Mettre de l'ordre dans les mots

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Ce livre est le premier volume de la collection « S’amuser avec les mots ». Mettre de d’ordre dans les mots, c’est mettre des mots sur les mots, les ranger dans des catégories pour les discipliner. Cet ouvrage présente, avec humour, tous ces termes au suffixe « onyme ». Les antonymes sont les mots qui s’opposent tels des frères ennemis. Les homonymes se ressemblent et pourtant sont si différents ! Les paronymes sont une variété d’homonymes. « Corps » est un holonyme de « bras » et « bras » est un méronyme de « corps ». « Chat » est un hyponyme de « félin », lui-même hyperonyme de « chat ». Les néologismes sont ces nouveaux mots créés au gré des besoins. Les onomatopées, qui sont le plus souvent des interjections, imitent des sons. Enfin, la polysémie est une véritable polyphonie de sens...


Publié le : vendredi 8 avril 2016
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EAN13 : 9782334119283
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-11926-9

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Les mots sont les clés qui ouvrent toutes les portes. »

Vassilis Alexaskis

Avant-propos

Ce livre est le premier volume de la collection « S’amuser avec les mots ». Cette nouvelle collection est composée d’une série de huit ouvrages. Elle veut participer à la promotion de la langue française et s’adresse à tous ceux qui la partagent. Son ambition : tout dire − ou presque − sur les mots, afin de tout savoir sur les mots et jouer avec les mots ! Elle pourrait tout aussi bien s’intituler « Les mots de A à Z » !

« S’amuser avec les mots » est un projet engagé. En tant qu’enseignant, je me rends compte qu’au fil des années, « les jeunes » se désintéressent de la lecture, de l’écriture, de l’étymologie, de l’histoire, donc des mots et au-delà, des idées et de la culture qu’ils véhiculent. Peut-être me direz-vous est-ce là le constat d’un homme qui vieillit et qui aurait tendance à voir dans les nouvelles générations plus de défauts qu’elles n’en n’ont réellement ? Cependant, selon la dernière enquête PISA1, le classement 2012 de la France laisse à désirer. Il régresse par rapport à celui de 2009 et malgré les efforts budgétaires consentis en matière d’éducation (1er budget de la nation) la France n’est que 21e en compréhension de l’écrit, 25e en mathématiques et 26e en sciences2 ! Contradictoirement, elle a le plus grand nombre de prix Nobel de littérature (le dernier est encore un français) et se place au deuxième rang mondial pour le nombre de médailles Fields (équivalent du prix Nobel de mathématiques). Ce constat traduit pour le moins de fortes disparités de niveau au sein de la population. La faute en revient-elle à notre système éducatif ou au mode de vie des « cyber-générations » dont les parents ont souvent renoncé à contrôler l’usage immodéré des écrans par leurs enfants3 ? Ce n’est évidemment pas l’objet de cet ouvrage que de répondre à cette question.

De nombreuses initiatives, tant privées que publiques, sont ou ont été prises afin d’éduquer ou d’intéresser les français aux mots et à la langue. Il y a bien sûr les dictionnaires généralistes ou thématiques, les livres et des sites web spécialisés comme l’attestent la bibliographie et la webographie de cet ouvrage. Puis, il y a des jeux de société et des émissions télévisées très populaires. Moins connues par contre sont des initiatives comme la loi Toubon de 1994 relative à l’emploi de la langue française et visant notamment à défendre celle-ci contre le « tout-anglais »4 ; l’opération « 1000 mots » lancée en 2003 par Dominique Perben, Garde des Sceaux, ministre de la Justice. Ce programme a pour objectif d’élargir le vocabulaire de jeunes en difficulté et de développer la pratique de la lecture. Il s’adresse à des jeunes en « classes-relais », en prison ou dans des établissements de la protection judiciaire de la jeunesse5. Plus récemment, en 2009, afin de permettre à chacun de progresser en orthographe, a été initié le Projet Voltaire. C’est un service en ligne gratuit d’entraînement à l’orthographe qui permet à l’usager de se tester, de s’entraîner, de s’évaluer et même d’obtenir un certificat attestant de son niveau, certificat par ailleurs reconnu par les employeurs. Il repose sur une équipe d’experts alliant des compétences sur les plans orthographique et pédagogique.

