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Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien

De
398 pages
L’expérience de la Nouvelle-France et du Québec ancien a poussé à l’écriture des voyageurs, des missionnaires, des érudits, des savants et des sages. Les uns ont décrit cette partie du monde, son histoire, ses caractéristiques, ses peuples ; les autres en ont expliqué les dimensions du monde physique, de la vie ou de l’expérience humaine.
De Lescarbot et Champlain à Charlevoix, les ouvrages des XVIIe et XVIIIe siècles, liés à l’exploration d’un nouveau monde et au contact avec des peuples très différents des Européens, sont à la fois géographiques, ethnologiques et historiques, mais l’histoire comme genre apparaît vraiment en 1845, avec F. X. Garneau. D’autres textes, de James Huston, d’Étienne Parent, de Léon Gérin, d’Ernest Gagnon, examinent la langue, la littérature et la culture ou encore les traits sociologiques du Canada français du XIX e siècle. La géologie avec William Logan, l’entomologie avec Léon Provancher et la médecine avec William Osler forment le contingent des sciences. La philosophie, la théologie et même la mystique, avec Marie de l’Incarnation, trouvent aussi leur voix dans cet ouvrage qui présente, avec un regard actuel, 27 véritables monuments intellectuels, aux origines de la tradition culturelle du Québec.
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onumentsintellectuelsa NouvelleFrance du Québec ancien
Aux origines d’une tradition culturelle
Sous la direction de Claude Corbo
Les Presses de l’Université de Montréal
Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien
Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien Aux origines d’une tradition culturelle
Sous la direction de Claude Corbo
Les Presses de l’Université de Montréal
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre : Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien : aux origines d’une tradition culturelle ISBN 978-2-7606-3412-1 e 1. Canada - Vie intellectuelle - 17 siècle - Recensions de livres. 2. Canada - Vie intellectuelle -e e 18 siècle - Recensions de livres. 3. Québec (Province) - Vie intellectuelle - 19 siècle - Recensions de livres. I. Corbo, Claude, 1945- . Z1035.2.M66 2014 015.714’073 C2014-942152-4
Mise en pages : Folio infographie
e Dépôt légal : 4 trimestre 2014 Bibliothèque et Archives nationales du Québec © Les Presses de l’Université de Montréal, 2014
ISBN(papier) 978-2-7606-3412-1 ISBN (PDF) 978-27606-3413-8 ISBN (ePub) 978-27606-3414-5
Les Presses de l’Université de Montréal reconnaissent l’aidenancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada pour leurs activités d’édition. Les Presses de l’Université de Montréal remercient de leur soutiennancier le Conseil des arts du Canada et la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC).
IMpr IMé a u Ca Na da
Introduction
En 2006 paraissait aux éditions du Septentrion, sous le titre deMonu-e ments intellectuels québécois duXXsiècle,un ouvrage collectif que j’avais conçu et dirigé. Cet ouvrage avait pour ambition de faire découvrir ou redécouvrir à un public élargi 26 livres du siècle dernier, inégalement connus, parfois méconnus et oubliés, et décrits, par le sous-titre du collectif, comme de « Grands livres d’érudition, de science et de sagesse »(exclusion faite, il faut le préciser, de la littérature de création). Par l’expression de « monument intellectuel », le collectif voulait désigner des livres « remarquables par leur richesse et leur profondeur intrinsèques autant que par leur inuence et leur fécondité », chacun constituant « une réussite exceptionnelle et exemplaire de l’intelligence et de la pensée en terre québécoise ».Le collectif distinguait deux catégories de monuments intellectuels :des livres consacrés pour l’essentiel à examiner un aspect ou l’autre du Québec, de son devenir et de son identité, dans une pers-pective historique, ethnologique ou sociologique ; et des livres constituant une contribution du Québec au progrès du savoir universel ou un apport au patrimoine intellectuel commun de l’humanité. Le recours à une série de critères de choix avait permis d’établir une liste de tels monuments intellectuels, avec la conscience que tout choix comporte une mesure de subjectivité que j’assumais volontiers. Cependant, je m’étais imposé une liste de critères ni gratuits ni arbitraires, se contrôlant et se complétant les uns les autres, et astreignant la subjectivité à un eort de lucidité, de rigueur, de constance et de continuité. En rétrospective, je suis toujours en accord profond avec mes choix de monuments intellectuels québécois e du XX siècle, même si aujourd’hui, sans retrancher un seul titre de la liste, je serais enclin à en ajouter trois ou quatre. À lan de 2012, l’idée m’est venue de renouveler ma démarche et de réaliser un nouveau collectif, également destiné à un public élargi, e consacré aux monuments intellectuels antérieurs au XX siècle, c’est-à-dire e ceux de la Nouvelle-France et ceux du Québec ancien, soit des XVII , e e XVIII et XIX siècles. Le présent ouvrage est la réalisation de ce projet.
