Merkava, le char céleste

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Quand nos contes, légendes et mythes prennent vie, notre monde peut rapidement être bouleversé. Quand le temps et les univers s’entremêlent, le chaos arrive à se frayer un chemin.

Des personnages mythiques comme Merlin l’enchanteur, Thor ou encore Zeus ont non seulement existé, mais continuent d'interagir dans l’ombre avec notre monde et bien d’autres depuis des millénaires.

Pourtant, quand le mal s'empare de ces êtres d’exception, il en résulte immanquablement une ère de guerre et de destruction, que ni l’amitié ni le grand amour ne peuvent contrer sans subir de terribles souffrances.

Que peuvent faire deux simples terriens guidés par un légendaire magicien face aux forces de l'Olympe décidées à envahir la totalité des univers ? S’aimer et se battre, et ce jusqu’aux portes de notre propre monde.


Publié le : jeudi 3 septembre 2015
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EAN13 : 9782332988270
Nombre de pages : 192
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-98825-6

 

© Edilivre, 2015

Remerciement

 

 

Merci à ma compagne Sophie
sans qui rien n’aurait été possible.

Citation

 

 

« Les Grandes histoires sont celles que l’on a déjà entendues et que l’on n’aspire qu’à réentendre.
Celles dans lesquelles on peut entrer à tout moment et s’installer à son aise. »

Arundhati Roy

Partie I

Chapitre 1
Espace : Terre, Epoque : Aujourd’hui

Ses muscles étaient tendus et endoloris ; il avait néanmoins réussi le passage. Maintenant il devait bouger, une des premières règles que les gardiens apprenaient était qu’ils devaient rester en mouvement constamment afin d’éviter d’attirer l’attention.

Sa mission était simple cette fois : localiser la cible et l’extraire.

Malgré son camouflage urbain qui lui permettait de ressembler à tous les êtres de ce monde, les gens qu’il croisait le fixaient quelques secondes avant de feindre de regarder ailleurs. C’était peut-être dû à son impressionnante stature ou encore à ses yeux noirs emplis d’une expérience que les gens qui croisaient son regard ne voulaient pas connaitre… Mais il s’agissait probablement plutôt de sa grande difficulté à respirer qui étonnait les badauds. Il lui était en effet nécessaire de régulièrement arrêter sa marche, à court de souffle, pour prendre une grande inspiration avant de pouvoir reprendre son chemin. Ce monde était en effet tellement pollué, l’air saturé de microparticules, que les gens comme lui avaient une très grande difficulté à métaboliser les molécules d’oxygène dans leurs muscles.

Sa mission par conséquent était timée, il ne pouvait rester dans cet environnement hostile plus de 75 minutes, à la fois pour des raisons de santé mais aussi pour des raisons de sécurité, il ne pouvait se faire prendre, trop était en jeu.

Il regardait son appareil, il avait presque réussi à capter les signaux de localisation des satellites que ces humains utilisaient. Il devait activer le mode furtif de son appareil afin qu’aucune agence de sécurité ne puisse capter et encore moins localiser cet outil d’un niveau technologique qui les dépassait. Il se souvenait des histoires qui lui avaient été racontées pendant sa formation, mais aussi de toutes les expériences qu’il avait eu sur Terre, ce peuple était brutal et hostile, son histoire était jonchée d’évènements où l’obscurantisme technologique avait pris le dessus, ce peuple aurait dû avoir comme devise : Détruit ce que tu ne connais pas. Cela leur siérait tout à fait… Mais ce peuple avait aussi en lui quelque chose qu’il n’avait jamais croisé auparavant dans l’univers, une sorte d’étincelle de vie qui brillait en eux, qui les faisait avancer à grands pas, parfois vers leur destruction, mais souvent vers des œuvres colossales et bouleversantes.

