :;vons. beaucoup
augmenté dans les le doublage des rail-
feaux c'cil une faiibn de plus pour tirer de nos mihvs.decui-
vrc la plus grande quantité de matières premières qu'il. lera
poffible, &°nous le pouvons d'autant plus àifémént que
nous avons beaucoup de mines de cuivre en France; il ne
manque que des Entrepreneurs &. des Artincs pour les- inct-
tre en valeur. Le conibuliible néceffaire pour cette exploita-,
tion cft environ du dixième; en forte qu'on peut eilnner le
produit annuel environ cinq millions.
M'.i-c ifov
d'iltgCilî.
Nous ne dirons rien de nos mines d'or &. d'argent. Quel-
ques Naturalilks ont prétendu que- nous en avions plusieurs
en France de ['une & de l'autre eipece. Ils fondent leurs,
conjectures en ce qui concerne les mines d'or, iur ce que le
Rhône dont la fource*n'eil"pas éloignée de la France c lia-
ne allez abondamment des paillettes de ce métal pré-
cieux mais ce qu'il y a de vrai, c'eft qu'aucune mine d'or
n'en: exploitée dans le Royaume. Quant aux mines d'argent,
nous en avons certainement. MoS SIEUR, Frère du Roi, en
fait exploiter une dans le Dauphine qu'on dit allez abon-
dante nous en ignorons les produits. Quand même ils ne
(i) La plus grande partie cfl eïtiaite «les :nincs tic Chcily & Saint-Bel, dans.
le Lyonnais.

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