Mémoire sur une épidémie de variole, adressé à l'Académie de médecine dans la séance du 4 juillet 1865 / par le docteur Jules Meugy...

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impr. A. Parent (Paris). 1865. 46 p. : tableaux ; in-8.
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Publié le : dimanche 1 janvier 1865
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RELATION
D UNE
EPIDEMIE DE VARIOLES
Sa ratas omnium rerum pretium excedit.
HOFFMANN.
La santé est pour l'homme un des biens les plus
chers, un des trésors les plus précieux. Onpeutdire que,
à part la vertu, elle est supérieure à tous les autres biens.
Ceux-ci en effet, sans elle, n'ont pour lui ni charme,
ni plaisir. Au banquet de la vie la présence de la santé
est nécessaire pour que le bonheur, ce convive si désiré,
vienne s'y asseoir, tandis qu'au contraire, en présence
de la maladie, le bonheur s'éloigne, se cache, disparaît
pour jamais; car c'est une voix qui le fait fuir et à la-
quelle il reste sourd.
La santé du corps est également indispensable au jeu
régulier des facultés de l'âme. La plénitude et l'intégrité
de l'esprit sont subordonnées à la plénitude et à l'inté-
grité de la santé du corps. Sans doute on ne peut tou-
jours dire : tant vaut la santé, tant vaut l'intelligence;
mais du moins on peut dire avec vérité : tant vaut l'in-
telligence, tant vaut le corps! Jamais, dans"un corps
malade et souffrant, une haute intelligence ne brillera
— A —
de tout l'éclat dont elle est douée. La maladie agit sur
elle comme ces nuages qui, passant devant la face du
soleil, arrêtent une partie de ses rayons et diminuent
d'autant la clarté du jour.
Le poëte qui traduit son inspiration en strophes su-
blimes ; le peintre et le sculpteur qui incarnent l'un
dans un tableau, l'autre dans une statue, l'idéal que-
leur imagination croit avoir trompé; le musicien qui fait
sortir à la fois de son cerveau et de son coeur des tor-
rents d'harmonie qui charment l'âme plus encore que
l'oreille; le savant qui recherche les rapports des faits
entre eux pour en tirer des lois ; l'orateur qui embrasse
toutes les faces de son sujet et les éclaire du feu de son
éloquence; le général qui combine un plan de campagne
et dont le génie militaire le conduit avec une certitude
mathématique de victoire en victoire ; eh bien ! tous ces
grands et immortels ouvriers de l'intelligence n'au-
raient été capables de rien sans la santé !
Si Virgile a composé son beau poëme de l'Enéide; si
le génie de Raphaël s'est immortalisé dans l'admirable
tableau de la Transfiguration, et celui de Michel-Ang'e
dans la merveilleuse statue de Moïse; si le divin Mozart
a dérobé aux séraphins la lyre de la mélodie; si Newton
a découvert les lois de la gravitation, Galilée la rota-
tion de la terre, Toricelli la pesanteur de l'air; si depuis
Mirabeau jusqu'à nos jours des centaines de grands
orateurs ont monté les degrés de la tribune ; si Napo-
léon Ie 1' a été vainqueur dans cinq cent vingt batailles
ou combats, s'il a battu les Autrichiens deux cent trente-
trois fois, les Espagnols cent douze fois, les Prussiens
quarante-quatre fois, les Russes quarante-deux fois, et
tutti quanti ; cela prouve une chose incontestable, c'est
que chez tous ces grands hommes les fonctions organi-
ques étaient normales, intègres, régulières.
— S -
La valeur de la santé pour l'homme est donc un
axiome évident, et il n'est pas étonnant que chacun y
attache un grand prix et cherche à la conserver. Lors-
qu'on en est en possession, on paraît y être indifférent.
Mais, dès qu'elle est menacée, avec quelle ardeur on
s'accroche à elle! Dès qu'elle est perdue, comme on la
rappelle à grands cris, comme on met tout en oeuvre
pour la voir revenir !
C'est surtout dans les temps d'épidémie que la sollici-
tude remplace à ce sujet l'indifférence. Les appréhen-
sions se manifestent au grand jour. Chacun craint pour
les siens et pour soi-même. C'est ce dont nous avons été
témoin l'été dernier dans la petite ville où nous exer-
çons notre art. Presque tous les jours nous étions abordé
par des g'ens soucieux qui, le visage inquiet, nous di-
saient : « Il paraît que la petite vérole est à Reims et à
Charleville? Or cette phrase, dictée par une inquiétude
légitime, cachait un sous-entendu qui voulait dire :
pourvu que la petite vérole ne vienne pas ici!