Il se forçait à stopper ses réflexions pour se focaliser sur son objectif. Son appareil bippait, localisation validée ; il se trouvait à Edimbourg, ville appartenant au Royaume de l’Angleterre, située au nord de l’Europe, il était maintenant sur Princes Street, vaste avenue commerçante, bordée d’un côté par une enfilade de grands magasins au sein desquels une surabondance de produits inutiles y étaient entassés et pour lesquels, les gens de cette époque travaillaient dur sans même chercher parfois à subvenir à leurs besoins primaires, préférant être éblouis par une technologie ineffable plutôt que ravi autour d’un fameux repas en famille.

Il se situait maintenant à moins de quinze minutes de marche de son objectif.

Tout en continuant à avancer, il se surprenait à observer ce majestueux château d’Edimbourg, surplombant la ville, juché sur sa colline. Ce château possédait quelque chose de mystérieux, il était là assis sur son piédestal, contemplant une ville aux allures sombres et gothiques, mais bouillonnante de vie et de magie. La ville d’Edimbourg était une des plus anciennes de la civilisation de continent, il émanait d’elle une sorte d’énergie de certitude historique, liée à une pudeur essentiellement créée par le Royaume Anglais qui lui avait interdit d’être ce qu’elle était : un nid culturel à la forte résonance vitale d’une multitude de générations qui y avaient vécu, y avaient été heureux et fiers.

Il se dit que ce monde, malgré toute sa violence, sa bêtise et son utilité limitée avait tout de même réussi à produire des bâtiments et des artefacts d’une grande beauté. Il aimait l’imperfection de certains des mondes qu’il avait visités, leurs étranges variations sur une ligne entre la beauté et la folie. Ces peuples matriciels étaient étonnants de vivacité et d’inventivité…

*
*       *

Il était maintenant à huit minutes de son objectif, il avait remonté toute l’avenue Princes Street et devait maintenant prendre Morrison Street et la rue où se trouvait sa cible serait la seconde à gauche.

Il était tenté d’accélérer le pas, mais il savait qu’il pourrait ainsi perdre son souffle et autant la mission était simple et peu dangereuse, autant il avait appris avec l’expérience que les surprises se trouvaient toujours là, tapies dans l’ombre, prêtes à jaillir et toujours assez inattendues pour tout à fait vous prendre au dépourvu.

*
*       *

Son appareil, le Merkava, vibrait à son poignet, signe qu’à la fois il se rapprochait d’où se trouvait la jeune femme qu’il devait récupérer, mais aussi qu’il recevait des informations topographiques des lieux, ainsi que des indications diverses, telles que les traces thermiques des personnes au sein du bâtiment qu’il devait prendre d’assaut ; il recevait toutes ces informations dans le but d’agir et surtout de réussir sans encombre.

Il prenait le temps d’étudier tous les détails sur son appareil, il semblait qu’il n’y avait personne avec elle dans l’appartement, parfait, cela allait rendre sa tâche pour le moins plus aisée. Elle était sous la douche, son derme serait donc dilaté par la chaleur de l’eau, il allait donc opter pour une solution empoisonnée cutanée, qu’il lui injecterait par simple contact et qui ferait ralentir le métabolisme de la jeune femme à presque 1 % de ses habituelles capacités. Cela lui permettrait ainsi de la transporter sans avoir à se préoccuper de la contraindre physiquement à le suivre. Il devait donc hâter le pas afin d’atteindre son logement avant qu’elle ne finisse sa douche.

Il était maintenant à la porte du bâtiment, d’architecture Victorienne, selon le Merkava, d’une hauteur de trois étages, il y avait six appartements, chacun assez vastes selon les critères de ce monde et même de cette ville.

Les deux appartements du rez-de-chaussée étaient occupés, celui de sa cible se trouvait au troisième étage, ce qui constituait un obstacle, il ne pouvait se permettre de se retrouver face à un voisin curieux en redescendant de l’appartement, il devrait donc actionner son retour au sein même du logement. Il n’aimait pas trop cette manœuvre, cela l’inquiétait toujours de créer une anomalie temporelle et un vortex géographique dans un endroit si confiné. Il risquait à chaque fois d’emporter la moitié du bâtiment avec lui dans le souffle du trou noir. Peu importe, il avait confiance en sa technologie et s’il effectuait cette mission, c’était bien pour toujours l’améliorer, il se devait donc de prendre quelques risques.