Cette collection est une tentative de contribution pour valoriser la langue française. Une de plus ! Avant de dire ce qu’est cette collection, disons ce qu’il n’est pas, ce qui pourra peut-être éviter de décourager le lecteur ! Ce qu’elle n’est évidemment pas, c’est un dictionnaire : il en existe déjà d’excellents et dans de très nombreux domaines (dictionnaires « ordinaires », étymologiques, des synonymes, des expressions, des onomatopées, de l’ancien français, des symboles, de l’argot… et même un dictionnaire de… dictionnaires !). Elle n’est pas non plus un recueil de textes littéraires, une anthologie de type album de La Pléiade, même si elle compile quelques beaux, fameux et fumeux textes. Est-ce un précis grammatical ? Certes non ! Elle n’est pas plus un traité savant de linguistique, bien qu’elle exploite les ressources de cette discipline : elle n’est pas si académique. Il faut en fait considérer cette collection comme une synthèse de tout ce qui peut se dire, s’écrire et se jouer autour des mots. Elle veut ainsi mettre en perspective toute la richesse, la subtilité, la finesse et la performance de notre langue. Elle ne sera peut-être pas exhaustive mais cherche à l’être. Tout en étant rigoureuse et aussi complète que possible, elle se veut ludique, légère dans le ton et récréative tout en cultivant le lecteur. Elle a un objectif : donner ou redonner le goût des mots et au-delà, du beau parler et de la lecture. Bien sûr, cette collection ne s’adresse pas en priorité aux nombreux lettrés que compte notre pays, aux académiciens, aux lauréats du prix Goncourt ou du prix Nobel de littérature ! Elle s’adresse d’abord au grand public, jeunes et moins jeunes, lettrés et moins lettrés6. Je voudrais leur montrer combien le français7 est sophistiqué, intéressant, beau phonétiquement parlant et qu’il est dommage de se priver des trésors que recèle notre langue, comme il est dommage de se priver de contempler un beau paysage, un beau tableau ou une belle sculpture, d’écouter une belle musique, de visiter un beau musée… Partons et explorons notre langue ! Si avec des chiffres on fait une multitude de nombres, avec des lettres on forme des kyrielles de mots et de phrases ! Les ouvrages de cette collection sont des ouvrages de vulgarisation qui mettent à la portée de tous les ressources linguistiques, informent et incitent à aller plus loin pour découvrir notre langue tout en s’amusant.

Mettre le français à l’honneur, le diffuser à travers le monde, faire rayonner la langue française, peut par ailleurs s’avérer être un levier de croissance économique ! Le 26 août 2014, le Président de la République, François Hollande, a reçu au Palais de l’Élysée Jacques Attali, qui lui a remis son rapport sur « La francophonie et la francophilie, moteurs de croissance durable ». Conformément à sa lettre de mission, Jacques Attali a souligné l’opportunité économique majeure que la francophonie et la francophilie constituent pour la France et ses partenaires francophones, dans un monde où la concurrence globale impose d’organiser les solidarités linguistiques. Il souligne combien les pays qui ont une langue en partage tendent à accroître leurs échanges de biens et de services dans de fortes proportions8. Selon lui, les enjeux sont immenses. L’ensemble des pays francophones représentent 16 % du PIB mondial et connaissent un taux de croissance annuel de 7 %.

Le lecteur trouvera, pour chaque thème abordé, de nombreux exemples illustrant ce thème et des développements plus approfondis. Il pourra également répondre à deux quiz afin de tester et d’améliorer ses connaissances. Les mots en gras sont repris dans l’index et sont à retrouver dans le lexique.