Mais l'homme propose et Dieu dispose. Il était écrit
que notre population ne serait pas épargnée, mais que
l'épidémie ferait irruption dans nos murs. Elle y entra
en effet au mois d'août, et ce fut le 1er septembre qu'elle
révéla sa présence pour la première fois.
Nous allons donc donner ici la relation des faits de
variole que nous avons observés dans notre pratique.
De même que tout médecin a le devoir de soigner tous
les malades qui réclament ses soins, de même aussi
tout médecin a droit de communiquer aux corps sa-
vants les observations qu'il a pu faire dans le champ si
vaste et si intéressant de la pathologie. C'est pourquoi,
quoique nous n'ayons pas le titre de médecin des épi-
démies, nous n'hésitons pas à adresser à l'Académie de
médecine le mémoire que l'on va lire. Travailler pour
— 6 -
les progrès de la science, c'est, nous le répétons, un droit
inhérent au grade même de docteur. Aussi nous nous
estimerons très-heureux si, en apportant aux maîtres
de la jeunesse médicale le faible tribut de notre modeste
expérience, nous pouvons contribuer pour quelque
chose au perfectionnement de Fenseig'nement et de la
pratique de notre art.
DIVISION DU TRAVAIL
La question des varioles est parfaitement et depuis
longtemps connue, tant par l'enseignement écrit, par
l'enseignement oral et par les discussions académicpies
que par l'examen direct et clinique de la maladie au lit
du malade. Il est donc inutile de la traiter longuement
et d'entrer à son sujet dans des développements que leur
longueur rendrait fastidieux.
Le but que nous nous proposons ici est double. C'est
d'abord de confirmer les faits acquis à la science, faits
qu'elle a enregistrés sous la dictée de l'observation.
G'est ensuite d'examiner si les moyens préventifs em-
ployés jusqu'à ce jour, mais employés ad libitum, au ha-
sard et sans règ'le, ne pourraient pas l'être avec plus
d'opportunité et partant plus d'efficacité.
Plus nous y réfléchissons, plus nous voyons que tout
est là! Quel mal y aurait-ii quand on imposerait aux
parents l'obligation absolue de faire vacciner leurs en-
fants dans les six premiers mois de la naissance? Ne
serait-ce pas une mesure sage et humaine? Ne serait-ce
pas leur faire du bien malgré eux? Oui, nous l'affir-
mons, la radiation de la variole du cadre nosologique
est à ce prix. Or, faire disparaître à jamais et sans re-
ri^^une affection épidémique si déplorable, cela vaut la
"da^iHe/^'être examiné sérieusement.
■<^j3Pap$'*une première partie de ce travail nous présen-
terons donc succinctement les observations de varioles,
varioloïdes et varicelles que nous avons observées. Dans
une seconde partie, nous présenterons des conditions
pathologiques et thérapeutiques sur cette épidémie.
Nous terminerons par des conclusions.
PREMIÈRE PARTIE
Observations de Varioles
CHAPITRE PREMIER
VARIOLES CONFLTJBNTES
N 0' \. — M. Norbert-Désiré Sapart, âgé de 23 ans, ouvrier en
laines, né à Faisceaux et habitant Rethel depuis 1889, est le premier
qui, dans notre ville, ait été atteint de variole. Ce jeune homme
n'avait jamais été vacciné. Réformé à l'époque de la révision
comme étant faible de poitrine, et, de plus, porteur d'un varico-
cèle, il avait continué avec peine son état de rattacheur, trop fati-
gant pour lui. Il le quitta au mois de juillet dernier pour suivre
et seconder un marchand de sucre ambulant. Le 15 août, il était à
Charleville avec ce marchand, l'aidant à vendre ses sucreries,
lorsqu'il vit venir à lui une femme du peuple portant sur ses bras
un enfant de 8 ans atteint de petite vérole. La mère avait eu la ma-
lencontreuse idée de le sortir pour lui acheter un bâton de sucre.
Sapart eut à son tour l'idée malheureuse et véritablement saugre-
nue de donner une poignée de main à cet enfant qui venait d'étren-
ner sa boutique. Ce fut ainsi qu'il contracta la variole.
Quelques jours après, il sentit en effet du malaise général, de
l'abattement, de l'inappétence. Il quitta ses patrons pour revenir à
Rethel chez sa mère et se faire soigner. Étant indigent, nous l'enga-
geâmes à se faire admettre à l'hôpital. Il y entra le 3 septembre, au
moment où la variole venait de faire son explosion à la peau.