Il se décidait donc à s’engager dans le bâtiment, comme dans la plupart des cas dans ce royaume, le sol du corridor commun était recouvert de moquette, ce qui facilitait son arrivée discrète. Il s’engagea dans les escaliers et tout en regardant son appareil, il préparait son arme cutanée et dosait le produit qui serait injecté à la jeune femme selon son poids, son âge et sa santé, données aussi transmises par le Merkava. Il était au second étage, il se surprit à regarder à nouveau par la fenêtre de l’escalier cette majestueuse ville gothique, capitale écossaise, il se disait que malgré tout le désintérêt qu’il avait pour ce monde, cette ville revêtait néanmoins une étrange aura bleue-dorée qu’il n’avait connue qu’une fois auparavant, il y avait de cela bien longtemps alors qu’il avait effectué une mission de plusieurs années sur Terre, dans une région nommée « Bretagne », en France.

Après ces deux étages, son souffle était bien plus court, la rareté de l’oxygène dans ce monde le handicapait fortement, il devrait donc être rapide, il ne devait surtout pas perdre de temps ni d’énergie au risque de s’asphyxier. Il lui restait maintenant 29 minutes pour achever sa mission.

Il arrivait à la porte de l’appartement où résidait la jeune femme, il s’autorisait une vingtaine de secondes pour reprendre son souffle, il étudiait la porte, c’était une massive porte Victorienne en chêne ouvragé, aux gonds en fer forgé… Celle-ci allait être difficile à forcer, il avait peur de devoir faire bien trop de bruit, ce qui à la fois alerterait les voisins, mais aussi rendrait sa tâche bien plus difficile, le cerveau de la jeune femme et son cortex reptilien engendreraient en effet une montée d’adrénaline du fait de la peur, ce qui rendrait son produit moins efficace… Il décida de réfléchir, il regarda autour de lui, personne… Alors une idée saugrenue lui traversa l’esprit, il actionna la poignée et… La porte s’ouvrit !

Il se moqua quelques instants de lui-même, avant que son entrainement d’élite reprenne le dessus, ce qui lui permit de se concentrer tout à fait à nouveau. Ses années d’entraînement, l’avaient rendu d’une efficacité redoutable, bien au-delà des standards des forces spéciales du monde Terre par exemple et de bien d’autres mondes, il était acéré, intelligent, un génie dans plusieurs domaines, expert en combat et surtout extrêmement déterminé, qualités qui lui avaient permis d’être ce qu’il était aujourd’hui.

Alors qu’il pénétrait dans le petit appartement, il entendit la douche qui coulait toujours, il devrait attendre qu’elle finisse, à la fois pour le côté pratique de ne pas être trempé, mais aussi à nouveau pour que son produit agisse au maximum de son efficacité. Une chanson était jouée en fond par une petite chaîne hifi placée dans le salon, le son était assez fort, c’était parfait, cela couvrirait d’autant plus son action. Il entendit les paroles et sourit, « Cold Water », assez ironique compte tenu de la très chaude douche que son imminente victime prenait.

Il se dirigea vers la salle de bain et attendit quelques secondes, la jeune femme actionna le robinet et le jet d’eau chaude s’éteint. C’était le moment !

Il entra dans la salle de bain, la vapeur couvrait ses déplacements, il la vit sortir de la douche, elle était superbe, nue, de l’eau s’écoulant sur sa peau de pêche, il l’admirait… Elle avait de longs cheveux auburn, des yeux bleus perçants ; il connaissait parfaitement le physique de cette jeune femme puisqu’elle n’était qu’une copie, mais elle dégageait quelque chose qui l’avait bouleversé instantanément. Cette seconde d’inattention laissa le temps à la jeune femme de le voir et d’émettre un cri, très rapidement stoppé par le geste fluide et implacable de l’agent. Il avait apposé sa main sur la bouche de la jeune femme, stoppant instantanément le cri et de l’autre main, apposa le produit au creux de ses reins, elle lui tomba dans les bras la seconde suivante.