Je souhaite que cette collection contribue à sa façon, à promouvoir le français dans le monde et, ainsi modestement participer à la prospérité de la France9.


1 Acronyme pour « Program for International Student Assessment » en anglais, et pour « Programme international pour le suivi des acquis des élèves » en français.

2 D’après source : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/03/01016-20131203ARTFIG00338-niveau-scolaire-la-france-perd-deux-places-au-classement-mondial.php.

3 Les « cyber-générations » comptent les individus nés avec les technologies numériques de l’information et de la communication, notamment le web. Elles maîtrisent les outils informatiques (ordinateurs, téléphones portables, GPS, tablettes, réseaux sociaux…) et s’en servent au quotidien.

4 Jacques Toubon a été ministre de la culture et de la francophonie entre 1993 et 1995. L’article 1 de cette loi énonce : « Langue de la République en vertu de la Constitution, la langue française est un élément fondamental de la personnalité et du patrimoine de la France. Elle est la langue de l’enseignement, du travail, des échanges et des services publics. Elle est le lien privilégié des États constituant la communauté de la francophonie. »

5 D’après source : www.presse.justice.gouv.fr/archives-communiques-10095/archives-des-communiques-de-2003-10237/premiere-etape-de-loperation-1000-mots-11681.html.

6 Je n’ose pas dire « illettrés » car on se souvient de la polémique qu’a soulevée en septembre 2014 le jeune et novice ministre de l’économie, Emmanuel Macron, en qualifiant les salariées licenciées des abattoirs Gad d’illettrées ! Il fallait bien sûr entendre par illettré « celui qui n’a pas ou peu de Lettres et serait ainsi inculte ». En ce sens, un illettré n’est pas un analphabète (celui qui ne sait ni lire ni écrire) !

7 À la question : qu’est-ce qu’une langue et, plus précisément, la langue française, Stélio Farandjis, ancien secrétaire général du Haut Comité de la Langue française et du Haut Conseil de la Francophonie, répond : « C’est un système complexe, à la fois phonétique, morpho-syntaxique et historico-référentiel. Et l’on oublie que c’est aussi une expression d’âme collective ». Selon source : www.canalacademie.com/ida4379-Stelio-Farandjis-le-francais-une-langue-unique-aux-particularites-mutiples.html : le français, une langue unique aux particularités multiples _ une langue pour s’entendre partout dans le monde.

8 La langue française est aujourd’hui la quatrième la plus parlée dans le monde, avec un nombre de locuteurs estimé à 230 millions de personnes en 2014, soit 4 % de la population mondiale. Ils pourraient être 770 millions en 2050. Promouvoir l’enseignement du français, diffuser les contenus culturels et créatifs francophones, renforcer les mobilités d’étudiants, de chercheurs, d’entrepreneurs, organiser les réseaux de personnalités d’influence francophones ou encore consolider la place du droit écrit continental : autant de priorités sur lesquelles le rapport avance cinquante-trois propositions pour faire de l’appartenance à la francophonie un atout économique pour le 21e siècle. Dans le cadre de la politique d’attractivité engagée par le Président de la République, tout doit donc être mis en œuvre pour renforcer la communauté francophone, au service d’une croissance mutuellement bénéfique.

9 La langue française est aujourd’hui la quatrième la plus parlée dans le monde, avec un nombre de locuteurs estimé à 230 millions de personnes en 2014, soit 4 % de la population mondiale. Ils pourraient être 770 millions en 2050. Promouvoir l’enseignement du français, diffuser les contenus culturels et créatifs francophones, renforcer les mobilités d’étudiants, de chercheurs, d’entrepreneurs, organiser les réseaux de personnalités d’influence francophones ou encore consolider la place du droit écrit continental : autant de priorités sur lesquelles le rapport avance cinquante-trois propositions pour faire de l’appartenance à la francophonie un atout économique pour le 21e siècle. Dans le cadre de la politique d’attractivité engagée par le Président de la République, tout doit donc être mis en œuvre pour renforcer la communauté francophone, au service d’une croissance mutuellement bénéfique.