Nous n'avons pas le droit de l'y suivre, puisqu'il s'y trouvait dans
le service d'un honorable confrère, à qui ce droit appartient
comme médecin traitant. Nous devons dire seulement que chez ce
malade l'éruption pustuleuse fut extrêmement forte. Elle s'accom-
pagna de gonflement des pieds, des mains, du visage; d'occlusion
— 10-
des paupières, des narines et des oreilles ; enfin d'une stomatite
et d'une bucco-pharyngite qui produisirent un ptyalisme des plus
abondants. Je rendais, disait ce malade, des cuvettes de crachats.
Il sortit de l'hôpital le 16 du même mois, c'est-à-dire beaucoup
trop tôt, à notre avis, et incomplètement rétabli.
2. — La nommée Rosalie Duménil, femme Sapart, âgée de 48 ans,
mère du précédent, mendiante, et non vaccinée, entra à l'Hôtel-
Dieu pour la variole le 29 septembre 1864. Elle sortit guérie le
7 novembre. L'éruption fut chez elle aussi intense que chez son
fils, et elle présenta les mêmes caractères : abondance de pustules,
ombilication de celles du tronc, aspect de gouttelettes de cire vierge
de celles du visage, rupture, fétidité et dessiccation. Il y eut chez
cette femme chute des ongles.
3. — Le jeune Auguste Durier, âgé de 11 ans, enfant de la Sa-
voie, admis à l'hôpital pour une blépharite catarrhale, fut atteint,
le 15 septembre, d'une variole confluente moyenne, en donnant à
boire à l'autre varioleux. Cet enfant n'avait pas été vacciné. Il est
possible que le catarrhe palpébral qu'il portait depuis plusieurs
années ait empêché la maladie d'être plus grave.
4. •— Le jeune Léon Bertrand, âgé de 3 ans, demeurant àRethel,
rue de la Poterne, 35, fut atteint de variole confluente le 3 octobre.
Une chambre étroite, humide et basse, dont le niveau du plan-
cher est sur le même plan que celui de la rue, encombrée de trois
lits, de chaises, d'un poêle et d'une foule d'ustensiles, tel est le mi-
lieu dans lequel était confiné le petit malade. Ainsi, ces pauvres
gens avaient pour toute habitation une seule chambre ayant 4 mè-
tres de long, 4 mètres de large et 3 mètres de haut, c'est-à-dire
36 mètres cubes d'air pour cinq, soit 7 mètres cubes d'air par per-
sonne ) Or, ces 36 mètres cubes d'air, déjà plus qu'insuffisants par
eux-mêmes, étaient encore diminués par la présence des objets qui
se trouvaient inclus dans cette chambre. Le pauvre enfant, non
vacciné, eut une variole d'une gravité extrême. Il succomba par
suite d'eschares gangreneuses au sacrum et probablement résor-
ption putride ou septicémie.
5. — La petite Eugénie Bertrand, âgée de 5 ans, soeur du précé-
dent, non vaccinée, prit la variole quinze jours après son frère.
D'après nos conseils, la mère tâcha d'aérer le plus possible sa
chambre, en laissant presque constamment sa porte ouverte. La
petite malade eut le bonheur de guérir, bien que le mal fût d'une
intensité telle qu'on craignit un moment de la voir succomber.
6. — M. Jean-Baptiste Chauveau, âgé de 34 ans, serrurier-méca-
nicien, demeurant rue de Barby, 18, gagna, le 6 novembre, une
variole confluente de moyenne intensité. Bien que cet homme
— 11 —
n'eût pas été vacciné, et malgré l'abondance de l'éruption, la ma-
ladie suivit une marche paisible et le malade guérit assez vite, sans
complication.
7. — La nommée Marcelline Commun, épouse Jonval, âgée de
38 ans, couturière et dégraisseuse, demeurant Grand'Rue, 4, fut
prise, le 19 novembre, d'une variole qui suivit son cours normal.
Cette dame n'avait pas été vaccinée.
8. — M. Hippolyte Constance, âgé de 42 ans, mécanicien chez
M. Bruneau, rue de Rome, 10, prit, le 22 décembre, une variole
confluente qui fut de la plus grande gravité. Très-peu de nos ma-
lades adultes ont présenté cette affection à un pareil degré. C'était
la variole confluente dans toute la splendeur de son horrible type.
