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Miette et Noré

De
409 pages

A côté de tous nos ruisseaux,
Le Rhône a l’air d’un père ;
Pour la force et l’élan des eaux,
La Durance est la mère.

Tous ils portent, verts sur le bord,
Près du myrtel’yeuse,
Le peuplier, le bois du Nord,
Qu’appelle Veau joyeuse.

Pendant l’hiver ils sont torrents ;
Au printemps, fournis d’herbe ;
En automne, encor murmurants ;
L’étésecs comme gerbe !

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Jean Aicard
Miette et Noré
DÉDICACE A PARIS Dès le seuil,avant tout,j’évoquerai la gloire,Paris ! ville éternelle au front ceint de rayons,Que dans l’honneur et dans la peine — nous voyons,Éclatante, créer des beautés à l’Histoire ! Ton gaz, la nuit, pâlit sur ta tête les deux ;Ton rêve a des éclairs de phares et d’étoiles,Et les esprits du monde entier, comme des voiles,Flotte d’or,vont à toi comme au port merveilleux. Immortelle au grand sein, tu nourris la Chimère !Tout homme qui se sent un cerveaucourt vers toi ;L’adolescent te cherche et t’aime, et c’est pourquoiL avenir est en toi comme l’œuf dans la mère. La patrie au vieux sang gaulois, grec et latin,Ses provinces, ses mœurs, ses races, sa fortune,Tu les portes en toi ; par toi la France est une,Paris ! et tu la tiens liée à ton destin. O tête tout le corps frémit en chaque fibre,Et tressaille et se meut à ton commandement ;Tout ce vieux peuple est gai si tu ris seulement ;Il souffre par tes maux ; libre, tu l’as fait libre. O synthèse, ô cerveau, Paris !Entre tes mursSe viennent assembler les provinces unies,Leurs vœux et leurs travaux, leurs forces, — leurs génies,Et tu mets le rayon sacré sur les obscurs. L’autel de la patrie, ô Cité, c’est toi-même.Les Fédérations n’ont-elles pas un jourVoué sur tes degrés, parmi les cris d’amour,Les clans provinciaux à la France suprême ? Bretagne et Languedoc s’aimèrent dans tes lois ;Toulouse descendit pour toi du Capitole ;Devant toi, tout orgueil provincial s’immole,Et, toute dans Paris, la France parle aux rois.
Eh bien, comme on présente à ces rois, dans leurs villes,Un symbole d’amour fidèle : les clefs d’or,Je t’apporte, ô Paris, — œuvre nouvelle encor,Ce livre, un gage sûr des concordes civiles. Nos patois provençaux me charment ; je les sais ;Mais je voudrais,et nul encor ne m’y devance,Fondre les paillons d’or du parler de Provence,Pour les mettre au trésor du langage français. Et je chante,et la voix des choses m’accompagne,Terre et ciel,ciel et mer, azur plein de baisers ;Je chante avec des mots du terroir,francisés.Ainsi parlent déjà nos hommes de campagne. Comme ce grès qui fut notre ville des Baux,Foi, légende et patois s’effritent miette à miette,J’ai donc mis le français aux lèvres de Miette,Et j’ai planté l’esprit nouveausur les tombeaux. A la Suisse neigeuse, à la verte Hollande,Si j’ai porté déjà, vrai fils des troubadours,Nos vieux chants provençaux, compris partout, toujours,C’est que je les ai dits dans ta langue, la grande. ...Quand mourut Charles III, qui vint après René,Son testament donna la Provence à la France,Mais notre esprit chantant, du Var à la Durance,Quand parla-t-il ta langue ? et qui te l’a donné ? J’ai traduit en français cette âme provençale,L’âme de nos patois,morts qu’on aime toujours,Et c’est le testament des anciens troubadoursQue je mets à tes pieds, ô notre Capitale.
INVOCATION
« Si je te connais bien, Provence, et si je t’aime,  Tombe vivante des aïeux, Dicte-moi des vers forts comme tes rochers même,  Et, comme ton ciel, purs et bleus. « Inspire-moi l’élan des hautes vagues claires  Battant la terre à temps égaux, Et la simplicité de tes chants populaires  Où sonne l’âme des échos. « Je n’écoute que toi. Sois ma muse, toi seule ;  Souffle-moi ton âme et mes vers, Nourrice aux flancs dorés, jeune et puissante aïeule,  Terre des myrtes toujours verts. « Tout ce qui n’est pas toi, tes flots, ta plage amère,  Efface-le de mon esprit... Je veux être un enfant qui répète à sa mère  Les plus beaux chants qu’il en apprit ! » ... Et sortant aussitôt des projets et du rêve,  J’ouvris ma croisée au levant, Puis celle du mistral, puis celle de la grève,  Mes quatre fenêtres au vent : « Entre, Soleil ! — Toi, Vent, souffle, murmure et crie ;  Viens-moi du Sud comme du Nord ! Apporte-moi vivant l’esprit de la patrie,  Et la poussière de la mort ! « Apporte-moi le bruit des eaux creusant les roches,  L’adieu des vaisseaux inclinés, L’appel des laboureurs, le son perdu des cloches,  Le cri nouveau des derniers nés ! « Entre, et m’apporte, ô Vent, par mes vitres ouvertes,  Tous les bruits et toutes les voix, Cependant qu’au travers des hautes branches vertes  Je chanterai ce que je vois. »
PREMIÈRE PARTIE
LES RUISSEAUX
PRÉLUDE
A côté de tous nos ruisseaux,Le Rhône a l’air d’un père ;Pour la force et l’élan des eaux,La Durance est la mère.
Tous ils portent, verts sur le bord,Près du myrtel’yeuse,Le peuplier, le bois du Nord,Qu’appelle Veau joyeuse.
Pendant l’hiver ils sont torrents ;Au printemps, fournis d’herbe ;En automne, encor murmurants ;L’étésecs comme gerbe !
Pourtant, lorsque sous un ciel d’orLa plaine est jaune et dure,Même taris, ils sont encorDes torrents de verdure.
Peut-être l’un d’eux, s’étalantTout en pierre éclatante,Montre son lit numais si blancQue l’âme en est contente !
Et torrents, ruisseaux, ruisselets,Ils ont tous un nom tendre...Les jolis noms ! écoutez-les :L’Argens, la Douce et l’Endre.
L’Argens reluit comme le ciel ;L’Endre est douce aux oreilles ;Nous avons le Ruisseau de Miel,Et le Riaù des Abeilles.
Mais on donne à beaucoup d’entr’euxUn nom cher au jeune homme :
La Rivière des Amoureux,Voilà comme on les nomme !
C’est que, le printemps et l’été,Quand l’oiseau s’amourache,Leur lit plein d’ombre est fréquentéPar l’amour qui se cache.
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