Des mots pour parler des mots

« Ce ne sont ni les hommes, ni les passions, encore moins les idées qui mènent le monde. Mais les mots, rien que les mots. »

Bruno Tessarech

Mettre de d’ordre dans les mots, c’est mettre des mots sur les mots, les classer en catégories pour les discipliner. Ainsi doit-on définir tous ces termes honnis au suffixe « onyme10 » : antonymes, homonymes, synonymes… Les antonymes sont les mots qui s’opposent tels des frères ennemis (bien – mal, chaud – froid, faible – fort, grand – petit…). L’antonyme du mot antonyme est le mot synonyme  dont équivalent, identique, semblable, similaire… sont des synonymes ! Les homonymes (dans – dent, foie – fois, sang – sans, vers – vert, …) sont des mots qui s’écrivent et/ou se prononcent de la même façon. Ils se ressemblent et pourtant, ils sont si différents ! Moins connus sont les paronymes, mots de sens différents mais relativement de même forme (avènement – évènement, conjecture – conjoncture, collision – collusion…). Ces mots ont une orthographe et une prononciation proches, de sorte qu’il est possible de les confondre à la lecture ou à l’audition. Si le corps est le tout, les bras en sont des parties. Alors, le mot corps est un holonyme du mot bras et le mot bras est un méronyme du mot corps. Le mot chat est un hyponyme du mot félin qui lui-même est un hyperonyme du mot chat. Les néologismes sont ces nouveaux mots créés au gré des besoins (airbag, autoentrepreneur, blog, césariser, hashtag, internet…) et les onomatopées imitent des sons (blabla, criquet, gazouiller, miauler…) ; elles sont souvent des interjections (aïe !, boum !, pan !, vlan !, vroum !…). Il y aussi la polysémie, véritable polyphonie de sens (amour, blanc, descendre, louer, mot, poignée, rendre, vie…). On explore ici ce monde de mots où naissent les jeux de mots.


10 Élément, du grec -ônumos, de onoma, nom. Il est notamment utilisé comme suffixe pour désigner des classes de mots et caractériser des relations entre les mots. Voir Annexe 1.

1
Quelques mots sur le mot

« Les mots, les mots, on a beau les connaître depuis son enfance, on ne sait pas ce que c’est. »

Henri Barbusse

Qu’est-ce qu’un mot ? Il faut préalablement s’interroger sur ce mot, le définir et comprendre comment il se caractérise.

1.1. À propos du mot « mot »

Mot ? Ce terme apparaît fin du Xe siècle, dans l’expression ne soner mot, ce qui veut dire « ne rien dire » ! Du latin muttum (grognement, bruit), famille de mu, onomatopée exprimant un son imperceptible émis les lèvres à peine ouvertes. Aujourd’hui, le mot a perdu cette tournure négative. Il désigne au contraire un élément du langage articulé. Dans la plupart des langues, un mot est une suite isolée de lettres à l’écrit et de sons à l’oral, suite qui a du sens. C’est avec des mots que l’on parle et que l’on écrit en faisant des phrases.