Mission accomplie, il était temps de rentrer dans son monde. Il actionna son appareil, inséra la destination : OLYMPE. Il configurait l’appareil quand il ressentit une forte douleur sur son crâne, il lâcha la jeune femme qui s’effondra sur le sol comme une poupée désarticulée, sa vue était un peu brouillée, il était sonné mais parvint néanmoins à analyser rapidement la situation, un homme se tenait devant lui, le regard empli de fureur et tenant à la main une sorte de sculpture en bois, probablement ce qu’il avait utilisé pour le frapper. Il ne l’avait pas entendu arriver à cause de la musique qui toujours résonnait dans l’appartement, se dit-il. Temps d’agir, d’un bond félin, il se jeta sur l’homme.

Chapitre 2
Espace : Terre, Epoque : Aujourd’hui, Lieu :
Edimbourg, Princes Street

Morgan sortait d’un grand magasin dédié à la musique, aux films et aux jeux-vidéos, il venait d’acheter le nouvel album de Dorian Brice, il savait que sa copine l’adorait et espérait vraiment lui faire plaisir… Leur dispute de la veille avait été assez violente cette fois. Il s’en voulait de ce qu’il avait pu lui dire, mais sous la colère il s’emportait souvent et n’arrivait plus à se contrôler… Cela faisait maintenant trois ans qu’ils étaient ensemble et leurs disputes devenaient de plus en plus fréquentes. Il s’inquiétait pour son couple et s’était réveillé avec la ferme intention de reconquérir la femme qu’il aimait toujours autant. La veille, ils s’étaient endormis dos à dos après leur dispute, il l’avait entendue sangloter dans le lit, il avait voulu lui dire quelque chose, la rassurer mais il était très mauvais pour cela.

Il se dirigeait donc vers leur appartement, les bras chargés, il avait aussi acheté cette bouteille de Prosecco qu’elle aimait tant et une pizza venant de leur restaurant italien préféré qui se situait au début de Leith Walk, un petit restaurant qui ne payait pas de mine nommé « Jolly », mais où la nourriture était excellente et où le patron, Victor, était un être adorable ; cela avait été le restaurant qu’ils avaient choisi pour fêter leur emménagement ensemble. Il regarda sa montre, il était sorti environ une heure pour faire toutes ces courses, il espérait qu’elle serait réveillée et qu’elle serait prête à l’écouter, et peut-être à le pardonner voyant tous les efforts qu’il avait fait et qu’elle comprendrait toutes ces preuves d’amour.

Il pressa le pas, maintenant excité à l’idée que cette journée allait peut-être devenir celle où leur couple prendrait un nouvel élan. Il l’aimait fort et réfléchissait depuis un certain temps à finalement la demander en mariage, mais quelque chose, une petite voix très profondément inscrite au fond de lui l’en avait toujours dissuadé jusqu’alors. Comme s’il savait que cela n’arriverait jamais… Leurs amis et leurs familles s’attendaient eux aussi un jour à entendre la bonne nouvelle de leurs fiançailles, mais il n’avait pas encore eu le courage de sauter le pas. Le fait qu’elle n’était pas écossaise avait été difficile de prime abord auprès de sa famille conservatrice de souche Edimbourgeoise, mais ceux-ci avaient appris à l’aimer et à l’accepter petit à petit comme l’une des leurs. Parfois sa mère passait des après-midis entiers avec elle. Il était content que les barrières culturelles soient enfin tombées.

Plongé dans ses pensées, il ne s’était pas rendu compte du chemin qu’il avait parcouru et comme sorti d’un rêve il s’aperçut qu’il était au pied de chez lui ! Il entrait dans l’immeuble jonglant avec ses sacs tout en cherchant ses clés et en montant les escaliers, il se rappela qu’il avait laissé la porte ouverte en sortant, malgré la consigne insistante d’Alanis de ne jamais laisser une porte d’entrée ouverte, elle insistait toujours pour qu’ils ferment à double tour, même lorsqu’ils étaient tous les deux à la maison. C’est à ce moment précis qu’il l’entendit crier, pendant un bref instant. Il lâcha ses affaires et d’un bond se mit à courir dans les escaliers vers le 3ème étage où se trouvait leur appartement.