Pas un point du tégument externe ne fut épargné. Les pustules s'y
pressaient larges et rondes, d'une netteté telle qu'on aurait dit
qu'elles avaient été coulées dans le même moule ou faites à l'em-
porte-pièce. Elles formaient des lignes parallèles et en quinconces
avec une régularité extraordinaire. Le pauvre malade, longtemps
en délire dans la période pyrétique de l'évolution varioleuse, parais-
sait voué à une mort certaine. Il eut cependant le bonheur de guérir,
ne conservant qu'un état d'anémie dont les toniques triomphèrent.
9. — Le jeune Adolphe Laloue, âgé de 6 ans, demeurant rue des
Telliers, 25, chez des parents exerçant le maigre état d'ouvriers
en laines et affligés de la plus profonde misère, prit la variole le
24 décembre. Cet enfant, ayant été privé des bénéfices de la vac-
cination, fut en proie à une fièvre très-grave. Ses jours furent en
danger. Néanmoins il guérit.
10. — La petite Elisabeth Liébert, âgée de 2 ans 1/2, demeurant
rue des Petits-Monts, 13, fut atteinte, le 25 décembre, d'une va-
riole confluente, d'autant plus grave, que l'enfant était plus jeune,
d'autant plus intense que la malade n'était pas vaccinée. Elle mou-
rut le 5 janvier 186S, par l'effet de la suffocation, très-probablement
occasionnée elle-même par un oedème de la glotte, que firent naî-
tre les pustules laryngiennes. Cet enfant habitait de plus une
chambre étroite, malsaine, et douée d'une aération insuffisante.
11. — Le jeune Paul Laloue, âgé de 2 ans, frère du précédent,
n'ayant pas non plus été vacciné, contracta la même affection le
30 décembre. 11 succomba dansla périodede suppuration, par suite
d'attaques d'éclampsie entremêlées de jactitation et de subdeli-
rium. Un fait à noter ici, c'est que, dans la même chambre que ces
deux malades, habitaient deux jeunes filles, leurs soeurs, l'une de
10 ans, l'autre de 12. Elles avaient été vaccinées; elles ne prirent
pas la maladie de leurs frères, et elles continuent à se bien porter.
12. — M. Candile Louviaux, âgé de 24 ans, garçon de ferme, de-
— 12 —
meurant en la commune de Novy-Ghevrières, distante de Rethel de
6 kilomètres, fut atteint de variole le 1er janvier 1865. Il n'avait
pas été vacciné. Il guérit de sa maladie, qui fut bénigne.
13. — Le jeune Joseph Michel, âgé de S ans, demeurant rue de
la Neuville, S, contracta, le 2 janvier, une variole confluente qui
suivit la même marche que plus haut.
14. — Le jeune Jules Caffler, âgé de 5 ans, demeurant cour Saint-
Fiacre, 64, prit la variole confluente le 2 janvier et il guérit. Il ap-
partenait à une famille composée du père, de la mère, et de sept
enfants, dont pas un n'avait été vacciné. Ils avaient pour habitation
une seule chambre humide et sombre. Tous les enfants furent at-
teints par l'épidémie.
15. — Le jeune René Fiévé, âgé de 7 ans, le dernier de trois en-
fants, et le seul non vacciné, demeurant rue des Navets, 15, fut at-
teint de variole le 3 janvier. Il guérit. Les autres enfants ne furent
pas malades.
16. — Le jeune Amédée Vassant, âgé de 7 ans, non vacciné, de-
meurant rue des Navets, 16, eut, le 5 janvier, une variole de
moyenne intensité dont il guérit.
17. — Mme Marie Fromont, âgée de 32 ans, journalière, rue des
Capucins, 66, prit la variole le 5 janvier et acheva sa guérison à
l'hôpital.
18. — Le jeune Jean-Baptiste Labéosse, âgé de 18 mois, fils de
la précédente, prit aussi la variole le 5 janvier et entra à l'hôpital.
19. — M"e Philomène Tombois, âgée de 13 ans, demeurant
dans les Promenades, 63, non vaccinée, fut atteinte de variole le
5 janvier et guérit.
20. — Le jeune Jean-Baptiste Loth, âgé de 9 ans, demeurant
rue de la Neuville, 7, fut atteint de variole le 7 janvier. Il n'avait
jamais été vacciné; néanmoins il guérit sans accident.
21. — M. Pierre Charpentier, âgé de 28 ans, ouvrier en laines,
rue de Liesse, 41, et non vacciné, fut atteint d'une très-forte variole
le 7 janvier. La maladie, après une durée normale, se termina par
la guérison.
22. — Mme Marie Ladouce, âgée de 24 ans, ouvrière en laines,
soeur du précèdent et demeurant dans la même maison, fut égale-
ment prise par la variole le 7 janvier, et guérit sans avoir beaucoup
souffert.