Une phrase (du latin, phrasis, mot grec « élocution ») est une succession de mots pris dans une « structure syntactico-sémantique » qui lui donne du sens. Le sens d’une phrase ne dépend pas seulement des mots qui la composent (aspect lexical et sémantique). Il dépend également de règles de grammaire (aspect grammatical et syntaxique). Dans une phrase, le mot peut avoir divers statuts : adjectif, adverbe, article, complément, locution, préposition, pronom, sujet, verbe, etc. Ainsi, les mots appartiennent à différentes catégories (adjectifs, adverbes, noms, pronoms, verbes, etc.) correspondant à la « nature » du mot, et chaque mot remplit un rôle précis correspondant à sa « fonction » dans la phrase : apposition, attribut, complément, épithète, sujet, etc. Exemple : dans la phrase « les enfants jouent dans leur chambre », « enfants » et « chambre » sont par nature des noms, « jouent » est par nature un verbe ; « enfants » a la fonction de sujet, chambre a la fonction de complément circonstanciel de lieu. On peut attribuer la nature d’un mot pris individuellement. Toutefois, certains mots (ce, en, dîner, grand, leur, manger, parler, y, etc.) peuvent appartenir à différentes catégories. Exemples : selon la phrase dans laquelles ils se trouvent, « en » est adverbe, préposition ou pronom personnel, « grand » est adjectif ou substantif. Connaître la nature et la fonction d’un mot permet d’appliquer les règles de grammaire, de conjugaison ou de syntaxe. Exemples : le verbe s’accorde avec le sujet ; l’adjectif qualificatif s’accorde en genre et en nombre avec le nom ou le pronom.

Les mots sont séparés entre eux par des blancs, des pauses ou des ponctuations. Le mot est fait de lettres dans le langage écrit11, de sons dans le langage parlé, de signes visuels dans le langage des signes à l’usage des sourds-muets, de signes tactiles dans l’écriture braille destinée aux aveugles ou très malvoyants. Avec les lettres, on forme les syllabes. Exemples : poule = 1 syllabe ; maison = 2 syllabes ; crocodile = 3 syllabes. Les dictionnaires « ordinaires » sont des catalogues de mots rangés par ordre alphabétique. Le mot est l’unité de base du vocabulaire12. On remarquera que certains mots sont construits à partir d’autres mots ! C’est le cas des mots composés… de mots séparés par un trait d’union13. Exemples : arrière-goût, cessez-le-feu, chou-fleur, presse-papier, rez-de-jardin, rouge-gorge, wagon-bar. La composition avec trait-d’union est concurrencée par : 1) la composition par soudure ou agglutination. Exemples : bettrave, chienlit, portefeuille, portemonnaie, weekend : mots d’abord orthographiés bette-rave, chie-en-lit, porte-feuille, porte-monnaie14, week-end15 ; 2) la composition par fusion graphique. Exemples : autour, enfin, monsieur, vaurien, webcam : mots résultant de la fusion graphique de au et tour, en et fin, mon et sieur, vaut et rien, web et cam ; 3) le figement de certaines expressions dont les termes sont graphiquement autonomes, expressions appelées locutions. Intéressons-nous en particulier aux locutions qualifiées de « nominales », puisqu’il faut les traiter comme de véritables noms communs. Celles-ci sont très nombreuses et on les emploie sans même ne plus s’en rendre compte ! Exemples : agent de police, âme sœur, amour fou, bain de mer, bête de somme, boîte aux lettres, chemin de fer, compte rendu, coup de pot, danger public, dé à coudre, dindon de la farce, éclat de rire, être vivant, expression toute faite, fausse note, fin en soi, frein à main, gibier de potence, grain de sel, gueule de bois, hareng saur, hôtel de ville, humour noir, idée reçue, influx nerveux, inspecteur des travaux finis, jardin secret, jour de l’an, kilomètre par heure, kit mains libres, kyrie eleison, lettre ouverte, libre arbitre, mal de mer, mise à jour, mur du son, neiges éternelles, noces d’or, numerus clausus, œil de lynx, onde radio, ordre de marche, péché mignon, pomme de terre, poule au pot, qualité de vie, quatre coins, question piège, raison d’être, réseau social, roue de secours, salle d’attente, scène de ménage, sur le tas, tasse de thé, toile de fond, triple buse, union libre, univers parallèle, université d’été, vache à lait, vide juridique, voie sans issue, W comme William, web 2.0, white spirit, xylaire du bois, y grec, yeux de chien battu, yeux de merlan frit, zéro absolu, zone d’ombre, zone euro. Il y a aussi bien des mots construits par dérivation de mots simples ou radicaux. On parle alors de mots dérivés obtenus en ajoutant au radical : 1) un (des) préfixe(s) au radical. Exemples : faire → défaire, redéfaire ; marché → hypermarché, supermaché ; sexuel → hétérosexuel, homosexuel ; 2) un (des) suffixe(s). Exemples : arbre → arboriculteur, arbrisseau, arbuste ; jardin → jardinage, jardiner, jardinier ; paix → pacifique, paisible, paisiblement) ; 3) un préfixe et un suffixe16. Exemples : légal → illégalement ; manger → immangeable ; soleil → ensoleillement). Notons que ce que l’on appelle mots savants sont des mots construits par fusion graphique « préfixes-radicaux-suffixes », le plus souvent grecs ou latins. Exemples : anosognosie, antibiotique, biologie, céphalopode, coléoptère, héliotropisme, hypothermie, ichtyosaure, logorrhée, narcolepsie, orthographe, otorhinolaryngologiste, supernova, thermomètre, vasectomie.

