Milou et autres nouvelles (tome 2)

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Petits contes à se raconter entre nous.


Une petite douceur naturelle dans ce monde de brute.


Une grande claque au quotidien maussade.

Publié le : vendredi 1 janvier 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782953733204
Nombre de pages : 137
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L’ombellifere uel ennui ! Descen dr e, toujours descen dr e ! Q Depuis trois an n ées-lum ière que l’om bellifère dérive dan s le ciel. C’est lon g. Très lon g. Lors-qu’un jour, elle aperçut en fin un e plan ète. La Terr e ! San s se presser , elle pr épara son atterrissage, pét ales repliés et tige bien position n ée pour un e plan tation réussie. Elle traversa ain si le ciel, la tête à l’en vers. Ar r ivée près du sol, elle vit un e m ar ée de têtes et de pied s qui allaien t et ven aien t. — J e m e suis perdue, je n e dois pas êtr e à l’en droit souh aité. J ’ai froid, j’ai peur, gém it-elle. Le sol se rapproch e tr op vite, je vais m ’écr aser, ce n ’est pa s de la terr e… Elle fer m a les yeux avan t le ch oc. Mais n on , aucun ch oc, un e autre fleur à cin q doigts toute n oueuse la rattr apa. — Oh quelle drôle de fleur ! Allon s la m ettre en terre. Vien s Pom pon . — Qui parle ain si ? in terroge la plan te de l’espace.
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L’om bellifèr e regarde autour d’elle et tom be n ez à n ez avec un couple bizarr e. Elle voit un e sorte de m on str e à quatr e pattes pour vu de lon gs poils gris et blan cs, d’un e gueule h érissée de den ts blan ch es et à côté de lui, un e m ain … Car la fleur à cin q bran ch es est en réalité un e m ain qui est d’ailleurs en train de se refer m er délicatem en t sur elle. —Pauvre Pom pon, tu lui as fait peur. Attends qu’elle te con n aisse m ieux et vous devien dr ez de bon s am is. Rassur ée, l’om bellifère s’en dort en fin . À son réveil elle découvre un véritable paradis. Elle repose les pieds dan s l’eau sur un ban c de cailloux rouges, tels qu’elle les aim e. A-t-elle rêvé, est-elle sur terre, sur sa plan ète ? Pour-tan t le gran d voyage, elle l’a bien fait, elle se r appelle le cosm os, les arabesques de l’un ivers, les étoiles au x six dim en sion s et la sen sation de vitesse, de griserie qui l’a tan t r avie. Oui elle est bien sur ter re et elle se rappelle du m on str e. Après s’êtr e rem ise de sa su rprise, elle con state avec effarem en t qu’elle n ’est pas seule. Là, dan s la pièce, trois autres fleurs, totalem en t différen tes d’elle, la r e-garden t curieusem en t. — Qui es-tu ? — D’où vien s-tu ? — Que fais-tu ? Que de question s ! Et elles con tin uen t à parler avan t m êm e que l’om bellifère ait pu r épon dre.
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— Nous, n ous som m es les fleurs de Madam e Guil-ler ette. C’est elle qui n ous a créées après des an n ées de rech er ch e, de patien ce. C’était un e très gr an de h or ti-cultrice avan t de deven ir un e vieille fem m e, aban -don n ée par tous. — Ouais, avan t elle avait un gr an d m agasin de fleur s dan s lequel elle cultivait des roses. — Beaucoup de person n es ven aien t la voir pour lui dem an der con seil. Elle gagn ait tous les prix d’exposi-tion . — Puis un jour on l’a oubliée. Com m e elle n e don -n ait plus de con seils, elle a ven du son m agasin m ais n ous con ser va, n ous, ses trois roses préférées. — Nous som m es un peu ses en fan ts avec le ch ien Pom pon . — Mais pourquoi je m e sen s aussi bien sur cette plan ète que sur la m ien n e ? coupa la fleur de l’esp ace. — C’est l’ar t de Madam e Guillerette. — Elle a l’art, l’art de tout con n aître des fleurs. — Pas besoin de parler, elle te voit avec son cœ ur et sait de quoi tu as besoin . — Elle est m utan te ? dem an d a la fleur de l’espace. — Quoi ? — Un m utan t, c’est un e person n e en tre deux civili-sation s, l’an cien n e et la futur e. — Alors oui, elle est m utan te. — Pourquoi est-elle ch iffon n ée ? — Parce que les fem m es et les h om m es vieillissen t sur la terr e, com m e tout. — Ils n ’on t pas de fam ille ?
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— Si m ais les fam illes les délaissen t. Les per son n es âgées son t en com br an tes, il faut les soign er , elles se déplacen t m al, il faut les aider, elles n e saven t plus rien produire, et on n ’a pas le tem ps de s’en occuper. — Person n e n e veut les aider ? — C’est ça, tu as com pris. — Alors ceux qui son t jeun es devien n en t vieux et leurs en fan ts à leur tour les aban don n en t. — Pas tous, m ais un e gr an de partie. — C’est bien triste, et Madam e Guillerette, que de-vien t-elle ? — Oh elle a bien un fils qui vien t la voir, seulem en t pour la n ouvelle an n ée. Sa vie est un e h orloge san s carillon , m on oton e, san s coup de cœ ur. — C’est bien m ieux ch ez m oi, dit l’extrater restre. — D’où vien s-tu ? — De la plan ète Volubilis. Vous pren ez l’an n eau de Saturn e en toboggan , vous glissez jusqu’au prem ier trou n oir, vous pren ez en suite la pr em ièr e tr aîn ée d’étoiles et c’est juste en face. — À quoi ressem ble ta plan ète ? — À un e grosse bille tr an sparen te. Son cœ ur est un im m en se pétale aux couleurs ch an gean tes. Il y fait ch aud et n ous som m es des m illier s à écouter le désir des astr es. C’est tr ès beau. — Pourquoi es-tu ici ? — Un m essage m ’est parven u. Un ch an t du cœ ur , cristallin , qui force l’écoute. C’était l’appel d’un astre in con n u. — Un astr e in con n u ?
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