23. — Mlle Eugénie Maldague, âgée de 25 ans, demeurant rue
de Barby, 12, fut atteinte, le 7 janvier, d'une variole des plus in-
tenses. Elle mourut le 20 janvier avec une angine varioleuse très-
forte et des accidents cérébraux formidables.
24. — La petite Alice Bouxin, âgée de 4 ans, demeurant rue
— 13 —
d'Église, 10, non vaccinée, prit la variole le 8 janvier et guérit.
25. —La petite Félicie Liébert, âgée de 1 an, demeurant rue
des Petits-Monts, 13, eut la variole le 8 janvier et guérit.
26. — La petite Marie Jourdain, âgée de 5 ans, demeurant rue
de la Poterne, 48, non vaccinée, appartenant à des parents plongés
dans la plus profonde misère, fut atteinte de variole le 8 janvier, et
guérit de cette maladie, qui fut très-grave.
27. — Le jeune Emile Billaudel, âgé de S ans, demeurant rue
de Barby, 30, fut atteint de variole le 9 janvier.
28. — M. Alexandre Renard, âgé de 42 ans, tisseur, rue des
Minimes, 25, eut la variole le 10 janvier.
29. — M. Jean Costemble, âgé de 33 ans, tisseur, rue de Liesse,
400, en fut pris aussi le 10 janvier.
30. — La petite Marie-Rosalie Labéosse, âgée de 4 ans, rue des
Capucins, 66, eut aussi la variole le 10 janvier.
31. — La petite Léontine Liébert, âgée de 4 ans, rue des Petits-
Monts, 13, prit la variole le 13 janvier. Transportée chez une pa-
rente habitant dans les Promenades, elle y passa le temps que dura
sa maladie, qui n'eut pas d'ailleurs de suites fâcheuses.
32. — Le jeune Adolphe Billaudel, âgé de 6 mois, rue des Pe-
tits-Monts, 13, chez la dame Liébert qui l'avait pris en nourrice et
relevait au sein, fut atteint de variole le 14 janvier. Nous avions
prédit cet accident inévitable. Mais, chose triste à dire, nos conseils
les plus désintéressés ne sont pas toujours les mieux suivis. Cet
enfant dut d'échapper à la mort à la bénignité de sa variole.
33. —-Le jeune Auguste Rennesson, âgé de 3 mois, rué Saint-
Hubert, 31, fut atteint d'une variole extrêmement forte le 14 janvier
et mourut avec des accidents éclamptiques.
34. — La petite Jeanne Barrier, âgée de 1 an, demeurant rue
Montboyel, 14, fut atteinte de variole le 14 janvier. Elle s'accom-
pagna d'une stomatite très-pénible, qui céda à un collutoire borate.
L'enfant put dès lors avaler avec plus de facilité, et souffrant moins,
elle reprit sommeil et guérit.
35. — La petite Marie Mérieux, âgée de 2 mois, rue de la Po-
terne, 7, eut la variole le 14 janvier, et guérit malgré son jeune âge.
36. — Le jeune Alfred Michel, âgé de 9 ans, demeurant rue de
la Neuville, 5, prit la variole de son frère le 15 janvier. Elle suivit
la même marche et eut la même terminaison.
37. — M. l'abbé Cartier, vicaire de la paroisse Saint-Nicolas, âgé
de 26 ans, demeurant Grand'Rue, 12, fat atteint de variole le 15 jan-
vier. Cette maladie fut précédée par des prodromes d'une grande
intensité. Mais tout l'entra dans l'ordre après l'éruption.
38. — La petite Marie André, âgée de 6 mois, demeurant place
— 14 —
de la Halle, 2, prit la variole le 15 janvier. Nourrie au sein par sa
mère, elle guérit' malgré quelques pustules gangreneuses, au nom-
bre de sept, qui se formèrent spontanément aux cuisses.
39. —M. Jules Gervais, âgé de 22 ans, tisseur, rue d'Amour, 10,
fut atteint de variole le 15 janvier et guérit.
40. — La petite Alice Compagnon, âgée de 18 mois, rue des
Navets, 15, eut la variole le 15 janvier et guérit.
41. —M. Alfred Tombois, âgé de seize ans, rattacheur, rue des
Promenades, 63, prit la variole aussi le 15 janvier.
42. — M1Ie Joséphine Mérieux, âgée de 16 ans, soigneuse, rue
de la Poterne, 7, prit la variole le 16. Mère depuis deux mois, elle
continua à nourrir, malgré sa variole, et nourrit encore aujourd'hui
son enfant dont elle avait contracté la maladie.