Image 338Allons plus loin !

Autour du mot « mot »

Sens du mot « mot »

Comme beaucoup de mots en français, le mot « mot » est polysémique, c’est-à-dire qu’il prend différent sens ou acceptions selon le contexte dans lequel il est utilisé. Le Petit Larousse 2015 en donne quatre : 1. En linguistique, élément de la langue constitué d’un ou plusieurs phonèmes et susceptible d’une transcription graphique autonome : mot de trois syllabes ; 2. Petit nombre de paroles : le directeur veut vous dire un mot ; courte lettre : je vous écrirai un mot en arrivant ; 3. Parole historique ou mémorable : mot attribué à Clovis ; 4. En informatique, élément d’information stocké ou traité d’un seul tenant dans un ordinateur.

Antonymes, homonymes, paronymes et synonymes du mot « mot »

« Mot » n’a pas d’antonyme. On lui connait un homonyme : maux (pluriel de mal) ! Il a quelques paronymes : lot, rot, rôt, sot, tôt. Par contre, il a de nombreux synonymes17 et certains sont inattendus : parole, pointe, trait, pique, terme18, boutade, nom, vocable19, saillie, rosserie, invective, expression, sentence, répartie, pensée, mot d’esprit, injure, dénomination, concetto, appellation, pli, prétexe, sottise, verbe, écrit, pas, particule, missive, message, lettre, dicton, billet, allocution, épigramme.

Dérivés et composés20

Motet, motus, bon mot, demi-mot, grand mot, gros mot, fin mot, jeu de mots, mot-clé21, mot-clic (hashtag), mot composé, mots croisés, mot de Cambronne, mot de cinq lettres, mot d’esprit, mot d’ordre, mot de passe, (petit) mot doux, mot fantôme, mots fléchés, mot fourre-tout, mot-outil, mot-phrase, mot portemanteau, mot-valise…

Locutions et expressions

Au bas mot, à demi-mot, avoir le dernier mot, avoir le mot juste, avoir le mot pour rire, à mots couverts, dire deux mots, en un mot, jouer sur les mots, mot à mot, mot pour mot, prendre au mot, ne pas mâcher ses mots, qui ne dit mot consent, se donner le mot, se payer de mots, toucher un mot, trancher le mot…

Les divers types de mots

Les mots sont polymorphes, essayons de les classer :

1) Mots simples ou mots construits

Les mots simples ou radicaux ne sont construits à partir d’aucun autre mot ! Exemples : auto, bourru, en, fourmi, grenade, hyper, ivoire, jardin, loin, mourir, oser, pause, roc, seau, un, vache, yacht, wagon, zoo. Les mots construits le sont à partir de mots simples. Exemples : automobile, balnéothérapie, chef-d’œuvre, fait-tout, jardinage, marchepied, hémophile, nycthémère, octogénaire, parachute, sociopolitique, thermomètre, train-train, uninominal, volte-face, wagon-lit, zoophobie.

