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Mes chants du soir - Poésies

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348 pages

La nuit descendait sur la terre,
Répandant ses tièdes vapeurs
Sur les roses de mon parterre,

Renaissant sous ses pleurs.

La source, au caressant murmure,
Par moment semblait arrêter
Le cours de son onde si pure,

Comme pour écouter.

L’insecte, caché dans la feuille.
Suspend ses apprêts de sommeil ;
Tout surpris des sons qu’il recueille,

Il se tient en éveil.

Étonnée et silencieuse,
La lune, en passant, regardait ;
Car, dans l’ombre mystérieuse,

Une voix préludait :

La tienne, ô tendre Philomèle,
Dont les poétiques accords
Versaient sur mon humble tonnelle

Leurs célestes trésors !

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Louis Duclos

Mes chants du soir

Poésies

BULBUL1

La nuit descendait sur la terre,
Répandant ses tièdes vapeurs
Sur les roses de mon parterre,

Renaissant sous ses pleurs.

 

La source, au caressant murmure,
Par moment semblait arrêter
Le cours de son onde si pure,

Comme pour écouter.

 

L’insecte, caché dans la feuille.
Suspend ses apprêts de sommeil ;
Tout surpris des sons qu’il recueille,

Il se tient en éveil.

 

Étonnée et silencieuse,
La lune, en passant, regardait ;
Car, dans l’ombre mystérieuse,

Une voix préludait :

 

La tienne, ô tendre Philomèle,
Dont les poétiques accords
Versaient sur mon humble tonnelle

Leurs célestes trésors !

 

Et moi, retenant mon haleine,
Dans la crainte de t’effrayer,
J’écoutais, respirant à peine,

Ton sonore clavier :

 

C’est que ta voix mélodieuse,
Dont chaque note est un concert,
Trouvait dans ton âme pieuse

Un chant pour mon désert !

C’est que sur ta brillante lyre,
Doux présent qui te vient de Dieu,
Ton cœur célébrait son martyre

Dans un nocturne adieu !

 

Tes soupirs, ta touchante plainte,
Comme un encens qui monte au ciel,
Emportaient vers la voûte sainte

Un hymne à l’Éternel.

 

Ah ! ces belles nuits étoilées,
Pleines de saints recueillements,
Hélas ! sont aujourd’hui voilées

Aux doux épanchements.

 

Les fleurs, les oiseaux, les ombrages,
Tout a disparu de nos bois.
Le troupeau quitte ses herbages ;

Tout s’exile à la fois.

 

Devant les brumes de l’automne,
L’amour déserte le vallon ;
Il fuit l’ombre qui l’environne :

Tout est deuil, abandon.

 

Printemps chéri, combien je te regrette
Avec tes chants d’harmonie et d’amour !
Si, par hasard, l’écho du soir répète
D’un cœur aimant une note indiscrète,
Comme l’oiseau je me tais tout le jour ;
Et pour chanter j’attendrai ton retour.

TOI

Dans un baiser Dieu t’a fait naître

Pour aimer.

Tu n’as besoin que de paraître

Pour charmer.

 

Ton âme en parlant à mon âme

De bonheur,

A versé la divine flamme

Dans mon cœur.

Donne-moi ton amour suprême

En tout lieu,

Car, vois-tu, mon enfant, je t’aime

Plus que Dieu !

 

A genoux sur la froide pierre,

Plein d’espoir,

J’élève au ciel une prière

Chaque soir.

 

Toujours à la Vierge Marie,

Comme toi,

Je m’adresse ; et pour toi je prie

Avec foi.

L’AFRICAIN

Pars, mon coursier sauvage !
Élance-toi fougueux
Comme le vent d’orage
Ou le flot écumeux !

 

Quoi ! le désir t’irrite ;
Tu frémis sous ma loi.
Ta crinière s’agite ;
Le sol tremble sous toi.
Tu t’en souviens ?... naguère,
Au milieu des déserts,
Tes pieds dans la poussière
Semaient de longs éclairs.

 

 

 

Pars, mon coursier sauvage !
Élance-toi fougueux
Comme le vent d’orage
Ou le flot écumeux !

 

 

 

La trompette résonne
Là-bas dans le lointain.
La canonnade tonne,
Le danger est certain.
Viens avec moi combattre ;
Mais le fleuve a grossi ;
Le pont vient de s’abattre ;
Comment passer ici ?

 

 

 

Pars, mon coursier sauvage !
Élance-toi fougueux
Comme le vent d’orage
Ou le flot écumeux !

 

 

 

Vois ! les rangs de mes frères
S’éclaircissent toujours.
Franchis monts et rivières ;
Volons à leur secours !
Allons, partons bien vite,
Car mon cœur a frémi.
Vengeons-les tout de suite !
Fondons sur l’ennemi !

 

 

Pars, mon coursier sauvage !
Élance-toi fougueux
Comme le vent d’orage
Ou le flot écumeux !

 

 

Dans ma main étincelle
Mon fameux yatagan ;
Partons, coursier fidèle,
Mourir pour le Coran !
Vengeons avec furie
Notre Afrique au sang noir !
Pour sauver ma patrie,
La mort est un devoir.