43. —M. René Duchène, âgé de 19 ans, tisseur, rue d'Amour,
25, prit la variole le 17 janvier.
44. — Le jeune Jules Duchène, âgé de 3 ans, frère du précé-
dent, fut également atteint de variole à la même époque, et guérit
après l'évolution normale de sa pyrexie.
45. — Mme Élisa François, épouse Dessailly, âgée de 44 ans,
journalière, demeurant à Arincourt, commune.distante de Rethel
de 5 kilomètres, prit la variole le 17 janvier et guérit.
46. — Le jeune Gustave Milhès, âgé de 10 ans, demeurant rue
des Telliers, 28, fut atteint de variole le 18 janvier.
47. — Mmo Marie Blain, âgée de 32 ans, enceinte de 6 mois,
couturière, rue de Barby, 30, eut la variole le 18 janvier et guérit.
48. — Mmo Compagnon, âgée de 32 ans, journalière, rue des Na-
vets, 15, eut aussi la variole le 18 janvier.
49. — Le jeune Jean-Baptiste Compagnon, âgé de 5 ans, fils de
la précédente, tomba malade le même jour que sa mère.
50. — M. Garet Xavier, âgé de 37 ans, fileur, rue de Barby, 14,
fut atteint de variole le 19 janvier.
51. — Mlle Célestine Caffler, âgée de 13 ans, demeurant cour
Saint-Fiacre, 64, prit la variole le 19 janvier.
52. — La petite Louise Caffler, âgée de 3 ans, soeur de la pré-
cédente, fut prise le même jour.
53. — La petite Octavie Caffler, âgée de 9 mois, soeur des deux
autres, fut prise aussi en même temps.
54. — M. Narcisse Journet, âgé de 23 ans, menuisier, rue des
Capucins, 46, fut atteint d'une variole très-intense le 19 janvier, et
il guérit, malgré la gravité extrême du mal.
55. — M"° Marie Chardon, âgée de 10 ans, rue de la Neuville, 9,
eut aussi la variole le 19 janvier.
— 15 —
556. — Le petit Jean-Baptiste Charpentier, âgé de 18 mois, rue
de Liesse, 41, prit la variole le 20 janvier et guérit.
57. — Mme Gilet, âgée de 44 ans, journalière, rue des Telliers, 28,
fut atteinte par l'épidémie le 20 janvier. Son éruption fut extrême-
ment forte, et s'accompagna d'un gonflement énorme du visage.
58. — La petite Léonie Compagnon, âgée de 2 mois, demeurant
rue des Navets, 15, eut la variole le 20 janvier et mourut.
59. — M. Gustave Pasquier, âgé de 19 ans, ouvrier en laines,
rue de Rome, 11, contracta la variole le 20 janvier.
60.— La petite Belleamie Soilly,|âgée de 5 ans, rue de l'Église, 8,
prit la variole le 20 janvier et mourut.
61. — Le jeune Elysée Compagnon, âgé de 3 ans, rue des Na-
vets, 15, contracta la variole le 22 et guérit.
62. — Le jeune Théodore Tombois, âgé de 3 ans, rue des Pro-
menades, prit la variole le 23 et mourut.
63. — La petite Eugénie Ourblin, âgée de 9 ans, demeurant rue
de Liesse, 43, fut atteinte de variole le 25 janvier. Sa maladie fut
précédée d'épistaxis très-abondantes, qui ne cédèrent qu'au tam-
ponnement et au perchlorure de fer. Après cet accident fâcheux,
la pyrexie suivit son cour normal.
64. — La petite Marie Lebon, âgée de 2 ans, demeurant rue
de l'Église, 35, fut atteinte de variole confluente le 25 janvier. La
période prodromique fut marquée par des accidents éclamptiques
très-intenses, qui nous donnèrent beaucoup d'inquiétude et que
l'apparition de l'éruption fit cesser.
65. — La petite Zélie Vastel, âgée de 11 ans, rue des Capucins,
62, prit la variole le 25 janvier.
66. — La petite Léonie Costemble, âgée de 5 mois, rue de Liesse,
100, prit aussi la variole le 25 et guérit.
67. — La petite Aline Godot, âgée de 4 ans, rue Montboyel, 19,
la contracta également le 25 janvier.
68. — La petite Euphrosine Chevalier, âgée de 8 ans, rue Mont-
boyel, 14, la gagna aussi le même jour.
69. — Le jeune Charles Cornu, âgé de 4 mois, rue d'Église, 34,
l'eut aussi le 25 janvier.