2) Mots isolés ou mots apparentés

Certains mots sont isolés : ils n’appartiennent à aucune famille de mots ! Exemples : antilope, bégonia, chalet, dru, épagneul, hymne, mascaret, prisme, vortex. D’autres ne le sont pas et font partie d’une famille de mots plus ou moins vaste ; ce sont des mots apparentés par l’étymologie22 qui regroupe un « mot-ancêtre », généralement grec ou latin, et les mots descendants qui sont les dérivés préfixés ou suffixés qu’il a engendrés. Exemple : la famille « art »23 : « mot-patriacharche » indœuropéen « ar » = « placer, ajuster » ; branche latine représentée par le mot « ars,artis » = « art, habileté, manière, métier » →art, artisan, artiste, article, articulation, artifice…, et par le mot « arma » = « armes »arme, armée, armoire, alarme, armure, armateur, armistice, gendarme… ; branche grecque représentée par le mot « arthron » =« articulation »arthrite, arthrose, et le mot « harmonia » =« juste rapport »harmonie, harmonica, harmonieux, harmonium, philharmonique… Dans les familles dispersées, le rapport de sens à quasiment disparu (Exemple : lune, lunette, lunettes). Dans les familles homogènes, le rapport de sens demeure (Exemples : arme, armement, armée, armurerie). Comme on la vu, certaines familles ont une double étymologie, grecque ou latine (Exemple : bois et ligneux ; cheval et équestre ; eau et aquatique ; guerre et belliqueux ; œil et occuliste ; lune et sélénite).

Mots les plus longs de la langue française24

Pour terminer, amusons-nous de quelques mots considérés comme les plus longs de la langue française : anticonstitutionnellement (25 lettres), dichloro-diphényl-trichloréthane (DDT) (30 lettres), intergouvernemental (19 lettres), kinésithérapeute (16 lettres), otorhinolaryngologiste (22 lettres), Saint-Vincent-et-les-Grenadines (27), etc.

1.2. Le mot en trois ou quatre mots

Un mot se distingue d’un autre, par son orthographe, sa prononciation et son sens. Il se différencie aussi par le contexte dans lequel il est employé, contexte qui peut jouer sur le sens.

Image 13

Orthographe

L’orthographe25 d’un mot est la manière d’écrire ce mot selon les règles et les usages de la langue. Elle permet d’identifier ce mot. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’écrire sans faute d’orthographe26 !

Prononciation

Si le mot s’écrit selon son orthographe, il se lit, se prononce, selon sa phonétique27. La phonétique concerne les sons du langage en tant qu’instrument de communication parlée. On ne peut que rarement écrire un mot phonétiquement, c’est-à-dire comme il se prononce, ce qu’attestent par exemple les mots « orthographe », « éléphant » et « rhinocéros » !

Sens

Quand on se demande « ce que veut dire un mot », on se pose la question de son sens. Le sens d’un mot est sa signification. Quand le mot est polysémique, ce qui en l’occurrence est le cas du mot « sens », il peut prendre alors plusieurs sens28 ! On oppose le sens dénotatif ou dénotation au sens connotatif ou connotation. La dénotation est le sens premier du mot, le sens littéral correspondant à la définition du mot dans le dictionnaire29. La connotation est le sens second du mot car il s’ajoute au sens littéral et fait qu’un mot se réduit rarement à ce dernier. Le champ de la connation est difficile à cerner car, à la différence de la dénotation, explicite et objective, la connotation est implicite et subjective30. Elle dépend d’une interprétation liée, notamment, au registre de langue (familier, courant, soutenu), aux références culturelles de l’individu et à la situation de communication. Il y a différents types de connotations. Exemples : 1) le...

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