Mensonges républicains

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Lachaud et Burdin (Paris). 1873. In-8° . Pièce.
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Publié le : mercredi 1 janvier 1873
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MENENIUS AGRIPPA
LES
MENSONGES
RÉPUBLICAINS
Prix : 50 centimes
PARIS
LACHAUD & BURDIN
LIBRAIRIES-ÉDITEURS
4, PLACE DU THÉATRE-FRANÇAIS, 4
1873
2321. — Boulogne (Seine). — Imp. JULES BOYER et Cie
LES MENSONGES
RÉPUBLICAINS
Peuple des villes, peuple intelligent, aspirant souverain
de l'avenir, tu n'es qu'un gobe-mouche; on te blague, on te
berne, on te trompe, comme tu dis; seulement ce ne sont
pas les monarchistes qui se moquent ainsi de toi; ce sont
les gens de la république, ceux que tu crois tes amis. Ils
sont là une centaine de charlatans montés sur des tré-
teaux dont le pied baigne dans le sang de tes frères, et
toi, les jambes écartées, les bras pendants, la bouche ouverte,
les yeux fermés, tu gobes, tu gobes sans cesse; tu regardes
avec admiration leurs tours d'escamotage auxquels tu ne
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comprends rien, auxquels tu ne comprendras quelque chose
que lorsque tu seras escamoté à ton tour. Du reste, il faut
leur rendre justice à ces saltimbanques; ils sont adroits, ils
t'ont pris par ton côté faible, la vanité; tous les jours ils te
répètent à satiété que tu es intelligent, instruit, que tu as le
sens politique, que tu es apte à te gouverner toi-même, et à
gouverner les autres; quoi de plus naturel, après cela, que tu
écoutes leurs paroles comme des oracles. Eh bien! vois-tu,
on te dore la pilule, tu n'es pas malin, et tu t'en apercevras
un de ces jours ; ces messieurs passent leur temps à te dire
que tu es bien plus fort que le peuple des campagnes : ils
savent bien que non ; celui-là a sur toi une immense supé-
riorité, il est défiant; et lorsqu'un beau parleur vient
raconter à des gens de la campagne toutes ces bourdes que
tu avales si bien, lorsqu'il vient leur dire que lui et ses amis
ne pensent qu'au peuple, n'agissent que pour le peuple, et
ont pour unique but de leur vie de travailler à la plus grande
félicité de cette classe laborieuse dont eux essaient de sortir
par tous les moyens possibles, alors le paysan se pose
immédiatement cette question salutaire : « Quel intérêt ce
monsieur-là, qui ne nous connaît pas, peut-il avoir à travailler
à notre bonheur? » Une fois la question posée, il ne trouve
pas toujours la réponse, mais il se méfie, et c'est là l'essen-
tiel. Toi, te méfier! jamais! Et cependant, puisque tu es si
intelligent, si instruit, si tu avais un peu moins de vanité,
si les compliments de tes adulateurs ne te montaient pas
tant à la tête, tu comprendrais que tous ces gens-là qui ne
reconnaissent de mérite que sous la blouse ne la portent pas,
et que leur seul intérêt et leur seul but est de constituer à
leur profit une aristocratie de la démocratie, laquelle, sache-
le bien, sera pour toi la plus insupportable de toutes; car
toi peuple qui supportes si difficilement le fardeau de la
reconnaissance, toi qui bannis Aristide parce que tu es
agacé de sa réputation sans tache, comment pourras-tu

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