 

 

 

Et le coursier sauvage
S’est élancé fougueux
Comme le vent d’orage
Ou le flot écumeux.

TOI ! MOI !

Quand l’oiseau vers les cieux
S’envole gracieux,
Et que sa voix s’éveille,
Avec l’aube vermeille,
Qui soupire pour toi ?

C’est moi !

 

Quand, au milieu du jour,
Rêvant à son amour,
Tourterelle gentille
Gémit dans la charmille,
Qui ne pense qu’à toi ?

C’est moi !

 

Ange, lorsque le soir
Étend son voile noir,
Quand ta douce prière
S’élève de la terre,
Oh ! qui prie avec toi ?

C’est moi !

 

Lorsque tout est sans bruit ;
A l’heure où, dans la nuit,
Notre étoile scintille,
Et quand la lune brille,
Qui ne cherche que toi ?

C’est moi !

LE CHANT DES CORSAIRES

CHŒUR.

 

La mer nous appelle ;
Ramons tous à bord !

La vague, en mourant, étincelle,

La brise est si belle,
Voguons loin du port ;

Cherchons une fête nouvelle !

 

La lune, dans l’ombre,

Passe et s’enfuit ;

La nuit est bien sombre ;

Partons sans bruit !.....

A la rame !

Tous ! à la rame,

Sans bruit !

Quittons cette plage,
Ces folles amours,

Où s’amollit notre courage !

Portons le ravage
Dans les alentours ;

Tentons un premier abordage !

 

 

La lune, dans l’ombre,

Passe et s’enfuit ;

La nuit est bien sombre ;

Partons sans bruit !.....

A la rame !

Tous ! à la rame

Sans bruit !

 

 

Lancer le tonnerre
Au sein du combat,

Quand on résiste à sa colère ;

Toujours être en guerre,

Mourir en soldat,

Voilà les plaisirs du corsaire !

La lune, dans l’ombre,

Passe et s’enfuit ;

La nuit est bien sombre ;

Partons sans bruit !.....

A la rame !

Tous ! à la rame

Sans bruit !

NOUS !

A MA FEMME

Ange qui m’apparus sous les traits d’une femme,
Va, si je t’ai donné tout entière mon âme,
C’est que tout ton amour venait de l’enflammer !
Je ne croyais à rien avant de t’avoir vue ;
L’humble foi dans mon sein n’était pas descendue ;
Et cependant mon cœur avait besoin d’aimer.

 

Lorsque je t’aperçus, toi, sainte jeune fille !
Ton beau front se penchait rêveur sous la charmille
Qui borde le mur gris de votre humble maison.
Suivant des yeux l’oiseau qui cherchait sa compagne,
A travers les bluets éclos dans la campagne,
Tu soupirais : l’amour te révélait son nom.

 

Plus tard, tu t’en souviens ? sous ce même feuillage,
La fauvette souvent suspendit son ramage
Au doux bruit d’un baiser, premier gage d’amour ;
Et nos cœurs, échangeant de tendres rêveries,
Aimaient à s’épancher en longues causeries
Qu’amour et le bonheur inspirent tour à tour.

 

Mais aujourd’hui le ciel, clément dans sa puissance,
En t’unissant à moi comble mon espérance ;
Et le bonheur si pur de ton amour constant
Me donne d’heureux jours et des nuits embaumées,
Où de tes longs cheveux les boucles parfumées
Cachent ton front penché sur mon sein palpitant.

 

Et puis, un ange blond, au doux nom de Marie,
Cher et premier anneau, rattache à notre vie
Des caresses d’enfant, des pensers d’avenir.
Tendre mère, déjà tu revis dans ta fille ;
Et, ta main dans la main du père de famille,
Tous deux nous ne savons qu’adorer et bénir.

CHOEUR DES CHASSEURS

Allons, piqueurs, sonnez du cor !
Le daim à pris son noble essor ;

Il fend, il fend l’espace ;
Partons, suivons sa trace ;

Au fond des bois guidons la chasse !

Chasseurs, accourez, accourez sur nos pas !
Le daim disparaît, disparaît tout là-bas !

 

Dans ta course dévorante,
Rien n’arrête ton élan,
Quand tu passes, meute ardente,

Comme le vent de l’ouragan !....

Tout s’enfuit !.....

Allons, piqueurs, sonnez du cor !
Le daim a pris son noble essor ;

Il fend, il fend l’espace ;
Partons, suivons sa trace ;

Au fond des bois guidons la chasse !....

Chasseurs, accourez, accourez sur nos pas !
Le daim disparaît, disparaît tout là-bas !

 

Nuit profonde, sur la terre,
Viens surprendre les chasseurs !
Que ton ombre tutélaire

Sauve le daim de leurs fureurs !

Tout s’enfuit !

 

Allons, piqueurs, sonnez du cor !
Le daim a pris son noble essor ;

Il fend, il fend l’espace ;
Partons, suivons sa trace ;

Au fond des bois guidons la chasse !.....

Chasseurs, accourez, accourez sur nos pas !
Le daim disparaît, disparaît tout là-bas !

LA PART DU BON DIEU

A MA FILLE

CHŒUR