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Un certain nombre d’orientations et de choix méthodologiques ont été mis en œuvre concernant le domaine historique couvert, le choix des œuvres étudiées et celui des auteurs. Il convient de s’expliquer.
De la Nouvelle-France au Québec « ancien »
Il faut d’abord dire quelques mots de la période historique considérée, et plus précisément des deux périodes distinctes considérées. Chacune a des caractéristiques particulières qui ont été prises en compte dans la confection de la liste des monuments intellectuels retenus. Pour lesns de la présente entreprise, la période de la Nouvelle-France est celle consacrée par l’historiographie québécoise, soit des premières e années du XVII siècle, au moment où la France établit des colonies de peuplement (plus que des comptoirs commerciaux) en Amérique du Nord, dont la ville de Québec en 1608, jusqu’à la Conquête et à la cession for-melle de la colonie à la Grande-Bretagne par le Traité de Paris de 1763. Pendant cette période, il n’y a pas en Nouvelle-France d’imprimerie ni de maisons d’édition. L’infrastructure institutionnelle intellectuelle et scientique est aussi à peu près inexistante. On comprend donc que, s’il y a des « monuments intellectuels » pendant la période, ils ne sont pas publiés ici, mais plutôt en France, et ils ne sont pas nécessairement écrits par des habitants de la colonie mais le plus souvent par des Français. Dans ce contexte, une question surgit : peut-on annexer au domaine culturel québécois à titre de monuments intellectuels, au sens précédem-ment déni, des écrits souvent produits par des auteurs n’ayant pas longuement vécu en Nouvelle-France et publiés en France ou ailleurs en Europe ? En d’autres termes, si l’on peut parler d’une tradition intellec-tuelle québécoise, peut-on la faire débuter dès la période de la Nouvelle-France, compte tenu des observations qui précèdent, ou ne doit-on pas plutôt la faire commencer avec des écrits attribuables à des auteurs alors (c’est-à-dire habitant un territoire appelécanadiens » nis comme « successivement « province de Québec », « Bas-Canada » à compter de 1791, « Canada-Uni » à compter de 1840 et de nouveau « province de Québec » à compter de 1867) et publiés ici même ? Un rapide survol de quelques ouvrages d’histoire de la littérature du Québec publiés depuis le milieu du siècle dernier montre que ce qu’on désigne souvent comme les « écrits de la Nouvelle-France » est considéré comme partie du domaine littéraire québécois. DansLittérature cana-dienne-française(1957), Samuel Baillargeon traite des « Monuments écrits » de la Nouvelle-France et évoque les écrits de Cartier, Lescarbot, Champlain,
Introduction • 9
Sagard, Marie de l’Incarnation, Marie Morin, Charlevoix, ainsi que les Relations des Jésuites.L’importante œuvre collective réalisée sous la direc-tion de Pierre de Grandpré et intituléeHistoire de la littérature française du Québec(1967) consacre la première partie de son premier tome aux « Écrits de la Nouvelle-France (1534-1760) » et à plusieurs des auteurs pré-cités. On trouve des pages de Marie de l’Incarnation, desRelations des Jésuiteset du baron de Lahontan dans l’Histoire de la littérature canadienne-française par les textespubliée en 1968 par Gérard Bessette et deux colla-borateurs. Pour sa part, dans un volume de la collection française « Que sais-je ? » intituléLa littérature québécoise(1974), Laurent Mailhot consacre aux « Écrits de la Nouvelle-France (1534-1760) » la première partie de son premier chapitre. La « Bibliothèque du Nouveau Monde », qui « rassemble les textes fondamentaux de la littérature québécoise en des éditions cri-tiques »,compte plusieurs auteurs de la période antérieure à 1760. En particulier, le premier volume duDictionnaire des œuvres littéraires du Québec(DOLQ, 1978)a pour sous-titreDes origines à 1900,soit précisé-ment la période embrassée par le présent collectif. La récenteHistoire de la littérature québécoise(2007) de Michel Biron, François Dumont et Élisabeth Nardout-Lafarge présente sous le titre d’« Écrits de la Nouvelle-France (1534-1763) » une série