Mort d'une enfant de Marie (2e éd.)

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Impr. de Jabert (Valréas). 1864. Trouillet, Suzanne (1827 ?-1864). 33 p. ; 14 cm + lettre circulaire accompagnant cet ouvrage, signée Dumas, 22 cm.
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Publié le : vendredi 1 janvier 1864
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DEUXIÈME ÉDITION.
VALREAS,
IMPRIMERIE & LITHOGRAPHIE JABERT.
TPY.-BITH. JABERT. A VALRÉAS.
— 6 —
cèse d'Avignon. Elle sera à la fois
l'introduction la plus naturelle et le
complément le plus précieux de notre
tableau, tracé peut-être en traits trop
raccourcis.
1e 21 juin 1864.
Je vous suis bien reconnaissant, mon cher
Confrère, pour le petit livre que vous m'avez
adressé, contenant le récit si touchant des der-
niers jours de Mademoiselle SuzanneTROUILLET.
Fleur dans le désert du monde qu'elle em-
bauma des parfums de ses angéliques vertus,
elle fut toujours un modèle de sagesse, de mo-
destie, d'humilité, de charité. Elle avait 16 ans
environ lorsque je quittai sa paroisse, et déjà
quels progrès n'avait-elle pas faits daps les voies
intérieures ! Lors de sa première communion,
je me rappelle sa ferveur, les soins qu'elle mît
— 8 —
à s'y préparer, la fermetés que dès lors elle fit
paraître, soit au sein de sa famille, soit à l'ex-
térieur pour se soutenir dans sa résolution de
servir Dieu, de fuir le monde, et de se rappro-
cher de plus en plus du modèle qu'elle voulait
autant que possible copier, la Reine des
Vierges.....
Cette bonne enfant a été, dès les premiers
temps, d'une humilité, d'une modestie admira-
bles. Retirée dans son petit travail, elle allait
sans éclat à son but, qui était l'amour de
Dieu, l'horreur du péché et du monde. Rien n'a,
jamais pu la détourner de ces saintes pensées;
les malheurs qu'éprouva sa famille, les scan-
dales du monde, la légèreté de quelques-unes
de ses compagnes, l'ont trouvée inébranlable
dans sa détermination d'être à Dieu et à Dieu
seul. Ange de la terre, elle l'est aujourd'hui
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du ciel. Elle a cherché à marcher sur les traces
de Mademoiselle Adelaïde (l) et je ne doute pas
qu'elle ne soit en possession de son bonheur.
Vous avez bien fait de mettre en relief ce qu'il
y a de plus saillant dans ses derniers moments.
La mort d'une enfant de Marie fera du bien
(1) Mademoiselle Adélaïde REBOUL, morte en
odeur de sainteté le 23 août 1860, à l'âge de 77 ans.
Elle comptait dans sa famille, un frère, député sous
la Restauration; deux oncles prêtres, l'un chanoine de
la Métropole d'Avignon, l'autre Vicaire Général de
Monseigneur de Mons, et une nièce qui occupe au-
jourd'hui un rang supérieur dans la Congrégation
des Filles de St-Vincent de Paul. Les fidèles vont
visiter son tombeau modestement placé au milieu
d'un gracieux sanctuaire qu'elle avait fait bâtir sur
la paroisse de Camaret en l'honneur du saint-et-
immaculé Coeur de Marie. Les habitants de Camaret,
qui l'a vénéraient comme un Sainte, ont toujours
attribué à ses prières d'avoir été préservés du cho-
léra. Ils citent encore plusieurs guérisons qui se
seraient opérées par son intercession.
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à; certaines âmes, surtout aux jeunes personnes.
Ayez la bonté de m'envoyer 100 exemplai-
res de ce précis d'une mort si précieuse aux
yeux de Dieu.
Tout à vous dans les très-saints coeurs de
Jésus et de Marie.
J....CuréCh. hre.
AUX ENFANTS DE MARIR
Vous qui vous glorifiez de marcher
sous la blanche bannière de Marie ;
vous dont la plus douce joie est d'en-
tourer son autel, d'orner son image
bénie de bouquets de fleurs et de
lumière, cherchez toujours à lui plaire
en retraçant en vos coeurs ses vertus.
Oui, vous êtes la portion choisie
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de sa cour ; goûtez donc le bonheur si
pur de lui appartenir, et soyez sainte-
ment fières d'être appelées ses enfants.
Pour vous encourager à persévérer
dans cette voie qui mène à Marie et
de Marie au ciel, nous sommes heureux
d'offrir à votre méditation les derniers
jours d'une de vos soeurs, de vos
compagnes qui, comme vous, fut
Enfant de Marie. Ce n'est pas une vie
que nous avons l'intention d'écrire,
c'est une fleur que nous avons rencon-
trée dans le jardin de la Reine des
Vierges, elle nous a ravi par sa fraî-
cheur et son éclat ; nous l'avons simple-
ment cueillie pour en faire hommage à
votre, piété. Sa vue seule vous réjouira ;
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de vifs désirs d'imitation naîtront dans
vos coeurs, et vous serez encouragées
à mener une vie sainte, afin de mourir
comme l'Enfant de Marie entre les
bras de Jésus et de sa divine Mère.
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toute particulière, elle exerce une heureuse influence au-
tour d'elle, on sesent bien à ses côtés, on respirecomme
un parfum du ciel'; et, quand la main du divin Epoux a
cueilli cette fleur-de la terre, longtemps encore on est
embaumé par l'odeur de ses vertus. Telle a été Mademoi-
selle Suzanne Trouillet, morte à Camaret, paroisse du
diocèse d'Avignon, le 21 février 1864, à l'âge de 36 ans.
Si la main qui consacre ces lignes à la mémoire de
cette humble fille du peuple, de cette simple ouvrière,
dont les personnes les plus distinguées recherchaient la
société et l'amitié, avait à écrire au long sa biographie,
que de faits édifiants n'aurait-elle pas à relever ! Que
d'actes de dévouement à signaler ! Quels exemples de la
plus solide vertu, de la. piété la plus éclairée, ne montre-
rait-elle pas à tous ceux qui aspirent à la perfection! Elle
recueillerait même les aveux qui tombent de la bouche
des mondains pour préconiser sa sainteté. Qu'il nous
suffise d'assister à ses derniers moments; ils sont assez
riches d'édification, ils vaudront à eux seuls une prédi-
cation fiuctueuse. Pout le juste, la mort n'est pas une
perte, c'est un gain, ce n'est pas une défaite., c'est une
victoire, et la Religion peut montrer, avec unsaint orgueil,,
son juste qui expire, dans le baiser, de Jésus-Christ,
comme un vrai triomphe. Ecce quomodo moritur justus.
Nous devonsdire le principe de la maladie, qui; ravit
au monde cette aimable Enfant de Marie. Par une, nuit
froide du mois de décembre, elle se leva pour faire
pénitence d'une de ces fautes de fragilité dont les plus
grands saints ne s'ont pas exempts;; qu'elle croyait avoir
commise la journée précédente. Elle ,pria, et son oraison
se prolongea au-delà, de l'heure qu'elle s'était imposée ;
elle se trouvait si bien avec son divin Epoux ! Le lever
du:soleil la surprrit encore à genoux au pied de son crucifix,
le coeur brûlant d'amour, mais: de corps transi par le froid.
Un affection, de poitrine seidéclara bientôt et se manifesta
par une toux aiguë et des vomissements de sang. Elle
comprit dès lors toute la. gravi té de la maladie, mais .elle
n'en continua qu'avec plus, de zèle tous ses exercices de

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