70. — La petite Marie Laloi, âgée de 7 ans, rue Saint-Hu-
bert, 18, contracta l'épidémie également à la même date.
71. —Le jeune Edouard Petitfils, âgé de 2 ans, rue de la Po-
terne, 27, en fut atteint le 16 janvier et mourut.
72. —Le jeune Albert Poirot, âgé de 7 mois, rue de la Poterne,
en fut atteint le 27 janvier et guérit.
73. — M 116 Célina Berthe, âgée de 21 ans, soigneuse, rue de
Rome, 17, en fut atteinte le 27 janvier.
— 16 -
74. — Mme Nautré-Bernard, âgée de 55 ans, fermière à Novy-
Chévrières, prit la variole le 28 janvier.
75. — M. Jean-Baptiste Warnet, âgé de 35 ans, ouvrier en lai-
nes, rue d'Evigny, 29, prit la variole le 30 janvier.
76. — M. Léon Vieillard, âgé de 15 ans, pensionnaire, eut la va-
riole le 30 janvier.
77. — Mme Valérie Foucart, épouse Turpin, âgée de 34 ans, jour-
nalière, rue d'Amour, 29, fut atteinte de la variole le 1er février.
78. — Le jeune Alexandre Quinart, âgé de 2 ans, rue de la Po-
terne, 37, en fut aussi atteint le 1er février.
79. —• La petite Aurore Bourgeois, âgée de 7 ans, rue de la Po-
terne 40, prit également la variole à la même date.
80. — La petite Victorine Bourgeois, âgée de 9 ans, soeur de la
précédente, en fut aussi atteinte le même jour.
81. — M. Jean-Baptiste Villemet, âgé de 30 ans, tisseur, rue de
Liesse, tomba malade aussi le 1er février.
82. — M. Charles Leroy, âgé de 40 ans, aubergiste en face des
Promenades, 4, contracta l'épidémie le 1er février.
83. — Mm" Mirrois, âgée de 28 ans, domestique au moulin de
Gerson, eut aussi la variole à la même date.
84. — M. Gérard Collinard, âgé de 43 ans, cultivateur à Doux,
commune distante de Rethel de 6 kilomètres, eut aussi la variole
le 1er février.
85. —Mlle Rosa Vastel, âgée de 13 ans, rue des Capucines, 62,
prit la variole le 1er février.
86.—La petite Sophie Laloi, âgéede 4 ans, rue Saint-Hubert, 18,
prit la variole le même jour.
87. —La petite Marie Beaudard, âgée de 6 ans, demeurant à Ber-
thoncourt, village distant de 4 kilomètres de Rethel, prit également
la variole à la même date.
88. — Le jeune Hector Maquin, âgé de 15 mois, rue de Liesse,
48, fut atteint d'une variole très-intense, le 3 février et mourut
le 10.
89. — Le jeune Léon Tombois, âgé de 15 ans, demeurant rue des
Promenades, prit la variole le 4 février.
90. —La petite Marie Tombois, âgée de 8 ans, soeur du précé-
dent, la prit le même jour.
91. — Mme Drouart, âgée de 28 ans, ouvrière en laines, rue des
Telliers, 8, fut atteinte de variole le 4 février. Elle était accouchée
8 jours auparavant. Néanmoins la maladie n'eut rien de grave.
92. — La petite Rose Rosier, âgée de 2 ans, rue des Petits-Monts,
13, tomba malade le 7 février et mourut.
- 17 -
93. —La petite Aline Berthe, âgée de 4 ans, rue de Rome, 17,
prit la variole le 8 février.
94. — La petite Jeanne Lecroc, âgée de 8 ans, rue Saint-Hubert,
18, prit la maladie le 9 février.
95.—La petite Elisa Camus, âgée de 3 ans, rue de la Poterne, 11,
prit la variole le 10 et mourut le 18.
96. — Mme Charlier, âgée de 28 ans, ouvrière en laines, rue
d'Amour, 19, fut atteinte de variole noire, ou variole hémor-
rhagicfue, le 10 février et mourut le 20 à l'hôpital.
97. — Le jeune Edouard Cornu, âgé de 3 ans, rue de l'Église, 34,
prit la variole le 12 février et guérit.
98. — M. Nicolas Guétert, âgé de 24 ans, domestique, place de la
Halle, 30, fut atteint de variole le 11 février.
99. —La petite Augustine Vastel, âgée de 4 ans, rue des Capu-
cins, 62, prit la variole le 12 février,
100. — Le jeune Joseph Keberlé, âgé de 8 ans, place de la Halle,
30, prit également la maladie le 12.
