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Mes petites morts

De
156 pages
« Pourquoi avais-je choisi l’Irlande ? Je ne le savais pas moi-même, peut-être m’étais-je laissé convaincre par le descriptif sommaire que j’avais lu dans un guide qui traînait au hasard des étagères. Cork était « une ville de brouillards », c’est à Sarah que je laissais la lumière, on ne pouvait pas toujours tout partager. »
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Elsa Fottorino
Mes petites morts
roman
Flammarion
Fottorino Elsa
Mes petites morts
Flammarion
Maison d’édition : Flammarion
© Flammarion, 2010 Dépôt légal : janvier 2010
ISBN numérique : 978-2-0812-3950-0 N° d’édition numérique : N.01ELJN000144.N001
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 978-2-0812-3349-2 N° d’édition : L.01ELJN000305.N001
21 571 mots
Ouvrage composé et converti parNord Compo
Présentation de l’éditeur : « Pourquoi avais-je choisi l’Irlande ? Je ne le savais pas moi-même, peut-être m’étais-je laissé convaincre par le descriptif sommaire que j’avais lu dans un guide qui traînait au hasard des étagères. Cork était « une ville de brouillards », c’est à Sarah que je laissais la lumière, on ne pouvait pas toujours tout partager. »
Elsa Fottorino a 23 ans. Mes petites morts est son premier roman.
© studio création Flammarion
À ma mère.
Merci que le dernier venu Sur mon Amour ferme la porte Je ne vous ai jamais connue.
Guillaume Apollinaire
1
Lorsque j’annonçai à Sarah mon départ, son petit rire trembla comme pour dire : « Reviens-moi ». Je n’avais pas de scrupules à partir, Nathan s’occupait d’elle maintenant, ils allaient bientôt emménager dans leur immense appartement. Je posais mes yeux sur son ventre porteur d’une vie nouvelle, et il nous arrivait avec Nathan – lorsque Sarah nous le permettait – d’y précipiter nos mains impatientes. Sarah pleurait souvent. Oui, même quand elle était heureuse, ses larmes n’en finissaient pas de couler. Elle promit de garder une chambre à mon retour, je lui conseillai de la réserver plutôt pour un deuxième bébé, et à ces mots, elle rougit. Les baisers que Nathan lui prodiguait suffisaient à me convaincre que j’avais fait le bon choix. Il était temps de couper ce cordon de fraternité, devenu trop étroit au fil des années. En partant, je me dégageais de cette étreinte heureuse et douloureuse qui nous rattachait l’une à l’autre. Je laissais Sarah aux promesses d’un avenir doré et c’était ce que présageaient les derniers rayons du soleil d’été.
Pourquoi avais-je choisi l’Irlande ? Je ne le savais pas moi-même, peut-être m’étais-je laissé convaincre par le descriptif sommaire que j’avais lu dans un guide qui traînait au hasard des étagères. Cork était « une ville de brouillards », c’est à Sarah que je réservais la lumière, on ne pouvait pas toujours tout partager.