En courant il se prit les pieds et tomba dans les escaliers, il ressentit une vive douleur dans sa cheville, mais boosté par l’adrénaline, la peur et le besoin primaire de sauver sa compagne, il ignora sa douleur et reprit son ascension. Il arriva enfin à la porte de leur appartement qu’il ouvrit d’un geste violent, la porte s’écrasa contre le mur adjacent et il entra promptement.

Il regardait autour de lui, cherchant du regard Alanis, elle n’était pas dans la chambre dont la porte était ouverte, il se précipita donc vers la salle de bain et là son cœur s’arrêta de battre un instant. Toutes ses craintes, toutes ses peurs de la perdre prenaient consistance devant lui : il la voyait là, nue, dans les bras d’un homme… Elle le trompait ! Il le savait, c’était la raison de toutes leurs disputes, tous ces efforts pour rien. Son cœur se brisait, mais pris d’un excès de colère, il se vit mécaniquement prendre la statuette en bois représentant un joueur de cricket que son père lui avait offerte à son dernier anniversaire, les deux hommes étant de fervents joueurs et admirateurs de ce sport britannique.

Alors qu’il prenait la statuette au passage, il accéléra le pas, il devenait une bête, un animal intérieurement, voulant uniquement faire souffrir et disparaître cet homme qui avait osé poser les mains sur sa compagne, qu’il prenait en flagrant délit d’adultère. Il frappa un grand coup sur le haut du crâne de l’homme qui à sa grande surprise ne s’effondra pas net, et il reprit tout à fait conscience de ses actions quand il vit le corps d’Alanis se vautrer sur le sol, inanimé, apparaissant sans vie. Ce fut une vision d’horreur !

Il n’eut alors qu’une seconde pour voir l’homme bondir sur lui, ils tombèrent tous les deux à la renverse et sa cheville qu’il avait blessée quelques secondes auparavant le fit hurler de douleur. L’homme était lourd sur lui et il n’arrivait plus à bouger, mais il se débattait, l’instinct de survie prenant le dessus, il donnait des coups de poing, de pieds, il fauchait l’air devant lui pour que l’homme ne puisse maintenir la prise, il lui arracha quelque chose de son bras et soudainement, sentit une fulgurante douleur dans la mâchoire et perdit connaissance sous le choc.

Chapitre 3
Espace : Olympe, Epoque : Indéfinie

« MERLINNNNNN !!! »

Son chef hurlait, il était de retour de sa mission sur le monde Terre et évidemment il s’était attendu à ce genre d’accueil…

« C’est la deuxième fois que tu perds ton Merkava en mission !! DEUX FOIS !!! Tu te souviens de ce que nous avons dû faire la dernière fois ? Tu t’en souviens ? ».

« Oui je m’en s… », tenta Merlin.

Mais le chef le coupa net : « C’ETAIT UNE PUTAIN DE QUESTION RETHORIQUE !!! Nous avons dû créer une religion entière pour ta bêtise la dernière fois, rien que ça, une religion parce que Môsieur ne prend pas soin de son appareil, du Merkava !! D’ailleurs peut-être que nous devrions te féliciter ? Grâce à cette connerie on a au moins pu donner un nom à l’appareil… Enfin les humains en ont trouvé un… Merkava, char céleste… Et tout le judaïsme pour aller avec et faire passer la pilule à ces humains arriérés… Tu te rends compte que nous avons même dû faire venir des terriens ici Merlin, ICI, en Olympe !! Et que va-t-il se passer s’ils arrivent à le faire fonctionner, ou pire s’ils découvrent le principe du mouvement perpétuel qui permet à nos engins de ne plus avoir de source d’énergie pour fonctionner ?? ».