101. — La petite Marie Goulin, âgée de 12 ans, rue des Capucins,
107, prit la variole le 15 février.
102. — Mlle Marie Collinard, âgée de 24 ans, couturière à Doux,
enceinte de 7 mois, fut atteinte de variole le 15 février et guérit
sans accident.
103. — M. Sugot-Mayot, âgé de 44 ans, cultivateur à Pargny,
village distant de Rethel de 3 kilomètres, eut une variole des plus
graves dont il fut atteint le 15 février et dont il eut le bonheur
de guérir. Sa convalescence fut marquée par une série de petits ab-
cès qui se produisirent au cou.
104. — Le jeune Louis Foncier, âgé de 2 ans, rue d'Amour, 19,
prit la variole le 19 février.
105. - M. Nicolas Piler, âgé de 41 ans, domestique, rue des
Telliers. 1, prit la variole le 20 février.
106. — Le jeune Paul Masson, âgé de 2 ans, rue de Liesse, prit
la variole le 20 février et mourut.
107.—Le jeune Théodule Carré, âgé de 2 ans, rue de Liesse,
120, prit la variole le 21 février: ?
108. — Mm° Guétert, âgée de 25 ans, servante, place de la Halle, .
30, l'eut le 22 février.
109. — M. Jean-Baptiste Lamiable, âgé de 54 ans, ouvrier en
laines, rue des Morts, 9, en fut atteint le 22.
110. — La petite Vitaline Titout, âgée de 3 ans, rue des Petits-
Monts, 13, la contracta le 25 février.
111. La petite Marie Costeaux, âgée de 5 ans, rue Saint-Hu-
bert, 18, contracta la variole le 25 février.
— 48 —
112. — M. Jean-Baptiste Nicolas, âgé de 34 ans, cocher, rue Saint-
Nicolas, 46, gagna la variole le 1er mars.
113. — La petite Amélie Noël, âgée de 6 mois, rue des Petits-
Monts, 13, en fut atteinte aussi le 1er mars.
114. — La petite Alexandrine Gosteaux, âgée de 3 ans, rue Saint-
Hubert, l'eut également à la même date.
115.—M™ 6 Poirot jeune, âgée de 25 ans, chiffonnière, rue des
Telliers, 32, la gagna aussi le même jour.
116. —M. Dominique Dupont, âgé de 49 ans, charbonnier, rue
des Telliers, 38, fut pris aussi le 1er mars.
117. — M. Nicolas Couty, âgé de 30 ans, peintre, rue des Tel-
liers, tomba malade le 1er mars et mourut à l'hôpital.
118. Le jeune Ernest Costeaux, âgé de 10 mois, rue Saint-Hubert,
prit la variole le 5 mars.
119. —Mlle Marie Garot, âgée de 20 ans, domestique, rue de
Liesse, eut la variole également le 5 mars.
120. — La petite Célina Goulin, âgée de 7 ans, rue des Capucins,
107, tomba malade le 6 mars.
121. —Le petit Glovis Goulin, âgé de 2 ans, frère de la précé-
dente, prit aussi la variole le même jour.
122. — Le petit Jules Goulin, âgé de 8 mois, frère du précédent,
tomba également malade à la même date.
123. —M. Jean-Nicolas Villers, âgée de 24 ans, cultivateur, à
Bef thoncourt, prit la variole le 10 mars et mourut de méningite.
124. — Le jeune François Dotel, âgé de 3 ans, rue des Morts, 10,
eut la variole le 10 mars.
125. — La petite Marie Costemble, âgée de 2 ans, rue de Liesse,
100, eut la variole le 15 mars.
126. —Le jeune Abel Prévôt, âgé de 6 mois, rue de Liesse, la
gagna le même jour.
127. —M. Etienne Maza, âgé de 19 ans, maçon à Pargny, prit la
variole le 22 mars. Sa convalescence fut marquée par une otite ex-
terne et un catarrhe de la conque très-abondant.
128. —Le jeune Arthur Garpentier, âgé de 3 ans, rue de la Po-
terne 31, prit la variole le 22 mars.
129. —Mme Faille-Valard, âgée de 35 ans, journalière, rue
de l'Église, 10, tomba malade le 1er avril.
130. — Le jeune Auguste Boucin, âgé de 6 ans, à Berthoncourt,
prit aussi la variole le 1er avril.
131. — Mme Legrand-Crépin, âgée de 48 ans, rentière, rue de
la Poterne, 30, eut la variole le 1er avril après une fièvre muqueuse.
132. — La petite Uranie Couttin, âgée de 6 ans, rue de Belair,
eut la variole le 1er avril.

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