d’auteurs dont Cartier, Champlain, Lescarbot, Marie de l’Incarnation, Latau, Charlevoix. Ce survol rapide indique que les histoires de la littérature de langue française d’Amérique du Nord e publiées depuis le milieu du XX siècle donnent aux écrits rédigés en NouvelleFrance ou en traitant un statut qui les démarque clairement de la littérature de la France de la même époque. Il y a ainsi une tendance chez les historiens et les spécialistes de la littérature québécoise à considérer les écrits de langue française suscités par l’expérience de la Nouvelle-France comme relevant du domaine québécois, à tout le moins tout autant que du domaine français, lequel ne s’empresse pas nécessairement de les réclamer comme siens. Cela est d’autant plus vrai que les auteurs de ces écrits ont séjourné en Nouvelle-France et en ont une connaissance de première main ou en ont fait une véritable patrie − pensons à des personnages comme Samuel de Champlain ou Marie de l’Incarnation − ou encore y ont vécu des expériences forma-trices, intenses, décisives pour leur œuvre écrite. Cela légitime une étude de monuments intellectuels reconnus comme appartenant à cette réalité que fut la Nouvelle-France, même si les ouvrages correspondants ont été publiés ailleurs. Le titre utilise aussi l’expression de « Québec ancien » pour désigner la période allant de 1763 à 1900. Si la première date correspond à un
10 • Monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien
événement important (pour le meilleur ou le pire, selon les écoles de pensée) de l’histoire du Québec et du Canada, comme de la France et de la Grande-Bretagne, puisque c’est lan de la Nouvelle-France et l’accé-lérateur d’un processus qui conduira à l’indépendance des 13 colonies américaines de la couronne britannique, la date de 1900 n’a pas néces-sairement une signication aussi évidente que des dates comme 1837-1838, 1840, 1867, et autres du même ordre. L’année 1896 est souvent retenue comme moment charnière par plusieurs historiens : c’est l’élection du premier Canadien français comme premier ministre du Canada en la personne de Wilfrid Laurier, c’est la publication du premier poème d’Émile Nelligan ou de l’essai d’Edmond de Nevers surL’avenir du peuple canadien-français.Pour sa part,l’historien des idées Yvan Lamonde utilise cette année comme début d’une période de transition importante en raison de l’irruption de plus en plus insistante de la modernité sous toutes ses formes dans la vie quotidienne tout comme dans la vie intellectuelle e e et culturelle de la société québécoise. Au passage du XIX au XX siècle, le changement s’accélère aussi ailleurs, aux États-Unis comme en Europe, sous l’eet de développements technologiques et scientiques, de l’auto-mobile au cinéma en passant par la naissance de l’aviation, de la chaîne de montage, de la radiographie et autres inventions appelées à transformer les conditions de vie, les mentalités et la culture. Pour toutes ces raisons, il est concevable d’utiliser le repère des alentours de 1900 pour indiquer que le Québec est engagé, plus profondément et plus largement qu’il n’en a alors probablement conscience, dans un vaste processus de transforma-tion qui l’éloigne de plus en plus de ce qu’il a été et que l’on peut décrire comme le « Québec ancien ». Dans ce contexte, le dernier des monuments intellectuels retenu pour examen dans le présent ouvrage a été publié en 1898 et il décrit un type de société rurale en voie de disparition.
Critères de choix
La liste des monuments intellectuels de la Nouvelle-France et du Québec ancien a été établie en utilisant un ensemble de critères qui s’apparentent e fort à ceux utilisés pour lesMonuments intellectuels québécois duXXsiècle. Ces critères ont été utilisés en appréciant aussi correctement que possible les conditions spéciques de la vie intellectuelle, culturelle, scientique et celles de l’édition à l’époque de la Nouvelle-France, notamment dans e la métropole, et dans le Québec du XIX siècle. Ces critères ont permis de dresser une liste d’ouvrages répondant particulièrement à la majorité des caractéristiques suivantes. Ce sont donc des livres :