Mon enfant de Berlin

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En septembre 1944, Claire, ambulancière à la Croix-Rouge française, se trouve à Béziers avec sa section, alors que dans quelques mois elle suivra les armées alliées dans un Berlin en ruine. Elle a vingt-sept ans, c'est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l'ignorer. Elle souhaite n'exister que par son travail depuis son entrée à la Croix-Rouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et physique, son ardeur font l'admiration de ses chefs. Ses compagnes, parfois issues de milieux sociaux différents du sien, ont oublié qu'elle est la fille d'un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l'une d'entre elles, rien de plus. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre pour la première fois de sa jeune vie. Mais à travers la guerre, sans même le savoir, c'est l'amour que Claire cherche. Elle va le trouver à Berlin.
Publié le : jeudi 5 janvier 2012
Lecture(s) : 116
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782072422324
Nombre de pages : 262
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C O L L E C T I O NF O L I O
Anne Wiazemsky
Mon enfant de Berlin
Gallimard
© Éditions Gallimard, 2009.
Anne Wiazemsky a publié des nouvelles,lles bienDes fi élevées (Grand Prix de la nouvelle de la Société des Gens de Lettres, 1988), et des romans,Mon beau navire(1989), Mariméet (1991) Canines (prix Goncourt des lycéens, 1993). Elle a reçu le Grand Prix de l’Académie française en 1998 pourUne poignée de gens. En 2001 paraîtAux quatre coins du monde, en 2002Sept garçons, en 2004Je m’appelle Élisabeth, en 2007Jeune fi lleen 2009 et Mon enfant de Berlin. Elle a été également actrice et a joué notamment dans des films de Robert Bresson, JeanLuc Godard, Pier Paolo Pasolini et Philippe Garrel.
À la mémoire de Claire, de Wia et de leurs amis du 96 Kurfürstendamm.
En septembre 1944, Claire, ambulancière à la CroixRouge française, se trouve encore à Béziers avec sa section. Elle a vingtsept ans, c’est une très jolie jeune femme avec de grands yeux sombres et de hautes pommettes slaves. Si on lui en fait compliment, elle feint de l’ignorer. Elle n’a pas le temps de se contempler dans un miroir, ou alors fugitivement et toujours avec méfiance. Elle souhaite n’exister que par son travail depuis son entrée à la CroixRouge, un an et demi auparavant. Son courage moral et phy sique, son ardeur font l’admiration de ses chefs. Ses compagnes, parfois issues de milieux sociaux différents du sien, ont oublié qu’elle est la fille d’un écrivain célèbre, François Mauriac, et la considèrent comme l’une d’entre elles, rien de plus. Cela la rend heureuse. Elle aime ce qu’elle fait, la nécessité de vivre au jour le jour. Au volant de son ambulance, quand elle transporte des blessés vers des hôpitaux surchargés, elle se sent vivre, pour la première fois de sa jeune vie. Une vie sans passé, sans futur. Une vie au présent.
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De sa chambre, elle regarde les toits de Béziers, la lumière dorée de la fin d’aprèsmidi sur les tuiles. Des cloches sonnent. Sur la grande table qui lui sert de bureau, son précieux poste de T.S.F. et un bouquet de roses de jardin. À côté du vase, le cahier où elle relate quand elle peut le récit de ses journées : son journal. Autour, de nombreuses photos de ses parents, de ses frères et de sa sœur avec son bébé. Une autre, un peu à l’écart, représente un jeune homme en uniforme de soldat qui se force à sourire. Parfois, elle le contemple attendrie, amoureuse, mais maintenant, de plus en plus souvent, elle l’évite. Ce jourlà, elle est juste attentive à ce qu’elle éprouve, un bienêtre physique dû à la douceur de l’air et à un copieux repas constitué de tomates, d’œufs et de prunes trouvées dans une ferme abandonnée. Bientôt il y aura d’autres repas, bientôt elle cessera d’avoir faim. Malgré les combats qui continuent, la guerre n’estelle pas presque finie ? Une question alors s’impose : doitelle rejoindre sa famille comme celleci le lui demande ou bien lui désobéir et suivre les armées ? La plupart de ses compagnes ont déjà fait un choix dans un sens ou dans l’autre. Claire allume une cigarette. Inspirer la fumée, la rejeter par les narines est un plaisir dont elle ne se lasse pas. Même aux pires moments, fumer une cigarette, n’importe laquelle, l’aide à affronter le quotidien, à
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