« Je. ».

Mais son chef le coupa encore : « RETHORIQUE !!! Bon, que s’est-il passé cette fois ?? Nous sommes amis depuis fort longtemps et nous avons travaillé ensemble pendant de longues années lors de notre mission sur Terre, je vais donc te laisser une chance de m’expliquer cette bourde… ».

Merlin rajustait ses affaires et se frottait le crâne qui le faisait toujours souffrir après le coup qu’il s’était pris, mais surtout ce qui lui laissait quelques secondes pour réfléchir à la façon dont il allait répondre et pour reprendre quelque peu de contenance.

Son chef, Arthur était implacable, puissant et d’une intelligence rare, il avait travaillé avec lui une fois sur le monde Terre où ensemble ils avaient créé un état appelé Camelot qui devait servir à empêcher ces terriens de tout à fait tomber dans l’obscurantisme. Ils avaient ainsi éduqué de façon rudimentaire toute une région de l’Europe pendant plusieurs années, ils avaient instauré une légende pour couvrir leurs actions, Merlin devenant ainsi une sorte de magicien aux yeux des locaux. Ils avaient fait leur travail et s’en étaient allés lorsque les romains, bien plus avancés que le peuple sauvage qu’ils avaient tenté d’éduquer finirent par les envahir et leur faire faire un bond magistral dans l’avancée vers la sagesse et aussi mais surtout vers la propreté ! Leurs clones ne devaient pas être chargés de maladie lorsqu’ils les récupéraient… Ça avait été l’objet de leur mission « Camelot ».

Il se lança enfin : « Comme tu le sais Arthur, j’ai effectué la mission instruite pas les sept grands sages afin de sauver Isis. Je suis donc allé sur le monde Terre, aux conditions atmosphériques difficiles et où il nous est difficile de survivre… J’ai donc effectué ma mission le plus rapidement possible mais sans bien-sûr omettre le moindre détail qui aurait pu me mettre en danger. Néanmoins, alors que j’étais sur le point de réaliser ma mission et de ramener le clone, j’ai eu affaire au mâle terrien partageant la vie d’Alanis, c’est ainsi que cette entité est appelée là-bas. Ce mâle m’a frappé à la tête, j’ai malgré tout réussi à le maîtriser et à enclencher la séquence de retour, programmée sur mon ADN et celle d’Alanis. Le processus s’est enclenché et alors que le passage s’ouvrait ce mâle m’a arraché mon Merkava dans un geste désespéré, j’ai eu le temps de le frapper au visage mais pas de récupérer mon appareil… Alanis et moi sommes alors instantanément revenus sur Olympe ».

Arthur se massait les tempes et après d’interminables secondes finit par lever la tête pour dire : « Merlin, deux choses me dérangent, la première est que tu nommes ce clone par un prénom, je te rappelle que ceci n’est qu’un corps, dont Isis a besoin pour se rétablir, rien de plus. La deuxième et qui je l’espère n’est pas liée, est que ton neuro implant d’activité sensorielle indique une forte baisse de tes capacités analytiques pendant un court instant, au moment même où l’humidité ambiante, il semblerait, a augmenté, c’est-à-dire selon ton récit, au moment où tu es entré dans la salle de bain… Que s’est-il passé ? J’ai travaillé de nombreuses années terriennes avec toi lorsque nous avons bâti Camelot, je connais donc tes capacités, mais aussi tes faiblesses… Je me souviens de ce qui est arrivé tu sais, je me souviens des souffrances par lesquelles tu es passé et de la colère des sages à ton encontre… Je vais inscrire sur le rapport que ces défaillances neuronales étaient dues au choc que tu as reçu sur la tête… Nous savons tous deux que cela est faux, mais je te fais confiance pour être capable de faire la part des choses, cette fois-ci, entre l’importance de ta mission et la simple vision d’un corps nu, aussi parfaite Isis puisse être physiquement ».

Il prit un instant supplémentaire avant de continuer et ajouta : « Nous allons...

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